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lundi 25 mars 2019

Olivier Py, un cul-bénit?

Texte qui est la retranscription d'une conférence prononcée au théâtre de la ville le 25 mars 2017 en présence d'Olivier Py et Pierre-André Weitz par Henri Quantin ( qui a aussi écrit la postface à lire d'urgence si vous ne l'avez pas fait dans votre édition)

Olivier Py, un cul-bénit

La décentralisation théâtrale( années 50)

Sur le site de l'Ina

La création du ministère de la culture en 1959

André Malraux, premier ministre de la culture

Le Festival d'Avignon dans les années 50

Chroniques du Festival d'Avignon par le metteur en scène Thomas Joly

Le Théâtre des années 50: théâtre de l'absurde- anti théâtre (HIDA)

Site de L'INA

Vous trouverez beaucoup de documents sur le site de l'INA pour plonger dans le théâtre des années 50.

Un dossier très complet sur samuel Becket, l'auteur dEn attendant Godot

Exposition virtuelle sur Frida Kalo (HIDA)

Lien vers l'exposition

Dans le cadre de vos recherches sur Tina Modotti, vous pouvez regarder cette exposition puisque les deux femmes ont été proches à un moment de leur vie.

dimanche 24 mars 2019

Très bel article sur Cortège(S) et site de l'expo Soulèvements

Article de geneviève Charras dont vous pouvez vous inspirer.

La pièce doit sa naissance comme je vous l'ai dit à une exposition de l'historien d'art GEorge Didi Huberman  intitulée Soulèvements dont voici le site

samedi 23 mars 2019

Pierre-André Weitz, chorégraphe d'espaces

Scénographe d'Olivier Py


Pierre-André Weitz

Etudes et débuts : études de trompette avant d’entrer au Conservatoire de Strasbourg, section Art Lyrique ; études à l’École d’architecture de Strasbourg (diplôme d’architecte D.P.L.G). Il signe son premier spectacle, décor et costumes, à 18 ans (George Dandin de Molière, au Théâtre du Peuple de Bussang).
Réalisations : il collabore depuis 1990 aux spectacles d’Olivier Py : Les Aventures de Paco Goliard, Les Drôles d’Elizabeth Mazev, La Servante, Nous les héros de Jean-Luc Lagarce, Le Visage d’Orphée, La Jeune fille, le diable et le moulin et L’eau de la vie, Requiem pour Srebrenica, L’Apocalypse joyeuse, Le Soulier de satin de Claudel, Les Vainqueurs, Illusions comiques, A Cry from heaven de Vincent Woods à l’Abbey Theatre, Dublin, L’Orestie et la trilogie d’Eschyle (Les Sept contre Thèbes, Les Suppliantes, Les Perses), Roméo et Juliette, Die Sonne, Orlando ou l’impatience, Le Roi Lear, Hacia la Alegria.... Il travaille également avec Jean-Michel Rabeux pour Arlequin poli par l’amour de Marivaux, L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer de Copi, Déshabillages de Jean-Michel Rabeux, Feu l’amour (trois pièces de Feydeau), Le Sang des Atrides d’après Eschyle, et Emmène-moi au bout du monde !... de Blaise Cendrars.
Il signe les décors et les costumes des opéras mis en scène par Olivier Py : Le Freischütz, Les Contes d’Hoffmann, La Damnation de Faust, Le Vase de parfums de Suzanne Giraud, Tristan et Isolde, Tannhäuser, Curlew River, Idoménée, Lulu, Roméo et Juliette, Mathis der Maler, Les Huguenots, Hamlet, Le Trouvère, Dialogues des carmélites, Ariane et Barbe-Bleue, Alceste, Pénélope, Le Vaisseau fantôme ; Carmen et Claude à l’Opéra de Lyon... ; ainsi que La Cenerentola, mise en scène par Claude Buchvald, Otello mis en scène par Michel Raskine (Opéra de Lyon, 2003), La Voix humaine avec Mireille Delunsch à l’Opéra de Bordeaux, L’Enfant et la Nuit de Franck Villard à Nantes et Angers, Orphée et Eurydice de Gluck avec Ivan Alexandre... Il met en scène et crée les décors et costumes des Chevaliers de la table ronde (Hervé) à Bordeaux en novembre 2015 et à la Fenice de Venise en février 2016.
Divers : Il enseigne la scénographie à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Jeudi 25 avril 19h Les Mots qu'on ne dit pas.

Présentation video du spectacle

Retours sur Rapport sur Moi à faire pour jeudi

Je rappelle que je vous demande de développer les axes suivants et de m'envoyer votre réflexion:

- une expérience de théâtre-concert où le théâtre prend la main sur la musique: comment ? par quels procédés? quel effet ce la produit? quelle relation entre texte autobiographique et musique proposée?

-Qu'est-ce que le spectacle vous apprend sur la façon de théâtraliser un monologue- Rapport sur moi, le livre est une autofiction-, comparer avec d'autres solo: Lenz, le Poisson Combattant.

- Commentez le code de jeu choisi: le décrire pour les différents acteurs et dire ce que vous en pensez? avez-vous déjà assister à un spectacle de ce genre, avec un tel code de jeu?

- Montrez que le spectacle travaille constamment sur les décalages,les reprises, la déconstruction de ce qui a été posé, qu'il intègre le théâtre entrain de se faire sous nos yeux, des effets de distanciation.

Formulez une appréciation motivée de la représentation et les questions que vous aimeriez poer au metteur en scène.

Commencez par réfléchir et par formuler ce que vous pensez, lisez aussi les articles que je vous donne pour aller plus loin dans la réflexion. apprenez à utiliser des lectures pour creuser vos pensées.

Le lego de Pierre André Weitz: scénographie d'Illusions Comiques



 Scénographie de Pierre André Weitz : le lego de Pierre André Weitz

 Si priorité à la Parole, pourquoi pas tréteaux nus ? cf Copeau ou Brook " S’il y a un décor, l’espace n’est pas vide, il est encombré, même s’il s’agit d’éléments de grande beauté. Dans ce cas, l’esprit du spectateur est lui aussi déjà meublé. » qchose de superflu et qui renvoie au théâtre bourgeois.

Py renonce au décor en utilisant le décor. Il peut contenir lui aussi une parole cf définition 34 cf règles d’or de Craig : « Toutes choses naissent du mouvement » in De l’art du théâtre. Les déplacements précis et fluides ne concernent pas que les comédiens. Lignes verticales et horizontales de néons qui dessinent et sculptent l’espace ou aux filtres jaunes, rouges et bleus qui transforment l’atmosphère.

Ampoules fixées aux praticables et tubes de néons montants et descendants des cintres : associer dans un même mouvement la transformation scénographique et le changement d’éclairage: «  chorégraphe d’espace selon Weitz pour bien dissocier de la pratique statique que peut connoter le mot scénographie ; cf Brook : "contrairement au peintre de chevalet qui manie deux dimensions, ou au sculpteur qui en dispose de trois, le décorateur pense avec une quatrième dimension : le temps. Il voit, non pas l’image d’une scène mais l’image d’une scène en mouvement. »
Mais répétitions ont lieu d’emblée dans les décors définitifs dont les acteurs doivent s’approprier le mouvement, praticables sur roulettes : l’espace devient temps, mouvements qui anticipent sur les scènes et mordent sur les paroles des acteurs.
D’où significations des mouvements : exemples: gauche et droite pour la lecture des journaux, ascension pour l’élévation du poète etc, personnage nouveau avec portes créées pour lui par une ouverture des praticables : mère du poète, jeune fanatique élan côté cour incontrôlable p27 + augmentation de volume d’éclairage comme dans une scène de cabaret pour l’entrée d’un numéro.
Autre ex : Balazuc joue Dieu dans le public «  comme un metteur en scène après une mauvaise générale » et c’est quand il dit « je veux m’incarner » qu’il gravit les marches qui lui permettent de monter sur scène. Economie de moyens limpide.

Ex de parole de la matière qui soit à l’unisson de la parole du personnage avec la longue tirade de Girard sur la tragédie : filtre rouge sur le néon, le tragédien pense ne rouge (maquillage qu’a fait aussi Weitz, toge rouge et néon rouge du fond de scène : harmonie entre texte et scéno.

Attention extrême de Py et Weitz à ce qu’ils appellent un « continuum », mystérieuse et profonde unité entre tous les éléments disparates d’un spectacle, Weitz parle de jeu de « correspondances » au sens baudelairien du terme.
«  un continuum qui va de l’ourlet d’une robe jusqu’au mur le plus monumental. Si l’on installe un continuum, c’est lui qui va penser ».

Meilleur gage de continuité=tout construire avec les mêmes matériaux et les mêmes formes de départ. Module de base transformé ensuite, différents niveaux, déplacements qui permettent un jeu avec les hauteurs et les lignes, d’où le terme de Lego : dimension ludique et familiarité, créer peu à peu une œuvre, pièces après pièces. Traits caractéristiques du théâtre de Py au premier coup d’œil.

Ethique et souci pratique en même temps que préoccupation esthétique : recyclage des décors, agencement différents des mêmes modules, moindres frais : fidélité à un univers visuel, prise en compte de la dimension provisoire et éphémère d’un spectacle et résistance discrète à la société de consommation. A Bussang Weitz avait appris à ne rien jeter, même les petits bouts de fil. Sens aigu de l’argent public dont bénéficient les CDN de Py. Le même bois a connu peint et repeint différentes pièces de l’univers de Py : éphémère est le contraire de jetable.

Cf Weitz qui cite Le capitaine Fracasse de Gautier roman du théâtre de tréteaux dont les héros ont leurs costumes et décors pour seul trésor !