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mercredi 19 avril 2023

Compte - rendu de séances: trois dernières séances avant les vacances

 Mercredi 29 mars: pas mal d'absents

Échauffements toujours autour des marches neutres qui se transforment en jeu avec incarnation de la peur, de la course pour échapper à la police, de la disparition au sol.

Avancée du travail de mise en scène: découverte des effets de ralenti, entrainement par groupe de deux ou trois à des ralentis chorégraphiés pour les rencontres des jeunes dans le chantier. ralentis qui seront utilisés dans le spectacle.



Mercredi 5 avril: séance faite en extérieur: noter la différence d'atmosphère. Soleil, espace urbain, nécessité de projeter la voix. Concentration.

Travail sur la deuxième partie de la pièce et sur la fin avec les phrases trouvées sur Internet.

Faire une conduite précise de ce que chacun a à faire dans le spectacle pour ne pas oublier et pour ne pas avoir à tout recréer à chaque fois. Responsabilité de chauqe acteur. Problème de l'apprentissage du texte pour certains.

Mettre cette conduite dans le carnet de bord.

Séance efficace si vous retenez ce qui a été mis en place.



Mercredi 12 avril: Préparation rapide au spectacle Vers le spectre ( voir article mis en ligne)

Deux troisième en immersion.

Échauffement rapide toujours autour de la marche neutre transformée en course, peur, réactions, fuites.

Découverte de la musique choisie par Emilie : Bande originale du film Requiem for a dream : Requiem for a dream à écouter ( rappel du sens de requiem: célébration en l'honneur d'un mort: repose en paix)

Mise en place définitive de la mise en scène du début jusqu'à la page 26. Mise en place de l'espace dans l'auditorium. Bien noter tout ce que vous faite sur la "conduite" définitive . A relire avant de venir en cours le 3 mai.

Bravo pour l’apprentissage du texte à consolider pendant les vacances. Ne reste que deux séances avant la journée de travail pour les représentations le 24 mai.

Nous enchainerons le 3 mai avec la suite du texte à mettre en scène.


Option seconde: Film la Haine de Matthieu Kassovitz recommandé par Emilie

 Depuis le début de notre travail sur Delta Charlie Delta, Emilie vous recommande de regarder le film La Haine de Matthieu Kassovitz.

En voici des extraits: Extrait

Bande annonce 

Interview du réalisateur Matthieu Kassovitz

mercredi 15 février 2023

Option seconde: Documentaire sur le drame de Delta cHarlie Delta: Kindertotenlieder

À partir des archives du journal télévisé, retour sur les émeutes de 2005 en France, survenues suite à la mort de deux jeunes poursuivis par la police.

Kindertotenlieder (chant des enfants morts) (28mn° disponible 52 jours.

 

Ces images, elles ont été vues, diffusées dans les journaux télévisés les plus regardés de France. Pourtant, en enlevant tout commentaire et en réalisant ce montage, Virgil Vernier fait acte de mémoire. Un travail d'anamnèse qui retrace pas à pas les événements qui se sont déroulés sur un peu moins d'un mois à Clichy-sous-Bois. De la mort de deux jeunes poursuivis par la police et réfugiés dans un transformateur électrique, à l'embrasement d'un quartier, puis à sa reprise en main par les forces de l'ordre domine le sentiment de brutalité et de mépris de la part de l'état et de son ministre de l'intérieur d'alors. Nicolas Sarkozy voulait "nettoyer les quartiers au Karcher". État d'urgence, couvre-feu, LBD, patrouilles et hélicoptères… C'est une guerre civile qu'il a déclenchée. Un point de rupture aux conséquences encore visibles aujourd'hui et dont les plaies ne sont toujours pas cicatrisées.

 

Éva Tourrent
Responsable artistique de Tënk

jeudi 26 janvier 2023

Projet Delta Charlie Delta: compte rendu des deux premières séances.mercredi 18 janvier et 25 janvier

 Mercredi 18 janvier: cercle de paroles avec M. Demma pour "debriefer" la présentation de travaux du théâtre-forum, ramasser les carnets de bord et les petits mots pour Nancy.

( Chacun note ce qu'il a retenu de la discussion à propos des présentation sdu théâtre forum, ce qu'il a dit lui-même.)

-Présentation par moi ( Mmme Huckel) du nouveau projet: une adaptation de la pièce Charlie Delta Charlie ( Noter votre ressenti, vos questionnements)

- Exercices d'échauffement et de remise au travail théâtral:

- marche neutre avec différentes consignes: passage au sol, changement de direction, petits sauts , avec une bulle fragile entre les bras au travers laquelle on voit, 

-Quelqu'un dont on cherche à se rapprocher, quelqu'un dont on veut à tout pris s'éloigner.

- le bonhomme Michelin qui se gonfle gonfle puis se dégonfle d'un coup.

-Faire des figures sans parler: une diagonale du plus petit au plus grand, une disposition en quinconce etc

- Exercice du leader: en quinconce dans l'espace, un "meneur" propose une gestuelle que tout le groupe doit imiter, puis un autre meneur vient remplacer le premier en lui faisant signe de s'en aller. Chaque membre du groupe doit expérimenter à la fois la position du meneur et du suiveur.

- création d'une machine avec geste et son

- exercice de coordination chantée: Ouloulalou

(Interrogez-vous sur le sens des exercices proposés, sur ce que cela fait travailler à l'acteur. Pour ceux qui vous poseraient problème , essayez de déterminer pourquoi. )

Improvisations par groupe: les tribus

- Trouver le nom et le langage

-Trouver la façon de se déplacer

- Trouver la façon de se nourrir

Trouver la façon de se battre, l'art martial. ( à continuer une autre séance)

Commentaire de votre part sur ce qui s'est passé dans votre "tribu": avez-vous été force d proposition? Quelle a été la qualité de l'exécution de l'impro? Qu'avez-vous pensé en regardant le travail des autres?

Mercredi 25 janvier: M.Demma est revenu rendre les carnets de bord, constat qu'il lui en manquait. rappel de l'utilité de ce travail et de la manière dont il faut le concevoir: un objet créatif qui vous représente, qui montre que vous réfléchissez à votre pratique, qui peut contenir autre chose que du texte.

Beaucoup d'artistes tiennent un journal de bord de leur travail. 

- Echauffement: reprise de la marche neutre, toujours mettre de la qualité dans ce contact avec l'espace et les autres, pas le faire mécaniquement, entrer dans le monde du théâtre, se concentrer.

-Imaginer une convergence de gens qui marchent vers un immeuble où à lieu un problème avec la police, peu à peu se rencontrer, se parler de la rumeur qui circule, aller dans le même sens vers un endroit en formant un choeur . ( Nous reprendrons cet exercice à la séance prochaine) 

- Reprise de l'exercice du leader en rajoutant la consigne de travailler en contraste avec ce que le premier propose quand on choisit d'aller le remplacer. alterner des gestuelles toniques avec des gestuelles plus douces, aller au sol etc ( toujours s'interroger sur les raisons pour lesquelles on ne vient pas prendre la position de leader, pourquoi on accepte de le faire quand on est désigné;)

- Travail sur les quatre éléments: nouvel exercice, exploration de sensations, de possibilité de "jouer", incarner des choses non-humaines comme des éléments: être feu, eau...

d'abord espace divisé en quatre zones: eau, terre glaise, air, feu. Circuler d'un espace à l'aute en ressentant les différents éléments alors qu'ils ne sont pas présents, comment les donner à percevoir à celui qui regarde.

Puis cercle de vocabulaire:  dire tout ce que l'élément évoque: noms, adjectifs, verbes pour nourrir son imagination 

Puis essayer de devenir l'élément: pas l'illustrer , le mimer mais être le feu ou l'air, pour les deux que nous avons expérimenter.

( Chacun commente ce qu'il a ressenti, la façon dont il a chercher à réaliser l'exercice.)

Cette exploration des éléments est un outil pour nourrir le jeu: un personnage peut être "feu" , "air". cela peut donner des repères dans la gestuelle, dans la respiration ( Exercice à continuer lors d'une autre séance). 

- Travail par groupe en autonomie à partir d'un article du monde sur l'histoire de Zyed et Bouna.

Proposer une mise en jeu, en espace de l'histoire à votre manière avant de découvrir le texte de Simonot.

( Chacun note sa perception du travail qui a été fait dans le groupe, de la part qu'il  a personnellement à accomplir pour la semaine prochaine ( rôle, texte à écrire etc), accessoires à apporter ou à me demander etc)

mercredi 25 janvier 2023

Delta Charlie Delta de Michel Simonot ( nouveau projet seconde)

 Version radiophonique ( 42 minutes)

Michel Simonot est homme de théâtre, écrivain et metteur en scène. Il  a écrit une vingtaine de textes tous portés à la scène. Il a mis en scène des textes de Katherine Mansfield, Max Frisch, Heiner Müller, Jean Jourdheuil, Armand Gatti, Philippe Malone Il est membre du groupe d’écrivains Petrol, avec Lancelot Hamelin, Sylvain Levey et Philippe Malone. Il dirige le festival Bruits Blancs, avec le compositeur et metteur en scène Franck Vigroux, dont il est le dramaturge. Il est également  dramaturge auprès d’Annabelle Playe, compositrice, musicienne et chanteuse. Il est actuellement en résidence à Anis Gras (Arcueil). Il a été artiste associé au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis (Centre Dramatique National), adjoint au conseiller de programme fictions de France Culture, dirigé ou codirigé des établissements artistiques et culturels. Universitaire et sociologue il a publié sur l’écriture et la scène et les politiques culturelles. Dernièrement : La langue retournée de la culture (éd. Excès. 2017).

 
I. Le texte

1. RÉSUMÉ

Un soir d'octobre à Clichy- sous-Bois trois enfants, Bouna 15 ans, Zyed et Muhittin, tous deux 17 ans, courent parce que la police court derrière eux. Ils se réfugient dans un transformateur. Un policier voit, n'alerte pas. Ils sont électrocutés. Deux enfants meurent. Un survit. Des semaines d'émeutes, de révoltes s'ensuivent. Deux policiers sont mis en examen.
Dix ans plus tard, un tribunal reconstitue les faits - heures, minutes, secondes, voix enregistrées de la radio de la police. Dix ans plus tard, le survivant est encore et toujours celui qui porte dans sa peau les deux enfants morts, celui dont on ne parle pas, celui qui fait face à la police, celui que l'on interroge. Comme une tragédie jamais achevée.


2. PRÉSENTATION

Ce texte est écrit en écho à l’événement survenu en octobre 2005 à Clichy-sous-Bois.
Zyed, Bouna et Muhittin sont poursuivis par la police. Ils se réfugient dans un transformateur
électrique où deux d’entre eux meurent électrocutés. Le soir même, des émeutes se déclenchent et gagnent plusieurs pays d’Europe. Suivront trois procès des policiers qui avaient poursuivis les enfants alors qu’ils revenaient d’un match de foot.

« J’étais à l’époque artiste associé au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, le directeur qui était Alain Ollivier m’avait demandé de faire un travail, une création, une écriture avec la ville enjeux. Et j’avais invité trois autres auteurs, jeunes, que je ne connaissais pas trop, Lancelot Hamelin, Philippe Malone, Sylvain Levey
, et nous avons commencé à écrire... Et au moment où nous sommes-là, à lieu cet événement, la mort de Zyed et Bouna, électrocutés, qui déclenche les émeutes là-bas, puis dans toute l’Europe.
Et nous, nous faisons un texte qui donne d’ailleurs une publication, qui reprend un peu le climat de l’époque ; L’extraordinaire tranquillité des choses
, comme le dit le titre. (...)
Et moi, cette histoire de la mort de Zyed et Bouna m’est resté, c’est marquant, on était au milieu des émeutes là-bas. Je savais qu’un jour j’écrirai dessus. (...) En 2015, j’apprends que le procès a lieu, et j’apprends qu’il y a un survivant, qui est là pour témoigner. (...) »

Michel Simonot, Extrait de l’entretien accordé à ARTCENA


Après L’extraordinaire tranquillité des choses, Michel Simonot décide donc de poursuivre
l’écriture en 2015, au moment du troisième et dernier procès des policiers impliqués dans la mort des deux adolescents. Pour cela, il déploie un processus d’écriture original en écrivant à partir de sources de seconde main, à savoir les tweets des journalistes qui relatent le procès en direct.
Durant les trois jours que durent le procès, il archive ces tweets, matière première qui constitue les faits établis, et permet ensuite à l’auteur de « déborder » et d’imaginer ce qu’on vécût ces adolescents avant et après le drame.

L’auteur précise à l’issue du texte que le matériau de l’écriture s’appuie sur « les tweets de Willy le Devin, Juan Branco, Simon Gourmellet, Marie Barbier, Pascal Robert-Diard, et d’autres, publiés en
direct relatant le dernier procès de Rennes en mars 2015 ». Par ailleurs, « les faits repris dans ce texte reprennent les informations provenant de tous les articles de quotidiens et d’hebdomadaires, les reportages télévisés, les sites Internet ayant traité de l’affaire. Les faits datés dans les parties « tribunal » relatent des faits rapportés par les journalistes présents et par la presse lors du procès de mars 2015. Le reste du procès relève de la libre fiction poétique ».
Dans une écriture concise, précise et ciselée et poétique, Michel Simonot évoque, suggère une vérité sans jamais chercher à la raconter. Dans un rythme qui rappelle celui de la sphère
médiatique, le texte provoque chez le lecteur-spectateur un sentiment d’urgence et d’empathie pour les trois adolescents que l’auteur nomme non pas « victimes », mais « vaincus ».

L'auteur parlant de sa pièce sur le site Théâtre Contemporain