lundi 25 février 2019

Le Poisson Combattant jeudi 28 février 19h Théâtre Municipal

Site de la compagnie du passage avec de nombreuses photos

C’est une séparation. On ne s’aime plus, pas question de jouer les copains, quittons-nous. Alors il part, lui laisse la maison, à elle. Elle et la petite, leur laisse tout. Parce que la petite restera avecelle; faut croire que ça l’arrange, lui. La nuit précédant son départ, le poisson combattant, celui de la petite, qu’on a appelé Dr Manhattan, qu’on a vachement aimé depuis un an qu’il dort là, le poisson combattant saute hors de son bocal et meurt, sec, au pied de la console. Dès lors, pour lui, un seul but : trouver l’endroit pour l’enterrer, enterrer le poisson quelque part, va savoir où, un endroit, mettons idéal, disons même l’endroit prévu, on imagine qu’un endroit est prévu pou rchaque créature, c’est ce qu’il se dit. Comme s’il en allait de sa propre existence, remisée, défaite,à recoudre, il prend la route. Errant, il s’immisce dans des identités, passagères, provisoires.Que peut le corps désagrégé, sinon survivre, d’enveloppe en enveloppe, de corps en corps, de masque en masque ?Et l’on se découvre termite ou bien ours, adolescent insomniaque, enfant au bord d’un étang, en attente d’un mirage ou d’un miracle

.Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=35y3uzvapLw

 Notes d’intention Fabrice Melquiot l'auteur et metteur en scène

J’ai dédié Le Poisson Combattant à un poisson combattant. J’ai eu dans ma vie un poisson combattant. Il s’appelait Charlie. Il a fait un peu de théâtre, une figuration dans un autre monologue que j’ai écrit et mis en scène, intitulé Quand j’étais Charles. A la mort de Charlie, dans un saut de l’ange plein de panache, j’ai été très ébranlé. L’enfance s’est retournée dans sa tombe ouverte ;elle m’a regardé avec une très grande pitié. Je me suis revu, petit garçon, assister à une scène identique : le saut du poisson hors du bocal (à l’époque un poisson rouge, d’une taille impressionnante). J’avais oublié la scène : elle a sauté, elle aussi, mais comme une mine dans la mémoire. Je me suis demandé : quel est ce saut, revécu ? Et pourquoi tant de chagrin ? Pourquoi l’enfance murmure-t-elle ? Pourquoi si souvent ? En quoi ce poisson sec au pied d’une table semblait-il un Yorick revenu des tréfonds ? Bouffon de l’enfance, dégoûtant, déroutant. Quelque chose venait de naître. Le désir de comprendre, chercher à comprendre encore, en quoi le jeu (la notion même, et dans sa polysémie) est tragique, l’enfance inquiète et inquiétante.C’est l’histoire d’un homme qui, pour enterrer un poisson mort, remonte le cours d’une rivière intérieure, dont le flux charrie souvenirs et peurs ; c’est un homme anadrome, qui, comme tous les saumons, revient à l’enfance pour y régénérer son présent, ouvrir sa joie, conjurer les ombres
.J’ai écrit le texte pour Robert Bouvier , acteur sans âge, dont l’enfance déborde dans le corps e tla voix. Sur scène, il n’est pas seul. Quand on écrit un monologue, on compose un monde entier,qui tient dans une seule bulle de pensée, dans le mouvement d’un corps unique, cherchant tous les corps qu’il contient. C’est Elissa Bier , avec laquelle j’ai déjà collaboré (Le Hibou, le vent et nous, Dr. kamiski)) qui a conçu la scénographie : espace blanc, translucide, fragile.La bulle en question - phylactère déployé pour homme cloîtré. Peu à peu, l’espace est envahi par quelques meubles du couple, à des échelles détraquées, tombeau domestique, symbole de la vie conjugale, malédiction rampante. Avant que tout éclate et que l’amour terroriste ôte sa cagoule, tombe son masque
.Sur les parois souples de la bulle, Janice Siegrist a travaillé à la projection des mondes en creux,implicites, à distance de l’illustration vidéo. Le personnage de la pièce est cinéaste ; les images  sont là pour dresser la psyché autrement qu’en mots. Pour dialoguer aussi. Les images projetées: interlocuteur de choix. 
Julien Baillod a créé un environnement sonore primordial : on est à l’intérieur du personnage, dans un univers mental et organique : avion qui passe, nuit bruissant, chiens qui aboient, flux sanguin,voix de l’amoureuse, voix de l’enfant, fantômes d’objets et de personnes. Un transistor posé là,dans l’espace clos, source diégétique dégueulant toutes sortes de rumeurs

 A ce moment précis l’homme se dit:Que ne donnerais-je pas pour le bonheur d’être en Islande à tes côtéss ous le grand jour immobile et de partager l’instant présen tcomme on partage la musique ou le goût d’un fruit.A ce moment précisl’homme était en Islande à côté d’elle.Jose Luis Borges, , 1981

 Si je suis nostalgique, c’est du présent, comme Borges le signifie dans ce court poème.Ce qui m’importe, en créant ce texte, c’est bel et bien la décharge électrico-poétique qu’il s’agi td’administrer aux vivants, pour qu’ils voient demain d’un œil moins cerné.

jeudi 21 février 2019

Prochains spectacles pour les spécialités: à vos agendas

 -Jeudi 28 février 19H au Théâtre Municipal: Un Poisson Combattant ( programmation CDE) 1H15

-Jeudi 7 mars 19h Rapport sur Moi de Grégoire Bouiller: découverte de l'univers de nos nouveaux directeurs Matthieu Cruciani et Emilie Capliez: spectacle offert par la CDE mais que je considère comme obligatoire.

-Mardi 12 mars à 20H Salle Europe Cortège(s) de Thierry Simon:  à ne manquer sous aucun prétexte avec Sandrine Pires, Bruno Journée et Kadir Ersoy , un ancien élève de chez nous, au plateau.

-Mercredi 20 mars à 20h30: Les Préjugés ( programmation CDE)

-Jeudi 28 mars possibilité d'assister à la générale de La Flute Enchantée mis een scène par Chiara Villa au parc des expositions, confirmation donnée à la rentrée.

mardi 19 février 2019

Entrer dans Illusions Comiques d'Olivier Py

A la rubrique Illusions Comiques du menu du blog, vous trouverez beaucoup d'articles sur cette pièce que nous allons travaillée avec Patrice Verdeil à la rentrée, mais vous pouvez commencer l'exploration à partit de la page du blog d'une collègue: Illusions Comiquesd'Olivier Py

La première chose à faire est d'ailleurs de bien lire ou relire l'oeuvre, d'entrer dans la langue d'Olivier Py et d'essayer de comprendre de quoi parle la pièce et sa structure générale.

jeudi 14 février 2019

Paroles d'acteurs: pour jouer Néron

Jacques Bonnafé: mise en scène Gildas Bourdet
" Le tout jeune Néron est à l'image de Louis XIV après la Fronde, il vient d'accéder au trône et doit imposer son pouvoir, sa vision de l'histoire immédiate, l'éviction de Britannicus est moins rivalité amoureuse qu'un jeu de prise de pouvoir, sur Agrippine, sur le peuple romain. un roman d'intrigue, subtil et noir, taillé sur le vif avec des conseillers en communication remplaçant les vieux stratèges, juges d l'honneur et de la vertu;
Le souvenir des gravures d'histoires et les vieilles photos des petits classiques pouvaient rester aux archives, il est peu question de la folie amoureuse ou despotique,peu question de tyrannie maladive. la trame de cette pièce se trouve dans l'adresse faite par racine au souverain, forme d'avertissement, éloge du pragmatisme et de la cruauté froide."

Vincent Berger ( mise en scène de Bézu)
Pour ma part, j'entame une approche intime par la lecture, souvent répétée, et minutieuse, du texte, et uniquement du texte. Cela me permet une micro-analyse du sens et des fils tirés au long du parcours du personnage dans la trame même de ses mots qui sont pour moi son essence; Je n'attache, à ce niveau, aucune importance aux histoires littéraires et théâtrales du rôle, et construis alors ma propre grille  de compréhension qui est à la fois sensible et rationnelle: ce que les mots et les phrases font résonner en moi, et simultanément ce qu'ils l'expliquent. Parallèlement je cherche dans les références proposées par la dramaturgie du metteur en scène et dans mes propres recherches bibliographiques, quelques ouvrages piliers qui soutiendront et donneront la cohérence de l'esquisse visée. Dans le cas de Néron, j'ai été très inspiré par le livre de Pierre Grimal, le Procès Néron, qui, outre les rappels historiques et politiques, peignait le jeune empereur de façon moderne et devant plus sa réputation de tyran à la communication, comme on dit aujourd'hui, des souverains suivants revisitant son règne qu'à ses propres exactions. Cet ouvrage revient sur la possibilité "chimique" de l'empoisonnement si rapide de Britannicus, innocentant par-là son demi-frère. sans remettre en cause la réalité de la narration de racine, cel permet un nouveau point de vue, un éclairage différent, qui fait varier donc le sombres et les lumières de ce personnage...." ( à suivre)

mercredi 13 février 2019

Agrippine/Néron: l'amour-haine

relation qui se joue à deux niveaux inextricablement liés: familial et politique. Agrippine, la femme de Claude, a tout fait pour mettre son fils sur le trône mais elle ne peut se résoudre à lui laisser le pouvoir.
Néron a parfois la volonté de s'affranchir de tout ce qui enttrave sa soif de pouvoir mais il est tétanisé par ce que sa mère représente pour lui. ( Racine n'explique pas cette terreur qui habite Néron face à sa mère): amour-haine = axe dramaturgique puissant de la pièce.

Selon Vitez: Néron manipulé: confie Agrippine à une actrice jeune ( Claire Wauthion), met en avant un drame familial ( et non politique). Le couple mère/fils vit un affrontement amoureux dans le quel le fils éprouve une véritable passion charnelle pour une mère qui joue de sa séducrion: " La vraie passion, le vrai amour de Néron, c'est Agrippine"
Comme en témoigne l'actrice, " pour Agrippine, c'est certan que le pouvoir vient d'une fonction- elle est impératrice- autant que d'un corps- elle est encore une femme. Ces deux sources s'entremêlent. Elle tient autant aux deux. Pour cela je joue le désir véritable et non pas des arrières pensées, car la stratégie ne doit pas se voir lors d'une "scène de séduction". Le sens de la manoeuvre résultera de la mise en contact des événéments de la fable."Passion qui s'exprime par le jeu des corps cachés/ dévoilés dans les drapés qui les recouvrent: dans le 'ème acte, Agrippine arrive comme une maîtresse venue reprendre ses droits. elle enlace Néron,le touche, le retient. elle lui rapelle que pour le faire couronner elle a dû coucher avec Claudius: " un eloi moins sévère/ mit Claude dans mon lit, et Rome à mes genoux" sur ces mots, elle défait son drapé et laisse voir ses seins, tout à la fois pour illustrer les services rendus et pour troubler Néron. Le corps intervient comme une preuve et comme uneruse, car face au corps dévooilé de sa jeune mère, l'empereur chancelle, il capitule m^me un instant. Leur séparation sera celle de deux amoureux et, une dernière fois, Agrippine reine désirable semble l'avoir emporté. le pouvoir passe encore par son corps." ( propos recueillis par Georges Banu dans " Le sein d'agrippine", Journal du théâgtre national de Chaillot octobre 1981.)

Selon Jaques-Wajman: l'amour incestueux
"la pièce débute à l'aube. Agrippine n'a pas dormi. albine la découvre devant la porte de Néron, prostrée, dans une situation de déréliction totale, misérable, seule. Un complet dénuement dans l'étta de manque de son fils. Une star vieilllissante, la Gloria  Swabson de Sunset Boulevard. belle encore mais marquée: une vie entière consacré&e au calcul et à la séduction. Une violence folle dans la douceur."
Figure de femme abandonnée. hantée par sa relation avec son fils, révèle sa faiblesse au moment où son fils accède au pouvoir. fil de la passion pour diriger Domonique Constanza: " Figure dérêglée, imprudente, immaitrisable. mélange de douleur et de haine, de projets insensés et de démarches imprudentes. un rôle fait d'impulsions et de mouvements instinctifs. qui peut contenir ce déferlement de désirs et d'insatisfaction? C'est elle que tue Néron à travers Britannicus. elle le comprend trop bien" (Notes sur Britannicus de Brigitte Jaque-Wajman.)

Selon Braunschweig , la rivalité politique
haine qui domine: " On imagine souvent entre eux une relation fusionnelle, avec une mère possesive et un fils qui doit essayer de s'affranchir de sa tutelle. Je vois ça un peu autrement: je pense qu'elle ne l'a jamais aimé, et qu'elle l'a toujours instrumentalisé pour avoir le pouvoir. La prophétie qui a été faite à la naissance de Néron selon laquelle son fils la tuerait revient à plusieurs reprises dans la pièce. comme si Néron, depuis toujours, avait été un ennemi pour Agrippine.... De son côté à lui, c'est peu-têtre l'impossibilité d'obtenir l'amour de sa mère qui se retourne en haine- ça se passe souvent comme ça chez Racine" manipulation politique dans une relation où le lien familial est un obstacle: " Si Néron se regarde lui-même comme un fils qui vuet "couper le cordon" avec sa mère, je ne crois pas qu'Agrippine doit dan sla problématique symétrique, celle de "la mère fusionnelle". pour elle, Néron est l'instrument de son désir, de sa toute puissance avant dêtre son fils, et ce qu'elle ne supporte pas, justement, c'est qu'il veuille la ravaler au rang de mère. Elle veut règner à travers lui. la pièce débute lorsque l'équilibre intime qui les aporté au pouvoir est rompu." Entretien avec Braunscweig pour l'édition de Britannicus des Etonnants Classiquers Flammarion 2016)

Selon Gildas Bourdet, l'affrontement politique passe par le corps:
la violence physique transforme Néron et Agrippine en chiffonniers qui se battent


Aide pour Parcoursup: L'atlas publié par l'ONISEP

Atlas

L'outil, réalisé par l'Onisep et Le LaBri, est impressionnant par sa simplicité et les renseignements qu'il apporte aux jeunes et à leurs parents. Ajoutons qu'il en apporte aussi aux enseignants qui peuvent mesurer la sélectivité des formations et des établissements ou au contraire leur ouverture.  Ce nouvel outil permet aux candidats de découvrir l’ensemble des formations proposées sur Parcoursup et ainsi d’affiner leurs recherches de manière simple et intuitive, en saisissant des mots clés, des filières de formations et/ou en sélectionnant une zone géographique précise. A partir de l'atlas ils peuvent connaitre le « taux d’accès » de la formation en 2018 ; le pourcentage des catégories de bacheliers admis dans la formation en 2018 (bac pro, bac techno et bac général) et le nombre de places en 2019. On a là un outil très rapide, fonctionnel et qui permet une bonne connaissance des établissements.

dimanche 10 février 2019

Woyzeck d'après les notes du metteur en scène Mathias Langhoff

 Il existe des mises en scène qui mettent Marie au centre de la pièce: cf Marie-Woyzeck de Karge et Langhoff en 1981

programme du festival d'automne 


Woyzeck, compléments, à partir des notes dramaturgiques de Matthias Langhoff:

Un soldat municipal (stadtsoldat), un fusilier , donc tout en bas de la hiérarchie militaire.
Le soldat municipal est tout en bas de l’échelle sociale, encore plus bas que le journalier selon Matthias Langhoff. Un paria, semblable au fossoyeur, au valet du bourreau, à l’égoutier. Les soldats municipaux sont des soldats volontaires touchant une très maigre solde. Leur fonction est moins guerrière que dissuasive. Ils forment une troupe pour toutes les sales besognes, notamment pour réprimer des troubles éventuels. C’est une sorte de soldat occasionnel qu’on utilise quand on en a besoin. Occasionnel, comme le sont aussi les autres travaux de Woyzeck : raser le capitaine, couper des baguettes de jonc.
Woyzeck n’utilise pas toujours cet argent gagné pour sortir sa famille du besoin. Il passe beaucoup de temps à l’auberge  va à la fête foraine aussi.
Quel rapport a-t-il avec sa femme et son enfant ?
Il aime Marie, mais sa relation avec elle est déterminée par le besoin de satisfaction sexuelle et la possibilité de survivre matériellement plus facilement ensemble. Il est peu probable que les relations de Marie avec d’autres et sa prostitution occasionnelle lui soient inconnues ou l’accablent. Alors pourquoi assassine-t-il Marie ? Nous y reviendrons

Il n’a que peu de rapport avec son fils : sa seule tentative de se rapprocher de lui échoue : l‘enfant détourne la tête, comme si ce subit élan d’amour paternel était effrayant.
Son psychisme : il rumine sans fin, avec d’étonnantes capacités à philosopher. Mais sa philosophie est confuse, supersticieuse, liée à son manque de formation. Il semble parfois proche de la schizophrénie, qui n’est sans doute pas liée aux expériences du docteur, mais peut être à une tare héréditaire, aggravée par son mode de vie. Il sait impressionner et angoisser son entourage. C’est une arme qui lui donne force et pouvoir. Il se comporte avec ses supérieurs avec ruse et une étonnante intelligence. Il se moque d’eux. Le docteur est pour lui l’idiot qui paie pour une expérience douteuse. Il trouble le capitaine aussi, tout en semblant très obéissant.
Il montre souvent un penchant pour la querelle, mais il est aussi assez lâche.
Le meurtre semble considéré comme un succès, qui lui donne de la force, la scène de l’auberge, après le meurtre, le montre : il fanfaronne, il est agressif et courageux, il se sent puissant à tous niveaux. Mais, nous y reviendrons, les motivations de ce meurtre sont hétérogènes

Marie
Elle est elle aussi d’un milieu « asocial ». Elle parle d’elle comme d’une putain, et sans grands remords. Mais ce n’est sans doute pas une prostituée professionnelles, mais plutôt  une prostituée occasionnelle.
Cela ne semble pas être un problèmes pour sa relation avec W.
W dort avec Andrès. Karl, l’enfant et peut être la grand-mère semblent dormir avec Marie dans un seule chambre.
La liaison de Marie avec le Tambour-Major humilie Woyzeck parce que cette liaison peut déboucher sur une ascension sociale possible pour Marie, qui serait une rupture de l’équilibre fragile qui la lie à W. Le T-B lui propose à M. de faire un élevage de tambour-major. C’est plus qu’une aventure ou une passe.
W tue Marie par jalousie, certes, mais aussi pour que ces adversaires ne connaissent pas la victoire. W ne connait pas la capitulation. Quand s’en est fait de lui, il devient dangereux. Donc, causes hétérogènes du meurtre.

Andrès correspond au cliché qu’on se ferait de W. Sans le connaitre. Andrès est gentil. Il n’a presque plus de besoins. Il est soucieux. Il est sidéré par les visions de Woyzeck, il l’envie pour sa relation avec Marie.

Le Tambour-Major est un homme arrivé socialement, mais pas très haut, son grade est très moyen. Il est tout en bas de l’échelle de la bourgeoisie. Il vient probablement du milieu de Marie et W., car il parle leur langue. Ce monde-là l’attire encore parcequ’ il y trouve admiration et considération.
Il doit son ascension à son corps. D’une certaine manière, comme Woyzeck avec le docteur, comme Marie avec ses clients, il vend son corps.
Marie ne semble pas être un caprice pour lui, il est vraiment fou d’elle. Ils semblent tous deux avoir une sexualité animale.
Le médecin et le capitaine : ils sont sans doute plus jeunes que vieux, ils sont des représentants du progrès -surtout le docteur. Le docteur n’est pas forcément un sadique, c’est un chercheur, il est d’ailleurs assez généreux, il ne lésine pas sur les augmentations.
Le capitaine lui, est sadique. Sa propre sexualité le tourmente. Il semble se mépriser lui-même par instants
Question : pourquoi informe -t-il W. d’une possible liaison de Marie avec le T-M ? Peut-être est-il jaloux lui aussi. Peut-être a-t-il été un client de Marie, voire plus : « Moi aussi , j’ai connu l’amour » dit-il .

Le personnage de Marie dans Woyzeck

Dans Le théâtre de Georg Buchner de Jean-Louis Besson

Marie n'est pas seulement la compagne de Woyzeck, la fille-mère qui attnd de l'argent du père de son enfant; Elle est, elle aussi,un être complexe et divisé.
deux traits qui la caractérisent: sensualité simple et peur de l'asphyxie. Contrairement à Woyzeck qui se résigne ( ou ne peut faire autrement), marie se rebelle contre l'état auquel elle est réduite.Lorsque Margreth, sa voisine, lui reproche d'avoir les yeux qui brillent au passage des soldats, elle lui referme violemment la fenêtre au nez en la traitant de garce ( scène 2) Chez elle domine le visul, elle est attirée par la lumière (Que de lumière dit -elle à la foire), par le clinquant, par tout ce qu'elle n'a pas.: lorsque Woyzeck lui propose d'entrer dans la baraque du forain, elle répond simplement: " D'accord, ça doit être beau. il en a des pompons, le bonhomme, et la femme a des culottes." Lorsqu'elle se trouve seule avec le tambour-major, elle admire sa belle prestance et se sent " fière entre toutes les femmes" ( scène 6) Elle s'émerveille devant le brillant des pierres qu'il lui a offertes et même si elle a n'a qu'un bout de miroir pour se contempler, elle se sent l'espace d'un instant l'égale de " grandes dames qui ont des glaces où elles peuvent se voir tout entière et des messieurs qui leur baisent la main" ( scène 4)
Johanna Christiane Woost, la femme assassiné par le Woyzeck, n'était pas particulièrement fidèle, et elle n'entretenait pas de relation suivie avec son futur assassin. Le rapport de Clarus précise qu'elle avait de " fréquents rapports avec des soldats", ce qui avait excité la jalousie de Woyzeck. Buchner s'est démarqué de sa souce: Marie femme belle  encore jeune que les deux militaires à la foire remarquent du premier coup d'oeil, admirent son port de tête, ses cheveux noirs, ses yeux noirs" comme si on regardait dans un puits ou dans une cheminée" ( scène 3), particulièrement séduisante.
scène 7 Woyzeck dit qu'elle est belle comme le péché. Le rouge et le feu lui sont associés: " une craie bête sauvage" dira le tambour major (scène 6)
interrogation sur lle fait qu'elle soit prostituée? elle même parle de son enfant comme d"un enfant de putain" ( scène 2) mais parle sous le coup de l'altercation avec la voisine qui la traûte de catin simplement parce qu'elle n'est pas mariée. Marie en fait ne se vend pas: elle a besoin de l'argent de Woyzeck pour vivre, sa liaison avec le tambour major  n'est pas vénale, les bouvles d'oreille sont un cadeau inattendu, elle se défend elle-même d'être une fille, "une créature", elle ne se donne pas sans hésitation ni sans remords. Sa relation avec le tambour repose sur la sensualité en sommeil et le désir face à un bel homme.
peut-être est-elle délaissée par Woyzeck trop pris par les tâches qu'on lui demande et qui ne s'attarde pas chez elle.
liaiason avec un militaire de parade, qu'elle imagine bien plus que ce qu'il est, est pour elle une manière d'échapper à un quotidien accabalant, comme dans un rêve;
Marie est la seule a tenté de réagir à sa situation., en accomplissant un acte positif, elle écoute ce que lui dicte ses sens pour un peu de bonheur. ( Certains metteurs en scène placent Marie au centre de la pièce cf  Karge et Langhoff)
 Mais Marie n'est pas en accord avec sa conscience: s'accuse d'être une mauvaise fille quand elle a accepté les boucles d'oreilles., prémonition du sort qui l'attend: elle voudrait pouvoir se poignarder; ( scène 4)
après avoir admiré le tambour elle le repousse avant de le laisser faire cf " Ruhr mich nicht an" ambigu traductible par " essaie de me toucher!"  aussi bien que "Touche-moi"!Finalement elle cède comme dans l'indifférence. expressions spontanées des manifestations contradictoires de sa conscience et de son désir.
remors et craintes du châtiment pour son péché: elle parvient certes encore à faire l'effrontée et à mentir face à Woyzeck qui la menace ( scène 7). pendant la danse à l'auberge, plus rien de semble la retenir " toujours plus toujours plus scène 11; mais plus tard seule avec l'enfant et l'idiot ( scène 16, elle feuillette la Bible à la recherche d'un réconfort comme si les paroles de Woyzeck " un péché si gros et si large" lui hantaient l'esprit. tombe par hasard sur un verset de la première épître de Pierre: "et il ne s'est pas trouvé de fourberie dans sa bouche" et sur deux passages où Jésus pardonne à des femmes pécheresses; pourtant la Bible ne lui apporte pas l'apaisement escompté: elle n'arrive pas à prier et voudrait comme Marie Madeleine oindre de parfum les pieds du Christ.
marie est donc elle aussi un être clivé qui réfléchit sur le sens de son acte et qui cherche désespérément le repos. ( comme Lenz, comme Danton) Elle ouvre la fenêtre et se frappe la poitrine avant de constater que "tout est mort". mais dans un monde de pantins aux gestes codifiés par la morale et le travail, elle aura été l'espace d'un instant le seul mouvement, la seule danse effrénée, la seule vie. P281 à 284

mardi 5 février 2019

dimanche 3 février 2019

En écho à Un Démocrate, conférence de Monsieur Fischer

Mardi 5 février 18h30 à la médiathèque de Colmar: conférence de Monsieur Fischer sur Hannah Arendt :L'amour du monde, pourquoi est-il si difficile d'aimer le monde? proposée par la CDE;
N'hésitez pas à venir ,la conférence prolongera votre réflexion sur Un Démocrate. J'y serai et je prendrai des notes.