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jeudi 9 mai 2019

HIDA: Tina Modotti: documents à consulter

Le film Tiger'scoat dans lequel Tina tient le rôle principal

A propos de Dorothea Lange et des ombres sonores de Tina Modotti Etude sur la photographie de Tina

Projet musical de catherine Vincent:  Sur les traces de Tina Modotti
2ème partie


CATHERINE VINCENT duo, Tina album de musique. Inspiré par la vie et le parcours de Tina Modotti. Le CD inclut la mise en musique des poèmes Tina Modotti ha muerto de Pablo Neruda ecrit en 1942 en hommage a Tina après sa mort, et Plenipotentiary de Tina Modotti, (1923). En vente aupres des artistes. Bon de commande ci-joint. catherine20cent@gmail.com

Romans et roman graphique:

DE LA CALLE Angel, Tina Modotti, roman graphique, Vertige graphique, 2011 La BD de Angel de la Calle et le très bel ouvrage de Toffoletti sont distribués par Envie de lire http://www.enviedelire.fr/ Raul Mora enviedelire@no-log.org

PONIATOWSKA Elena, Tinisima, L'atinoir, 2014. Editeur marseillais, Jacques Aubergy latinoir@orange.fr T 06 75 7673 66. Très belle biographie romancée par la grande écrivaine mexicaine née en 1932 et qui a pu rencontrer beaucoup de contemporains de Tina Modotti.

Pièce de théâtre: Corpus Tina M. Performance entre exposition et conférence.
Dossier de la pièce

Extrait sur vimeo

documentaire Espérance: lettres sur l'engagement

Synopsis

François Caillat et Silvia Radelli s’écrivent d’un bout à l’autre du monde. Ils s’échangent leurs impressions, leurs témoignages et leurs pensées.
Silvia Radelli s’intéresse à la figure de l’Italienne Tina Modotti durant les années 1920/30.
Elle suit les traces de cette actrice et photographe bohème devenue militante communiste, activiste stalinienne puis agent secret soviétique, engagée à l’extrême dans les combats politiques de son temps, du Mexique à Berlin, de Moscou à l’Espagne en guerre.
François Caillat rencontre des jeunes femmes bénévoles de MSF (Médecins sans Frontières) dans les camps de réfugiés à la frontière du Congo RDC. Il découvre dans leur geste humanitaire une autre manière de s’engager aujourd’hui, loin de la politique.
Deux regards croisés, un film épistolaire sur l’engagement.

Elle s'appelait Tina Modotti

Expositions Elles

Tina Modotti dans l'exposition Soulèvements

Tina et Weston

Tina Modotti et la presse

Tina Modotti une passion mexicaine

Exploer le blog d'un collègue de l'académie de Versailles: Tina Modotti: une artiste et son temps

samedi 17 mars 2018

Extraits de la conférence de Monsieur Fischer sur Polyeucte

 Théâtre et religion.


Si toutes les sociétés humaines connaissent des rituels religieux (même la nôtre, encore quoique sans doute grandement édulcorés), elles n’ont pas toutes inventé du théâtre. Par exemple, l’Islam sunnite n’a produit aucun théâtre contrairement à l’Inde, la Chine, le Japon, l’Indonésie. Je fais évidemment référence au Kathakali, bunraku, kabuki, opéra chinois, théâtre balinais et bien d’autres.
Il est convenu aussi de considérer que ces théâtres sont largement issus de rituels religieux, en relation avec une dimension sacrée dont ils gardent très souvent encore des marques, ne serait-ce que dans la manifestation d’une forme figée, intemporelle que l’on reconnaît dans les masques, les gestes, les danses, les paroles proférées. Le théâtre occidental, comme nous l’avons vu la dernière fois avec la tragédie grecque, provient lui aussi d’un rituel relatant les souffrances du dieu Dionysos, le dithyrambe. D’ailleurs la pierre sacrificielle, le thymélé, au centre de l’orchestra en témoigne.
Toutefois quel que soit l’aspect déjà théâtral de tout rituel, religieux, politique ou social, le théâtre (c’est d’ailleurs son étymologie) rassemble des spectateurs et ne réunit pas des fidèles, suppose des acteurs et non des prêtres et des officiants et enfin nécessite une prise de distance et de la réflexion par rapport à ce que l’on voit. En ce sens Brecht dira que « la tragédie sort du culte, mais justement elle en sort ».
Pourtant cette « sortie » n’a jamais été ni simple ni définitive. Tout comme il y a du théâtre dans tout rituel, il reste un fond de sacré dans le théâtre. N’a -t-on pas vu au XXème siècle de larges tentatives pour remobiliser l’origine sacrificielle du théâtre à la suite d’Antonin Artaud qui avait reçu le choc du théâtre balinais en 1931. 
Mais l’exemple le plus frappant de cet échange possible entre spectateurs et fidèles est pour moi l’installation proposée par Abbas Kiarostami, le grand cinéaste iranien (décédé en 2016) d’abord à Rome, puis en France. Il s’agit du Tazieh iranien.( islam chiite)

video sur le Tazieh

Article sur le Tazieh

Le réalisateur iranien Abbas Kiastoramis a d'ailleurs utilisé le tazieh dans l'une de ses installations artistiques:installation à Paris et Venise en 2004


Comment le Christianisme a-t-il réagi à ce pouvoir du théâtre qui permet de toucher des foules, d’en tirer des larmes ou du rire, de produire ou de contrôler des émotions ?

On dira pour faire vite que c’est dans une véritable ambivalence que la tradition chrétienne a su à la fois condamner le théâtre et s’en servir à son profit.

Partons de la condamnation.

Elle apparaît très tôt chez les Pères de l’Eglise, à Carthage ou à Antioche, chez Tertullien, Théophile d’Antioche, Saint Jean Chrysostome, et s’adresse à cette société des jeux qu’était l’empire romain finissant, et plus particulièrement les jeux dits grecs, reprises des tragédies et comédies païennes souvent dans des conditions spectaculaires.

L’argument central porte sur l’imitation (selon une logique platonicienne). Imiter, c’est produire du faux et le faire passer pour vrai, séduire par des illusions ou encore comme le dit Tertullien dans
son essai Contre les spectacles (en ce moment mis en scène à Paris) : « Toute imitation attente à la dignité de la création divine ». Elle s’avère donc l’œuvre du diable. Le seul spectacle acceptable est celui, attendu, de la gloire de Dieu ou de la fin du monde lorsqu’on verra philosophes et histrions rôtir en enfer.

Plus diabolique encore est l’acteur qui, impudique, se met en scène devant les autres, joue à ce qu’il n’est pas, prend toutes les formes pour séduire alors qu’il n’est rien et qui, non content de se travestir en femmes, leur ressemble et se prostitue ouvertement.
C’est évidemment à partir de là qu’on peut comprendre le statut de réprouvé qui a été celui du comédien, soumis à l’excommunication jusque très tard. A sa décharge, il faut ajouter aussi que l’Eglise ne fait que reprendre cette particularité romaine qu’est l’infamie des acteurs. Contrairement au théâtre citoyen de la Grèce, les gens de spectacle à Rome étaient frappés d’incapacité juridique et morale, globalement déshonorés au même titre que les gladiateurs et les prostitué(e)s.
Les textes des Pères de l’Eglise reprennent cette condamnation des acteurs en insistant tout particulièrement sur le travestissement et la féminisation des acteurs. Rien de pire qu’une femme sur scène ou un acteur qui nous séduit par sa duplicité. Véritable œuvre du diable, le théâtre nous égare et nous fourvoie. Bien entendu, la morale chrétienne ne fait ici que se conformer à un interdit beaucoup plus large (puisqu’il a cours au Japon, en Chine et ailleurs), un interdit qui concerne la présence des femmes sur scène.
En Europe, les premières femmes montent sur scène au cours du 16ème siècle dans le cadre de la Commedia d’ell’ Arte italienne2, un théâtre masqué. Au grand dam du clergé.

Et puis, comme rien n’est jamais simple, il y a l’envers de cette condamnation.
Il y eut en même temps un immense théâtre chrétien issu de la Passion du Christ.

Sans doute déjà en gestation dès le quatrième siècle, ce théâtre ne prendra véritablement sa dimension qu’au cours du Moyen-Age (à partir du 11ème siècle), passant de l’intérieur de l’Eglise au parvis (les miracles) jusqu’aux grandes places publiques qui rassemblent au cours du quinzième siècle des milliers de personnes pendant plus d’une semaine autour de Noël, de Pâques ou de la Pentecôte. On joue des textes de 30000 vers. Le peuple lui-même incarne les personnages de l’Ancien ou du Nouveau Testament. Dans ce cas nulle condamnation pour des acteurs occasionnels. Ces Mystères, ces grandes cérémonies (c’est le sens du mot Mystère) théâtrales populaires ont souvent fait rêver aujourd’hui. Fonctionnant sous forme de tableaux, ces cérémonies se présentaient selon un dispositif de mansions, des sortes de maisons figurant le ciel, l’enfer et autres lieux. Farce et tragique étaient liés entretenant une forte cohésion sociale dans le rire et la pitié, une sorte de communion religieuse festive.

Exemple du martyre de Sainte Apolline de Jean Fouquet


Bien sûr, c’était aussi l’occasion de troubles, de vols, parfois de rixes et de crimes. Pour toutes ces raisons les mystères furent interdits en 1548 par le Parlement de Paris. On attribua aux Confrères de la Passion la seule salle de théâtre de Paris : l’Hôtel de Bourgogne où se joueront surtout des farces et des bouffonneries.

Mais ce même 16ème siècle voit aussi le développement du théâtre dans les lieux d’enseignement, dans les collèges, humanisme oblige.
Ici, il importe de faire une mention particulière en ce qui concerne l’éducation protestante. Laissons pour l’instant, Paris. Dès les années 1530, à Strasbourg, Jean Sturm introduit la pratique du théâtre en troisième au Gymnase. Il s’agit de former les collégiens aux textes latins et grecs, mais aussi de revenir au christianisme originel par l’art du théâtre et la musique.


Et très vite, ce sont les Jésuites qui, dans toute l’Europe prennent le relais. L’apprentissage du théâtre devient un élément central de leur système éducatif, le Ratio Studiorum. On écrit, on joue du théâtre dans tous les collèges (salle des Actes au lycée du lycée Bartholdi). Il s’agit d’éduquer à la morale et à la foi chrétienne par le théâtre.
Position plutôt aristotélicienne vis à vis de la mimesis, imiter éduque et apprend. Il s’agit de se frotter aux passions pour mieux les comprendre et les rectifier et non pour les répéter ou s’y complaire (comme le croient les dévots et bientôt les jansénistes). Plus même, l’époque est à la contre Réforme3 et au baroque pour lequel le monde est un théâtre où sous le regard divin chacun doit jouer son rôle. Ce théâtre triomphe en Espagne et en Angleterre.
La pratique du théâtre chez les Jésuites est toutefois moins pensée pour l’édification des spectateurs que pour celle des acteurs qui se mesurent ainsi aux martyrs et aux saints de la tradition hagiographique.
La pièce la plus emblématique de toute cette période (et qui doit beaucoup aux Jésuites) est incontestablement le Véritable Saint Genest de Rotrou (1645). Dans la pièce le comédien romain Genest doit jouer devant l’empereur Dioclétien, persécuteur des chrétiens, le rôle d’Adrien converti au christianisme et condamné à mort. A mesure que la pièce avance, Genest s’identifie à son personnage et proclame réellement sa nouvelle foi sur scène. L’acteur sera exécuté.
Théâtre dans le théâtre, la pièce prend surtout acte de la puissance du théâtre, de son pouvoir sur les esprits.

C’est dans ce contexte que Corneille déjà célèbre, ancien élève des Jésuites à Rouen et qui bientôt se consacrera longuement à la traduction en vers français de l’Imitation de Jésus Christ, écrit Polyeucte martyr, tragédie chrétienne. (...)

Réflexions sur Polyeucte de Corneille

Il est possible aussi de résumer la pièce autrement :
Félix, gouverneur romain d’Arménie a une fille Pauline qui, soumise à la volonté de son père a renoncé à son amour pour Sévère qui n’était pas d’un rang assez convenable. En bonne fille, elle a épousé un noble arménien Polyeucte qu’elle finit par aimer d’un amour sincère, même si elle n’oublie pas Sévère. La pièce s’ouvre sur le songe/cauchemar de Pauline où elle voit son mari mis à mort devant Sévère.
Et justement Sévère devenu le protégé de l’empereur vient en Arménie pour fêter ses dernières victoires lors d’un sacrifice aux dieux païens.
Au même moment, Polyeucte fraîchement converti par Néarque se fait baptiser en secret et décide de détruire les idoles en public lors du sacrifice. Néarque est exécuté sur le champ.
On cherche à sauver Polyeucte qui décide toutefois de mourir en martyr non sans avoir au préalable « cédé » Pauline à Sévère.

Finalement, après l’exécution de Polyeucte, Pauline et Félix se convertissent au christianisme tandis que Sévère se révèle le seul personnage mesuré de l’histoire, il tente d’apaiser les passions et prône la tolérance envers les chrétiens.

Texte de Nietzsche que Brigitte Jaques-Wajeman a rajouté à la fin

Nietzsche L’Antéchrist

« Que des martyrs prouvent quelque chose quant à la vérité d’une cause, cela est si peu vrai que je voudrais nier qu’un martyr eut jamais le moindre rapport avec la vérité. Dans le ton avec lequel un martyr jette à la tête du monde sa certitude, s’exprime déjà un si bas degré de rectitude
intellectuelle, une telle stupidité devant le problème « vérité », qu’un martyr ne vaut jamais la peine qu’on le réfute.
(...) Les martyrs, soit dit en passant furent un grand malheur dans l’histoire, ils séduisirent...Déduire comme font tous les idiots (...) qu’une cause pour laquelle un homme accepte la mort (ou même comme pour le premier christianisme), qui provoque des épidémies d’envie de mort, doit bien avoir quelque chose pour elle - cette logique fut un frein pour l’examen, pour l’esprit d’examen et la prudence. Les martyrs portèrent atteinte à la vérité...
Comment ! Que l’on donne sa vie pour une cause, est-ce que cela change quelque chose à sa valeur ?
Les martyrs tracèrent sur le chemin qu’ils suivaient des signes de sang et leur folie enseignait que la vérité se prouve avec du sang.
Mais le sang est le plus mauvais témoin de la vérité, le sang est un poison qui change la doctrine la plus pure en délire, en haine des cœurs.
Et quand on irait traverser le feu pour sa doctrine, qu’est-ce que cela prouve ?

Extraits de la conférence de Monsieur Fischer à la Médiathèque Gerrer:

La pièce a été créée, sans doute en 1641/421 au théâtre du Marais à Paris, elle traite de la rapidité et des effets d’une conversion au christianisme dans les premiers temps de notre ère, sous l’empire romain, d’un jeune noble arménien Polyeucte, devenant un saint et un martyr, connu essentiellement par le théâtre.

En ce sens, et par sa dimension de tragédie chrétienne, Polyeucte a une place un peu singulière dans l’œuvre de Corneille, au moment de sa grande maturité, elle fait suite aux tragédies dites romaines : Horace, Cinna, Pompée où s’affirme la figure du héros cornélien.

Présente pendant longtemps parmi l’étude des classiques au lycée où elle fonctionnait comme trait d’union entre « la France fille aînée de l’Eglise » et son éducation laïque, la pièce s’est faite beaucoup plus discrète et est finalement assez peu représentée.

 La mise en scène de Brigitte Jacques-Wajemann  a pris le parti de montrer dans cette tragédie la manifestation et les ravages du fanatisme religieux où un homme jeune, fraîchement marié s’exalte à l’idée de mourir pour son dieu et une vie éternelle après avoir détruit les idoles romaines :

« Allons, mon cher Néarque, allons aux yeux des hommes
Braver l’idolâtrie, et montrer qui nous sommes;
C’est l’attente du ciel, il nous faut la remplir,
Je viens de le promettre, et je vais l’accomplir. »

Comment ne pas faire le parallèle avec des événements récents, Bâmiyân, Mossoul, Tombouctou, Palmyre etc. ?

vendredi 2 mars 2018

Prochain spectacle CDE Polyeucte de Corneille

Attention, le prochain spectacle de la CDE aura lieu au théâtre municipal. Pour vous c'est le mercredi 14 mars à 20h30.

La durée du spectacle est de 01h55.

Le spectacle se déroule au THEATRE MUNICIPAL.

La mise en scène est de Brigitte Jaques-Wajeman- dont il existe aussi une mise en scène de Britannicus.
 Elle a mis en scène beaucoup de pièces de Corneille.
Dossier pour se préparer au spectacle

Interview de la metteuse en scène qui souligne l'actualité de son parti pris 

La pièce a été créée, sans doute en 1641/421 au théâtre du Marais à Paris, elle traite de la rapidité et des effets d’une conversion au christianisme dans les premiers temps de notre ère, sous l’empire romain, d’un jeune noble arménien Polyeucte, devenant un saint et un martyr, connu essentiellement par le théâtre.

Brigitte Jacques-Wajemann  a pris le parti de montrer dans cette tragédie la manifestation et les ravages du fanatisme religieux où un homme jeune, fraîchement marié s’exalte à l’idée de mourir pour son dieu et une vie éternelle après avoir détruit les idoles romaines :

« Allons, mon cher Néarque, allons aux yeux des hommes
Braver l’idolâtrie, et montrer qui nous sommes;
C’est l’attente du ciel, il nous faut la remplir,
Je viens de le promettre, et je vais l’accomplir. »

Comment ne pas faire le parallèle avec des événements récents, Bâmiyân, Mossoul, Tombouctou, Palmyre etc. ?

Résumé de la fable:
Félix, gouverneur romain d’Arménie a une fille Pauline qui, soumise à la volonté de son père a renoncé à son amour pour Sévère qui n’était pas d’un rang assez convenable. En bonne fille, elle a épousé un noble arménien Polyeucte qu’elle finit par aimer d’un amour sincère, même si elle n’oublie pas Sévère. La pièce s’ouvre sur le songe/cauchemar de Pauline où elle voit son mari mis à mort devant Sévère.
Et justement Sévère devenu le protégé de l’empereur vient en Arménie pour fêter ses dernières victoires lors d’un sacrifice aux dieux païens.
Au même moment, Polyeucte fraîchement converti par Néarque se fait baptiser en secret et décide de détruire les idoles en public lors du sacrifice. Néarque est exécuté sur le champ.
On cherche à sauver Polyeucte qui décide toutefois de mourir en martyr non sans avoir au préalable « cédé » Pauline à Sévère.

Finalement, après l’exécution de Polyeucte, Pauline et Félix se convertissent au christianisme tandis que Sévère se révèle le seul personnage mesuré de l’histoire, il tente d’apaiser les passions et prône la tolérance envers les chrétiens.

jeudi 8 février 2018

HIda: Art et sacré: Rituels et danses

https://www.numeridanse.tv/fr/video/3170_version-francaise-rituels: la video montrée en classe.
L'ensemble du dossier à explorer: https://www.numeridanse.tv/fr/themas/91_rituels


RITUELS

Ordonner le désordre
Dans les danses sacrées, comme par exemple l'Odissi, l'un des styles classiques de l'Inde issu de la tradition des danseuses de temple, le rituel de salutation – appelé namaskaram – sert à marquer le passage entre le temps du quotidien et celui de la danse. La danseuse l'accomplit avant et après chaque cours, chaque répétition ou chaque représentation. Ce court enchaînement de gestes signale une transition entre le profane et le sacré. Il favorise aussi la disponibilité mentale et corporelle de l'interprète. Aujourd'hui encore, les danseuses d'Odissi, comme ici Madhavi Mudgal qui compose des pièces pour groupe, se livrent indéfectiblement à ce rituel.
Sur l'île de Bali, la plupart des danses racontent des épisodes tirés du Ramayana, l'un des grands textes sacrés hindous. Représenter dieux et déesses, rois et autres figures mythologiques exige un ensemble de rituels qui garantissent le caractère sacré de la manifestation. En dérivent un ensemble de codes relatifs à la disposition de l'espace et de l'orchestre, appelé « Gong ». Ici, les musiciens encadrent l'arrivée des interprètes, qui se livrent, sur la place du village, devant le temple, à une danse de cour.
Les rituels qui structurent certaines danses à Bali ou en Inde répondent à une fonction : organiser le réel de manière à le rendre intelligible au regard de l'insaisissabilité du monde. L'étymologie du mot « rituel » renvoie d'ailleurs à la notion d'ordre : ordre entre les humains, entre les dieux, entre les planètes. Les rites servent donc à ordonner le désordre, à donner du sens à l'accidentel et à l'incompréhensible de la vie, à faciliter notre compréhension et notre appréhension du monde.
S'ils s'inscrivent dans des traditions anciennes, ils peuvent aussi faire l'objet de créations ou de réappropriations, selon l'intention de ceux qui les élaborent. L'écriture chorégraphique du Sud africain Vincent Mantsoe, installé en France depuis plusieurs années, fusionne des éléments tirés de rituels de guérison, auquel il fut initié, à des mouvements de danses Zoulous, Xhosa, de Taï Chi et des techniques modernes occidentales. Kim Maeja mène une démarche similaire. Elle tire son vocabulaire gestuel des cérémonies bouddhiques, des danses folkloriques et chamaniques de Corée.

Opérer une transformation
En mettant de l'ordre dans le chaos, le rituel entend agir sur le réel. Les gestes et actions qui sont effectuées au cours du rituel le sont, non pour elles-mêmes, mais dans l'intention d'exercer une action sur autre chose, au caractère inaccessible. C'est pourquoi les cérémonies visant à établir un dialogue avec les esprits, les divinités et l'au-delà nécessitent des rituels de préparation. L'état modifié de conscience, dont relèvent les transes et danses de possession, requiert un dispositif rituel susceptible de générer la transformation de l'individu. Dans cette cérémonie Hauka, filmée en 1965 par l'ethnologue Jean Rouch, les célébrants se rejoignent. Entraînés par le rythme répétitif d'un instrument à corde, ils entament une ronde jusqu'à être « chevauchés » par l'esprit dont ils seront l'incarnation. La transe des Gnawas, une confrérie religieuse marocaine, est précédée d'éléments rituels préliminaires : procession musicale, danses des musiciens. Ces derniers consacrent ensuite l'espace avec de l'encens tandis qu'on apporte de la nourriture pour inviter les génies à se manifester.
Les états de corps dans lesquels se meuvent les danseurs japonais de Sankaï Juku et taïwanais de Legend Lin, leur puissante lenteur, résultent d'un profond travail sur la conscience corporelle, le souffle, le relâché, la relation à la gravité. Ils relèvent d'une corporéité toute autre. Aussi, les interprètes ont-ils besoin, avant d'entrer en scène, d'un long moment de préparation qui a valeur de rituel. Ils méditent ; s'enduisent le corps d'un onguent blanc, qui marque aussi cette transformation de l'être. Ushio Amagatsu garde d'ailleurs secrète la recette de celui qu'il prépare pour les danseurs de Sankaï Juku.

Du rituel au spectacle
La force visuelle des images, leur résonnance spirituelle, la qualité de présence des danseurs, quasi communiants, leur gestuelle hiératique, donnent à ces spectacles l'allure de cérémonie rituelle. D'autres œuvres chorégraphiques contemporaines invitent à user de ce même qualificatif. La présence d'objets ou d'éléments à caractère symbolique (sable, eau, fleur…) en est l'une des raisons. Dans  b.c. janvier 1545, de Christian Rizzo, les nombreuses bougies disposées sur la console noire évoquent un luminaire d'église. La scénographie et les jeux de lumière contribuent également à déployer une atmosphère de religiosité, comme dans Birds with Skymirrors, du Samoan Lemi Ponifacio. C'est aussi le recours à une gestuelle lente, grave, empreinte de solennité qui mue le danseur en officiant. Enfin, la dramaturgie même du spectacle et l'organisation scénique reproduisent des schémas propres aux rituels. Raimund Hoghe débute ses spectacles par une marche circulaire, qu'il effectue lui-même, seul en scène, posément. Par ce geste inaugural, il consacre l'espace de la danse et signifie que là, quelque chose va se produire, devant les spectateurs. Quelque chose de fort.
Le rituel mobilisant, par définition, la corporéité de ceux qui l'accomplissent, au cours d'une séquence d'actions codifiées et organisées dans le temps, on peut comprendre qu'il constitue, en tant que tel, et au-delà des significations qu'il peut recouvrir, une source d'inspiration pour les chorégraphes. « C'est comme une chorégraphie, c'est bien défini, explique Raimund Hoghe, pour qui toute représentation théâtrale relève du rituel.

Une œuvre devenue rituel
Sa « version » du Sacre du printemps, Raimund Hoghe l'a réalisé en 2004. Comme près de 200 autres chorégraphes du monde entier, l'artiste allemand s'est confronté, à un moment de sa carrière, au chef d'œuvre de Stravinski crée en 1913. Le compositeur russe confia dans ses mémoires qu'il aurait eu l'idée de cette pièce au cours d'une vision. « J'entrevis le spectacle d'un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle, et observant la danse à la mort d'une jeune fille, qu'ils sacrifient pour leur rendre propice le dieu du printemps ».
Dénué d'intrigue, le ballet s'organisait en deux parties. Dans la première, intitulée « L'Adoration de la terre », c'est tout un peuple, réparti en groupes d'âges différents, qui célèbre les forces terrestres et implore le renouveau de la nature. « Le Sacrifice » décrit la seconde partie du rituel auquel se livre cette population, d'une époque slave lointaine. Désignée parmi un groupe de jeunes filles, l'Elue entame une danse sacrale devant un parterre d'ancêtres avant de succomber, faisant ainsi offrande de sa jeunesse.
Sur la partition de Stravinski, à la rythmique foudroyante, aux accords dissonants, Vaslav Nijinski composa une chorégraphie qui rompait résolument avec les codes du vocabulaire classique : postures en dedans, bras anguleux, fléchissements du buste, tressaillements des jambes… La modernité tant musicale que chorégraphique de l'œuvre provoqua un véritable scandale qui tourna à l'affrontement entre spectateurs. Une sorte de Bataille d'Hernani. Après seulement huit représentations, le ballet tomba dans l'oubli, tandis que la partition, elle, continuait d'être jouée. Il faudra attendre 1987 avant que la version originale, celle, de Nijinski soit reconstituée.
Entre temps, en 1959, le jeune Maurice Béjart releva le défi qu'on venait de lui lancer : créer un ballet sur cette musique d'une complexité affolante. Cette fois, ce fut un triomphe. Depuis, nombreux sont les chorégraphes qui livrent leur « version ». Car, dans son essence même, l'œuvre met l'artiste face à un questionnement existentiel : la place de l'être humain au sein de l'univers et au sein de la communauté sociale. Elle le pousse dans ses retranchements. Elle l'exhorte à exprimer ce qui fonde, viscéralement, sa danse. Pour Angelin Preljocaj, qui signa sa version en 2001, « la particularité du Sacre est de révéler […] l'intime de chaque chorégraphe qui s'y confronte». Cette confrontation profonde, difficile, parfois douloureuse de l'artiste avec lui-même le force à franchir un cap artistique. C'est ainsi que le Sacre est devenu, en tant que tel, un rite de passage par lequel un chorégraphe atteste de sa maturité. L'expression désormais courante : « faire son sacre », comme on ferait sa communion, le confirme.
Heddy Maalem a fait le sien en 2005. Lequel fut qualifié de « Sacre africain », notamment du fait de l'origine ouest africaine des quatorze interprètes. Marqué par le chaos urbain de la capitale nigériane, où il a séjourné, le chorégraphe s'appuie sur la musique de Stravinski pour révéler la violence du monde, et l'enchâssement de la vie et de la mort. La thématique de l'accouplement, au cœur du propos de Béjart dans son Sacre de 1959, surgit également. Hommes et femmes se croisent, se prennent avec ardeur, conduits par deux jumeaux, dont la vénération, en Afrique de l'Ouest, participe de la célébration du mystère de la vie. Quant à Maryse Delente, elle y raconte l'éveil féminin à la sexualité, l'irruption d'un désir inconnu, à la fois exaltant et effrayant pour ces jeunes femmes qui oscillent entre innocence et perversité. Le rouge de leurs robes donne la couleur du sacrifice final : en perdant leur virginité, elles accèderont au cycle de la fertilité.
 

HIDA: Klimt à la radio

Klimt à la radio:Sur France Culture
Sur France Musique

jeudi 9 mars 2017

Olivier Py en alsace: Salomé de Richard Strauss

Olivier Py propose une nouvelle mise en scène à l'Opéra du Rhin toujours accompagné du scénographe André Weitz: Salomé de Richard Strauss.
A la Filature ce sera le vendredi 31 mars 20H et le dimanche 2 avri 15h

Site de l'Opéra national du Rhin

Emission de FR3 Alsace.