Sur la dropbox d'Elodie, vous trouverez quelques images du spectacle en particulier de beaux portraits:
https://www.dropbox.com/sc/fe3wmy7fwbhlflc/AADby6ISz67CBf_xsyrFcFaxa
Merci à Elodie d'avoir pris le temps d'envoyer les photos malgré les examens qui approchent.
" Le spectacle était vraiment super, ils sont très doués. J'ai vraiment
hâte de voir tout ce beau monde à la Comédie de l'Est l'année prochaine,
pour les actuels premières et ceux de secondes qui continuent en
spécialité !" Elodie Grasset
"Bravo encore pour cette très belle soirée de théâtre avec des
élèves engagés et reconnaissants du travail que vous avez réalisé avec
eux. Formidable!" Francis Fischer
"Un réel plaisir, comme à chaque fois que nous sommes
venus. Mes élèves sont répartis enchantés, mais un peu "secoués" pour les plus
sensibles."Mélanie Karch , professeur des 3èmes de Molière.
Un blog pour les élèves des options théâtre du Lycée Camille Sée à Colmar
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samedi 14 juin 2014
vendredi 13 juin 2014
Les enfants de Sarajevo
Ce soir vendredi 13 juin FR3 programme un documentaire sur les enfants de Sarajevo.
http://www.france3.fr/emission/sarajevo
Interview de la réalisatrice Virginie Linhart
En plein siège de Sarajevo, des enfants blessés sont évacués en France pour y être soignés. Ils y resteront trois ans, tentant de communiquer avec leurs familles restées en Bosnie. Virginie Linhart signe un documentaire émouvant sur cet exil, ayant retrouvé plusieurs de ces enfants qui aujourd’hui se souviennent. Dans une salle du Bellevue à Biarritz, elle nous parle de cette expérience.
La guerre, Virginie Linhart connaît. Non parce qu’elle l’a vécue personnellement, mais parce que la plupart des films qu’elle a réalisés traitent de ce sujet. Pourquoi cet intérêt exacerbé pour les conflits, les morts et les survivants ? Parce que c’est un thème généralement plébiscité par la gente masculine, plaisante la fidèle lectrice de Simone de Beauvoir. Mais aussi parce que ses origines juives polonaises l’on logiquement conduite à s’intéresser tout particulièrement à la Seconde guerre mondiale.
Elle était donc venue présenter son film sur la Shoah au festival de Blois lorsque sa productrice, Pascale Servan-Schreiber, lui fit part d’une nouvelle idée de documentaire, dans le cadre du centenaire de l’attentat de Sarajevo. Ce projet s’est formé à partir de 15h de rushs inédits, constituant un « matériau d’archives inouï ». Ces rushs proviennent de la collection personnelle de Romain Goupil, qui pendant trois ans a été le « facteur vidéo » entre des enfants bosniens en convalescence à Albertville et leurs familles demeurées à Sarajevo.
Sarajevo – Albertville : de la guerre à l’exil
Aujourd’hui, ces jeunes de 25 à 35 ans sont médecin, charpentier, étudiants ou professeur de français. Vingt ans plus tôt, grièvement blessés, ils étaient transportés en France pour subir des opérations chirurgicales souvent longues et douloureuses. En Bosnie, dans les hôpitaux bondés, on les aurait probablement amputés. La France fut leur chance et leur salut. Mais si les premiers mois se déroulent dans l’espoir, le soulagement de constater les progrès physiques indéniables, bientôt la joie laisse place à la lassitude. Dans les préfabriqués d’Albertville où les enfants et leurs mères vivent tous ensemble, la nostalgie s’installe, et l’angoisse tord les ventres quand on pense aux proches restés sous les bombes à Sarajevo. Pour égayer le quotidien, certains trouvent des échappatoires. Comme ce groupe d’adolescents qui s’adonne à la réalisation de mini-vidéos parodiques, déployant leur humour noir dans des satyres de chaînes d’information publique. En parallèle, ils créent également un journal dans lequel ils publient leurs dessins et leurs textes, bilingue français – bosniaque.
Un nouvel élément vient bientôt rompre la monotonie et apaiser les inquiétudes. Devant l’extrême difficulté pour les exilés de joindre leurs familles, Romain Goupil propose d’enregistrer des messages vidéos destinés aux proches, et de les apporter ensuite à Sarajevo. Là-bas, il organise des projections clandestines, et filme les réponses à l’attention des convalescents d’Albertville. Pendant plusieurs mois, celui dont la caméra a aussi immortalisé l’évacuation des enfants fera ainsi la navette entre les deux villes.
Entre histoire et actualité, un reportage poignant
C’est sur ces archives exceptionnelles que s’est appuyée Virginie Linhart pour élaborer son documentaire. Elle y mêle également de poignantes images du siège de Sarajevo, principalement tirées de la télévision bosniaque, ainsi que des interviews avec les quelques ex-enfants d’Albertville qui ont accepté de témoigner.
Retrouver ces enfants, explique Virginie Linhart, n’a pas été trop difficile. Avec l’aide de Sanda, la femme bosniaque de Romain Goupil, elle contacte les jeunes et leurs familles. Certains refusent, d’autres sont partis à l’étranger. Mais certains acceptent de participer, revenant sur leurs souvenirs de ces années en France. On voit leurs visages émus, voire bouleversés, devant le visionnage des archives de Goupil. Parler de l’événement à l’origine de leurs blessures reste douloureux.
Bien qu’ayant vécu ensemble trois années durant, les enfants d’Albertville n’ont jamais cherché à se revoir après leur retour en Bosnie, à la fin de la guerre. Le temps passé en France a été avant tout une parenthèse dans leurs existences, quelques mois d’attente confortable avant de retourner à la vraie vie. Néanmoins, pour certains ce séjour a été décisif dans leurs choix d’avenir ; deux d’entre ont ainsi décidé de rester en France, une autre est aujourd’hui professeur de français.
Outre la rétrospective intéressante qu’il offre sur le conflit yougoslave, le documentaire de Virginie Linhart séduit par son aspect humain, suivant ainsi une poignée d’individus avec leurs expériences et leurs parcours. Retrouver les visages vieillis de ces enfants dont on a vu les corps sur les civières et les regards marqués par la guerre a quelque chose de réellement émouvant. Pour la réalisatrice, la principale difficulté a justement été de s’approprier ces personnages qu’elle n’avait pas choisis, à la différence de ces précédents documentaires. Elle dit avoir été marqué par leur dignité, leur autodérision, sans haine ni pathos.
Pour Virginie Linhart, la guerre de Bosnie était une chose lointaine, très éloignée de nos propres préoccupations. Avec ce film, elle enfin découvert la signification de cette phrase que les actualités françaises diffusaient alors : « Sarajevo, c’est nous. »
http://www.france3.fr/emission/sarajevo
Interview de la réalisatrice Virginie Linhart
En plein siège de Sarajevo, des enfants blessés sont évacués en France pour y être soignés. Ils y resteront trois ans, tentant de communiquer avec leurs familles restées en Bosnie. Virginie Linhart signe un documentaire émouvant sur cet exil, ayant retrouvé plusieurs de ces enfants qui aujourd’hui se souviennent. Dans une salle du Bellevue à Biarritz, elle nous parle de cette expérience.
La guerre, Virginie Linhart connaît. Non parce qu’elle l’a vécue personnellement, mais parce que la plupart des films qu’elle a réalisés traitent de ce sujet. Pourquoi cet intérêt exacerbé pour les conflits, les morts et les survivants ? Parce que c’est un thème généralement plébiscité par la gente masculine, plaisante la fidèle lectrice de Simone de Beauvoir. Mais aussi parce que ses origines juives polonaises l’on logiquement conduite à s’intéresser tout particulièrement à la Seconde guerre mondiale.
Elle était donc venue présenter son film sur la Shoah au festival de Blois lorsque sa productrice, Pascale Servan-Schreiber, lui fit part d’une nouvelle idée de documentaire, dans le cadre du centenaire de l’attentat de Sarajevo. Ce projet s’est formé à partir de 15h de rushs inédits, constituant un « matériau d’archives inouï ». Ces rushs proviennent de la collection personnelle de Romain Goupil, qui pendant trois ans a été le « facteur vidéo » entre des enfants bosniens en convalescence à Albertville et leurs familles demeurées à Sarajevo.
Sarajevo – Albertville : de la guerre à l’exil
Aujourd’hui, ces jeunes de 25 à 35 ans sont médecin, charpentier, étudiants ou professeur de français. Vingt ans plus tôt, grièvement blessés, ils étaient transportés en France pour subir des opérations chirurgicales souvent longues et douloureuses. En Bosnie, dans les hôpitaux bondés, on les aurait probablement amputés. La France fut leur chance et leur salut. Mais si les premiers mois se déroulent dans l’espoir, le soulagement de constater les progrès physiques indéniables, bientôt la joie laisse place à la lassitude. Dans les préfabriqués d’Albertville où les enfants et leurs mères vivent tous ensemble, la nostalgie s’installe, et l’angoisse tord les ventres quand on pense aux proches restés sous les bombes à Sarajevo. Pour égayer le quotidien, certains trouvent des échappatoires. Comme ce groupe d’adolescents qui s’adonne à la réalisation de mini-vidéos parodiques, déployant leur humour noir dans des satyres de chaînes d’information publique. En parallèle, ils créent également un journal dans lequel ils publient leurs dessins et leurs textes, bilingue français – bosniaque.
Un nouvel élément vient bientôt rompre la monotonie et apaiser les inquiétudes. Devant l’extrême difficulté pour les exilés de joindre leurs familles, Romain Goupil propose d’enregistrer des messages vidéos destinés aux proches, et de les apporter ensuite à Sarajevo. Là-bas, il organise des projections clandestines, et filme les réponses à l’attention des convalescents d’Albertville. Pendant plusieurs mois, celui dont la caméra a aussi immortalisé l’évacuation des enfants fera ainsi la navette entre les deux villes.
Entre histoire et actualité, un reportage poignant
C’est sur ces archives exceptionnelles que s’est appuyée Virginie Linhart pour élaborer son documentaire. Elle y mêle également de poignantes images du siège de Sarajevo, principalement tirées de la télévision bosniaque, ainsi que des interviews avec les quelques ex-enfants d’Albertville qui ont accepté de témoigner.
Retrouver ces enfants, explique Virginie Linhart, n’a pas été trop difficile. Avec l’aide de Sanda, la femme bosniaque de Romain Goupil, elle contacte les jeunes et leurs familles. Certains refusent, d’autres sont partis à l’étranger. Mais certains acceptent de participer, revenant sur leurs souvenirs de ces années en France. On voit leurs visages émus, voire bouleversés, devant le visionnage des archives de Goupil. Parler de l’événement à l’origine de leurs blessures reste douloureux.
Bien qu’ayant vécu ensemble trois années durant, les enfants d’Albertville n’ont jamais cherché à se revoir après leur retour en Bosnie, à la fin de la guerre. Le temps passé en France a été avant tout une parenthèse dans leurs existences, quelques mois d’attente confortable avant de retourner à la vraie vie. Néanmoins, pour certains ce séjour a été décisif dans leurs choix d’avenir ; deux d’entre ont ainsi décidé de rester en France, une autre est aujourd’hui professeur de français.
Outre la rétrospective intéressante qu’il offre sur le conflit yougoslave, le documentaire de Virginie Linhart séduit par son aspect humain, suivant ainsi une poignée d’individus avec leurs expériences et leurs parcours. Retrouver les visages vieillis de ces enfants dont on a vu les corps sur les civières et les regards marqués par la guerre a quelque chose de réellement émouvant. Pour la réalisatrice, la principale difficulté a justement été de s’approprier ces personnages qu’elle n’avait pas choisis, à la différence de ces précédents documentaires. Elle dit avoir été marqué par leur dignité, leur autodérision, sans haine ni pathos.
Pour Virginie Linhart, la guerre de Bosnie était une chose lointaine, très éloignée de nos propres préoccupations. Avec ce film, elle enfin découvert la signification de cette phrase que les actualités françaises diffusaient alors : « Sarajevo, c’est nous. »
vendredi 18 avril 2014
L'Idiot de Dostoievski ( KIds)
Dans Kids, Sead lit aux orphelins un extrait du roman L'Idiot. Voici une émission de radio sur ce très grand roman de Dostoievski:
Dostoïevski 1/4 : l'Idiot, "Mais comment donc un homme peut-il écrire cela?"
jeudi 6 mars 2014
Séance du mercredi 5 février par Elodie ( Kids)
Séance du mercredi 5 février par Elodie
Tout d’abord Bruno est arrivé, nous nous sommes mis en
cercle et avons commencé par un petit jeu : une personne devait produire
un geste sur la personne d’à côté et cette personne devait reproduire le même
geste sur celle qui était à côté d’elle et ainsi de suite. Lorsque le geste
arrive à la 3ème personne , la première doit en faire partir un
autre de l’autre côté. Ainsi trois gestes sont lancés. Cela nécessite une
grande concentration et attention envers les autres. Ce n’était pas facile
parfois on reçoit plusieurs gestes et on ne sait plus où donner de la tête. Parfois
il y avait un grand silence et c’était très agréable, un moment de suspension
et de grâce.
Ensuite nous avons remis la salle en désordre, avec les chaises
et tables renversées pour recréer l’espace de vie des" Kids". Chacun devait se
placer à un endroit de son choix et entrer dans son personnage par le corps. A tour
de rôle nous avons dit certains passages longs du texte que nous avions appris.
Nous nous écoutions et j’ai bien enregistré les conseils qui nous ont été
donnés par Bruno et Christine tels que articuler, prendre son temps pour dire
les choses, découper correctement le texte qui n’est pas ponctué pour que le
sens apparaisse.
Petit à petit les rôles entrent…
mercredi 22 janvier 2014
Projet Kids: origine de la chanson While my guitar gently weeps, des Beatles
While My Guitar Gently Weeps
I look at you all see the love there that's sleeping
While my guitar gently weeps
I look at the floor and I see it need sweeping
Still my guitar gently weeps
I don't know why nobody told you
how to unfold your love
I don't know how someone controlled you
they bought and sold you
I look at the world and I notice it's turning
While my guitar gently weeps
With every mistake we must surely be learning
Still my guitar gently weeps
I don't know how you were diverted
you were perverted too
I don't know how you were inverted
no one alerted you
I look at you all see the love there that's sleeping
While my guitar gently weeps
I look at you all
Still my guitar gently weeps
Oh, oh, oh
oh oh oh oh oh oh oh
oh oh, oh oh, oh oh
Yeah yeah yeah yeah
yeah yeah yeah yeah
dimanche 19 janvier 2014
Comprendre le siège de Sarajevo (projet Kids seconde)
mercredi 15 janvier 2014
Personnages dans Kids de Melquiot
A partir du dossier dramaturgiques de la mise en scène proposée par Gilles Bouillon: et Bernard Pico
http://www.cdrtours.fr/wp-content/uploads/2011/06/Dossier-pedagogique-Kids.pdf
http://www.cdrtours.fr/wp-content/uploads/2011/06/Dossier-pedagogique-Kids.pdf
PERSONNAGES
Chaque
personnage comme un petit univers, un univers en réduction.
Un « monde »
comme dit Deleuze, défini par des traits individualisants peu nombreux,
condensé en quelques éléments, leitmotive théâtraux. Chaque
personnage a sa carte de visite, son obsession, son leitmotiv, son dada (hobby
horse),son signe
distinctif ; On a très vite fait l’inventaire du matériau qui permet
d’identifier chaque personnage.
Une simplification, un dessin en lignes claires, comme dans une imagerie enfantine.
Pas de développement « psychologique ».
Sont donnés
clairement : leur âge (entre 13 et 18, les trois filles ont 14 ans, Sead 18,
Bosko 16, Amar
& Stipan 15, Josip 13), leur appartenance (chrétiens, musulmans), leurs
relations (vitales,
archétypales, ils sont liés, ou séparés, fratrie, amour, haine, guerre de
religion, etc.), leur
histoire et celle de leurs disparus (comment ils sont devenus orphelins), les
images, souvenirs,
traumatismes qui en résultent.
Curieusement
la didascalie initiale, après leur âge, insiste sur les cheveux, courts, longs,
sale, bouclés,
bruns, blonds, roux, sur l’apparence physique, saleté, fatigue, froid, et sur
leur costume,
usure, pauvreté, singularisation, matières, couleurs.
Par ordre
d’apparition en scène :
SEAD
Un garçon
debout. Il fume.
La clope.
« Je fais le
petit mec qui en a, parce que j’en ai » (89). Voir aussi la séquence 8, clopes
et
allumettes
comme moyen de communication entre Nada et lui.
Le « grand
», l’homme, le cow-boy Marlboro. Debout, et il parle de « marcher ». Une marche
en avant. Le
chef de la bande. Le sens des responsabilités. Il organise la Parade.
Il pense aux
départs. Marcher voilà la chance. Il joue « l’éducateur » : distribue des
gifles quand on parle mal (99), quand on vole (129). Faut s’organiser (138
& 140).
L’anglais
AMAR
Vient Amar
Hélium,
brique, poussière, herbe (gonflé à l’hélium, manger des briques, mordre la
poussière, il finira par manger de l’herbe)
La
nourriture, la faim. Quignon de pain, sauciflard, etc.
Boulimique
(l’envers de l’anorexie, trouble fréquent chez les enfants de la guerre). C’est
sa
«
constitution », c’est à dire son tempérament, son métabolisme. Ou lutter contre
la peur et le
froid (il
souffre des deux).
Toutes ses
paroles font jeu de mot avec ou ramènent à la nourriture, obsessionnellement et
de
manière
hyperbolique : « je finis le pré puis je m’attaque à la ville ».
Le petit
gros à lunettes ?
Pas si
mignon, l’air débile, disent de lui les filles.
Mais
d’esprit vif : « j’apprends à lire, à écrire, et je cours vite. Je chante aussi
» (109).
Un faux
ventre ?
Ses fantômes
Il n’est pas
vraiment orphelin, mais ses parents (nourriciers) l’ont abandonné et ont fui
Sarajevo
sans lui, en Suède, le pays de l’herbe verte à foison, son espoir d’aller les
rejoindre
là-bas et
d’être enfin « rassasié » d’herbe verte et d’amour.
Song
Une chanson
« à se flinguer » (quand j’ai faim je chante des trucs en rapport / des trucs à
se
flinguer) :
« Les poissons d’avril ». Nourriture illusoire, avenir sans illusions,
désenchantement
?
Pour la
parade Un sac à patates (joke ! et sans doute que ça lui va comme un tablier à
une vache, lui qui broute les prés) comme armure de chevalier.
Il va pourtant
essayer de conjurer le fiasco en chantant sur le parvis du Parlement : derrière
lui, des trous noirs, étoilés.
REFKA
Vient Refka,
mains dans les poches.
La petite
pisseuse.
Incontinente.
Troubles psychologiques liés à la guerre ? La peur au ventre (comme Tania
séquence 2).
« Faut que je fasse pipi sinon je parle jusqu’à la nuit ». Incontinence
urinaire et/ou verbale contre la peur.
Le lipstick.
Le rouge à
lèvres, le maquillage. La féminité, la séduction. La beauté, la laideur : « je
suis un
rat ». (Le
rouge et la féminité avec les règles de Vildana et la séduction avec Méliha
séquence 2).
Le petit
Poucet des morts.
Une relation
privilégiée avec les morts, ceux qui sont en dessous.
Même les
vivants sont ceux qui ne sont pas encore morts : « Dans la brume, j’entends
rire les
filles qui
ne sont pas encore mortes. »
Les cailloux
blancs, les pierres blanches (tombes),les croix.
La semeuse
de cailloux, devant « chaque trou » où ils ont disparu, façon de se souvenir
des
morts (elle
parle aux morts, elle redit leur nom, leur histoire) : « même si je souris, je
sème
des cailloux
sur la tête des morts » (122).
Kaddish ?
Le
Kaddish(hébreu : « sanctification ») est l'une des pièces centrales de la
liturgie juive et a également influencé plusieurs prières chrétiennes, dont le
Notre Père1
Il a pour
thème la magnification et sanctification du Nom divin,
Plusieurs
versions en existent dans la liturgie, la plus connue étant celle des endeuillés,
bien que le Kaddish ne comporte aucune
allusion aux morts ni à leur
résurrection.
La marelle
A sans doute
aussi à voir avec une sorte de culte aux morts : de la terre au ciel.
Jeu d’enfant
qui se joue à cloche-pied. En relationavec la chanson.
Song de la
petite fille croche
Croche, note
de musique « crochue », recourbée.
Proximité
avec cloche. Croche-pied, cloche-pied.
Bancroche,
bancale, elle boîte dans l’existence. Elle attend sa double croche ? Quête
désespérée
de l’amour ?
Voir aussi
sa tendresse maternelle (gestes, caresses) pour Josip (le petit frère ?).
Pour la
parade.
La première
elle dit : » Pour la parade je veux avoir l’air d’avoir de la chance ».
Echapper au
réel par le
théâtre. Or elle reste telle qu’elle est.
Avec un
anorak rose dont la couleur est comme un appel et maquillée comme un camion. A
la
pelle ou
avec un gant. Une pute ou un ange ? (136).
BOSKO ET
ADMIRA
Viennent
Bosko et Admira, main dans la main Un couple. Ils apparaîtront toujours
ensemble.
Roméo
tchetnik et Juliette bialinka « bialinka » : argot utilisé par les
nationalistes
serbes pour désigner les femmes musulmanes.
Tchetniks :
les nationalistes serbes.
Le chrétien
et la musulmane, qui continuent à s’affronter malgré l’amour qui les lie, ou
bien
qui s’aiment
malgré les haines ethniques. Comme Roméo et Juliette, ils appartiennent à deux
familles ennemies.
Ils
véhiculent cette haine jusque dans leurs amours, disputes d’amoureux, menaces,
insultes : « avis de
tempête ».
Ils
incarnent le rêve d’une réconciliation nationale ?
Le masculin
et le féminin, opposition des sexes, leur scène d’amour séquence 4, avec la
grâce et la
maladresse des premières fois.
On se tire
Ils vont partir. Ensemble. Au bout de l’Europe. Ils portent aussi le rêve d’une
nouvelle vie, d’un nouveau départ, de la
possibilité d’oublier Sarajevo et son siège, l’existence d’un avenir.
Ils portent
le nom des amants de Sarajevo abattus sur le Pont Vrbanja au moment où ils
quittaient
la ville assiégée.
Hommage
rendu aux amants de la réalité ? Présage funeste, comme si la fuite et l’oubli
étaient
impossibles,
comme s’il fallait encore craindre un sniper trop « nerveux »
Prose de théâtre
Les duos
amoureux justement ne sont pas un duetto, mais un récitatif (voir plus haut).
Romantisme
impossible ? Comment on parle d’amour aujourd’hui (voir Koltès). D’ailleurs,
ils ne
chantent ni l’un ni l’autre. Juste une phrase par Admira dans leur scène pour
la parade.
Pourtant ils
sont dans le théâtre ces deux là, et ce sont les deux seuls qu’on voit «
répéter »
leur rôle
dans la parade (séquence 4). Comme les autres ils joueront ce qu’ils sont (ils
ont
répété une
scène d’amour comme pour de vrai : « toute la nuit on a répété, mon Bosko et
moi,
la scène où
on se dit toutes les vérités pour de faux comme si c’était vrai » (95), mais
ils
apportent la
force de l’imagination du théâtre.
« On a été
lyrique et drôle et tragique. »
Un mode
d’emploi ? « Il n’y a pas de rose dans ses cheveux. »
Autre mode
d’emploi ?
Pour la
parade
Ils
s’envelopperont dans des bandelettes ensanglantées.
Le sang, l’amour, la mort. Roméo et Juliette à
Sarajevo
STIPAN ET
JOSIP
Viennent
Stipan et Josip. Stipan un revolver à la ceinture. Josip, l’air de n’être pas
là où il
est. Stipan
agité comme la marée sous la lune, Josip immobile comme la lune sur la marée
UNcouple,
comme dirait Beckett. Les deux frères.
La lune et
la marée. Attraction / Répulsion.
Stipan : le
revolver
Le cow-boy
énervé (joue aux cow-boys et aux indiens, court dans tous les sens, se jette
contre
le mur,
saute, s’essouffle 114, « tête en bas, tire la langue au ciel » 98).
Lui, il joue
à la guerre. Agité, perturbé. Un enfant traumatisé qui réagit par la violence,
la
provocation,
la transgression. Les jeux dangereux.
Il est du
côté de la haine. Avec lui, même un livre est une arme : « avec ça tu blesses
un
homme » 107
Il n’a que la violence pour exprimer ses émotions (avec Josip, avec Nada qu’il
tente de
peloter 120).
Importance
dramatique de ce revolver qui cause réellement la mort (accidentelle ou
suicidaire
?) de Josip et le sentiment de culpabilité de son frère : « c’est son putain de
flingue qui a tiré
».
Josip :
trois pommes
Au contraire
est tout amour, besoin d’amour, « I love you ».
C’est le
plus petit, par l’âge, par la taille. Le minot. Trois pommes. Il suce son
pouce. Petit
Poucet avec
son double féminin : Refka ?
Le lunaire,
l’idiot, l’innocent : « mongolien...bulbe... ».
Un peu le
ravi de la crèche : il regarde au ciel comme si quelqu’un devait en descendre
et,
dans les
tirs de balles traçantes, il voit « la guerre des étoiles » (119).
A la
violence de son frère il réagit par la soumission ou la peur et se pisse
dessus.
L’amour la
haine 22
Deux frères,
si proches, si dissemblables. Rivalité fraternelle, relation ambivalente de
rejet et
d’empathie,
avec une dimension « sadienne » si l’on peut dire : harcèlement ; domination,
humiliation,
vexation, cruauté de la part du grand frère
qui en même temps protège le plus
fragile des
traumatismes de la guerre. Séquences 3 & 10.
Stipan et
Josip : êtres sans père
Les deux
chansons de Stipan (il chante beaucoup, c’est qu’il doit avoir mal beaucoup !),
la
« formulette
de la gouttière » et le song du « Petit père haut dans les cieux, font
apparaître
clairement
l’image du père absent, le manque du père (voir Platonov) :
* papa est à
la pêche – d’où l’identification imaginaire, fantasmatique : « mon p’tit frère
dans
la gouttière
à pêcher de petits poissons » & « j’attends le poisson avec toi mongolien »
(114)
* petit père
haut dans les cieux – d’où le désir de« s’envoyer en l’air ». Le désir de mort.
Comportement
à risques.
Stipan ment
à son frère, lui cache la mort de leursparents, pour ne pas le perturber
davantage
(lui qu’il
sait n’être pas à l’abri, resté « dans la gouttière ») – puis dans un accès de
colère il
« lâchera le
morceau » : mère violée, père tué, révélation qui sera suivie de la mort de
Josip.
Les kids
rattrapés par l’horreur.
A creuser
également un thème qui innerve toute la pièce : l’eau, le lac, la pêche. Voir
le song
final du
petit pêcheur.
Pour la
Parade.
La momie et
l’infirmier.
Stipan est
réfractaire à la Parade. Par deux fois :« j’aime pas la parade, on n’est pas
des
singes » et
« je fais pas la parade, on n’est pas des singes », alors qu’il singe
continuellement
la guerre et
les haines ethniques. Quel rapport à l’animalité refoulée ?
Enveloppé de
bandelettes ensanglantées trouvées dans les poubelles de l’hôpital et avec son
flingue
comme un doudou qu’il ne quitte pas (objet transitionnel de désir) il sera une
momie.
Un
mort-vivant ? Un revenant ?
Tandis que
Josip revêtira une blouse d’infirmier trop grande.
NADA
De derrière
un rocher, apparaît Nada. Les mains en l’air, comme on s’est fait gauler
La petite
voleuse
Kleptomanie
? Ou Nécessité ? « Je vole pas pour le plaisir » (130).
Les mains de
la voleuse.
Et
l’obsession de se faire « gauler », de prendre sa retraite et se faisant «
prendre » ?
Métaphoriquement
? Renoncer à soi-même pour être (avec) l’autre ?
L’amoureuse
en secret
Totalement
en empathie avec Sead qu’elle aime secrètement. Elle parle seule parce qu’elle
est
seule. Elle
veut qu’il la remarque, elle veut exister à ses yeux. Se maquille (127) mais
aussitôt efface le rouge à lèvres : « c’est pas mon genre », personne ne la
voit et surtout pas celui qu’elle aime.
La scène
originelle rue Luledzina : le vol de la boîte d’allumettes.
Clopes et
allumettes, pulsion du vol, chacun amène ce qu’il est dans cette relation «
étrange »,
biaisée.
Peut-être elle fume pour faire comme lui.
Elle imite
le parler de Sead : « tu parles comme lui ».
Elle seule
est capable d’entrer dans les « visions » de Sead : « j’ai vu l’épervier ».
Dépassée par
l’émotion de cet amour : « quand ça touche à la biologie, je perds mes
moyens ».
Trop jeune (lui fera comprendre Sead, il faudra attende encore, « pousser ») :
elle a
rencontré
Sead à « neuf ans et des brouettes », elle a 14 ans – c’est la durée du siège
de
Sarajevo.
Song : « à
la dérobée »
Carte de
visite en jeu de mots : la dérobeuse et celle qui voudrait être « dé-robée ».
Celle qui
aime en
secret, qui parle seule mais ne dit pas son amour à celui qu’elle aime, mais
qui est la
seule à
évoquer l’écriture comme une écriture du se cret : « sur du papier j’écris à la
dérobée...
lâche ma
bride... passe les ponts.... ».
Pour la
Parade
Elle n’a
rien préparé, contrairement à Bosko et Admira
« Je sais
pas jouer / je sais pas chanter / je saisfaire que voler / courir et voler /
pour pas finir
/ sifflée ».
A la parade elle sera ce qu’elle est dans la vie :
elle fera les poches du public.
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