Analyse
de spectacle
La Chanson
(reboot)
Jeudi 21 décembre 2023
Mon horizon d’attente quant à cette pièce
La
Chanson est un spectacle qui a été mis en scène par Tiphaine Raffier, actrice,
dramaturge, metteure en scène, scénariste et réalisatrice française, dont je
parlerai dans quelques instants.
Le
spectacle musical La Chanson a déjà été mis en scène en 2012, et avait
été apprécié pour sa narration ciselée et sa finesse. Et aujourd’hui, Tiphaine
Raffier lui donne un second souffle avec de nouvelles actrices, et conserve la
légèreté ainsi que l’angle réflexif sur la société, voir philosophique. Lorsque
j’ai lu que ce spectacle serait philosophique, cela a immédiatement éveillé ma
curiosité !
J’avais
également lu que cette fable « tendre et cruelle était une brillante
réflexion sur notre société du paraître ». Je me suis donc dit que ce
spectacle aurait peut-être un lien avec les réseaux sociaux, puisque c’est le
lieu du « fake » et du paraitre par excellence !
Concernant
la scénographie, j’ai lu que l’action se déroulerait dans une ville factice, ce
qui donne un environnement simulacre, soit qui désigne un décor qui ne renvoie
à aucune réalité. J’ai aussi vu une photo du décor, représentant l’intérieur
d’un gymnase, puisque qu’on peut voir un but de handball, des marquages au sol,
des escaliers à jardin qui évoquent les escaliers qu’on prend pour monter dans
les gradins, et, dans le but de handball qui semble directement collé au mur,
on peut voir un mot fluorescent : Barbara
Le
décor m’a semblé intéressant, et je pressentais que tout un univers allait être
créé dans ce gymnase.
Mon ressenti avant le commencement du
spectacle
Avant
même d’arriver au théâtre municipal de Colmar, théâtre à l’italienne où a eu
lieu la représentation, j’étais stressée car je craignais de ne pas être à
l’heure pour la représentation, puisque j’étais partie trop tardivement de chez
moi… Au final, plus de peur que de mal ! J’arrivais tout pile à l’heure.
C’est toujours une joie pour moi d’assister à un spectacle dans ce théâtre-là,
je trouve que c’est un très bel endroit, et maintenant, dès que j’y vais, je ne
peux m’empêcher de penser à l’opéra d’Avignon, où a eu lieu la représentation
de Richard III par Ostermeier, car il y a des similarités entre ces deux
théâtres !
J’étais
installée dans la rangée H, en H13, et je n’ai jamais eu une aussi bonne place
dans ce théâtre, c’était donc très sympathique ! J’étais de bonne humeur
et bien entourée !
Le
rideau n’était pas tiré, ce qui m’a permis d’observer le décor, tout en
couleurs ! J’y reviendrai dans l’analyse pure.
Quelques informations sur la metteure en scène
Tiphaine
Raffier est une actrice, dramaturge, metteure en scène, scénariste et
réalisatrice française, née en 1985 à Lorient. Elle grandit dans la région
parisienne avec sa mère, sage-femme, et son père, travaillant dans une
entreprise. Son premier pas dans le théâtre se fait pendant sa scolarité. Après
avoir obtenu une licence en Art du Spectacle, elle intègre l’École du Nord
(École supérieure d’art dramatique) de Lille en 2006. En 2009, Tiphaine Raffier
œuvre dans le collectif Si vous pouviez lécher mon cœur-dont le nom fait référence à une phrase de Shoah,
qui est un film documentaire français sur l'extermination des Juifs par les
nazis, durant la Seconde Guerre mondiale et réalisé par Claude Lanzmann -,avec
Julien Gosselin, metteur en scène français et, en 2015, monte sa propre
compagnie : La femme coupée en deux. En
m’interrogeant sur le nom de la compagnie, j’ai d’abord pensé au tour de magie
s’appelant littéralement « La femme coupée en deux ». Je me suis
aussi demandée si ce titre pouvait parler d’elle, peut-être était-elle une
femme « torturée » par ses pensées, et avait besoin de les
transformer en pièces de théâtre… Mais en cherchant, j’ai lu que la metteure en
scène avait confié à Télérama que : « « C'est bien de moi qu’il
s’agit, et de mes personnages aussi, toujours écartelés entre deux mondes ».
Ainsi, je n’avais pas totalement tort dans mon interprétation ! En fait,
Tiphaine Raffier est une actrice le jour, qui a été découverte en 2013 en même
temps que le collectif Si vous pouviez lécher mon cœur, et une
dramaturge et metteuse en scène la nuit. Nuits pendant lesquelles elle écrit
des pièces aux « situations étranges », en tout, trois en cinq ans,
dans une belle discrétion. Ainsi, elle est bien « coupée en deux »,
partagée entre lumière ombre. Comme elle l’a dit, ces personnages sont aussi
partagés entre deux mondes. Pour la Chanson, je pense qu’elle a voulu
dire que les personnages étaient à la fois ancrés dans un monde artificiel et
créé de toutes pièces pour faire rêver
la société, mais aussi dans un monde moins fantaisiste, plus terre à terre,
celui dans lequel nous vivons réellement.
Elle
écrit et crée La Chanson en 2012, et joue dans cette pièce en 2018aux
côtés de Noémie Gantier et Victoria Quesnel.Elle en fait aussi un moyen métrage, un film
remarqué et apprécié. Elle donne un nouveau souffle à la pièce en 2021, avec une
nouvelle distribution : Jeanne Bonenfant dans le rôle de Jessica, Candice Bouchet dans
celui de Barbara et Clémentine Billy dans le rôle de Pauline.
Synopsis
de la pièce
Pour le résumé
de l’histoire maintenant, on se situe dans une ville factice, nommée Val
d’Europe, petite cité de Seine-et-Marne montée de toutes pièces dans les années
2000 à côté de Disneyland Paris.Tiphaine Raffier a
justement vécu dans cette agglomération, où tout est parfait, trop parfait pour
ressembler à autre chose qu’un décor de cinéma. La metteure en scène dit
d’ailleurs pour Sceneweb : « J’ai d’abord vu la place de Toscane avant
d’aller en Italie. J’ai d’abord découvert de faux immeubles haussmanniens avant
de voir les vrais, à Paris » Il est question, dans cette pièce, de trois
femmes nommées Barbara, Jessica et Pauline qui grandissent et rêvent de devenir
des stars de la chanson. Elles s’entrainent à reproduire la chorégraphie de SOS
du groupe ABBA pour remporter le concours du meilleur sosie, jusqu’au jour où
l’une d’elles ressent la nécessité d’écrire ses propres chansons, elle veut
voler de ses propres ailes. A ce moment-là, c’est la crise, et ces trois jeunes
femmes en quête d’elles-mêmes laissent apparaitre des failles.
Analyse
de la pièce
La Chanson de Tiphaine Raffier est un spectacle
« pas comme les autres », il renvoie à une sorte d’étrangeté. Cette
étrangeté peut d’ailleurs être déroutante, mais non pas moins porteuse de
messages. Ainsi, comment un spectacle si peu commun, aux allures bizarres et
fantaisistes, peut-il nous éclairer sur le monde dans lequel nous vivons ?
Plusieurs éléments nous permettent de répondre à ce questionnement, que ce soit
en étudiant la scénographie, les costumes, le jeu des actrices, ou les partis
pris choisis par la metteure en scène.
Tout d’abord,
parlons de la scénographie. En globalité, par
rapport au dispositif général, on trouvait trois murs blancs, un espace au
lointain propice aux projections vidéo, ainsi que trois portes. En ce
qui concerne le sol de l’espace scénique, de
couleur bleue, peu d’objets étaient disposés dessus, si ce n’est cinq
chaises orangées, plutôt communes,côté cour,
on pouvait voir un escalier rappelant les
escaliers qui permettent de monter dans des gradins, quelques tapis de sol orangesà certains moments du spectacle, et un piano électronique pour les musiques de
Pauline. Cela s’explique facilement, puisque le décor se veut être un gymnase,
dans lequel Barbara, Jessica et Pauline s’entrainent, dansent et chantentpour
gagner le concours du meilleur sosie. De ce fait, il leur fallait de l’espace
pour évoluer, donc il semblait inutile d’encombrer le sol avec d’autres objets.
Les murs, à
l’inverse du sol, étaient occupés par une sorte de boite, plutôt grande,
transparente et lumineuse, juste à côté des chaises
oranges, suspendue au mur. A l’intérieur, on pouvait y voir des
magazines ou des affiches, et cette boite, plus tard dans la pièce, renfermera
aussi de l’argent dans une enveloppe, argent appartenant à Pauline (elle est l’héritière de 900 000 euros)qu’elle
confie à ses amies dans le but de trouver l’inspiration pour créer, comme une
artiste, en se défaisant du confort qu’il lui apportait. Lorsqu’elle quittera le groupe, c’est également ici
qu’elle déposera les messages à l’attention des deux autres filles. Je
n’étais pas assez proche pour voir les affiches que contenait la boite, mais je
suppose qu’elle renfermait des documents comme des annonces de concours dans la
petite ville, ou encore des affiches à l’effigie du groupe ABBA, si vénéré
par les trois filles, et surtout par Barbara ! Ainsi, cette boite
apportait selon moi des nouvelles, c’était un contact avec la vie extérieure,
hors du gymnase dans lequel le groupe d’amie façonnait son univers. C’est une
sorte de « rappel à la réalité », même si l’on peut se questionner
sur cette réalité, puisque tout, dans leur ville, est factice, kitsch, éloigné
de la réalité, loin de l’authenticité ! A cour encore, il y avaient aussi
des robes roses (qui m‘ont d’ailleurs interpellées pendant une grande partie du
spectacle !), tenues élégantes suspendues au mur ou à un autre objet
présent dans les gymnases, un espalier de bois, qui
sert le plus souvent à s’échauffer. Je pense que ces robes auraient été
utilisées pour le jour du concours, si Pauline n’avait pas choisi un autre
chemin, et si elle n’avait donc pas été tuée par Barbara. Les robes roses sont portées à un moment précis dans le spectacle,
lorsque les trois filles dansent ensemble sur Dancing Queen, c’est d’ailleurs
un passage important du spectacle, puisqu’il débouche sur le meurtre de Pauline
par Barbara, puisque celle-ci était jalouse de la complicité de Pauline avec
Jessica. Enfin, trois fenêtres surplombaient les éléments que j’ai
cités.
Côté Jardin
maintenant, un panier de basketball usé trouvait sa place au-dessus d’une sorte
de porte (je n’ai pas bien vu) jaune, que les comédiennes utilisaient parfois
pour sortir. La porte était agrémentée de plastique, signe que le gymnase n’est
plus de toute jeunesse. De plus, on pouvait aussi voir une porte de sortie
bordeaux au-dessus des marches à jardin, qui était souvent utilisée par les
comédiennes. Au-dessus de la porte, on distinguait une fenêtre. L’élément
principal du décor était sans doute le but de handball jaune sur un mur blanc
et bleu, qui était en fait un écran, et qui contenait une porte de sortie,
assez étroite, et qui donnait sur unearrière-scène complètement noire. Je pense
que la metteure en scène a fait ce parti pris pour montrer que, derrière ce
gymnase aux allures kitsch et irréelles, se cache quelque chose de sombre,
d’autant plus que Barbara utilisait souvent cette porte, et que c’est elle qui
a tué Pauline, et qui rejetait le plus sa décision de créer par elle-même et de
sortir de cet environnement « carton-pâte ». Pour en revenir à
l’écran maintenant : Ce dernier diffusait des vidéos d’animaux peu
communs, à la manière des documentaires, c’est-à-dire des vidéos commentées.
Les vidéos, dans mes souvenirs, évoquaient entre autres les aptitudes des
animaux à se protéger, et donnaient leurs caractéristiques : La première évoque un oiseau australien, sorte d’oiseau
lyre, capable de reproduire tous les bruits. A
l’écran, on le voit reproduire des bruits d’autres oiseaux, mais aussi des
bruits liés à l’activité humaine comme celui de tronçonneuse et d’opérateurs
photographiques. C’est le point de départ de l’émancipation de Pauline, la
vidéo lui fait l’effet d’un électro choc, c’est un premier pas dans sa quête de
son moi individuel. La deuxième vidéo nous éclaire sur le personnage de Barbara,
elle fait part de sa solitude et de son désir d’être dans la lumière grâce à
des images d’animaux marins vivant dans les abysses les plus sombres et étant
phosphorescents. Ce sont deux moments clés de la pièce (dont je n’avais
pas saisi toute l’importance, merci de m’avoir mise sur la voie et de
m’avoir rappelé ce que j’avais oublié !) Je pense également, qu’à
travers cela, Tiphaine Raffier a voulu alerter sur la situation climatique
actuelle. Plusieurs passages du spectacle font d’ailleurs référence à cette
nature, que l’on méprise et qu’on tente de s’approprier et de dominer, comme
lorsqu’il est dit que Barbara et Jessica travaillent dans le magasin
respectueux de l’environnement « Nature et Découverte », et
qu’aujourd’hui, ce lien positif avec la nature se perd, et que cette nature est
détruite ou instrumentalisée, utilisée à mauvais
escient à des fins commerciales. La vidéo appuie donc le propos, et vise
à faire comprendre l’urgence d’agir pour le climat. Mais la vidéo diffuse aussi
autre chose : Les paroles, pour le moins étonnantes, des chansons que
produit Pauline. Ces chansons, composées de mots complexes ayant un lien direct
avec la technologie, qui ont beaucoup fait rire le public, ne m’ont pas fait
rire, moi. Je pense que la metteure en scène a voulu alerter, à travers les
paroles des chansons de Pauline, sur la société de surconsommation dans
laquelle nous nous trouvons actuellement : l’humain n’est jamais
satisfait, il veut toujours plus, surtout technologiquement ; il veut des
appareils dernier cri, les plus performants, les plus beaux, les plus
dévastateurs pour l’environnement. Il s’éloigne de plus en plus de
l’authenticité, de la singularité, aussi, puisque
les chansons de Pauline comportent des noms de tas d’objets électroniques
permettant la reproduction, la duplication d’une chose, ce qui rappelle à quel
point l’homme cherche à faire des « copiés-collés ». Ainsi, elle
établit donc un parallèle avec les sosies, question que nous étudierons plus
loin. Et la ville de Marne la Vallée appelée
Val d’Europe dans cette pièce, illustre ce point de non-retour, grâce au
kitsch présent partout, il ne faut que briller pour attirer des clients de plus
en plus exigeants, d’où le choix, par Tiphaine Raffier, de choisir de parler
d’un ancrage réel, symbolisé parDisneyland Paris,
puisque ce lieu est, dans la réalité, bien un lieu où toutes les
extravagances sont permises. Enfin, la pièce offre
une brillante réflexion sur notre société du paraitrel orsque des vidéos de Val
d’Europe sont diffusées, dévoilant un bel extérieur, des routes bordées de
façades européennes (haussmanniennes, italiennes) ou des chemins bordés de
verdure. L’extérieur est donc en totale opposition avec l’intérieur du gymnase,
ce qui offre une réflexion sur l’apparence, le dehors et le dedans, les
paillettes et le sombre.
Pour conclure
sur la scénographie, nous pouvons parler du plafond et des éclairages :
Nous pouvions voir trois lampes semblables à celles du lycée, qui projetaient
une lumière bleue, deux d’entre elles étaient
disposées plutôt à cour, au plafond, l’une à côté de l’autre. La troisième
était à jardin, en face d’une des portes de sortie. Quant aux éclairages,
ils provenaient aussi des fenêtres. Les fenêtres à cour changeaient souvent de
couleurs, passant du rose, au rouge, au jaune, etc… J’ai interprété ces
changements de couleur de deux manières : d’abord, c’était une allégorie
du temps qui passe. En effet, la temporalité de la pièce est en constante
évolution, puisque, plusieurs jeudis, soit le jour de répétition du groupe de
filles, sont représentés par ce seul changement d’éclairage, et montre donc que
les filles sont chaque fois plus proches de l’échéance, du concours, et la
tension est d’ailleurs de plus en plus palpable au sein du groupe d’amies. Mais
ces fenêtres qui changeaient de couleur, ainsi que les lampes au plafond,
n’étaient, selon moi, pas proches de la réalité. Elles semblaient empreintes de
quelque chose de « faux », d’artificiel, rappelant le côté kitsch de
la ville, et de ce qui l’entoure (Disneyland Paris), et, plus largement, de la
société du paraitre dans laquelle nous vivons.
Intéressons-nous
maintenant aux costumes. L’actrice jouant Jessica portait un pantalon serré
blanc cassé – beige évasé vers le bas, avec un haut rose flashy en velours à
manches longues, ainsi qu’une veste à manches courtes bleu foncé comportant des
motifs roses et violets, ainsi que des baskets blanches et roses. L’actrice
jouant Barbara portait un haut blanc, un pantalon fluide beige ainsi qu’une
petite veste bleue à motifs roses et violet. Ses cheveux étaient relevés dans
un chignon, tenu par un gros élastique argenté. Quant à Pauline, elle portait
un haut vert, une veste noire avec des rappels verts dessus, un pantalon de
sport beige et des baskets beiges et noires. Comme on peut le constater, les
costumes sont tous pleins de couleurs, et ceux de Jessica et Barbara évoquent
une certaine positivité, un monde rose, une bulle qui protège des attaques de
l’extérieur, grâce aux couleurs violette, rose et bleu sur leur costume. Le
costume que porte Pauline, quant à lui, est, bien que coloré, dénué de rose et de
violet, et agrémenté de noir, ce qui reflète moins la positivité, mais plus un
monde réel, loin des artifices et plus proche de l’authenticité. Le costume
évolue à deux reprises, il me semble : Lorsque les trois filles
s’habillent de leurs robes roses élégantes, et lorsqu’elles portent toutes les
trois la même tenue beige. Elles font cela lorsqu’elles célèbrent leur amitié,
se joignent et se confondent au sol et debout, dans une certaine sensualité, je
trouve. Le rituel est appelé « la
mygale ».Au même titre que, pour célébrer leur amitié d’une autre manière,
elles partagent une fois par mois un verre de l’amitié, en s’échangeant le Passoa,
la Manzana et le Malibu. Cela vise à montrer, qu’avant que Pauline ne
s’exclut du groupe, elles étaient une seule et même personne, ne formaient
qu’un. Leur tenue, qui était beige, rappelle d’ailleurs la couleur de la chair,
de la peau, et évoque donc une certaine forme de nudité selon moi, renforçant
l’effet de sensualité déjà bien présente.
Passons
maintenant au jeu des actrices. Dans la globalité d’abord, toutes trois ont
effectué un véritable travail sur le corps, je pense aux chorégraphies de SOS
de ABBA, que les actrices ont réalisé de nombreuses fois, à leur chorégraphie
sensuelle que j’ai citée précédemment, et aux exercices d’étirement que
faisaient Barbara et Jessica. De plus, elles occupaient tout l’espace, et
marchaient beaucoup.Elles maitrisaient aussi les silences, et étant plutôt
proche du plateau, je voyais que pendant ceux-ci, les actrices faisaient des mimiques
qui représentaient souvent la sidération, la colère ou la tristesse. Dans ce
moment-là, les actrices me tenaient en haleine, et je voyais qu’elles étaient
connectées, en osmose, aussi grâce à leurs jeux de regards, que je trouvais
particulièrement intéressants et pertinents, car
ils s’étiraient dans le temps, et étaient doublés d’un jeu très réaliste,
porteur d’une tension profonde.
Je trouve
aussi que les actrices arrivaient à faire vivre leur personnage, à lui donner
une intériorité. J’ai vu Jessica comme la fille un peu perdue, mise à l’écart
par la société, comme lorsque ses collègues lui ont fait cruellement miroiter
un gros cadeau pour son anniversaire. C’est le
moment du spectacle qui m’a particulièrement marquée, de par la violence qu’il
comportait. Ce n’était pas une violence à proprement dite, mais quelque chose
d’intérieur et de profond : Lorsque Jessica le raconte, elle est assise
sur l’une des chaises, Pauline l’écoute, et mon regard était fixé sur le gros
carton, qui aurait pu contenir monts et merveilles, mais qui contenait en fait
du rien. Juste le néant. L’actrice m’a vraiment tenue en haleine, car elle a
fait durer le moment, peut-être pour répercuter, répéter sur le public, sa
curiosité d’ouvrir le carton, puis la déception la plus totale et
anéantissante. Pourtant, celle qu’on traitait de vide (à l’image du carton, qui
représente Jessica, finalement), et celle qui deviendra chanteuse, artiste,
célèbre et aimée. Comme quoi, il est vain de croire que l’on peut juger une
personne par sa couverture, certaines personnes sont capables du meilleur et du
pire, alors même que l’on n’attendait rien de beau ou de cruel de leur part…L’intervention
de l’actrice m’a aussi marquée parce que son rôle reposait, jusqu’à ce moment,
plus sur les gestes que sur la parole. Jessica était donc une personne qui
sortait du commun. De plus, bien qu’elle n’ait pas eu un grand rôle au niveau
du texte, je n’aurais pas vu le spectacle sans elle, car j’ai trouvé que
l’actrice avait une réelle prestance, c’est elle que j’ai remarquée en premier,
c’est en partie dû à sa taille, puisque j’ai lu que l’actrice faisait 1m 83
(trois centimètres de plus que moi, c’est rare !!). De plus, le personnage de Jessica connait une évolution
magistrale. Elle est d’abord contrôlée, sous le joug de Barbara, qui la torture
presque lors des exercices d’entrainement, mais plus on avance, plus elle prend
le parti de Pauline, ce qui revient à se libérer de l’emprise de Barbara… Au
détriment de Pauline, qui en subira les conséquences.
Barbara, quant
à elle, a été donnée à voir, par l’actrice, comme une fausse calme, au grand
sourire souvent, mais qui, lorsque l’on s’oppose à elle, s’énerve vivement.
J’ai trouvé que l’actrice parvenait vraiment bien à faire ressortir la colère
du personnage, autant que sa joie quand tout se passe bien. Je me souviens bien
de la mine stressée que donnait l’actrice à Barbara, elle souriait, mais
fronçait les sourcils en même temps. Ce personnage
connait aussi une évolution, d’abord, c’est la cheffe, elle contrôle Jessica,
rien ne peut, au premier abord, l’atteindre. Elle veut, certes, briller, mais
se repose sur ses amies, son pilier, pour oublier sa peine. Au commencement,
lorsque Pauline lui annonce sa volonté de se découvrir par elle-même, elle sent
qu’elle perd le contrôle de la situation, mais garde la tête haute, et se
contente d’esquiver les demandes d’écoute de Pauline. Mais, de fil en aiguille,
Barbara perd patience, elle est empreinte de jalousie, Jessica lui échappe, et
Pauline tente de réaliser son rêve, être dans la lumière, sortir de la
boucle infernale de la reproduction de ce qui a déjà été fait. Cette jalousie
et cette colère qu’elle retenait, jusqu’alors, en elle, finit par se
voir : Barbra explose, hurle, et devient violente jusqu’à l’accès de
colère de trop, où elle tue Pauline, et sombre dans les abysses de la prison,
anéantissant ses rêves de célébrité et de lumière…
Quant à
l’actrice qui jouait Pauline, elle m’a également marquée, et surtout pour sa
diction des monologues, qui étaient en fait des
récits explicatifs destinés au public. Sa voix était captivante, et
ressortait d’autant plus comme elle ne faisait pas de gestes pour accompagner
ses propos. Son jeu me semblait vraiment juste, et j’ai beaucoup aimé sa voix
lorsqu’elle chantait ses chansons. Elle a également adopté une posture très
ancrée dans le sol, très droite, lorsqu’elle jouait ses monologues, ce qui
était très intéressant. Elle avait la faculté
d’alterner théâtre-récit, et théâtre dialogué de façon impressionnante. Elle
semblait même, dès le début, surgir d’outre-tombe, car on pouvait entendre sa
voix dans le sombre du plateau avant qu’on ne puisse la voir vraiment. Elle
reviendra justement parler après sa mort, et c’est elle qui va ouvrir le mur du
fond à la fin du spectacle pour entrer dans une lumière comme cosmique et en
même temps très théâtrale. Ce personnage amène donc aussi la réflexion sur ce
qu’est l’artiste et sur le mythe de la souffrance et du manque qui est censé
être à l’origine du désir de création et de sa nécessité. (Cela ne me serait
pas venu à l’idée si vous ne l’aviez pas écrit, d’où le fait que je laisse vos
phrases telles qu’elles sont.)
Enfin, les
trois actrices avaient un jeu dynamique, ce qui était particulièrement prenant.
Seul problème que j’avais oublié de préciser :
C’est le volume sonore qui me semblait très bas, parfois, je ne comprenais pas
ce que les actrices disaient, ce qui est dommage…
Pour finir,
nous pouvons nous intéresser aux messages que transmet cette pièce, et ils sont
nombreux J’ai déjà parlé de deux messages que j’ai décelés : D’abord, le spectacle alerte quant à la
situation climatique préoccupante actuelle, et,
plus précisément, quant la crise environnementale lié au capitalisme et à
l’injonction sur productive, il alerte sur la surconsommation qui
s’amplifie de jour en jour, et qui touche, entre autres, la technologie, qui
pourrait bientôt dominer les humains, je pense notamment aux robots qui se
veulent être de plus en plus performants. Pourtant, cette société de consommation
grandissante a été dénoncée par le passé déjà, je me souviens avoir étudié,
lorsque j’étais au collège, la chanson La Complainte du Progrèsde Boris
Vian, chanson parue en 1955, le spectacle La Chanson n’est donc qu’une
nouvelle alerte qui vient se ranger aux côtés de tant d’autres. Bien que ce
soient, selon moi, les deux messages majeurs, j’en ai trouvé d’autres encore.
D’abord, la question de « l’éternel penchant de l’humain à la répétition
du même » (confère un article de journal que j’ai lu : journal-laterrasse)
est soulevée par la question des sosies. En effet, Barbara et Jessica vivent à
travers l’univers ABBA, elles ne forment leur vie qu’à travers un groupe de
musiquedéjà existant, ce qui gomme leurs
individualités, dans une certaine mesure. Elles ne vivent que pour copier ce
qui a déjà été fait, ne sont pas dans la création, comparées à Pauline, qui,
elle, cherche à façonner de ses propres mains, et cherche à s’individualiser, à
être elle-même, et pas quelqu’un d’autre. En fait,
Tiphaine Raffier a voulu montrer, dans son spectacle, combien il devient
difficile de s’émanciper et d’être soi-même, de d’assumer dans une société du
paraitre, encore renforcée avec l’apparition des réseaux sociaux, qui exigent
de nous que nous soyons les « meilleures versions de nous-même ».
Même le « body positive » ne devrait pas exister, car il montre qu’il
y a un problème, que la société a un problème avec les corps qui ne collent pas
aux « normes ». Le « body positive » met en scène des corps
types jugés laids, mais souvent, cela créé encore plus de complexes… Je pense
que la metteure en scène a voulu démontrer cela à travers les personnages
torturés, coupés en deux, que sont Barbara, Jessica et Pauline. Le choix des
actrices illustre tout cela : Jessica est très mince, et très grande,
Barbara, ronde et petite, Pauline n’est pas mince, mais pas ronde non plus,
aucune ne colle donc vraiment aux normes de la société, et elles cherchent
toutes leur place, elles cherchent à exprimer leur individualité, et c’est une
quête complexe, et, dans la Chanson, très sombre.
A ce propos,
la chanson SOS du groupe ABBA n’a pas été choisie par hasard, le titre lui-même
est évocateur : « SOS », cela peut être dit par Jessica et
Barbara, qui cherchent désespérément une solution pour faire revenir Pauline
parmi elles, mais cela peut aussi être le SOS de notre monde actuel, qui a
besoin d’aide, car on le détruit. Ou alors, cela peut symboliser les personnes,
par exemple, les défenseurs de l’environnement, qui n’arrivent à rien seuls, puisqu’ils
semblent être une minorité, et ont grandement besoin de l’aide des autres pour
arrêter le massacre de notre planète. Si l’on s’intéresse aux paroles
maintenant, elles disent :
“Where
are those happy days? They seem so hard to
find
I try to reach for you, but you have
closed your mind
Whatever happened to our love? I wish
I understood
It used to be so nice, it used to be
so good”
Ou encore…
“You seemed so far away, though you
were standing near
You made me feel alive, but something
died, I fear
I really tried to make it up, I wish
I understood
What happened to our love? It used to
be so good”
Ainsi, ces paroles
peuvent s’appliquer à Barbara et à Jessica, qui, autre fois, partageaient une
amitié qui semblait indéfectible avec Pauline, mais qui maintenant, les a
abandonnées. Barbara et Jessica sont donc nostalgiques des moments d’autrefois,
où Pauline était encore de tout cœur, avec elle. « Something died »
peut aussi faire référence à Pauline, qui finit tuée par son ancienne meilleure
amie.
Cette pièce
apporte aussi un léger message d’espoir à travers le personnage de Jessica,
qui, étant jeune et même adulte, a souffert de la cruauté de ses semblables,
parce qu’elle ne rentrait pas dans les normes de la société, mais qui, une fois
Pauline morte, et Barbara en prison, s’est émancipée, et est devenue riche et
célèbre, contre toute attente.
La Chanson apporte aussi une réflexion sur l’artiste. Je
ne peux que penser à mon sujet de HLP dans la branche philosophie, qui
était : L’artiste est-il plus sensible que les autres à la beauté du
monde ? Je ne vais pas plaquer ma dissertation ici pour autant, mais je
vais simplement retranscrire ma définition de l’artiste, puisqu’elle a été
jugée bonne par mon correcteur : « L’artiste est essentiel au monde.
Que serait le monde sans les apports que nous donnent les artistes ?
Serait-il seulement possible de parler de la notion de « culture »
sans eux ? L’artiste désigne celui qui crée. Le mot « art » est
présent dans le nom commun « artiste ». Ainsi, l’artiste serait celui
qui fait de l’art, à sa façon, personnellement. Il peut être écrivain, peintre,
comédien, ou les trois à la fois. L’artiste est sensible, il possède une
sensibilité parfois exacerbée. » Une question dans la pièce est
sous-jacente : Faut-il avoir souffert pour devenir un véritable
créateur ? Ou encore, doit-on se conformer au système ou cultiver sa
différence ? Ce sont des questions difficiles à traiter, qui mériteraient
une longue étude, mais en simplifiant, je pense qu’il est inévitable de
souffrir pour devenir créateur dans le cadre de Pauline. Nous l’avons dit, elle
vit dans une ville pleine de paillettes, et de normes, ou ce qui sort du
parfait, dérange, gêne. Ainsi, si elle veut se « désengluer » de la
répétition du même, et trouver sa singularité pour créer, il lui faut passer
par la souffrance, et se détacher de ses amies était déjà un premier grand pas.
Si elle n’avait pas été tuée, peut-être aurait-elle pu s’inspirer de ce
détachement douloureux et difficile pour créer. Cela dit, si je sors du cadre
de la pièce, je pense qu’il n’est pas nécessaire d’avoir souffert pour devenir
un véritable créateur, je suis sûre que les simples expériences positives de la
vie peuvent suffire. Un beau paysage que l’on peut contempler peut par exemple
nous inspirer un beau poème, ainsi, nous deviendrions des écrivains, certes, en
herbe, mais des écrivains tout de même. Pour la deuxième question, il est
difficile, je pense, de ne pas se conformer au système, simplement à cause du
fait que nous sommes nés dans ce système, et qu’il semble difficile de s’en
défaire complètement. Mais j’aurais aussi tendance à dire que cultiver sa
différence est l’une des meilleures choses qui soit ! Prenons l’exemple de
Jessica, elle qui n’a jamais été considérée car différente des autres, a su
cultiver sa différence, pour finalement en faire sa force, et son atout !
La
pièce invite, pour finir, à réfléchir à l’amitié, à la sororité. Sommes-nous
prêts à accepter l’altérité, la différence dans nos relations humaines ?
Cherchons-nous au contraire le même, la fusion identitaire ? C’est une
question que j’avais soulevée dans ma tête à la suite du spectacle, je ne sais
même pas pourquoi je ne l’ai pas mise tout de suite dans mon analyse !
Dans le cadre de la pièce, il est clair que les trois filles recherchaient et
aimaient leur ressemblance, elles vivaient pour la même chose, pour la seule et
unique ! Mais, lorsque que Pauline a voulu tracer son propre chemin, ce
fut le drame : Jessica, et surtout Barbara, étaient sidérées, en état de
choc face à cette information. On peut alors se demander sur quoi repose en
fait l’amitié. Qu’est-ce que la véritable l’amitié ? On attend
généralement d’un ami qu’il nous tire vers le haut, pour atteindre la meilleure
version de nous-même (tenez, encore une norme de la société !), mais ici,
alors même que le groupe semblait être inséparable, plein d’amour et de
compréhension, Jessica et Barbara n’ont pas soutenu leur amie, ont préféré
ignorer le « problème », qui n’en serait pas un dans ma définition de
l’amitié. Alors, je pense que la notion d’« amitié » dépend de la
notion de chacun. Certains, par amitié pour l’autre, acceptera tout, parfois
trop, quand d’autres seront récalcitrants à l’idée qu’un ami pense
différemment, ou agisse différemment de sa vision des choses ou actions qu’il
juge bonnes.
Ainsi, cette
pièce est éclairante sur le monde dans lequel nous vivons, et que nous
torturons pourtant. Cette pièce alterne les modes de jeu et les registres,
ainsi que les monologues et les moments silencieux, mais qui disent pourtant
beaucoup de choses. Tiphaine Raffier l’a transformée en cri d’alerte, qui prend
une saveur de plus en plus tragique à mesure qu’on regarde le spectacle.
Mon avis sur la pièce
J’ai trouvé ce
spectacle intéressant, et particulièrement pertinent quant aux messages qu’il
transmet. Le théâtre étant un lieu fréquenté par des publics différents, que ce
soient par des scolaires ou des connaisseurs, je pense que c’est un bon lieu de
transmission, et qu’un spectacle de ce type y a tout à fait sa place. Le jeu
des actrices m’a beaucoup plu, comme je l’ai fait comprendre précédemment, leur
jeu était juste, et j’ai rarement vu des spectacles où les comédiens étaient
tant en osmose les uns avec les autres. Les costumes me semblaient aussi
pertinents, et en accord avec le décor plein de couleurs, qui évoque un monde
artificiel.
Cela dit, ce
spectacle m’a aussi mise mal à l’aise, il était étrange et surprenant,
peut-être parce qu’il a eu l’effet d’une bombe sur moi, car il reflète un peu
trop bien le monde dans lequel nous vivons, la réalité des choses, bien que ce
spectacle ne semble pas totalement réaliste au premier abord. Maintenant que
j’ai dit cela, je n’arrive pas à développer pourquoi ce spectacle m’a dérangée,
c’est un ressenti, et j’ai du mal à mettre des mots dessus. Je vois une seule
chose que j’arrive à exprimer, mais maladroitement sûrement : J’ai été
particulièrement mal à l’aise lors du passage où les trois amies dansent, ou
plutôt bougent ensemble en ne faisant qu’un. Comme je l’ai évoqué, j’ai trouvé
que ce passage était sensuel, mais sensuellement dérangeant, cela m’a semblé
malsain. Pourtant, je suis ouverte d’esprit, et je n'ai aucun problème à voir
de la sensualité au théâtre, et même des acteurs nus, comme Eidinger dans Richard
III. Mais dans ce spectacle, cela m’a dégoutée, et je sais qu’il en est de
même pour beaucoup de mes camarades, comme Mathilda…(Ce
quelque chose d’organique, de fusionnel évoque peut-être une trop grande
dissolution du moi, comme si le groupe phagocytait, se nourrissait de la
singularité de chacun. On perçoit le caractère mortifère d’une telle fusion. J’ai bien compris ce que vous dites, je ne vois pas trop
comment l’exprimer autrement que vous, donc je laisse tel quel votre
commentaire, mais je suis tout à fait d’accord avec vous. En fait, j’ai
l’impression d’avoir vu du cannibalisme intérieur dans ce spectacle.)
Une autre chose m’a mise mal à l’aise : ce sont les gémissements que
poussait parfois Barbara. Je riais nerveusement à chaque fois, et m’insurgeais,
car je ne comprenais pas ce qu’ils faisaient là. ( Comment
les as-tu interprétés ? c’est cela qui important. Ils ne sont pas
gratuits. Ils en disent long sur la jouissance de Barbara et sur les pulsions
qui animent ce personnage. Justement, c’est
bien là mon problème. Je ne vois plus ce qu’ils faisaient là, et mon esprit a
préféré oublié le contexte de ses gémissements, donc je n’arrive pas à m’y
pencher plus avant, je m’en excuse… Je crois que mon cerveau a paniqué, je
pense que c’est une réaction de mon subconscient, mais je ne peux pas aller
plus loin.) ( Le spectacle suggère que la vie
affective de Barbara, sa vie sexuelle n’existe pas en dehors du groupe et
chaque fois qu’elle exerce un pouvoir de domination, qu’elle connaît un moment
d’emprise sur le groupe dans le cadre de leurs répétitions, elle émet des cris
de jouissance, elle lâche prise.C’est une idée de mise en scène ou une
proposition d’actrice tr-s très forte pour montrer combien Barbara est dirigée
par ses pulsions.)
J’aurais donc
beaucoup aimé ce spectacle si je n’avais pas ressenti une telle gêne à cause de
certains partis pris que je viens d’évoquer. Lorsque je vois une pièce de
théâtre, mes sentiments négatifs prennent souvent le dessus sur mes sentiments
positifs, donc, malheureusement, bien que j’ai aimé le jeu des acteurs, le
décor, les costumes et les messages transmis grâce aux chansons de Pauline ou
encore grâce aux parallèles établis avec le magasin « Nature et
Découverte » ou l’utilisation de la vidéo, je n’ai pas trop aimé ce
spectacle, qui était trop étrange et embarrassant pour que je l’apprécie
vraiment.
Excellent travail particulièrement
fouillé 19/20