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mardi 16 novembre 2021

la technique du bunraku dans Tambours sur la digue d'Ariane Mnouchkine


 Sur le site du Théâtre du Soleil

Le bunraku fantasmé du théâtre du Soleil 

Extrait qui permet de comprendre le principe 

 

Ariane Mnouchkine transpose souvent ses pièces de théâtre au cinéma: voici un extrait du making off du film: Le film

IL est important de connaître ce proédé pour les anges qui manipulent Prouhèze dans notre version. 

Joel Pommerat, "écrivain de spectacle" metteur en scène révolutionnaire?


 Article sur Joel Pommerat

 

"C'est parce que je désirais profondément être auteur que je me suis confronté aux questions comme la recherche sur l'espace, le mouvement, le son, l'acoustique, la lumière, l'interprétation, le costume et même la production.
C'est pour devenir un auteur vraiment que j'ai cherché à m'approprier le terrain de la scène.
C'est pour cela que je considère aujourd'hui que le texte au théâtre n'est pas premier, qu'il n'est pas second non plus, mais qu'il n'y a pas de hiérarchie. C'est pour cela que je considère au théâtre qu'avant les mots, il y a du silence, il y a du vide et il y a des corps.
C'est pour cela que je considère tous les éléments concrets sur la scène (la parole fait partie de ces éléments concrets) comme les mots du poème dramatique."
Joël Pommerat, Théâtres en présences, Actes Sud, 2007.

Rencontre avec Joel Pommerat qui revient sur sa pratique d'écriture et de mise en scène

jeudi 5 novembre 2020

Mort du grand metteur en scène Jean-Pierre Vincent

 J'apprends à l'instant la mort du metteur en scène Jean-Pierre Vincent qui a été l'un de mes maîtres quand j'étais jeune étudiante à Strasbourg dans les années 80. Je suis très très triste.

 "Au théâtre je suis protégé, à la fois à l'abri de la réalité et à la fois sur scène pour agir sur la réalité"

Interview filmée de Jean-Pierre Vincent 

Grand Entretien 

Voici ce qu'il disait dans une revue de Théâtre :

Et quant à l’utilité du théâtre, sa fonction sociale : tu dirais quoi des pouvoirs du théâtre aujourd’hui ? De ce à quoi il sert, et de ce qu’il peut réellement ? 
 
JEAN-PIERRE VINCENT – C’est de garder de façon publique l’intelligence en mouvement, le lien entre la surprise artistique (l’émerveillement) et la vision critique. De permettre à des gens, par des récits, des images, etc., de ne pas mourir idiots, ou de vivre actifs. La lutte contre l’aggravation des inégalités, contre la séparation des individus, l’aggravation de la situation écologique de la planète (de nous sur cette planète absurde), ce n’est pas dans le théâtre que ça se fera. Ce qui compte – je le vois bien dans les multiples rencontres avec le public – c’est un échange actif de l’intelligence qui – j’ai le regret de le dire – ne se produit plus guère qu’au théâtre, et autour de lui.
 
– Mais qu’a-t-elle de singulière cette intelligence au théâtre ?
JEAN-PIERRE VINCENT – C’est de permettre à des humains de prendre de la hauteur, de la distance, afin de penser le monde hors des filières obligées. Non pas le penser de façon pédagogique, mais de le penser avec des cerveaux plus libres, avec l’imagination qui est le propre de chaque être humain. Là où je souffre un peu en ce moment, c’est que depuis l’aventure Ravenhill à l’ENSATT , je n’ai pas vraiment rencontré de textes forts. Si nous

n’avons pas les poètes majeurs qui naissent, ça va être très difficile pour le théâtre. Parce que les écritures de plateau, ou les fantaisies barbares de tel ou tel inventeur de théâtre aujourd’hui, ne vont pas faire époque, seulement symptôme d’époque. Mais notre époque ne fait plus époque, dit Stiegler. Peut-être que le rapport du langage avec le monde a été trop détruit par la révolution numérique – une aubaine pour le règne de la Phynance mondiale et ces Ubu qu’elle met au pouvoir ici et là. Les Damnés de la Terre – dans le Nord ou en Ohio – votent à droite de la droite. Que feront-ils quand ça aussi aura raté ? J’espère que je ne serais jamais déprimé, mais aujourd’hui je suis pessimiste. Comme disait le Président Mao à un ministre français qui lui demandait « Monsieur le Président, vous avez dû être formidablement optimiste en 1927 quand vous étiez cinquante à cheval sur les hauteurs de Shanghai ? », et il a répondu : « Détrompez-vous monsieur, j’étais tellement pessimiste que j’ai fait tout ça ». C’est une phrase qui m’a beaucoup marqué, et souvent les phrases qui te marquent c’est parce qu’elles te ressemblent".
Jean-Pierre Vincent (1942-2020)

jeudi 26 novembre 2015

L'actualité de Roméo Castelluci

synthèse sur le site de théâtre contemporain

Afficher l'image d'origineL'Orestie au théâtre de l'Odéon

Le Methope du Parthenon

Intérieur de Claude Régy

Voici une image du spectacle de Claude Régy que j'ai vu en Avignon: Intérieurarticle sur le spectacle
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Claude Régy

Claude Régy

L’éveilleur de silence, l’éveilleur de conscience

 Je suis à la recherche d'un terrain inconnu par le rien. (Claude Régy). 

article dans Esprits nomades

 

 

Régy« On voit aujourd’hui – au nom de la technologie – des spectacles se laisser envahir par la vidéo. Je n’ai rien contre, il peut y avoir des vidéos magnifiques. Mais quand on projette des images, c’est souvent un encouragement à la paresse de l’imagination des spectateurs. Je cite souvent cette publicité de Sony : « j’en ai rêvé, Sony l’a fait »… Sony fait tout – et prend la place du rêve. Il faut laisser au spectateur une part du travail – non pas la part du sens, l’extériorité du texte – mais ce qu’il a de secret ; leur permettre de devenir écrivains, acteurs, metteur en scène. Peter Handke, dans une de ses premières pièces – dite « pièce parlée » – n’utilise que des phrases qui se contredisent ; elles doivent être dites par plusieurs acteurs, mais en fait, c’est comme si une seule personne parlait. Il y a dans ce texte cette phrase : « je suis venu au théâtre, j’ai vu cette pièce, j’ai joué cette pièce, j’ai écrit cette pièce ». Le chemin est inverse, mais on retrouve l’idée que c’est le spectateur qui écrit le spectacle. »

 article de Régine Detambel sur Régy

 Faire « voir hors de nous ce qui est en nous » : telle est la formule suggestive et poétique qu’a trouvée Claude Régy pour exprimer son désir que la scène soit un lieu de rencontre de l’inconscient, que le théâtre présentifie l’inconscient, selon l’expression de Lacan

Klau Michael Gruber

Emission de France Culture en hommage à Gruber


jeudi 13 novembre 2014

Jean Vilar

Hommage à Jean Vilar sur Culturebox

Jean Vilar (25 mars 1912 - 28 mai 1971) aimait se décrire comme un artisan du théâtre, pour souligner tout ce qui le séparait – lui, fils de boutiquiers − du grand spectacle racoleur monté dans l’espoir du profit. Sa jeunesse en province, où la vie culturelle est réduite à la portion congrue, en fera un militant de la décentralisation et du théâtre pour tous. C’est après avoir assisté à la répétition de Richard III, dans une mise en scène parisienne de Charles Dullin (1885-1949) qu’au tout début des années 1940, Vilar fait ses premières armes comme comédien, régisseur et directeur de formation. Au sein de la Roulotte, il s’initie à l’administration et à la promotion d’une troupe itinérante ; expérience qui, autant que les tournées en province, la sobriété des spectacles sous chapiteau, façonnent le futur organisateur du Festival d’Avignon.
Ce dernier naît sous l’impulsion de René Char et Christian Zervos, séduits par Meurtre dans la cathédrale de T. S. Eliot, tel que La Compagnie des sept l’avait interprété en 1945. Char et Zervos invitent alors Vilar, qui dirige la compagnie, à monter en Avignon un spectacle théâtral pour compléter l’exposition d’art moderne qu’ils organisent au Palais des Papes. Le succès des créations présentées en septembre 1947 [1] ne se démentira pas. Sous ces auspices, Vilar est appelé, en 1951, à reprendre le théâtre du Palais de Chaillot. À sa charge de rénover, avec le répertoire de cette salle parisienne, le théâtre français. Car dans l’après-guerre, ce dernier ne trouve en effet plus sa place : comment considérer un art devenu simple divertissement, au sortir de la barbarie ?
La création du Théâtre National Populaire, que Vilar dirige énergiquement entre 1951 et 1963, s’inscrit dans ce contexte de crise. Vilar, qui affirmait déjà en 1946 qu’on ne peut faire « du bon théâtre » sans avoir préalablement « fai[t] une société [2] », espère régénérer l’individu en l’invitant à une fête républicaine qui aurait pour cadre le théâtre. Une fête qui constitue un retour aux sources du genre, dans un souci d’épurement commandé par la situation historique : « la guerre a fait retrouver non seulement les besoins premiers de l’existence, mais peut-être aussi une conscience plus claire de l’existence [3] ». Pour réunir tout un peuple dans la fête, Vilar refonde une communauté artistique, dans le lien entre les auteurs, les acteurs, les chefs de troupes, les metteurs en scène et les pouvoirs publics ; il invite à la fraternité la France divisée par l’Occupation. Son théâtre sera national, mais ouvert à l’étranger ; il sera populaire, mais de qualité. Vilar a donc une haute idée du Théâtre National Populaire − un théâtre actuel, éthique, qui redonnera leur place aux auteurs et aux acteurs. Une politique culturelle ambitieuse accompagne ses propositions esthétiques : pour faire du théâtre une ressource courante, Vilar le décentralise, adapte tarifs et horaires, crée des liens avec les comités d’entreprises et les structures scolaires… Autant d’innovations qui, entre 1951-1963, valent cinq millions de spectateurs à ce « théâtre, service public [4] ». Une réussite qui favorise l’institutionnalisation et la professionnalisation du secteur théâtral, et devient le parangon des politiques culturelles publiques du second XXe siècle.

 http://www.laviedesidees.fr/Jean-Vilar-de-vent-et-de-sable.html

Une émission de France InterLa Marche de l'Histoire sur Jean Vilar
sur la création du festival d'Avignon: