vendredi 29 mai 2015

Document fourni aux examinateurs: Projet Bacchantes



Troisième partie du programme : Les Bacchantes d’Euripide sous la conduite de Carolina Pecheny, comédienne et metteur en scène.

Travailler sur les Bacchantes avec 7 acteurs compte tenu de l’importance du chœur nous a d’abord un peu frustrés mais très vite Carolina Pécheny a trouvé un biais pour nous faire entrer dans la transe bachique en intitulant le projet : Danse, Transe, Vengeance. Elle a choisi de concentrer la tragédie d’Euripide sur la vengeance du dieu Dionysos à l’égard de sa famille thébaine, gommant les personnages de Tirésias et Cadmos se faisant Bacchants, c’est-à-dire aussi la veine comique de certaines scènes. Elle a supprimé également les deux récits des messagers relatant l’irreprésentable, malgré leur importance dramaturgique dans la tragédie d’Euripide et certaines parties du chœur. Ont été conservés le prologue, l’entrée de Penthée jusqu’au vers 247, le premier stasimon sauf la strophe 2 (p.27 et 28), troisième épisode kommos (p.36-37), (le travestissement de Penthée est joué), le troisième stasimon à partir du vers 877, Exodos : kommos, entrée de Cadmos jusqu’au vers 1307 pour Pauline, jusqu’au vers 1326 pour Estelle, Epilogue.

Après plusieurs lectures du découpage proposé et la distribution, Carolina a nourri la petite troupe d’images : celles du monde glauque  des films de David Lynch tels que Blue Velvet, un monde sous -acide, psychédélique, elle a utilisé le mot «  bas-fonds », les bacchantes sont comme possédées, ivres, leur passion pour Dionysos relève d’une addiction. Très tôt dans le projet, elle les a vues habillées de manteaux de fourrure en guise de nébrides et perchées sur des talons hauts. Dionysos qui sera interprété par Lionel sera invité à chercher ses références du côté de  Conchita Wurtz, de Jim Morrison, d’une star de rock. Ses compétences de magicien seront également mises à profit : Dionysos, un illusionniste, un charlatan, qui envoute et manipule, hypnotise.

Très tôt aussi, Carolina évoquera la possibilité d’utiliser un cyclo en fond de scènes pour créer des ombres dansantes à l’aide d’effigies en carton découpé fabriquées par les acteurs pour évoquer le chœur des Lydiennes.
L’importance de la musique a été soulignée et la troupe a pris plaisir à créer une bande son appropriée, trop peu d’élèves étant eux-mêmes musiciens pour pouvoir créer la musique en direct.
Le projet a suscité une adhésion immédiate chez les élèves malgré les difficultés liées à la compréhension du texte d’Euripide et au fait que des filles aient à se confronter au rôle de Cadmos, car il permettait également un travail corporel important : danses bachiques, habillage du dieu en homme chorégraphié, différents portés, création des effigies en carton à manipuler, découverte de l’utilisation du cyclo, recherche de différents phrasés pour les stasimon.