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Le travail
de Dario Fo, metteur en scène et acteur de théâtre italien du XX eme siècle,
prix Nobel de littérature en 1997 est toujours une critique envers l’actualité,
la politique, la religion etc.. Envers les idées reçues et les injustices. Pour
éviter la censure, il s’est toujours servi de ses personnages qu’il appelle des
Bouffons : personnages du peuples qui l’aident à faire passer son message,
notamment dans sa pièce de 1970 : Mort accidentelle d’un anarchiste,
ou le soit disant bouffon fait référence à un fait réel. Dans ses engagements
politiques, Dario Fo s’est attaqué au premier ministre Silvio Berlusconi, il a
aussi remis en causes l’histoire publique des attentats du 11 septembre 2001 ou
encore a fait une satire du monde industriel. Dans toutes ces remises en
causes, Dario Fo a écrit une pièce à laquelle nous allons nous intéresser plus
particulièrement.
Dans cette pièce : Mistero Buffo,qui raconte, par le peuple et pour le peuple la vie
du Christ, et par là, dénonce le détournement du message christique par la
papauté (notamment le pape boniface VIII), Dario Fo montre alors un théâtre
nouveau, complet. En effet, à la fois Acteur, metteur en scène et auteur de la
pièce, Dario fo se place comme artiste complet et maitrisant totalement son art
jouant à lui seul tous les personnages. C’est une pièce intercalant la langue
et le grommelot, un effet choisi par Dario Fo pour ancrer cette histoire sainte
dans le réel et donner a la pièce un aspect humoristique et compréhensible dans
n’importe quelle langue puis que les jongleurs étaient amenés à voyager. Si
Dario Fo a écrit cette pièce, c’est principalement pour nous montrer un aspect
désacralisé du Christ comme ayant vécu une vie a priori commune à celle des
autres citoyens de son époque contemporaine.
On peut alors se demander comment Dario Fo imagine et
met en scène, à travers les textes et le
jeu, la figure du Christ dans Mistero
Buffo .
En fait-il un personnage lambda, au même rang que les
autres ou amène t-il le Christ (par un autre chemin) à l’image que l’on a
de lui aujourd’hui, c'est-à-dire un personnage important et symbole d’un idéal
de pensée ?
Nous
verrons dans un premier temps que le rôle scénique du personnage du Christ
n’est pas très important à première vue, et qu’il est ridiculisé au même titre
que les autres personnages, néanmoins, il est le personnage qui amorce la pièce
et le sujet de discussion premier des mystères bouffes.Nous verrons enfin que
le Christ reste le personnage moteur et central de la pièce. Il est prit au
sérieux est engagé, Symbole du fils de Dieu.
En effet, le
rôle scénique du Christ n’est pas très important, son texte pourrait être
retiré de la pièce, et une simple croix en comparaison marquerait sa présence.
C’est en tout cas le choix qu’a fait Chiara Villa dans sa mise en scène des Mistero buffo à la comédie de l’Est.
Toutes les scènes se déroulent sans la présence du Christ, mais avec une croix
au centre qui
bien sûr symbolise le Christ et aussi la religion. Le
rôle du Christ peu donc être amené par les autres personnages qui le font vivre
dans leur mémoire (Les noces de Cana) (Moralité de l’aveugle et du boiteux).
Lorsque Jésus est tout de même présent de part un personnage ou joué par Dario
Fô lui-même, il ne clame pas de grand discours ou quoi que ce soit de ce genre,
mais est joué au même titre que les autres personnages avec des répliques
parfois vaines et irréfléchies tel un Bouffon. Dario Fô prend soin de ramener le
personnage à son statut d’homme historique, ayant les mêmes désirs, passion
qu’un autre homme de son âge. Néanmoins, il le détourne beaucoup et en fait un
(agneau) : fils a sa maman « ce jeune homme lui a donné un bécot sur
le nez a sa maman » « Oh, regarde, il y a même la vierge. Toute la
famille est là », quelqu’un de gentil « tous ont vu naitre et fleurir
sur les lèvres de ce Jésus un sourire si doux […] doux il était ce
sourire » « Qu’est ce qu’il est sympathique, Jésus »
« Bravo Jésus » « Jésus, douce créature ». On arrive en
contrepartie à l’image d’un Jésus débauché qui mêle ses miracles à des jeux
d’argent, boit avec ses amis, vie avec des femmes (Madeleine). Les mystères
parlent aussi de son beau physique (comme dans les évangiles) etc... De là,
sort une image ambigüe du Christ : Un duel entre deux caractères. Le côté
jovial et fêtard de Jésus et son autre face, de maître initiatique.
Dans le miracle de l’enfant Jésus, le petit
Palestinien est montré tel un enfant ordinaire qui a des caprices, des peurs,
qui veut se faire accepter par les
autres. Il a conscience de ses dons mais ne fait pas de différence entre bien
et mal, agit pour ses propres intérêts . La figure de Dieu est aussi
ridiculisée, présentée comme un père qui éduque Jésus. Dario Fô joue sur les
mots à travers la bouche des enfants « Tu fais pas ton Juda
hein !! » etc... Jésus ne fait donc pas la part des choses, il parle
même de tuer le « Fils du Patron ». Dario Fô, par ce Mystère montre
le chemin initiatique que Jésus doit accomplir pour devenir ce qu’il est. La
figure du Christ est donc humanisée dans les Mistero buffo, Le fait que Dario Fô joue tous les personnages,
qu’il rapporte Jésus à tout autre
personnage des mystères bouffes le désacralise, ou le rend peut être tel qu’il
était vraiment sur le plan matériel. Dans le mystère Boniface VIII qui
clot la pièce, le pape se pavane devant ce Jésus sur la Croix et manque de
respect ; On comprend alors que Dario Fô ne ridiculise pas Le Christ
durant les Mistero buffo mais bel et
bien la Papauté et L’Eglise Catholique que l’on distingue de la Religion
Chrétienne et du lieu symbolique « Eglise ». Cette Eglise qui s’est
servi des dires du Christ pour sa soif de richesse et de Puissance.
Dès lors, si le
Christ en soi n’est pas moqué, n’est-il pas finalement un personnage, sujet de
toutes les discussions des mystères ? Et qui impose le respect ?
Effectivement, même si le rôle du Christ n’est pas très dense, il est
néanmoins le personnage dont tous les mystères parlent : Le premier
miracle de l’enfant Jésus, La Passion, La résurrection de Lazare, Le massacre
des innocents etc.… Tous rappellent un moment, un miracle de la vie de
Jésus. Il est le personnage nécessaire au déroulement des piécettes, puisque
c’est son parcours vu par les gens extérieurs à lui, c'est-à-dire autre que lui
ou que ses disciples. Dario fô explique d'ailleurs que le Christ et la vierge
ne sont pas ridiculisés mais qu’il s’agit de la population qui entoure cette
vie historique de Jésus qui est la proie de la dérision de Dario Fô, Lui-même
est croyant !
Il dira dans Le monde selon Fô à la page 84 «
Aucun historien du christianisme ne peut faire abstraction des évangiles
apocryphes. Ils sont très nombreux. Contrairement aux quatre textes adoptés par
l’Église, qui ont subi des modifications et des adaptations en fonction des
situations historiques, les évangiles apocryphes n’ont jamais été altérés et
ont gardé intacts personnages et situations. ». Dario Fô explique qu’ au delà
des 4 textes des évangiles retenus par l’Eglise Catholique et réorganisés selon
elle, de nombreuses personnes étaient présentes autour du Christ, extérieur à
lui mais dont les dires non jamais étaient « altérés » et qui sont
donc authentiques. C’est de ces gens dont parle Dario Fô dans les Mistèro buffo, c’est en fait une vision
plus objective du Christ et de sa vie vus par ses interlocuteurs, et donc qui
permet une image plus complète et moins falsifiée du fils de Dieu. C’est en
cela que la pièce Mistero Buffo n’est
centrée que Sur le Personnage du Christ.
Le Christ
est montré sous différents angles, avec différent caractères, par exemple, dans
Le fou au pied de la croix le Fou raconte cette anecdote :
« La seule fois où tu m’as fait plaisir Jésus, c’est le jour ou tu est
arrivé à l’Eglise pendant qu’ils tenaient leur marché, et que tu a commencé à
les rosser a coup de bâton. » Cette anecdote qui figure dans le récit du
Christ lui donne un pouvoir plus combatif, un rôle plus costaud pour montrer
l’absurdité d’un marché de contrebande dans le lieu du seigneur. Un caractère
de révolutionnaire.
Dario Fô dans ce même mystère propose une alternative
possible à la crucifixion du Christ en s’échappant avec le Fou, mais on
remarque que Jésus avait prévu ce sacrifice « même si il n’y en avait
qu’un seul digne ». Il n’y a donc aucun mystère qui ne mentionne pas le
nom de Jésus. Décrit par les personnages
qui l’entoure, il est soit apparenté à une personne du peuple simple, doté
simplement de pouvoir mais que l’on ne respecte pas plus que ca « Y’a
personne qui connaisse ce Jésus Christ […] On ne va pas chaque fois attendre
des heures pour les miracles » dit une femme dans La Résurrection de
Lazare ; soit apparenté à un Héros, un sauveur.
Même si son personnage n’est pas représenté sur scène,
la croix ou quelque élément métonymique est indispensable pour donner un sens,
un centre à la pièce et le symbole de la religion chrétienne. En ce sens, le
personnage de Jésus représente le symbole de la religion pure, saint, mature,
spirituel ; Il est donc rendu dans Mistero
buffo tel le Jésus dont on se fait l’image, un fils de Dieu.
En effet, Dario Fo a prit soin de remettre le
personnage du Christ à la place qu’il doit occuper. Il a même parfois mis sa
parole à travers le personnage de Jésus : Dans La naissance du Jongleur,
mystère qui amorce très souvent la piécette de par son contenu (création du
jongleur par le Christ) Dario Fô dans la peau de Jésus se place en tant que
pédagogue, il explique au futur Jongleur ce qu’il faut faire des patrons, des
riches. Dario Fô donne sa vision d’un bon jongleur et on retrouve son esprit
révolutionnaire, sa volonté de dire la vérité qui l’a toujours guidée à travers
son parcours. Il fait du Christ une personne mature, pédagogue, et révolutionnaire,
et malgré sa description de « pauvre mine de Chrétien… tout pâle »
Jésus apparait comme un leader qui veut rétablir la vérité et l’égalité entre
les hommes.
Dario Fô fait de même dans Le fou au pied de la
croix où du moins il renvoie, par le biais du Fou l’image qu’il a de Jésus
en lui disant « t’est un asile de Fous au complet ». Dans le monde
selon Fô il explique cela :
- « Si l’humanité n’avait pas en son
sein [un] bon pourcentage de fous, elle ne serait plus là depuis longtemps.
Quelqu’un comme le Christ qui bouleverse son époque en portant une parole
nouvelle et se fait tuer pour sa foi était fou, sans l’ombre d’un doute. Mais
le pauvre type qui toute sa vie poursuit un défi est fou aussi. Les artistes,
les inventeurs, les explorateurs de terres et d’idées, ceux qui osent changer
les règles, envoyer valser l’ordre constitué, le sens commun, les logiques
aristotéliciennes et tout le saint-frusquin ont été, sont et seront tous fous.»
Pour lui, Jésus était fou au même titre que tous les gens qui ont changé,
bouleversé, remis en question leur sociétés.
A ce juste titre, Dario Fô place encore une fois le
Christ dans le ( monde réel ) mais cette fois, il l’élève a un niveau
supérieur car il le considère comme le type de personnes qui révolutionne son
époque, de plus le dialogue entre le Fou ( pas si fou que ca) tient compte du
message christique sans le déformer « pas tous des
traitres » « même si il n’y en avait qu’un seul, oui, un seul
homme sur toute la terre, digne d’être sauvé, un seul juste, ton sacrifice ne
serait pas vain ? » Le fou qui
est donc quelqu’un de sensé selon Dario Fô mais un personnage absurde vu des
autres, donne un espoir en comprenant les paroles du Christ, lui qui le définit
comme un « saint », comprend sa valeur et le sacrifice du Christ, Le
Fou en ce sens porte la vérité en lui. Ce dialogue entre les deux protagonistes
devient alors plus profond, plus spirituel. Jésus montre que sa Foi se tourne
surtout vers les Hommes.
Finalement, Dario Fô dans le mystère La passion redonne un sérieux au
Christ, une maturité. Il le place tel le symbole de la connaissance juste, au
dessus des autres. Il appelle le soldat Frère, demande à Marie de rentrer a la
maison. Dans ce moment très solennel, Jésus est représenté comme une image pure
de lui-même, et concrétisant sa parole en étant compatissant, aimant, semblant
connaître la valeur de toute chose, en Bref, un homme sage ayant atteins la
béatitude. Dario Fô, pour la fin de la pièce lui redonne le statut de Précurseur
de la religion Chrétienne comme personnage assumant le rôle de Fils de Dieu
qu’on lui a attribué.
Finalement, Dari Fô décrédibilise encore l’ange
Gabriel comme ignorant de la vie terrestre, ridiculisant encore le monde de
l’haut delà et le Dieu des riches comme il l’appelle. Donnant de l’importance
en l’homme et en Jésus plutôt qu’en un personnage surnaturel.
En conclusion,
nous pouvons dire que le personnage du Christ et ses dires semblent être
transformés et ridiculisés au profit d’un personnage grossier au même plan que
tous les autres qui serait là pour faire rire le spectateur, mais l’on voit peu
à peu une évolution du personnage, Dario Fô le met au centre de la pièce et
explique que ce n’est pas la religion qu’il rend burlesque, mais l’utilisation
de l’Eglise (des riches) qui a fait de cette histoire du Christ une fable
surréelle et burlesque. Dario fô réanime cette histoire, lui redonne son but et
finalement fait du Christ le porte parole de Dario Fô dans la pièce, et Un
personnage respecté avec un message saint d’amour et de confiance en l’homme
qui est au service de la réflexion et non de l’ironie et de la moquerie.
Fin
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Un blog pour les élèves des options théâtre du Lycée Camille Sée à Colmar
jeudi 8 mai 2014
la Figure du Christ dans Mistero Buffo par Omaël André
Synthèse option facultative d'Hugo Kreyder
Carnet de bord : Le théâtre, plus qu’une simple matière,
un véritable plaisir
Mon premier contact avec le théâtre se fit quand j’étais au
CE2 (je devais avoir 9 ans). Notre professeur de l’époque nous avait donné un
livre contenant quatre petites pièces destinées à être lues par un jeune public
(dont je ne me rappelle malheureusement pas les noms), et dans notre cas, à
être joué. C’était vraiment une expérience mémorable pour nous tous, nous avons
pu découvrir les difficultés d’apprendre nos textes, de les jouer en petit
groupe puis devant un public (certaines personnes devaient apprendre à vaincre
leur trac), pourtant derrière ces contraintes apparentes, quelles joies nous
avons eues de nous retrouver tous ensemble, de nous sentir intégrés à une
troupe et quelle satisfaction ce fut lorsque nous parvenions enfin à maitriser
nos rôles ! La représentation finale fut vécue d’abord avec appréhension, puis avec un grand
soulagement ainsi qu’une immense fierté. Imaginez vous : toutes nos
familles étaient là pour nous admirer, nous écouter, ce fut vraiment un moment
inoubliable.
Malheureusement je me suis un peu éloigné du théâtre depuis,
en seconde, je n’ai pas eu la curiosité de tenter l’enseignement d’exploration,
probablement par timidité due à l’âge. Toujours est il que c’est durant cette
période que je me suis (re)découvert un goût et des facilités pour parler en
public. Plusieurs personnes me faisaient la remarque : « tu devrais
faire du théâtre », et, même si l’image qu’ils avaient de cet art était
caricaturale, j’ai décidé de les écouter et de m’inscrire à l’option
facultative durant mon année de première. Là j’ai eu la chance de tomber sur un
groupe très hétéroclite où j’ai pu doucement me trouver ma place. Certaines
personnes faisaient plus de 10 heures de théâtre par semaines, d’autres en
faisaient depuis des années tandis que certains se retrouvaient presque dans la
même situation que moi et n’avaient commencé qu’une année auparavant. Le thème
de l’année était le théâtre politique chez Bertolt Brecht, et pour sa dernière
année, monsieur Ficher (l’enseignant de l’année passée) voulait finir sur
quelque chose de grand : L’opéra de quatre sous ! Très vite nous
avons commencé à répéter les scènes et à les visionner, ce qui a fait que la
cohésion de groupe a été très forte très vite. Auprès de mes ainés, j’ai pu
progresser rapidement et découvrir ce qu’était réellement le théâtre. J’ai appris que le théâtre ce n’est pas
seulement connaître un texte et l’interpréter devant un public mais bien plus
que cela : cela nécessite d’entrer dans son personnage, que ce soit dans
ses répliques, ses intonations ou ses geste, il faut lui donner une forme, le
vivre et le faire vivre et ressentir au public, il doit y croire (malgré le
phénomène de distanciation mis en avant par Brecht) pour que le message soit
compris. Arrivés au jour J, l’accueil du public fut triomphal, et je
redécouvris ce plaisir d’être une partie d’un tout harmonieux et d’être
apprécié des foules (c’est assez égocentrique, je sais). C’est ainsi que je
m’engageai pour une deuxième année de théâtre.
Cette année de
terminale fut différente, tout en restant dans le théâtre politique, nous avons
étudié une manière tout à fait différente d’aborder ce dernier : fini le
donjuanesque gangster de Soho menant une vie s’opposant à la bourgeoisie
londonienne, désormais c’est au travers de moralités (ou mystères) du Moyen Age
réécrites par le dramaturge et prix Nobel de littérature italien Dario Fo ainsi
que de la figure du jongleur que nous avons découvert un théâtre populaire, où
acteur et scène ne forment qu’un, et qui tourne en dérisions les sujets de
sociétés pour pousser à la prise de conscience de cette condition tout en y
insufflant une part de « supportable » par l’emploi du burlesque.
Pourtant l’année n’avait pas débuté d’emblée avec cette
perspective, au départ nous avions fait beaucoup d’improvisations seuls ou en
groupe, à la fois pour nous découvrir les uns les autres mais également pour
établir les fondements de relation entre divers comédiens d’une troupe. Ce qui
a plutôt bien marché et qui était très plaisant, puisque l’improvisation
permettait de libérer notre imagination. A ce propos, c’est à ce moment que je
me suis rendu compte que je voyais ces trois heures de théâtre du mardi après
midi comme une véritable parenthèse dans la semaine de cours
« normaux », ce qui était plus qu’agréable. Cependant ces exercices
ont très vite été orientés vers la pièce, pour trouver des idées de placements,
gestes, intonations adéquates. Vint alors l’apprentissage du texte qui, bien
qu’entamé très tôt (environ début novembre), se révèlera être non seulement le
pari du groupe, mais aussi l’épée de Damoclès menaçant l’harmonie du groupe
ainsi que l’avancement de la mise en place du spectacle ; mystères bouffe
est composé de 12 mystères, dont nous avons choisi d’en jouer 8, s’ensuit une
divisions de la classe en plusieurs petits groupes, ce qui eu certes pour effet
de resserrer les liens à l’intérieur de ses groupes, au détriment des liens
tissés avec les autres personnes. Les problèmes de textes devinrent très vite
des obstacles majeurs pour l’avancement de la mise en scène, car dans chaque
petit groupe demeurait toujours une personne en retard par rapport aux autres.
Une des scènes les plus travaillées (d’ailleurs la première à avoir été
travaillée) est la moralité de la naissance du jongleur. Je mis bien longtemps
à en comprendre la raison : du succès de cette pièce dépendait le succès
de la pièce entière car tout était annoncé dans cette pièce : le rôle
véritable du jongleur, le sens des mystères, l’engagement politique de Dario,
passer à côté de cette scène reviendrait à laisser le spectateur livré à
lui-même pour le reste de la pièce.
Tout au long de l’année
nous avons travaillé sur une mise en scène d’un Mistero Buffo joué à plus de 20, ce qui fut un véritable défi
puisqu’initialement, en jongleur des temps modernes, Dario Fo s’adressait seul
à son public et créait un lien avec lui, tout en jouant les nombreux
personnages intervenant dans l’intrigue. Ici il fallait réussir à recréer cette
complicité malgré la multiplicité des acteurs, pour cela nous avons pensé à une
mise en scène en croix où le public serait des quatre côtés de la croix et les
acteurs en son centre, comme un jongleur se donnant au milieu d’une foire, les
acteurs ne jouant pas seraient contenus dans le public et réagiraient à
certains moment pour entretenir une proximité avec ce dernier et tenter de
l’inclure dans le jeu. Cependant l’idée de la croix se révéla bien difficile à
mettre en œuvre car compte tenu des situations des scènes, bien trop souvent
les acteurs tournaient le dos au public, on abandonna la croix, optant pour un
patchwork de tapis, cependant l’idée d’acteurs au milieu de la foule a été
conservée. Nous avons aussi pu assister à une représentation des 12 mystères
mis en scène par Chiara Villa. Bien que certains aspects furent intéressants,
comme le départ où les artistes circulent au milieu du public pour introduire
le premier mystère, ou alors la complexité du jeu à trois acteurs, nous ne nous
sommes que très peut servi de cette mise en scène qui dérangeait notre vision
en certains point : parmi les trois personnages, un seul sortait du lot et
faisait véritablement jongleur, tandis que les autres n’étaient que de
« simples » acteurs (le mot n’est pas à prendre péjorativement), de
plus, la scène de la naissance du jongleur, à laquelle nous accordions tant
d’importance (et moi plus encore vu que j’y ai un des rôles principaux) n’a pas
été jouée mais simplement racontée, or à nos yeux la naissance du jongleur ne
doit pas se savoir, elle doit se vivre tout comme son histoire. Mais cet aspect
sera plus développé dans l’approfondissement fait à ce sujet.
« A l’heure où j’écris ces dernières lignes, nous sommes
à moins d’une semaine de la représentation, le moment est venu pour nous de
prendre nos responsabilités et de donner le meilleur de nous même, car oui
c’est cela la raison même du théâtre, montrer ce qu’on a de meilleur, et le
donner aux autres. Bonne lecture »
mercredi 7 mai 2014
Mistero Buffo conduite pour le chant
Conduite de
Mistero Buffo de Dario Fo pour les musiciens
==> TARENTELLE pendant l’entrée des spectateurs et des
acteurs
La Naissance
du Jongleur.
(fin « le patron il faut le mettre en bouillie, en bouillie »)
==> BELLA CIAO 1ère fois instr- 6 couplets ( dernier couplet
reprise de la 2ème partie avec un ralenti) -
2 grilles aux guitares avec solo Lucas, thème bouche fermée.
Le
premier miracle de l’enfant Jésus
à partir de
P 60 : (fin In aeternum sans ton
cul ! Amen ! c’est la fin P68 !)
) ==> CHE COSE , COSA …solo par Marianne refrain tutti
Début refrain instrumental avant le
solo - 2 couplets
Les Noces de
Cana
jusqu’à « Je blasphème ? Non je ne blasphème pas. »
==> TARENTELLE
L’aveugle et
le boiteux
jusqu’à "Malheureux
dans le malheur. »
==> CHE COSE CHE COSA seulement
le REFRAIN 2 x - avec coda la 2ème fois.
La
résurrection de Lazare
jusqu’à
« O voleur Jésus bravo »
==> BERCEUSE ( instrumental 2x début au cello)- on s'arrête
avt les "ding dong" de la fin.
Marie vient
à savoir…mais moi, je ne pouvais pas imaginer que c’était
sa mère…à cet homme ! ( fin P145 !)
==> GUARDA CHE BIANCA LUNA solo de Pierre 2X
attention à
la reprise on ne fait pas les mesures d'introduction
Le jeu du
fou au pied de la croix
jusqu’à « Dehors ! battez les, fouettez-les,
rossez-les, tous ! » p155
==> TARENTELLE
La Passion
jusqu’à
« entrer en foule au paradis. »
==> GOSPEL Michael
row the boat ashore Alleluia
3X tjrs plus déjanté, les instrumentistes gardent bien le tempo ,
seules les voix délirent et Lucas improvise.
dimanche 4 mai 2014
répétitions pour Mistero Buffo
Nous avons une semaine pour mettre au point Mistero Buffo. J'espère que les textes sont sus et que, comme des jongleurs, vous allez pouvoir jouer avec vos partenaires et avec le public.
Pour les répétitions, voici le planning suivant:
Lundi 5 mai soir après les cours: répétition des chansons pour ceux qui le peuvent avec l'ensemble instrumental
Mardi après-midi dès 14h 45. Ceux qui sont libres avant viennent nous aider à installer l'espace.
Mercredi répétition dès 8h et jusqu'à nécessaire: nous ferons un planning précis compte tenu des impossibilités de quelques uns.
Jeudi repos si tout va bien, sinon possibilité de travailler encore chez moi, 32 rue du Stauffen
Vendredi: première représentation 14h , deuxième 20h15
Ce qu'il faut apporter:
-Un tapis si vous en avez un pour faire le patchwork de tapis au sol et des coussins.
-Les costumes confortables: pantalons, jupes , hauts de couleur entre le beige et le rouge foncé; couleurs terre essentiellement.J'ai trouvé de belles ailes pour l'ange de Soleanne.
-Votre énergie et votre sourire.
Pierre, ne t'inquiète pas pour la croix. Nous la symboliserons avec un baton de bambou. s'il en faut vraiment une, nous la fabriquerons le jeudi férié.
Faites passer le mot à ceux qui ne lisent pasl eblog.
Le théâtre de Dario Fo c'est que du bonheur à envoyer au public. Il doit le réveiller,lui donner envie de parler à son tour et de se libérer de ce qui l'opprime.
Un mémoire sur Mistero Buffo
http://www.archivio.francarame.it/file/TESI/2000/TEST/026643/026643-001.pdf
Le mémoire est fourni mais certaines pages peuvent peut-être vous servir.
Le mémoire est fourni mais certaines pages peuvent peut-être vous servir.
samedi 3 mai 2014
"Luc" à Fislis
Bravo à Lionel et Quentin d'avoir mis en oeuvre leur projet théâtral intitulé Luc. La valeur n'attend pas le nombre des années!
Bon vent à la toute nouvelle troupe.
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