lundi 25 mars 2019

dimanche 24 mars 2019

Très bel article sur Cortège(S) et site de l'expo Soulèvements

Article de geneviève Charras dont vous pouvez vous inspirer.

La pièce doit sa naissance comme je vous l'ai dit à une exposition de l'historien d'art GEorge Didi Huberman  intitulée Soulèvements dont voici le site

samedi 23 mars 2019

Pierre-André Weitz, chorégraphe d'espaces

Scénographe d'Olivier Py


Pierre-André Weitz

Etudes et débuts : études de trompette avant d’entrer au Conservatoire de Strasbourg, section Art Lyrique ; études à l’École d’architecture de Strasbourg (diplôme d’architecte D.P.L.G). Il signe son premier spectacle, décor et costumes, à 18 ans (George Dandin de Molière, au Théâtre du Peuple de Bussang).
Réalisations : il collabore depuis 1990 aux spectacles d’Olivier Py : Les Aventures de Paco Goliard, Les Drôles d’Elizabeth Mazev, La Servante, Nous les héros de Jean-Luc Lagarce, Le Visage d’Orphée, La Jeune fille, le diable et le moulin et L’eau de la vie, Requiem pour Srebrenica, L’Apocalypse joyeuse, Le Soulier de satin de Claudel, Les Vainqueurs, Illusions comiques, A Cry from heaven de Vincent Woods à l’Abbey Theatre, Dublin, L’Orestie et la trilogie d’Eschyle (Les Sept contre Thèbes, Les Suppliantes, Les Perses), Roméo et Juliette, Die Sonne, Orlando ou l’impatience, Le Roi Lear, Hacia la Alegria.... Il travaille également avec Jean-Michel Rabeux pour Arlequin poli par l’amour de Marivaux, L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer de Copi, Déshabillages de Jean-Michel Rabeux, Feu l’amour (trois pièces de Feydeau), Le Sang des Atrides d’après Eschyle, et Emmène-moi au bout du monde !... de Blaise Cendrars.
Il signe les décors et les costumes des opéras mis en scène par Olivier Py : Le Freischütz, Les Contes d’Hoffmann, La Damnation de Faust, Le Vase de parfums de Suzanne Giraud, Tristan et Isolde, Tannhäuser, Curlew River, Idoménée, Lulu, Roméo et Juliette, Mathis der Maler, Les Huguenots, Hamlet, Le Trouvère, Dialogues des carmélites, Ariane et Barbe-Bleue, Alceste, Pénélope, Le Vaisseau fantôme ; Carmen et Claude à l’Opéra de Lyon... ; ainsi que La Cenerentola, mise en scène par Claude Buchvald, Otello mis en scène par Michel Raskine (Opéra de Lyon, 2003), La Voix humaine avec Mireille Delunsch à l’Opéra de Bordeaux, L’Enfant et la Nuit de Franck Villard à Nantes et Angers, Orphée et Eurydice de Gluck avec Ivan Alexandre... Il met en scène et crée les décors et costumes des Chevaliers de la table ronde (Hervé) à Bordeaux en novembre 2015 et à la Fenice de Venise en février 2016.
Divers : Il enseigne la scénographie à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Jeudi 25 avril 19h Les Mots qu'on ne dit pas.

Présentation video du spectacle

Retours sur Rapport sur Moi à faire pour jeudi

Je rappelle que je vous demande de développer les axes suivants et de m'envoyer votre réflexion:

- une expérience de théâtre-concert où le théâtre prend la main sur la musique: comment ? par quels procédés? quel effet ce la produit? quelle relation entre texte autobiographique et musique proposée?

-Qu'est-ce que le spectacle vous apprend sur la façon de théâtraliser un monologue- Rapport sur moi, le livre est une autofiction-, comparer avec d'autres solo: Lenz, le Poisson Combattant.

- Commentez le code de jeu choisi: le décrire pour les différents acteurs et dire ce que vous en pensez? avez-vous déjà assister à un spectacle de ce genre, avec un tel code de jeu?

- Montrez que le spectacle travaille constamment sur les décalages,les reprises, la déconstruction de ce qui a été posé, qu'il intègre le théâtre entrain de se faire sous nos yeux, des effets de distanciation.

Formulez une appréciation motivée de la représentation et les questions que vous aimeriez poer au metteur en scène.

Commencez par réfléchir et par formuler ce que vous pensez, lisez aussi les articles que je vous donne pour aller plus loin dans la réflexion. apprenez à utiliser des lectures pour creuser vos pensées.

Le lego de Pierre André Weitz: scénographie d'Illusions Comiques



 Scénographie de Pierre André Weitz : le lego de Pierre André Weitz

 Si priorité à la Parole, pourquoi pas tréteaux nus ? cf Copeau ou Brook " S’il y a un décor, l’espace n’est pas vide, il est encombré, même s’il s’agit d’éléments de grande beauté. Dans ce cas, l’esprit du spectateur est lui aussi déjà meublé. » qchose de superflu et qui renvoie au théâtre bourgeois.

Py renonce au décor en utilisant le décor. Il peut contenir lui aussi une parole cf définition 34 cf règles d’or de Craig : « Toutes choses naissent du mouvement » in De l’art du théâtre. Les déplacements précis et fluides ne concernent pas que les comédiens. Lignes verticales et horizontales de néons qui dessinent et sculptent l’espace ou aux filtres jaunes, rouges et bleus qui transforment l’atmosphère.

Ampoules fixées aux praticables et tubes de néons montants et descendants des cintres : associer dans un même mouvement la transformation scénographique et le changement d’éclairage: «  chorégraphe d’espace selon Weitz pour bien dissocier de la pratique statique que peut connoter le mot scénographie ; cf Brook : "contrairement au peintre de chevalet qui manie deux dimensions, ou au sculpteur qui en dispose de trois, le décorateur pense avec une quatrième dimension : le temps. Il voit, non pas l’image d’une scène mais l’image d’une scène en mouvement. »
Mais répétitions ont lieu d’emblée dans les décors définitifs dont les acteurs doivent s’approprier le mouvement, praticables sur roulettes : l’espace devient temps, mouvements qui anticipent sur les scènes et mordent sur les paroles des acteurs.
D’où significations des mouvements : exemples: gauche et droite pour la lecture des journaux, ascension pour l’élévation du poète etc, personnage nouveau avec portes créées pour lui par une ouverture des praticables : mère du poète, jeune fanatique élan côté cour incontrôlable p27 + augmentation de volume d’éclairage comme dans une scène de cabaret pour l’entrée d’un numéro.
Autre ex : Balazuc joue Dieu dans le public «  comme un metteur en scène après une mauvaise générale » et c’est quand il dit « je veux m’incarner » qu’il gravit les marches qui lui permettent de monter sur scène. Economie de moyens limpide.

Ex de parole de la matière qui soit à l’unisson de la parole du personnage avec la longue tirade de Girard sur la tragédie : filtre rouge sur le néon, le tragédien pense ne rouge (maquillage qu’a fait aussi Weitz, toge rouge et néon rouge du fond de scène : harmonie entre texte et scéno.

Attention extrême de Py et Weitz à ce qu’ils appellent un « continuum », mystérieuse et profonde unité entre tous les éléments disparates d’un spectacle, Weitz parle de jeu de « correspondances » au sens baudelairien du terme.
«  un continuum qui va de l’ourlet d’une robe jusqu’au mur le plus monumental. Si l’on installe un continuum, c’est lui qui va penser ».

Meilleur gage de continuité=tout construire avec les mêmes matériaux et les mêmes formes de départ. Module de base transformé ensuite, différents niveaux, déplacements qui permettent un jeu avec les hauteurs et les lignes, d’où le terme de Lego : dimension ludique et familiarité, créer peu à peu une œuvre, pièces après pièces. Traits caractéristiques du théâtre de Py au premier coup d’œil.

Ethique et souci pratique en même temps que préoccupation esthétique : recyclage des décors, agencement différents des mêmes modules, moindres frais : fidélité à un univers visuel, prise en compte de la dimension provisoire et éphémère d’un spectacle et résistance discrète à la société de consommation. A Bussang Weitz avait appris à ne rien jeter, même les petits bouts de fil. Sens aigu de l’argent public dont bénéficient les CDN de Py. Le même bois a connu peint et repeint différentes pièces de l’univers de Py : éphémère est le contraire de jetable.

Cf Weitz qui cite Le capitaine Fracasse de Gautier roman du théâtre de tréteaux dont les héros ont leurs costumes et décors pour seul trésor !

la question du père dans Illusions Comiques



La question du père dans illusions comiques
Père ressuscité, père défiguré

Définitions du théâtre: «  évangile des enfants sans père », « un fleuve qui remonte à sa source »
Pour l’orphelin le retour du père est la bonne nouvelle.
Génération de PY, d’après mai 68 : sans père, l’enfant est-il  abandonné ou libéré ? Allégé ou exilé du sens, écrasé par l’effroi de la perte ou exalté par l’ivresse de la quête ?

Fils aux prises avec un père dans l’œuvre de PY
Maman envahissante, mon père, quelques apparitions qui ponctuent la couse folle de Moi-Même P67,78,101 
Pas présent à l’acte 1 sauf pape, nom qui signifie père et qui l’appelle « mon fils », n’entre en scène acte II que pour renier son descendant et mettre en cause la filiation : «  Tu nous as couvert de honte !  Et d’ailleurs il m’est venu une idée, tu ne peux pas être mon fils. Il coule dans mes veines un honneur que tu ne soupçonnes pas.…P67 souvenir du Cid, Don Diègue de de Don Louis du Dom Juan de Molière

Temps du procès et prison : visite du père : cadre du praticable devient cellule comme il a été coulisse et confiserie, poète en costume de bagnard à rayures cf Dalton ou Brother des frères Cohen ;
Père change lui d’état civil »je ne veux plus de ce nom qui nous relie » : casquette de cuir sur la tête = Brecht :  «  c’est un nom qui a fait ses preuves »

Acte III dernière apparition : retrouvailles avec le fils, reprise du patronyme : comédie tjrs réconciliation au dénouement : «  Quand tu écrivais dans ce cahier bleu, j’étais fier de toi. Si tu redeviens cet enfant au dos un peu voûté sur son ouvrage alors je pense que mon nom ne me fera plus peur. » P101

A rapprocher d’Orlando, autre pièce de Py
Père théâtral = image brouillée du père céleste, « sale gueule » plus que sainte Face, nombreux pères bourreaux
Peut-on aimer son père ? et si oui comment ?: avec le père se joue la relation au passé, à l’héritage, à l’autorité, à Dieu : enjeu politique quand votre père est dictateur dans Les vainqueurs, qu’il a torturé en Algérie comme dans l’Exaltation du labyrinthe, ou qu’il est ancien Mao devenu milliardaire dans Les Enfants de saturne, enjeu moral et humain quand il vous a battu à coups de ceinture ou violé rendant l’idée de pardon ou de miséricorde insupportable comme dans jeunesse, enjeu spirituel aussi car cette même violence rend l’affirmation d’un Dieu père inaudible.

Génération 68 : le rapport avec le père est assez violent. Il y en a un qui le prostitue, un autre veut le sauter, un troisième veut l’assassiner…Enfin c’est le rapport que ma génération a eu avec les soixante huitards ! la génération de 68 débute en voulant tuer le père puis continue en cherchant à tuer le fils. Elle refuse absolument d’être père, c’est normal, c’est leur histoire. » dans les Inrocck. A propos d’orlando

Cf amputation par les pères des mains des enfants, castration détournée mais pas seulement : mains clouées du Christ, mains coupées qui témoignent de la violence paternelle cf la jeune fille le diable et le moulin, condamner les fils à l’impuissance.
A opposer aux mains offertes, signe d’un refus de toute maîtrise, de toute mainmise, emerveillement renouvelé devant les mains acquises cf fin de La jeune fille…
Fécondité paradoxale des blessures et des mutilations.
Révolte à rebours du fils contre le père cynique : «  les pères salissent les fils, mais les fils sauvent les pères » in Exaltation… rédemption inversée ?

Importance dans l’œuvre de Py de Les aventures de Paco Goliard, sa première pièce.
« le rapport au père est l’un de mes sujets fondateurs » programme d’orlando
Père joué par  Bruno Sermonne, père théâtral à qui Py rend hommage, mort en novembre 2013 laissant «  deux générations d’orphelins de sa parole »

La première scène entre un père et son fils est une scène de reconnaissance et d’embrassade.Retour du père porté disparu. Père qui sait se montrer fils : entend la voix qui l’appelle, africaine, voix maternelle : » un coup de tonnerre/c’est ce qu’il faut, mon fils/pour s »arracher de la base !/pour être décroché du repère/et noyé dans la joie. » Paco Goliard.
La mort du père n’est plus révolte prométhéenne mais nouveau confort intellectuel.
Œuvre de Py commence donc par cette résurrection théâtrale du père, tourner la page du XXème siècle, ressassement du meurtre du père qui avait ouvert le XIXème siècle cf Orion dans Apocalypse Joyeuse pas se laisser dicter sa conduite par « le siècle dernier, celui des drapeaux, des marteaux, des épées qui a fatigué les mains de l’humanité ». différent pour Py le père n’est pas mort, il s’est régénéré à la source africaine et il a à nouveau une parole à offrir à son fils » révélation d’une vie héroïque et brutale » (…°)
«  Tout homme qui jouit d'un récit avoue qu’il n’a pas perdu la foi en la Providence "  Py préface de l’Apocalypse joyeuse à la face de ceux qui ont réduit la scène à un lieu d’inanités muettes cf Beckett ;
Importance de la voix du père, scène où le fils tète le père : y-t-il quelque chose à boire dans la tétée paternelle ? une présence, pas une certitude sauf celle que le père existe.
Le théâtre, Hamlet en sait quelque chose, est le lieu où le père peut encore apparaître, parce que c’est un lieu vertical .
Le théâtre se souvient du père, lui rend hommage et l’attend .
Dédicace de la Servante : « A mon père, nous les chasseurs »
Dans la suite de l’œuvre, image du père moins positive.
Py aime jouer avec la paronomase : fils ( tissu) fils enfant cf « L’incantation est incarnation à une lettre près » Chez Py tout père porte donc avec lui l’histoire sanglante du XXème siècle.

mercredi 13 mars 2019

1ères: Petit Chaperon Rouge: sujet de type 1


Sujet type 1
Vous mettez en scène Le Petit chaperon rouge de Joël Pommerat et vous vous interrogez sur le traitement scénique du personnage du petit chaperon rouge. Votre assistant vous propose six documents pour stimuler votre créativité.
1.      DOc.A Photo du film : Elle a vu les loups avec Laetitia Casta
2.     DOc.B  Mother and Girl, peinture
3.    DOC C   Peinture de Loup Pelissier
4.      DOc D Photo intitulée « la dépression »
5      DOCE   Peinture : Grand-mère et Petite fille
6        DOcF Photo : Petite Fille dans les bois 

Dans une première partie, vous ferez une lecture dramaturgique du personnage du petit chaperon rouge dans la pièce.
Dans une deuxième partie, vous analyserez les documents proposés pour dégager les
pistes de représentation qu’ils peuvent suggérer.
Dans une dernière partie, vous choisirez un ou plusieurs documents pour concevoir
votre propre  représentation du petit chaperon rouge et guider concrètement le travail de la comédienne qui l’interprétera. Vous préciserez : la distribution, l’aspect physique,  le costume,  le code jeu  préconisés (gestuelle, déplacements, diction, etc.).
L’ensemble de votre travail devra se référer précisément au texte de Pommerat.





lundi 11 mars 2019