dimanche 12 septembre 2021

Soulier de satin: la légende de la tisserande et du bouvier


 Parmi les sources du Soulier figure une légende très populaire en Chine:

La Tisserande est la fille de l’Empereur céleste et la petite-fille de l’Impératrice douairière céleste. Elle habite du côté Est du Fleuve argenté et travaille tous les jours sur son métier à tisser. De l’autre côté du Fleuve, vit un jeune bouvier, orphelin, pauvre et maltraité par son frère aîné.

Un jour le vieux bœuf, unique compagnon du Bouvier, lui dit que la Tisserande et ses amies vont se baigner dans le Fleuve, qu’il pourra enlever les habits de la Tisserande et lui demander sa main. Le Bouvier fait ce que le bœuf lui a dit et épouse la Tisserande. Ils mènent une vie heureuse. Le mari laboure et cultive, la femme tisse et tient le ménage. Ils ont un fils et une fille.

L’Empereur et l’Impératrice douairière du ciel se rendent compte de cette liaison, jugée illégitime selon le règlement céleste. Très en colère, ils ordonnent de ramener la Tisserande et de l’enfermer dans le Palais du ciel pour la punir.

Le Bouvier, part aussitôt à la recherche sa femme enlevée, mettant ses deux enfants dans des paniers, qu’il porte sur l’épaule, attachés avec des cordes aux deux bouts d’une palanche de bambou. Il va jusqu’au lieu où se trouve le Fleuve argenté, qui est déjà monté au ciel sous l’ordre de la cour céleste pour devenir un fleuve du ciel. Le Bouvier rentre chez lui désespéré.

Le bœuf agonisant encourage le Bouvier, il le prie de l’écorcher après sa mort et de porter sa peau qui lui permettra de monter au ciel. Le Bouvier suit le conseil et monte tout en haut du ciel avec ses enfants, Or à peine atteint-il le bord du Fleuve céleste, que la main de l’Impératrice douairière s’avance, qui fait un trait avec son épingle en jade, le long du courant d’eau. Tout d’un coup, la petite rivière limpide et tranquille est devenue un large fleuve bouillonnant...

Depuis, le Bouvier et la Tisserande sont séparés par le Fleuve infranchissable, chacun restant de son côté. Ils se lancent mutuellement des appels sans arriver à se rejoindre.

L’Impératrice douairière, finalement touchée par cet amour inébranlable, consent à leur permettre de se rencontrer une fois par an. C’est au soir du 7e jour du 7e mois selon le calendrier lunaire. À leur rencontre annuelle, toutes les pies sur la Terre disparaissent. Elles s’envolent vers la Voie lactée et forment sur ce Fleuve céleste, de leurs petits corps rapprochés et de leurs ailes battantes, un pont sur lequel les deux amoureux passent pour se rejoindre. Leur amour reste immortellement jeune et éternellement fidèle.

 La fête des deux étoiles et la carte des astres

Le 7e jour de la 7e lune devient donc chez les Chinois la fête du Bouvier et de la Tisserande. Même aujourd’hui, on la célèbre encore avec plus ou moins d’éclat. À cette occasion, les jeunes filles prient la Tisserande en lui demandant de leur accorder ses talents aux travaux féminins (filer, tisser, broder, coudre) et enfilent des aiguilles au clair de la lune. C’est ainsi que cette fête est couramment appelée Qiqiao (demande de l’habileté)9.

On dit que longtemps après, le Bouvier et la Tisserande sont devenus deux étoiles très brillantes.

 La ressemblance entre Le Soulier de satin et la légende chinoise

L’action principale du Soulier de satin reste dans la même structure que celle de la légende chinoise au sujet des deux amants stellaires.

1. La séparation des amants à une grande distance et pendant une longue durée

 

Le théâtre de Claudel et la légende chinoise présentent, tous les deux, deux amants séparés par une grande distance.

Dans Le Soulier de satin il s’agit des océans. Pour le Bouvier et la Tisserande, cette distance est symbolisée par une large rivière du ciel.

Dans la mythologie chinoise, le Fleuve céleste, correspondant à la Voie lactée, demeure un courant d’eau infranchissable aux mortels. Ici ce n’est pas la distance qui compte. Les Chinois ne considéraient pas, dans leur imagination, la Voie lactée comme un phénomène astronomique, mais comme un symbole d’obstacle infranchissable et de séparation irrémédiable.

Image plus littéraire et légendaire que spatiale et scientifique, le Fleuve céleste qui sépare les deux amants représente, sinon une distance, du moins un obstacle surnaturel. La distance comptée par année-lumière ne signifie pas grand-chose dans l’imagination des Chinois d’hier. Ce qui est important, c’est le mot « céleste » : un « Fleuve du Ciel » ne peut jamais être traversé par un mortel. Une fois le fleuve transporté dans le ciel, il n’est plus le même, car il quitte le monde des hommes pour aller vers le monde du divin.

Cette séparation est aussi d’une durée extrêmement longue, et presque étemelle.

Dans Le Soulier de satin la lettre de Prouhèze met plus de dix ans à arriver à son destinataire. Après une seule rencontre dramatique sur le pont du vaisseau-amiral du vice-roi, 

 c’est la séparation étemelle : Prouhèze se sacrifie pour la cause de Dieu, tandis que Rodrigue va se consacrer à la même cause en vivant avec la fille de son amante.

Dans la légende chinoise, le Bouvier et la Tisserande doivent attendre 365 jours pour leur rencontre annuelle sur le pont – c’est aussi sur un pont – des ailes des pies.

2. La contradiction entre le désir humain et l’interdiction divine

Dans l’un comme dans l’autre cas, règne une contradiction, un désaccord entre les désirs humains de l’amour, du bonheur, de l’aisance et l’injonction d’un impératif fort, impératif divin et céleste.

Dans la légende chinoise, l’injonction se traduit par l’interdit des dieux ; dans la pièce de Claudel, elle est, au contraire, l’appel de Dieu.

Dans l’histoire du Bouvier et de la Tisserande, on voit la volonté des dieux représentée par l’Empereur et sa mère qui juge illégal l’amour entre un homme et une immortelle. C’est cette volonté divine qui condamne, à dessein de maintenir l’ordre normal de l’univers, ces deux amants à une séparation pénible et une attente douloureuse. C’est aussi cette volonté divine qui fournit au Fleuve argenté sa largeur : la main de l’Impératrice douairière fait, d’un trait avec l’épingle, du petit courant d’eau tranquille un immense fleuve bouillonnant, elle le fait devenir définitivement l’obstacle infranchissable.

Dans Le Soulier de satin on voit une autre intervention fatale. Avant qu’elle ne fonctionne, il n’existe pas d’obstacle assez efficace pour empêcher la rencontre des amants et l’accomplissement de leur amour : malgré la largeur des océans, Rodrigue peut, comme une navette habile glissant entre les trames sur le métier, traverser les eaux en bateau sans grande difficulté, de l’Espagne en Afrique, de l’Amérique en Europe.

Une lettre que son amie avait envoyée dix ans auparavant peut le faire venir auprès d’elle en traversant tout l’océan...

Mais la volonté de Dieu empêche Prouhèze de faire sa promesse à Rodrigue et celui-ci de prononcer « un mot » à son amie :

·       

Le Vice-Roi. – Fais-moi seulement cette promesse et moi je garderai la mienne.
Dona Prouhèze. – Je ne suis pas capable de promesse.
Le Vice-Roi. – Je suis le maître encore ! Si je veux, je peux t’empêcher de partir.
Dona Prouhèze. – Est-ce que tu crois vraiment que tu peux m’empêcher de partir ?
Le Vice-Roi. – Oui, je peux t’empêcher de partir.
Dona Prouhèze. – Tu le crois ? eh bien, dis seulement un mot et je reste. Je le jure, dis seulement un mot, je reste. Il n’y a pas besoin de violence
10.

À la volonté de Dieu, Rodrigue « baisse la tête et pleure » et Prouhèze se laisse prendre et emporter pour s’éloigner de son aimé.

3. Le dénouement tragique, avec un espoir lumineux

 

Avec le dénouement tragique, dans les deux cas, les spectateurs, auditeurs et lecteurs peuvent concevoir un petit espoir lumineux.

Le Bouvier et la Tisserande peuvent malgré tout se rejoindre une nuit par an. Au pont des ailes de pies, à cette rencontre nocturne du 7 de la 7e lune, le peuple chinois a confié combien de sympathie, de souhait et d’espoir ! Sympathie pour leurs malheurs, souhait pour leur amour fatal, espoir pour que tous les amoureux sur la terre puissent éviter le destin de ces deux amants stellaires.

Dans Le Soulier de satin, Sept-Épées, fille de Prouhèze, rejoint finalement son amant Jean d’Autriche, ce qui veut dire que la génération suivante trouve enfin l’amour et le bonheur. La mort de la mère et l’esclavage du père spirituel n’empêchent pas la jeune fille de continuer avec son futur mari la cause inachevée des parents.

Les différences entre les deux cas

Claudel n’avait pas l’intention d’écrire une histoire orientale, mais une pièce de théâtre de sacrifice au sens catholique. La légende du Bouvier et de la Tisserande, si forte qu’elle sollicite l’imagination de Claudel du fait de sa portée universelle, n’arrive pas à pénétrer dans l’idée principale du Soulier de satin. Les différences entre la légende chinoise et le drame français sont donc plus évidentes que leurs analogies. Voyons comment Claudel est influencé par cette légende tout en se gardant de lui emprunter trop.

1. Le monde de Dieu ou le monde terrestre ?

La Tisserande, qu’elle y soit consentante ou contrainte, cherche une vie terrestre, un amour humain, qui lui semblent préférables à la vie austère mais solitaire dans le ciel.

Quant au Bouvier, il est pauvre, mais jeune, laborieux et brave, on dirait une incarnation de la vertu traditionnelle. Leur amour traduit en effet le meilleur souhait ou l’idéal utopique du peuple chinois.

Quand l’ordre céleste interdit cette liaison considérée comme illégitime entre un être humain et une immortelle, cela suscite toujours une réaction de griefs et d’hostilité chez les lecteurs ou auditeurs chinois. En effet, selon le critère moral des Chinois, il est évident que la séparation forcée des deux amants des deux côtés de la Voie lactée est un châtiment injuste, et que l’Empereur et l’Impératrice douairière célestes prennent figure de tyrans.

Dans Le Soulier de satin c’est autre chose. Bien que Rodrigue et Prouhèze s’aiment beaucoup, ils ont chacun une tâche différente qui les appelle. Rodrigue veut conquérir la terre et élargir le monde, ce qui lui semble nécessaire pour l’Espagne catholique ; tandis que Prouhèze a pour tâche la conquête des âmes, la délivrance des captifs spirituels.

Ici, on ne voit presque rien de semblable entre les caractères de la Tisserande et de Prouhèze quand elles choisissent leur avenir. La Tisserande abandonne une vie céleste qui doit être confortable et oisive, pour devenir l’épouse d’un pauvre bouvier et travailler de ses propres mains. Prouhèze abandonne une vie tranquille dans un monde paisible pour se donner à Dieu. Rodrigue lui-même se contente aussi d’être privé du bonheur humain pour se consacrer à la tâche dure de donner forme à un nouveau monde.

 

2. La lutte intérieure ou un interdit extérieur ?

Le Bouvier et la Tisserande sont d’accord sur leur vie conjugale, qu’ils trouvent heureuse. L’inégalité conventionnelle de leurs statuts sociaux ne pose aucun problème sentimental à leur union.

La seule intervention vient du Ciel. La cour impériale du Ciel est si puissante qu’elle s’occupe de toutes les affaires etde tous les mondes : céleste, terrestre, infernal. Le Bouvier et la Tisserande ne peuvent échapper à cette force d’intervention surhumaine. Selon la conception chinoise de l’ordre universel, le destin tragique des deux amants est inévitable puisqu’ils agissent contre les préceptes établis par le Palais du Ciel.

Dans Le Soulier de satin la décision de se séparer est prise par les héros amoureux du plus profond d’eux-mêmes. La séparation volontaire ou consentie est le résultat d’une lutte intérieure extrêmement longue, violente et douloureuse.

Au début du drame, Prouhèze « essaye de rejoindre son amant, mais c’est avec une aile rognée »11, puisqu’elle donne déjà un de ses souliers de satin à la Sainte Vierge. Elle est partie à la poursuite de Rodrigue, tout en mettant la responsabilité de son action dans la main de Dieu.

Dans le château de Rodrigue où il reste au lit sans connaissance, Prouhèze demeure tout près de lui, mais sans jamais le voir. Quand son mari lui confie la lourde tâche de « garder cette place perdue entre la mer et le sable », elle « accepte » après un moment d’hésitation pour « réfléchir ». Elle écrit : « Je reste » à Rodrigue qui, plus tard, vient la chercher dans la forteresse de Mogador pour la prendre.

Quand son mari meurt et qu’elle est désespérée de se trouver toute seule dans les mains d’un renégat, elle lance à la mer la lettre demandant du secours. Mais la lettre met dix ans à parvenir à sa destination. Qui sait combien de temps elle lutte intérieurement pendant ces dix ans ? Qui sait à quel point ce conflit intérieur lui cause de souffrances ?

Quand dix ans après, Rodrigue arrive pour sauver son amante, il est trop tard : elle est déjà sauvée, autrement dit, elle est déjà sacrifiée. Rodrigue est contraint de choisir comme Prouhèze, choisir un sacrifice grandiose : la séparation étemelle. Prouhèze va mourir, tandis que Rodrigue lui promet de garder son enfant.

L’appel de Dieu n’est-il pas un appel extérieur ? Un appel n’est-il pas toujours lancé de l’extérieur ? On aurait pu le dire. Mais sans atteindre les cœurs humains, l’appel divin n’aurait servi à rien. Quand cet appel pénètre l’âme profonde de nos héros et que leurs cœurs en sont touchés, ils deviennent des héros combattants. Cependant leurs champs de bataille ressemblent plutôt à une balance des poids : d’un côté, il y a la passion, le plaisir, le bonheur du monde ; de l’autre, il y a la conquête de l’âme, la Rédemption, l’Esprit suprême...

3. La séparation volontaire ou forcée ?

 

Après la lutte intérieure, la balance penche vers le côté spirituel qui pèse généralement plus lourd que le côté matériel. À travers la lutte au fond du cœur, l’appel de Dieu devient la propre volonté des héros.

Prouhèze et Rodrigue choisissent, l’un après l’autre, volontairement, la séparation étemelle.

Contrairement au cas de la légende chinoise, où la séparation du Bouvier et de la Tisserande est obligatoirement imposée, la Lumière de Dieu pénètre doucement, non sans causer des souffrances, dans les cœurs de Prouhèze et de Rodrigue.

Quant à la séparation, Claudel utilise dans cette pièce de théâtre une série d’images pour nous en donner des métaphores. Rappelons que la séparation étemelle dans ce monde-ci n’est, aux yeux de nos héros, que la condition unique pour aller dans l’autre monde, un monde d’éternité et d’infinité. Leur renoncement à l’amour doux sur la terre a pour seul but de goûter la béatitude suave de Dieu dans la pleine lumière de l’Éternité.

Extrait de l'article: la Chine dans le Soulier de satin

vendredi 10 septembre 2021

2nde option fac: séance de rencontre du mercredi 8 septembre

 

Accueillir l'autre et accepter le regard de l'autre sur soi : la base.

"Il y a théâtre dès qu’un homme traverse l’espace et qu’un autre le regarde." ( Brook)


-Séance de prise de contact et de découverte du groupe.

-En cercle, chauffer le corps en le frottant, rotations de la tête, folie qui gagne à partir d’un endroit du corps.


-Apprendre rapidement à identifier les personnes qui composent le groupe: jeux des prénoms en cercle: 1.e prénom est projeté dans l'espace comme une balle. 2. On dit son prénom et on accompagne sa présentation d’un geste,  3.On écrit son prénom dans l'espace du cercle avec tout son corps.

- Associer le prénom à un surnom qui rime pour retenir le prénom par association d'idées.

- On échange des balles en s'appelant par le prénom:  Si la balle tombe au sol, tout le groupe meurt dans d'atroces souffrances, donc s'assurer par le regard que celui à qui on lance la balle est prêt à le recevoir.( efficacité de l’adresse : concept fondamental)


-Marche neutre: découverte de l'espace. Position de théâtre neutre.  Occupation de l'espace, s'y orienter en tenant compte de la présence des autres.

Exercice de cohésion de groupe comptage jusqu'à 20. Chaque fois que deux personnes parlent en même temps, on recommence.

Informations diverses :

tenues décontractées adaptées aux exercices physiques et pouvant se salir.

Nécessité de tenir un carnet de bord: journal de création qui rend compte de ce que l'on fait , d'à quoi servent les exercices, de comment on les perçoit, de ce que l'on apprend en regardant les autres. Noter aussi les connaissances sur le théâtre que les intervenants et professeurs dispensent dans la séance.

Abonnements aux deux théâtre Comédie de l'Est et salle Europe. distribution de la plaquette de la CDC. spectacles en dehors du temps scolaire. il faudra s'organiser.

Deux projets dans l'année 1. avec l'actrice et metteuse en scène Emilie Wiest: texte Normalito de Pauline Saales ( à acquérir très vite)

2; Théâtre forum avec l'actrice Nancy Guyon.

Entrer dans le projet Normalito: 

Exercice: venir au plateau à quatre et ne rien faire, pour ce qui regarde reproduire l'attitude de l'un des participants de telle sorte qu'on le reconnaisse.


Discussion sur la normalité


Répliques : entrée, profération, sortie. Commentaires.

1. Chacun devait inventer un superhéros alors moi j’ai choisi Normalito

2. Bien sûr que si.

3. J’arrivais pas à répondre mais je savais que je me trompais pas.

4. J’ai compris, il faut pas la ramener.

5. Quand tu es normal et que tu réussis pas quelque chose, c’est juste que tu ne t’en donnes pas les moyens.

6. C’est toi le problème.

7. Souvent, dans les toilettes, on a des révélations parce qu’on a le temps de réfléchir.

8. Moi je suis normal parce que je n’ai aucun don particulier, ni physique ni autre.

9. J’ai un sexe d’homme. Pour l’instant il fait quatre centimètres, et encore, il faut que je tire dessus.

10. Vu que les hommes ont été insupportables avec les filles pendant des siècles, ça me rend potentiellement menaçant.

11. En fait, moi je dis, normal, c’est pas une vie, on profite de rien et on s’excuse de tout.

12. Elle adorerait que je sois le meilleur à la flûte à bec ou au poney.

13. Ma mère, j’l’étonne pas. Mon père, j’l’étonne pas. Ma maîtresse, j’l’étonne pas. Moi, je sais pas si j’m’étonne.

14. En même temps, je vois pas pourquoi je devrais étonner tout le monde.

15. Je vis. C’est déjà bien. Je vis. Mais ça leur suffit pas.

16. Ma vie c’est de la merde. Ou c’est moi qui en suis une ?

17. J’ai regardé dans le trou des cabinets. Si je me jetais dedans, je n’irais pas loin.

18. Iris, c’est vraiment le style de filles que tu as envie de passer dans une machine à steaks hachés.

19. Je dis la vérité et quand je dis la vérité, on croit que c’est de l’humour.

20. Dégage où ça va mal se passer.

21. Je suis propriétaire de mon corps.

22. Tu confonds normal e français ? C’est le début de la fin.

23. C’est normal de se sentir bien, non ?

24. Aujourd’hui, quand tu n’es pas différent, tu te sens mal, peut-être qu’à force de te sentir mal, tu deviens con.

25. Tiens donc. Te gêne pas. Fais comme chez toi.

26. Va bouffer de l’herbe autre part que dans mon enclos, sale zèbre.

27. Mais moi, je veux pas rester avec moi.

28. Eh ben alors qu’est-ce que t’attends ? Dégage.

29. C’est bizarre quand y a un truc en toi qui te pousse à la bêtise et à la méchanceté.

30. Iris est partie. Tant pis pour elle. Tant mieux pour moi. J’avais son portable. Sans son code. C’est malin.

31. Il ne s’intéresse à rien. Des séries débiles. De la musique inécoutable. Le sport, toujours le sport, le sempiternel sport.

32. Un enfant normal oui. Mais un enfant con, non.

33. Ah vous avez un frère ? Comme c’est intéressant ! Et rare. C’est assez rare, quand on y pense, d’avoir un frère, comme ça.

34. Qu’est-ce que vous faites ? Pas à deux dans la même cabine, mais enfin !

35. Il m’a raconté ses problèmes avec sa femme qui est sa femme actuelle depuis une vingtaine d’année. C’est une actualité qui dure.

36. Pour toi, normal, c’est être bête.

37. Les emmerdes, ça crée des liens, les enfants, ça crée des liens, même les emmerdes, ça crée des liens.

38. J’ai des spermatozoïdes particulièrement vigoureux,

39. peut-être même que mes spermatozoïdes sont plus vifs que moi.

40. Ce qu’il nous faut, c’est un bon hamburger.

41. Vous m’avez tout salopé ! Ah ouais une super surprise !

42. Et votre décision de prendre Lina pour une conne, vous m’en faites part quand ?

43. Il est un peu limité, c’est comme ça, c’est pas grave, on s’y fait.

44. Pourquoi on me dit jamais rien à moi ?

45. Tu sais, tu n’es peut-être pas si normal que ça.

46. Moi je veux bien que l’amour me rende unique

 





Première spé: Projet L'Ombre: Première séance vendredi 3 septembre

 


Découverte du groupe

Echauffement

Articulations

Jeu des prénoms et balles.

Zoum squitch cheba

1-2-3-4-5-6

La bougie

BLABLA

Matériel

- le carnet de bord

- un cahier ou un classeur pour les cours.

- le livre L’ombre, Evgueni Schwartz, éditions quatre-vents/l’avant-scène

- à boire

Tenue

Vêtements amples et "salissables" ; pas de collier, de jupes ou de décolleté (se changer aux toilettes

Le projet : L’ombre

(Donner la page de garde)

la manière de travailler la théorie :

- des recherches personnelles principalement,

- des cours - la voix du plateau (https://lavoixduplateau.blogspot.com/) et moodle : ressources qui seront mises au fur et à mesure ;

Évaluation :

La pratique ; le carnet de bord (séance, spectacles, recherches, tenue) , la culture théâtrale

Deuxième projet : Rouge, Emmanuel Darley( renseignements à suivre)

PRATIQUE

Ne rien faire ; être imité ; reconnaître qui est imité

« Toi ! » : projection ciblée de la voix

« Le roi est mort ! vive le roi ! » sur différents tons : peur, tristesse, haine

Marcher en aveugle : marcher, stopper, être dispersé, se retrouver :

Marcher

- Impression d’être suivi en variant les vitesses

- Pénombre

- Quand je tape des mains : se retourner brusquement à l’arrêt

Marcher et celui que je nomme :

- recherche l’amour mais fait peur aux autres ;

- fascine les autres mais veut les fuir.

Improvisation de groupe

- Théâtre image en deux groupes : un d’acteurs un de spectateurs : 3 étages et compact.

o peur collective avec regard au même endroit

o culte du chef

o comploteurs

o ogres et ogresses

o star de la chanson

impro à deux en croisement sur traversées :

« T’as pas d’ombre ? » et dialogues improvisés

Témoignage individuel :

ce qui me rend heureux, c’est ?

Bilan : donner un adjectif.

Devoirs :

le personnage principal est un savant qui veut savoir comment rendre les gens heureux

- Quelles sciences humaines ?

- A faire pour la prochaine fois : comment représenter un savant en voyage au théâtre ? Quels costumes et accessoires ?

Fred Demma

jeudi 9 septembre 2021

Séance de reprise des Terminales de spécialité: Projet Soulier de Satin


 

Retrouvailles :

Consignes de base: -arriver à l'heure, à 14h ou avant. serai présente dès 13h30 pour discuter avec vous de l'orientation, du cours, de ce que vous voudrez. 

-prendre des notes pendant le cercle de paroles. Ce qui s'y dit est souvent éclairant, important.

-carnet de bord à faire avec soin, à présenter à l'examen, à utiliser pour préparer les recherches du GO. Prévoir de le numériser. Pour être sûr de le tenir régulièrement m'envoyer le compte rendu de séance. Il sera évalué le dernier lundi avant les vacances. ( Lundi 18 octobre)

- Abonnements pas encore finalisés mais premier spectacle  H2-Hebron le samedi 18 septembre 18h ( me prévenir si ce n'est pas possible) Tarif 6 euros.

 -examen mi-mars à l'oral comme à l'écrit. peu de temps pour faire tout le programme donc s'y mettre tout de suite!

 Présentation de saison à la CDC: vendredi 10 septembre, gratuit mais sur réservationau0389243178

Le champignon sur les affiches et sur la plaquette ? A vous de répondre!

-Lecture de l’interview des deux directeurs.P 4 à 8 ( A finir chez vous) Noter les idées retenues, les jolies formules que vous pouvez retenir et méditer: Le théâtre doit être une braise", "Le contexte n'a pas eu raison de notre joie" "Il a fallu inventer dans la contrainte ( Se souvenir de ce que vous avez pu voir malgré tout: Le Jour où le désert est entré dans la ville, L'occupation des sols, la répétition de La Nuit juste avant la forêt") "l'impression de faire une partie de jeu de l'oie avec un enfant qui change constamment les règles pour nous empêcher de gagner"

- fil rouge de la programmation: la ruine, comment la nature et la culture interpénètrent, la nature regagne, les préoccupations écologiques, monde que l'on a du mal entretenir vu l'état dans lequel il a été légué.

Autre fil rouge: la famille, dysfonctionnements mais aussi espace refuge: foyers "amortisseurs de violence", se trouver d'autres familles, s'en inventer. la famille théâtrale ( y penser pour l'orientation, se renseigner sur les métiers de la culture, rencontrer ceux qui travaillent à la CDC) beaucoup de spectacles jeune public pour les familles.

3ème fil rouge: les rapports entre théâtre et musique: "La langue est une forme de musique" Le rythme et le souffle sont des questions d'art dramatique . ( C'est ce que vous expérimenterez avec le verset claudélien.)

programmation = autoportrait collectif

16 créations donc marquées par ce que nous vivons.

Le théâtre comme lieu de l'inattendu, expérience la plus intense possible. aller vers l'inconnu ( Ma mission aussi , vous emmener vers ce vers quoi vous n'iriez pas tout seuls pour vous inciter à y aller avec ouverture d'esprit quand je ne serai plus avec vous) Ne pas avoir peur de ce qui pourrait être "malaisant" cf Après la fin. "Il ya une adrénaline du théâtre"

Echauffement avec exercices de bases : marche neutre, comptage jusqu’à 20, machines musicales, nœud à défaire,  mémorisation d’actions : 1. J’ai vu une baleine. 2. C’est difficile de courir en boitant. 3 . Prends mon soulier, Sainte Vierge, 4.     Ton absence me crucifie !  5. Encore un petit coup de trompette. ( Commentez les exercices: pourquoi faire? comment les ressentez-vous? Pour le dernier, mentionner le lien avec le Soulier de satin)

-Improvisation par trois : Histoire de chaussures, les chaussures ont la vie dure.

-Nommer le maximum de types de chaussures possible.

-Choisissez un type de chaussure et faites leur raconter leur vie : baskets, tongs, espadrilles, bottes de cavalier, escarpins, pantoufles.

Commenter votre impro et celles des autres: idées, dispositif dans l'espace, consignes d'amélioration éventuelles)

A retenir:

Dona Prouhèze, en effet, en se délestant symboliquement, mais réellement, d’un « soulier », dans les premières scènes de la Première Journée, ne peut désormais que « boiter » jusqu’à la fin, littéralement (et Jeanne Balibar dans la mise en scène d'Olivier PY donnait remarquablement cette impression...). Lors d’un échange avec Don Balthazar, chargé par Don Pélage, son mari, de veiller sur elle, Dona Prouhèze (amoureuse de Don Rodrigue), nous dit la didascalie, « Monte debout sur la selle et se déchaussant elle met son soulier de satin entre les mains de la Vierge », une statue qui est là, au-dessus d’elle . Cet objet symbolique, qui figure métaphoriquement l’objet de son désir, Don Rodrigue en l’occurrence, Prouhèze s’en défait en disant : « Je me remets à vous ! Vierge mère, je vous donne mon soulier ! Vierge mère, gardez dans votre main mon malheureux petit pied ! (...) Mais quand j’essaierai de m’élancer vers le mal, que ce soit avec un pied boiteux ! » ( Retrouvez la page dans votre version.)

Chez soi mettre en scène une paire de chaussure : photos. A m'envoyer pour lundi prochain dernier délai.


Projet Et si… la belle harangue : par groupe de deux. Se montrer les textes, s’aider à l’améliorer pour la rédaction, commencer à la dire.

Mise en espace des harangues. ( Commenter les impressions ressenties)

Pour ma part j'ai été touchée par vos productions. L'important est de vraiment dire ce qui vous tient à coeur, de vous saisir de cette occasion pour vous exprimer vraiment.

Vous serez peut-être amenés à parrainer des secondes.

Les travailler pour être encore plus à l'aise, plus énergique, plus convaincant jeudi 8 septembre. 

Lire le résumé des quatre journées et le texte pour ceux qui ne l'ont pas fait afin de me dire dans les deux premières journées quels sont les passages qui vous intéressent le plus.

Lundi prochain: présence de Serge Lipszyc, comédien, metteur en scène, directeur de la Compagnie du Matamore. ( A écouter sur la radio Avant Scène: il présente son travail York: Serge interrogé par Avant Scène )

 

La Mise en scène du Soulier de Satin par Jean-Louis Barrault en 1943

 Barrault parlant de Claudel et du Soulier

 

I l a fallu à Jean-Louis Barrault de nombreuses discussions avec l'auteur pour le
convaincre de le laisser entreprendre la mise en scène du Soulier de Satin. Barrault mena à bien ce lourd travail en constante et étroite collaboration avec Paul Claudel lui-même, très attentif aux moindres détails, notamment à la diction des comédiens qu'il n'hésitait pas à corriger. La première représentation du Soulier de Satin a lieu à la Comédie Française, en 1943.

Sur la rencontre Claudel- Barrault 


Camille Claudel et son frère Paul


 

Camille Claudel, drames, vérités et légendes 

 

Article sur leur influence artistique réciproque 

 

Roman dont j'ai parlé en cours sur l’internement des femmes à la fin du XIXème -début XXème: Le Bal des folles de Victoria Mas ( Livre de POche)

 

1885 : comme chaque année, à la Salpêtrière, se tient le très mondain « bal des folles ». Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Cette scène joyeuse cache une réalité sordide : ce bal « costumé et dansant » n’est rien d’autre qu’une des dernières expérimentations de Charcot, adepte de l’exposition des fous.
Dans ce livre terrible et puissant, Victoria Mas choisit de suivre le destin de ces femmes victimes d’une société masculine qui leur interdit toute déviance et les emprisonne. Parmi elles, Geneviève, dévouée corps et âme au célèbre neurologue ; Louise, abusée par son oncle ; Thérèse, une prostituée au grand cœur qui a eu le tort de pousser son souteneur dans la Seine ; Eugénie enfin qui, parce qu’elle dialogue avec les morts, est envoyée par son propre père croupir entre les murs de ce qu’il faut bien appeler une prison.

Un hymne à la liberté pour toutes les femmes que le XIXe siècle a essayé de contraindre au silence.

L’auteure trousse avec élégance cette affolante histoire. Fabienne Pascaud, Télérama.

Un roman historique singulier et engagé. Hubert Artus, Lire.

Prix Renaudot des Lycées 2019.

Prix Première plume 2019.

Bande Annonce du film de Mélanie Laurent qui en a été tiré et qui va sortir le 17 septembre.

mardi 7 septembre 2021

Qu'est-ce que l'analyse dramaturgique d'un texte?

 Ravivez les souvenirs du travail mené l'an dernier pour le Prix Koltès, notamment avec Chloé: l'analyse dramaturgique révèle les significations de la pièce et s'interroge sur le passage du texte au plateau:

- mise en contexte des textes : auteur, époque, genre

-réflexion sur le titre et sa portée

- la structure de la pièce, la reconstitution de la fable ( histoire racontée)

-la question de l'espace et du temps dans la perspective de la recherche scénographique ( didascalies d'espace, lieux évoqués dans les répliques...)

- la construction des personnage ( onomastique -étude des noms, actions, relations aux autres personnages, façon de s'exprimer etc), les indications de jeu pour les acteurs

- les thèmes de la pièce.

- La langue de l'écrivain que l'acteur va devoir s'approprier et restituer.


"Le terme « dramaturgie », à l'œuvre aussi bien dans le domaine de
la théorie que dans celui de la pratique théâtrales, désigne
aujourd'hui tantôt au sens traditionnel l'activité de conception et
de construction d'une œuvre dramatique, tantôt au sens contemporain l'activité
d'un proche collaborateur du metteur en scène, dont la fonction globale est de
jeter les bases du travail de plateau."

Evolution du concept de dramaturgie pour approfondir 

vendredi 13 août 2021

Festival de théâtre de rue d'Aurillac

 Cette année encore le grand festival de théâtre de rue d'Aurillac n'aura pas lieu, mais les artistes révoltés par cette interdiction se donnent RV le 18 aouût pour réfléchir à la pratique du spectacle vivant.

Voici un documentaire pour fêter les 30 ans du Festival en 2015: Festival d'Aurillac