lundi 30 mars 2020

La Cerisaie: le personnage de Gaev par Bastien


1) Qui est-il ?
2) Que disent les personnages de lui ?
3) Que fait-il comme actions dans la pièce ?
4) Que dit-il et de quelle manière ?
5) Quelles caractéristiques de son comportement, de sa façon de marcher peut-on observer ?
6) Comment évolue-t-il dans la pièce ?
7) Est-il le symbole de quelque chose ?

1)    Gaev doit avoir dans la cinquantaine environ. Il est le frère de Lioubov, l’oncle de Ania et Varia. Gaev est un personnage laissé pour compte,( Que veux-tu dire exactement ? IL faut citer le texte à l’appui de tes analyses.) aristocrate un peu rêvassant.
2)     Il a l’air apprécié des autres. Il est bien aimé de Ania et Varia.( A prouver par des citations.)

3)    Dans la pièce il est souvent en train de faire des imitations de billard, des gestes, des allusions aux boules de billard ; mais il mange aussi souvent des bonbons à sucer dans une petite boite.( IL faut toujours étayer le propos avec des citations.) Je pense que durant sa jeunesse, il jouait au billard avec ses amis ou en compétition, voire à haut niveau, que cette activité est pour lui une grande partie de sa vie. Ce qui fait qu’il veut probablement montrer aux autres qu’il s’y connait dans ce milieu.

4)    Gaev parle souvent des souvenirs qu’il a eus à la cerisaie d’un ton nostalgique. Il dit aussi à des moments des choses complètement superflues comme quand il fait une déclaration d’amour à une armoire.( Pourquoi serait-ce superflu ?) Il a dû probablement passer une enfance merveilleuse dans cette cerisaie, avec ses parents et sa sœur. Le fait qu’il évoque régulièrement des souvenirs signifie qu’il n’arrive pas à passer à autre chose que son enfance et qu’au fond de lui il reste un enfant qui se voit jouer dans cette cerisaie. (Très intéressant. Montre-le en évoquant sa relation avec le vieux serviteur Firs)

5)    Je ne pense pas que Gaev ait un style particulier de marcher, du fait qu’il est encore en santé de marcher normalement. Après si je devais lui faire une démarche, je lui ferai plus une démarche lourde et lente, un peu en arrière et les mains dans les poches.( Les tics liés au jeu de billard devrait tout de même caractériser sa marche, la perturber.) Niveau comportement ce n’est pas pareil. Dans son comportement on observe plus un enfant en lui qui ne cherche qu’a sortir et revenir courir dans la cerisaie, mais son âge l’en empêche.  Gaev a un comportement calme envers les autres, quand il est dans une conversation il est plutôt calme et ne cherche en rien la provocation. Tandis que, quand il s’agit de sa sœur Lioubov ou de ses nièces, Ania et Varia, Gaev a plus un esprit protecteur envers elles. Il passe son temps à parler très longuement et à employer des termes compliqués de billard. Le quinquagénaire se fait habiller, materner et gronder par son domestique à croire qu’il est sa mère. Ce qui fait ressortir une fois de plus le côté enfantin de Gaev. Ce personnage est complexe, il peut passer de l’enfant à l’expert en billard puis à l’aristocrate dans la même réplique. Ce changement de personnalité aussi brusque peut être dû au fait qu’il a eu une enfance riche en souvenirs et qu’il ne veut pas grandir et garder le bon vieux temps, donc pour ça il va se rappeler de ses souvenirs, de son enfance sans cesse, du moindre souvenir qu’il a avec n’importe qui et n’importe quoi. ( Signale tout de même que c’est sur son action que compte Lioubov pour trouver l’argent qui doit sauver la Cerisaie.)

6)    Au fur et à mesure de la pièce Gaev ne change pas vraiment. C’est un personnage fixe qui reste sur son enfance et qui ne change rien de particulier à cause de son âge aussi.

7)    Dans La Cerisaie, Gaev a pour symbole toute l’histoire de la cerisaie. Il a été là à son début et sera là à sa fin. On peut voir en lui toute la cerisaie, tout ce qui s’est passé, les histoires, les souvenirs, la richesse qui a pu en être tirée.

Travail intéressant. Il faut juste citer le texte pour que tes analyses soient probantes.

La Cerisaie: le personnage d'Ania selon Eugénie



Le personnage d’Ania.

Ania est la fille de la propriétaire de la Cerisaie, LioubovAndreevna, elle a 17ans et elle une sœur (qui a été adoptée), Varia. 

Ania d’après moi est préférée à sa sœur et envers sa sœur elle est un modèle, généralement j’ai l’impression que tous les personnages l’apprécient assez. Elle et Trofimov, qu’elle appelle Pietra, sont amoureux l’un de l’autre et Trofimov lui déclarera même sa flamme dans l’acte II page 61 jusque page 63 : « Nous sommes au-dessus de l’amour », mais leur relation n’ira pas plus loin que l’amitié. Ania et sa mère m’ont l’air très proches et elles sont tendres l’une envers l’autre et dans certains passages, on peut s’imaginer qu’elles ont des contacts physiques comme dans l’acte III page 87 : « Ania s’approche de sa mère et s’agenouille devant elle. » ; « Ma bonne, ma chère, ma gentille maman, ma belle maman, je t’aime… ». Ania et sa sœur Varia maintiennent une petite relation de complicité et se parlent comme de vraies sœurs, Varia admire sa petite sœur : « Mon cœur est de retour ! Elle est de retour, ma jolie petite fille ! » page 18, et s’intéresse à elle et à ce qu’elle vit tandis que Ania moins. Par exemple dans l’acte I page 16, Varia est excitée d’entendre sa sœur raconter ce qu’elle a vécu à son voyage à Paris. Les sœurs se soutiennent également dans le fait que leur mère n’a plus d’argent et qu’il faut vendre la Cerisaie et s’inquiètent : « Ania : Et ici ? On a payé les intérêts » […] « Mon dieu… » page 17. 

Ania est un personnage qui n’intervient pas énormément et pas toujours dans les bons moments mais elle est présente et soutient sa mère avec sa sœur dans la vente de la Cerisaie bien qu’elle-même soit inquiète : « Il y avait un homme à la cuisine, un inconnu, il a dit que la cerisaie avait été vendue aujourd’hui » page 79, ici je me suis noté qu’elle parle avec inquiétude et qu’elle prouve son attachement à la cerisaie par son inquiétude.
Je trouve qu’Ania parle avec beaucoup de maturité pour son jeune âge et qu’elle sait se raisonner et être toujours là pour ses proches, Page 87, lorsqu’elle vient d’apprendre que la Cerisaie est vendue, son premier réflexe n’est pas de pleurer ou de penser à soi mais c’est d’aller directement chez sa mère pour être présente et dans ses paroles, elle prend le rôle de sa mère en la
consolant, elle montre très peu de marques de tristesse alors qu’au fond d’elle, elle est triste mais elle le cache pour ne pas rendre encore plus triste sa mère et réussir à la consoler correctement. Je trouve même que dans sa tirade elle est très optimiste et grâce aux points d’exclamations, on peut comprendre qu’elle essaye d’être enthousiaste et en même temps avec les mots doux qu’elle emploie envers sa mère, elle parait très calme et douce.
La tirade :
« Maman !... Maman, tu pleures ? Ma bonne, ma chère, ma gentille maman, ma belle maman, je t’aime… je te bénis. La cerisaie est vendue, elle n’existe plus, c’est vrai, c’est vrai, mais ne pleure pas, maman, tu as encore la vie devant toi, tu as ton âme, ma gentille maman, partons d’ici !... Nous planterons une nouvelle cerisaie, plus somptueuse encore, tu la verras, tu comprendras, et une joie tranquille, profonde, descendra sur ton âme, comme le soleil à l’heure du soir, et tu pourras sourire, maman ! Partons, ma douce ! Partons ! ... »

Dans le dernier acte, elle semble même heureuse de partir : « (avec joie) : En route ! » ; « Adieu, la maison ! Adieu, la vie passée ! ». La didascalie et les points d’exclamations montrent sont enthousiasme et son optimisme. Peut être qu’elle est réellement heureuse de partir car elle a su se raisonner en se disant que c’est pour leur bien ou alors elle fait semblant pour que le départ ne soit pas dramatique mais heureux et pour garder un bon souvenir. Je pense qu’il faut que nous en parlions avec les autres camarades qui jouent ce rôle et madame Huckel pour avoir leurs avis à ce sujet.

Dès le début de la pièce, Ania semble mature et parait presque plus mature que sa mère, au point que l’on peut penser que les rôles sont échangés, en effet, dans l’acte I, lorsqu’elle raconte son voyage à sa sœur, elles finissent par parler du fait que leur mère dépense trop et de façon inutile : « Et maman qui ne comprend pas ! […], elle leur donne des pourboires d’un rouble », on peut penser même qu’elles désespèrent face à leur mère presque immature et inconsciente. De même dans la tirade page 87, comme dis-je ci-dessus, Ania réconforte sa mère et adopte un comportement plus mature que celle-ci. Dans l’acte II, page 61 à 63, lorsque Trofimov lui dit de belles phrases, elle les comprend et montre l’intérêt qu’elle porte à Trofimov : « C’est si beau, ce que vous dites ! » page 63, et lorsqu’ils parlent de la cerisaie elle est consciente que
c’est fini et qu’il n’y a plus d’espoir : « La maison dans laquelle nous vivons n’est plus notre maison depuis longtemps déjà, et je partirai, je vous en donne ma parole », une fois de plus elle montre de la maturité et une prise de conscience que sa mère n’a pas. Dans le dernier acte, c’est l’une des seules à être prête à partir et qui n’est pas triste, je pense que c’est lié au fait que dès le début elle le savait et était consciente et elle a eu le temps de se détacher petit à petit du domaine et n’est pas surprise.
Ania est l’un des plus jeunes personnages et pourtant l’une des plus matures. On sent tout de même une évolution entre le début et la fin de la pièce car au début elle était quand même inquiète et triste et le montrait, puis elle a commencé à le cacher et être optimiste pour au final en être heureuse de se départ brutal pour les autres mais semble pas l’être pour elle.
Je trouve que son comportement peut signifier que les clichés comme quoi lorsque nous sommes jeunes, nous pouvons pas comprendre et ne pas être conscient de la gravité de certains sujets, sont dans cette pièce effacés et prouvé que ce sont de faux clichés à travers le personnage d’Ania.
(Peut-être représente-telle aussi l’avenir, le monde qui naît et qui n’est plus celui des propriétaires terriens de l’ancienne Russie.)
Très bon travail.

la Cerisaie: le personnage de Lioubov selonPadmé


Lioubov Andreevna/Ranevskaïa :

1)Qui est-elle ? (identité, lien familiaux)
1)Lioubov est la propriétaire terrienne, la mère d’Ania et de Varia (qu’elle a adopté), et la sœur de Gaev. Elle est veuve et a perdu son fils qui s’est noyé. Elle a vécu une grande partie de sa vie dans cette maison donnant sur la cerisaie ainsi que ses parents et ses grands-parents.
2) que disent les personnages d’elle
2)Acte I : Varia dit que sa mère est triste, elle a pitié d’elle.
Ania quant-à-elle dit que sa mère est dépensière et ignorante, fait comme si de rien n’était. Ils n’ont plus de sous et elle continue de commander les plats les plus chers et donner de grands pourboires aux serveurs.
Les deux filles sont tristes pour la Cerisaie mais aussi du fait que leur mère essaie d’ignorer pour ne pas se sentir mal. Elles savent que Lioubov ne peut plus s’occuper du domaine, ne peut pas le sauver.
Pichtchik, lui, flatte Lioubov : «Embellie, même… Mise comme une Parisienne… Je peux aller me rhabiller...» Cela pourrait être de la moquerie ou une réelle avance traduisant une certaine affection pour elle.
Acte III : Ania prend soin de sa mère, après qu’elle ait apprit que Lopakhine a acheté la cerisaie, elle est au plus bas et Ania s’inquiète beaucoup. Elle tient beaucoup à sa mère et est là pour elle et essaie de la rassurer.
Acte IV : Ania prend toujours soin de sa mère et continue de dire qu’elles partent pour une nouvelle vie.
Ce qui ressort des différents personnages en conclusion est que Lioubov est dépensière, émotive, mais reste une personne affectueuse, accueillante et gentille.
(IL faut voir aussi ce que disent Trofimov et Lopakhine.)
3) Que fait-elle comme action dans la pièce ?
3) Acte I : Lioubov fait comme elle faisait quand elle y habitait encore. Elle regarde par la fenêtre comme chaque matin de son enfance pour observer cette cerisaie, mais fait aussi des choses habituelles comme prendre son café. Elle appelle d’ailleurs la bonne comme si elle y demeurait de manière permanente, elle reprend ses habitudes.
Acte III : Elle est assise, très instable mentalement mais ne bouge pas beaucoup physiquement. Par la suite elle va se refermer sur elle-même quand la terrible nouvelle est sue de tous.
Acte IV : Elle fait ses adieux à la maison donc se déplace beaucoup avant de partir de celle-ci.
(Tu n’évoques pas sa liaison avec l’amant de Paris Cf l’histoire des lettres, le désir de le rejoindre, l’idée qu’il a besoin d’elle.)
4)Que dit-elle et de quelle manière ?
4) Acte I : Aucune importance à ce qu’il y a autre que son bonheur ou presque pour le moment : Elle apprend la mort de la nounou en son absence et tout ce qu’elle fait c’est s’asseoir et boire un café en disant «Oui, Dieu ait son âme. On me l’a écrit». Quand Lopakhine explique son plan : elle lui dit que s’ il y a bien une chose intéressante dans leur province, c’est la cerisaie, comme avec un aspect de supériorité, de domination. Lors de ses tirades dans l’acte I, aux pages 31-32, elle parle de la cerisaie comme quelque chose de sacré et de manière très nostalgique. Elle est très poétique avec ses «O» et sa ponctuation expressive qui donne un aspect comme dramatique. On l’imagine facilement être très expressive et donc dramatique quand elle prononce ces mots. Elle se met même à voir sa mère à travers les arbres constituant la cerisaie, comme si elle était de nouveau une enfant.
Acte III : Lioubov demande constamment où est son frère, ce qu’il fait, pourquoi il est si long.( Pourquoi cette inquiétude du frère ?) On perçoit qu’elle est nerveuse surtout qu’elle se répète beaucoup ce qui montre qu’elle est pressée. Elle dit que le bal aurait dû se faire à un autre moment démontrant qu’elle ne veut pas gérer cela en plus car elle est déjà préoccupée. De plus, si le verdict est mauvais, cela gâcherait le bal. Par la suite Charlotta fait des tours mais Lioubov semble toujours préoccupée et ne partage pas du tout cet état festif, ce qui se voit avec les points de suspension dans «Bravo, bravo !...». Mais c’est probablement à travers la phrase «C’est mon destin qui se décide aujourd’hui, mon destin...» que Lioubov exprime la gravité de la situation pour elle et les enjeux. L’ambiance change complètement quand le sujet de l’amour entre Varia et Lopakhine est évoqué. Lioubov dit à Varia qu’elle devrait l’épouser d’une manière particulière. Comme si ce n’était vraiment pas important à côté du reste, qu’elle n’a qu’à l’épouser, que ce sujet n’est pas un problème, et qu’il est au contraire très simple. Sa tirade page 74 est très importante, elle y dévoile vraiment beaucoup d’émotions. Elle fait comprendre à Trofimov qu’il est jeune, qu’il ne comprend pas encore ce que la vie peut nous réserver et que tout ne peut pas forcément se résoudre facilement ou ne se résous même pas du tout. Mais le plus important est que Lioubov dévoile que la cerisaie est toute sa vie, elle dit même que sa vie n’a pas de sens, n’est pas compréhensible sans la cerisaie et la maison. Elle y a passé tous les bons moments de sa vie. Elle est désespérée et triste de devoir éventuellement quitter tout cela. Dans sa prochaine tirade elle nous fait part de sa grande peur de tout perdre et que cela la consume. Enfin la phrase «Je sens que je vais mourir» page 79 quand elle apprend que quelqu’un a dit que la cerisaie a été vendue aujourd’hui, montre que c’est une nouvelle insurmontable pour elle, que c’est la chose la plus difficile à laquelle elle pourrait faire face.
Acte IV : Lioubov est toujours triste comme on peut le constater dans ses adieux mais va mieux qu’avant comme le montre la phrase «Mes nerfs vont mieux». Elle fait preuve d’une grande force pour aller vers une nouvelle vie. Pourtant elle dit quand même que son «deuxième» chagrin est Varia. On voit la place qu’occupe la cerisaie dans sa vie pour mettre sa fille en deuxième place dans ses préoccupations.
5)Quelles caractéristiques de son comportement, de sa façon de marcher peut-on retirer ?
5)Elle est très nostalgique et émotive. Ses émotions évoluent tout au long de la pièce.
Acte I : Au début en revenant sur les lieux elle est très contente, c’est comme si elle ne se rendait pas compte, que c’était un rêve. Elle n’arrive pas à rester en place, elle est tellement joyeuse qu’elle ne semble pas porter grand intérêt au reste, par exemple on lui dit que pendant son absence, la nounou est décédée. Elle ne semble pas y porter grande attention, comme si rien ne pouvait altérer son bonheur à ce moment-là. Elle semble très énergique, j’ai une image d’elle qui court un peu partout, se mêle à tout. Elle est nostalgique de tous ces moments passés dans la cerisaie, de sa propre enfance. Elle se dit que peut-être elle restera là, dans son endroit parfait, elle renie de devoir éventuellement abandonner tout cela. Quand Lopakhine lui parle de son plan de tout raser, elle le contredit et ne pense pas que cela puisse réellement arriver.
Acte III : Elle est inquiète, elle atteint impatiemment son frère pour avoir le verdict concernant la cerisaie. Par la suite elle révèle à plusieurs personnes ses inquiétudes et ses émotions, sa peur, sa tristesse, son angoisse par rapport à la vente de la cerisaie. C’est une femme forte malgré tout mais elle commence à montrer certaines failles car elle est touchée sur ce qui représente toute sa vie. Après la nouvelle de Lopakhine, Lioubov est assise, recroquevillée et pleure amèrement. On y voit une sorte de dégoût face à Lopakhine. Elle prend aussi une position d’enfant, d’impuissance face à la situation. Elle est en position de faiblesse.
Acte IV : Lioubov va mieux, elle dit adieu à sa maison, comme adieu à son passé et accepte une idée de renouveau, de nouvelle vie comme l’encourage Ania. Elle essaie quand même de se trouver des distractions pour éviter de réaliser ce qui se passe avec par exemple encore une fois l’amour entre Varia et Lopakhine. Elle sort quand même de la maison avec «vivacité» comme l’exprime une didascalie. Elle part vers une nouvelle vie.
6) Comment évolue-t-elle dans la pièce ?
6) Lioubov commence la pièce en étant très contente de retourner dans sa maison, elle a l’impression qu’elle ne va pas s’en séparer, que jamais ça ne pourrait arriver. Au fur et à mesure ses espoirs se rétrécissent jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Elle passe d’heureuse, à effondrée, profondément triste. Elle va pourtant se relever en faisant preuve d’une incroyable force et quitter la maison avec dignité. Elle va laisser son passé et avancer vers le renouveau. Son évolution est donc très marquée au niveau de ses émotions mais aussi tout simplement au niveau de sa personne.
7)Est-elle le symbole de quelque chose selon vous ?
7) Lioubov pourrait être vue comme l’échec. Si la cerisaie doit être vendue c’est en partie à cause d’elle qui ne pouvait pas gérer les problèmes financiers et par dessous tout était très dépensière. Elle n’en fait qu’à sa tête et n’accepte pas ses torts. Le monde s’acharnerait sur elle. Tchekhov disait lui-même de son personnage que seule la mort pourrait calmer une femme pareille.


la Cerisaie: le personnage de Lioubov selon Anaïs: version améliorée


Analyse dramaturgique de Lioubov Andreevna :

Mon personnage est Lioubov Andreevna, c’est la propriétaire terrienne de La Cerisaie, et elle devra la vendre. C’est une femme veuve, qui a perdu son fils car il s’est noyé, elle est également la mère d’Ania et la mère adoptive de Varia. Son frère est Gaev. 

  Son entourage dit d’elle qu’elle est accueillante et généreuse, elle est également affective et on peut remarquer qu’elle est estimée par de nombreux personnages : « c’est quelqu’un de bien », dit Lopakhine (p. 10) ; « Ce que je voudrais seulement, c’est que vous me fassiez confiance comme avant […] autrefois » dit Lopakhine (p.23). Varia l’appelle souvent « ma bonne maman » ce qui montre qu’elle la considère comme sa vraie mère, Lioubov a su jouer un rôle maternel assez puissant envers Varia, pour que cette dernière se sente à l’aise dans cette famille. Nous pouvons également retrouver l’attachement de Trofimov envers Lioubov, lorsqu’il la qualifie de « bonne amie » (p. 74)
On peut voir sa générosité dans la phrase « Douniacha offrez du thé aux musiciens » (p.68)

Cependant son frère Gaevla qualifie de « dépravée ». Mais elle semble tout de même entretenir une relation très fusionnelle avec son frère, cela peut s’exprimer par leur réaction qui est la même face à la vente de la Cerisaie. Ils se jurent que le domaine ne sera pas vendu et refusent d’adapter leur chère Cerisaie aux nouvelles contraintes de la Russie en pleine émergence. Mais cela doit également être puisque Gaev était la seule famille que Lioubov avait, avec ses filles, lorsqu’elle a perdu son fils et son amant. Nous pouvons également remarquer qu’ils partagent les mêmes souvenirs d’enfance, ce qui nous amène à croire qu’ils avaient une vraie complicité étant enfant, et que celle-ci n’a pas disparu au fil du temps. Et nous pouvons animer cette pensé avec la didascalie à l’acte IV : Lioubov et Gaev se jettent dans les bras l’un de l’autre et sanglotent, tout bas, de peur qu’on ne les entende.
 Elle est également qualifiée de dépensière selon ses propres dires et ceux des autres : (p. 16)
-> « Sa villa près de Menton, elle l’avait déjà vendue, il ne lui restait rien, mais rien » dit Ania. A la page 97 Lioubov affirme son côté dépensier lorsqu’elle dit « cet argent ne fera pas long feu ».
Ranevskaïa est également représentée comme une femme très émotive, elle pleure souvent, nous le retrouvons régulièrement dans les didascalies :
-          « les larmes aux yeux » p.22
-          « elle pleure » p.74
-          « elle sort un mouchoir » p.75 …



Lioubov ne cesse de se mettre en scène comme un personnage tragique en évoquant le « châtiment » qu’elle aurait reçu pour ses « péchés » (p. 50), la punition de Dieu (p. 50) et son « destin » (p. 71).Lioubov ne meurt pas de mort violente, mais elle finit par perdre la cerisaie. Cette perte est annoncée dès l’Acte I, et les actes suivants vont voir cette annonce devenir réalité, comme dans une tragédie. Néanmoins, Lioubov pourrait très bien échapper à son destin et éviter cette vente en reconvertissant le domaine ou en cherchant à le rentabiliser, comme le lui recommande Lopakhine à plusieurs reprises dans la pièce. Or, elle ne le fait pas, parce qu’elle considère cette reconversion comme « vulgaire ». Elle n’est donc pas soumise à un destin implacable, cependant elle ne fait rien pour changer le court des choses. Ce comportement représente mal le colossal attachement que Lioubov a envers cette Cerisaie. Effectivement nous pouvons remarquer cet amour à de nombreuses reprises. Tout d’abord puisqu’elle y retrouve tout ses souvenirs, la Cerisaie est la représentation de son enfance. Mais je pense également qu’elle peut représenter une figure maternelle pour Lioubov, comme nous le voyons dans la phrase « Regardez notre pauvre maman qui marche dans la Cerisaie… en robe blanche ». Ce fut certainement auprès de La cerisaie qu’elle allait quand elle était triste. D’ailleurs elle le dit « le bonheur s’éveillait avec moi », ce qui veut dire que cet endroit était source de joie pour Lioubov. Je pense alors que, Lioubov, malgré tout cela a voulu partir, puisque comme elle le dit la Cerisaie est synonyme de souvenir, elle a pu en vivre des bon comme des mauvais. Je pense notamment à la mort de son fils noyé, qui l’a profondément blessé car c’est à cause de cela qu’elle a quitté la Cerisaie pour la première fois. Mais c’est aussi pour cela que Lioubov a essayé de se suicider. Je pense alors que pour elle quitter cette Cerisaie est synonyme de laisser le passé, de détruire les fantômes qui la hantaient. Ainsi, pour elle, chaque arbre abattu est une part de mémoire qui disparaît.

   Lioubov commence la scène en étant à Paris, et revient à sa source en Russie, elle est heureuse de revenir dans son cocon d’enfance, puisqu’elle y retrouve tous ses souvenirs. Cependant son euphorie diminue petit à petit puisqu’à la fin de la pièce elle est forcée à quitter la Cerisaie, comme si elle n’était pas faite pour rester dans cette maison. Elle passe alors par plusieurs émotions, la joie, l’exaspération et la tristesse. Mais elle va tout de même réussir à se relever, et surmonter cette épreuve, elle quittera alors la Cerisaie de façon très humble. Son évolution se voit alors surtout dans ses émotions. 

  J’interprète Lioubov dans l’acte IV, et dans celui-ci nous pouvoir voir qu’une didascalie nous montre qu’elle est profondément affectée par le fait de quitter La Cerisaie, « elle est pâle, son visage tremble, elle ne peut pas parler ». Cependant elle commence à aller mieux, comme nous le montre la didascalie « Mes nerfs vont mieux », elle fait preuve d’une force démesurée pour oublier son passé et débuter une nouvelle vie. Elle essaie tout de même de prolonger sa présence dans la maison, en regardant longuement l’intérieur de cette dernière. Je pense que c’est dans cette acte que nous pouvons ressentir plus intensément l’attachement de Lioubov face à la Cerisaie, puisqu’elle exprime « Mon deuxième chagrin c’est Varia ». Ainsi cela nous montre qu’elle place l’abandon de la Cerisaie avant sa propre fille. Enfin comme je l’ai dit Lioubov fini par quitter la maison humblement, comme si elle était déterminée à recommencer une nouvelle vie, oublier les démons de son passé.

 Pour moi, Lioubov est synonyme de fragilité et de légèreté, mais également d’une certaine naïveté. Cela pourrait être traduit par le fait qu’elle ne sait pas gérer l’argent, mais également par le manque de réactivité fasse à La Cerisaie, certes elle est triste, mais elle ne se donne pas les moyens pour garder sa propriété. Je pense que Tchekhov a voulu la représenter comme figure de deuil, du fait qu’il souffrait de la Tuberculose lors de l’écriture de la Cerisaie. Ainsi elle représenterait cette facette, à travers la perte de son fils, de son amant, de son mari, mais également lors de la vente de La Cerisaie. Je pense que ce sont toutes ses épreuves, qui font de Lioubov une femme fragile, et sensible, mais également très affective. Peut-être a-t-elle besoin de se sentir exister, de sentir aimer, c’est pour cela qu’elle étreint souvent ses proches.  A l’aide de ce procédé elle enfouit sa tristesse, grâce au bonheur des autres, grâce à leur compassion.