mercredi 7 janvier 2015

Retours individuels du bout à bout



Projet Des corps et des maux : retours individuels sur le bout à bout

1.       Eveil de l’amour :
-Malade Imaginaire : Angélique et Toinette : Clémence et Alexia
Le texte est su mais il est dit trop vite sans être pleinement joué : il y a beaucoup de non dit à faire apparaître : émoi de la jeune fille et en même temps elle est pleine de sa découverte, amusement de la servante qui a tout compris mais fait languir la jeune fille. Il faut aussi trouver une gestuelle qui puisse correspondre au dancing et la caler sur les répliques : essayage de vêtements, ultimes préparatifs avant d’aller danser : on peut imaginer un manège très comique : la jeune fille qui essaye plein de choses dans le vestiaire du dancing, crée tout un désordre que la servante qui du coup peut-être une ouvreuse doit remettre en place. Il faut que ça bouge ! Je ne crois pas que cela puisse être tout à fait la scène du début du spectacle. Il faudrait que derrière les mots de Molière vous mettiez un vocabulaire d’aujourd’hui dans votre tête. A improviser dans cet esprit avant de reprendre le texte réplique par réplique. Il ya encore du boulot.

-Eveil du Printemps de Wedekind : Melchior et Moritz : Pierre F et Lionel : en bonne voie pour la justesse de ce qui est dit mais pas encore de vrai travail sur la différence entre les deux personnalités : l’un plus avancé dans l’initiation, plus libre, l’autre plus anxieux. Mais pas de réflexion  approfondi encore sur l’endroit où la scène pourrait se passer dans l’espace du dancing. Il faut prendre plus de risque dans vos propositions, des choses plus crues doivent être ressenties malgré la pudeur du langage.

-Une chambre à deux de Keene : Elle et Lui : Quentin et ? Justesse de l’échange mais pas de réflexion sur l’endroit où il pourrait être dit dans l’espace du dancing : où sont-ils, que font-ils ? Quels accessoires possibles ? Il faut visible décaler la situation de départ pour que ce soit crédible.

-Les Jeunes de Lescot : Honoré et Louna: Juliette- Lionel : en bonne voie. Il faudra travailler plus encore le corps pour faire croire à l’expérimentation du baiser, pas trop caricaturer la peur du jeune homme, peut-être changer un peu l’âge du jeune homme dans le texte pour ne pas susciter le rire. Il faut aussi travailler l’endroit où la scène pourrait se passer dans l’espace du dancing, pas loin des toilettes, à matérialiser donc par un signe. peut-être présence de musique ou costume qui fait penser que ces jeunes appartiennent  à un groupe de rock, sortent d’une répét. Instruments à proximité.

-La Nuit juste avant les forêts de Koltes : extrait du monologue : Kadir : en bonne voie même si tu as écourté le texte, en revanche très peu de conscience dans ton jeu de l’espace du dancing : où dire ton monologue, comment l’adresser vraiment au public ? Comment faire évoluer les déplacements, comment faire apparaitre les graffiti du nom ?

-Emmanuel Darley : fille/garçon et chœur : Eva-Alexis (définir qui fait le chœur) : à travailler même si dans le jeu le côté poétique existe déjà, l’innocence de l’enfance et la colère face aux contraintes du monde. Pas de réflexion en revanche sur comment cette séquence peut s’intégrer dans l’espace du dancing : où la placer, comment la décaler pour qu’elle soit crédible malgré une écriture très spéciale.

- Cergy Blues : Fille 1/ Fille 2 : Meroua, Inoulia : le texte est su mais il n’est pas audible, vous récitez sans jouer vraiment, le corps n’est pas du tout engagé. Vous ne donnez pas l’impression qu’il s’agit d’une vraie parole inventée au fur et à mesure du dialogue dans un vrai échange. Tout va trop vite. Il faudrait avoir les photos avec vous. A travailler d’urgence. Maintenant que le texte est connu, tout le jeu est à inventer. Où placer cette scène : autour d’une table c’est bien mais il faut parler beaucoup plus fort comme si tout à coup on avait mis un haut parleur au-dessus de votre table

2.  jeu de séduction
-Don Juan Charlotte et Mathurine : deux filles et un garçon :Margaux, Bine Cécile, Mélissa : décevant car certains ne connaissent pas du tout leur texte du coup ceux qui le connaissent sont bloqués. Aucune réflexion sur l’endroit où ça pourrait se passer dans l’espace projeté. Tout est à faire !
-La scène du balcon de Cyrano : deux garçons et une fille : Quentin, Lionel, Cécile spe : en bonne voie sauf Cécile qui a encore le texte en main  alors qu’elle a peu de texte à jouer dans l’ensemble du projet. Du coup je me demande si ça suffit pour l’examen. Décevant pour elle. Peu de concentration d’ailleurs, des bavardages. En dessous du niveau de spe très nettement. Il faudrait plus de réflexion sur l’endroit où placer cette scène dans l’espace du dancing : jeunes qui reviennent d’une répétition de théâtre, comédien s qui viennent envahir le plateau du dancing, intermède dans le spectacle donné sur le plateau du dancing…etc 

- Extrait d’Incendie de Mouawad : un garçon et une fille : Marianne et Filippe : belle improvisation de ta part, Marianne. Appuye-toi encore plus sur le public dans ce genre d’exercice. Il faut penser davantage à l’insertion de la séquence dans le dancing : paroles échangées entre des personnes présentes, comment décaler le texte pour le rendre crédible.

-Choco BN de Durringer : un garçon et une fille : Eva-Clément : en bonne voie pour la justesse de l’échange mais il faut réfléchir plus à l’endroit où ça pourrait se passer.

- Le bal de Duras ( chœur) : texte Eva : voir remarque générale.

3. La demande en mariage ( Tchekov) : deux garçons et une fille : Lise, Bryan, Alexis : en très bonne voie, justesse, crédibilité de l’échange mais il faut réfléchir à l’endroit où le mettre dans le dancing pour que ce soit crédible dans ce contexte : dans ce bal il y a des paysans et la demande en mariage à lieu pendant le bal, la femme est peut-être allée au toilettes et n’est pas présente au début. Tout ce travail est encore à faire.

4. Le mariage empêché : Réunification des deux Corées : cinq filles et deux hommes : Imoulia, Alexia, Eva, Laurine, Marie, Clément, Hugo ( à travailler en priorité car en friche complètement et certains ne jouent que là dedans, se poser d’emblée la question où le placer dans le contexte du dancing)

5. La dispute
Tartuffe : un garçon, deux filles :, Anna  R, Clément, Léia : en bonne voie pour les deux jeunes gens, à travailler pour la servante mais pas de réflexion sur où placer la scène dans le contexte du dancing. Donc à travailler en ce sens.

6. Séparations
Réunification :
Divorce : deux femmes : Margaux, Melissa : n’a pas été joué .il me semble.
La part de moi : deux femmes : Louise et Laurine : bien tenté en l’absence de Laurine. Pas sûr que l’homme au centre soit envisageable de cette manière dans le contexte du dancing. Donc réfléchir où placer cette scène.

L’amour ne suffit pas : un homme et une femme : Eva-Kadir : bien pour la justesse de l’échange mais vous n’avez pas réfléchi au contexte du dancing pour décaler votre scène en dehors d’une chambre à coucher. Il faut donc travailler la mise en espace. Ils viennent peut-être de faire l’amour dans les toilettes…

 Séparation : deux hommes et une femme : Bryan, Filipe,  Marie : en bonne voie pour la justesse de l’échange. Marie est très émouvante et juste, Bryan crédible, Filipe doit encore trouver sa gestuelle. Il faut aussi réfléchir où ça pourrait se passer dans le dancing de la faon la plus crédible.

Lili, Henri, Gabrielle : Lili : Estelle, Henri : Pierre F. Gabrielle : Anna Cluzel : en bonne voie pour tous. Encore travailler la mise en espace dans le contexte du dancing, les accessoires nécessaires, les entrées des différents personnages.

Psychose de Sarah Kane : Juliette : en très bonne voie, un moment fort. Encore réfléchir à la mise en espace et aux déplacements pour qu’un maximum de gens en profite.  Etre encore plus « folle » au début c’est-à-dire vraiment dans un monde à part mais conserver la force de l’adresse aux gens ; Accentuer la chanson, très beau la reprise du groupe qui a créé la seule surprise collective de l’improvisation générale.

7 Les conséquences de l’amour
Réaction à la tromperie des conjoints : rapprochement (Réunification) : un homme et une femme : Pierre Merlen, Schimmel Raphaelle : des répliques très bien senties de Raphaelle qui mériteraient un investissement plus grand de la part de Pierre, la scène pourrait être magnifique mais il faut trouver le moyen de la décaler dans le cadre du dancing ce qui n’est pas facile mais vous auriez dû y penser . A travailler en priorité pour que Pierre trouve de l’assurance dans le texte qu’il a appris. Peut-être qu’il faut une introduction de la  scène du type la femme raconte aux autres convives comment elle a rencontré son nouveau compagnon et à un moment ils rejouent la scène de leur rencontre.

Garder le bébé : Réunification : un homme et une femme : Laura Stoessel, Clément : en bonne voie même si Clément a lu, le contraste entre le calme de la jeune fille et la colère du médecin est intéressé mais il faut veiller à être audible. Clément doit réfléchir davantage au contenu des coups de fil qu’il reçoit pendant son entretien avec la jeune fille. En quoi influencent-ils son état ?

8. Vieux couple : extrait de la Cantatrice Chauve : un homme et une femme : Boyer Kilian, Lucie Zenner : en bonne voie pour la justesse, mais il faut approfondir le placement de la scène dans le contexte du dancing. Pas rester assis pour la petite vieille, avoir un corps de théâtre, prendre à partie les autres pour signaler l’indifférence du mari. Pour lui jouer les petits bruits de bouche si agressifs pour elle. Prendre des risques dans les propositions de jeu. C’est trop sage !

Nouveaux monologues à insérer: Cécile : trop mou. Il faut s’adresser aux gens : elle est mythomane mais elle croit à ses histoires dès qu’elle commence à les raconter même si elle voudrait plutôt dire la vérité. Ecoute davantage les conseils des metteurs en scène pour progresser. Chaque monologue doit créer un effet de surprise sinon c’est vite ennuyeux. Il faut penser à un costume, des accessoires. 

Raphaëlle : en très bonne voie. L’adresse est juste. Là aussi penser à un costume, des accessoires. Peut-être pas restées assise tout du long.

 Hélène : en très bonne voie, crédible, encore accentuer les trouvailles de jeu. Attention à l’articulation par moments.

Pauline : inexistant !

Bonnes surprises  dans l’ordre de passage : Pierre F., Lionel, Quentin, Kadir, Juliette, Eva, Alexis, Marianne,Clément, Lise, Bryan, Anna R, Louise, Marie, Filippe, Estelle , Anna Cluzel, raphaelle, Laura, Lucie, Killian, Hélène.

Sérieux mais nécessité d’augmenter le niveau de jeu : Clémence, Alexia, Inoulia, Meroua, Cécile Bine, Melissa, Felipe, Léia

Déceptions : Margaux, Cécile term, Pierre M., Hugo, Pauline

Problème de l’assiduité de Laurine souvent absente.

Jeudi 15 janvier Les Mains d'Edwige au Centre Europe à 20H

Teaser filmé par Vladimir Lutz


LES MAINS D'EDWIGE AU MOMENT DE LA NAISSANCE
Auteur Wajdi Mouawad

 Esther a disparu il y a dix ans. Sa famille a invité le village à venir lui faire un dernier adieu lors d'une messe. Mais sa soeur Edwige prétend qu'Esther est toujours vivante.

 Elle a un don. Chaque fois que qu'Edwige joint les mains, une eau pure et lumineuse en coule. Jusqu'ici, la pièce Les mains d'Edwige au moment de la naissance écrite en 1993 par Wajdi Mouawad ressemble à un conte merveilleux. L'ennui c'est que la jeune fille vit dans une famille cupide, avide de l'exploiter pour sortir de sa misère. Le frère aîné, Alex, profite donc des funérailles fictives organisées pour sa soeur Esther, disparue depuis dix ans, pour tenir un grand rassemblement dans le salon familial et faire payer les curieux lorsque l'eau coulera des mains d'Edwige. Indignée, cette dernière fuit la foule et se réfugie dans l'obscurité de la cave car elle refuse de croire à la mort d'Esther.

N'hésitez pas à aller voir le spectacle pour moins de 5 euros au Centre Europe.

mardi 6 janvier 2015

Retours généraux sur le bout à bout de la séance du 6 janvier



Retours sur le l’improvisation filée de Des Corps et des Maux !
Remarques générales :
+ Nous sommes allés au bout du « matériau » disponible même si certains textes ont été grandement écourtés ou pas donnés complètement du fait de quelques absents(2)
+Si l’on devait jouer dans une semaine : une sélection de propositions d’une heure serait jouable en l’état. ( Je rappelle que Patrice et moi n’avons aucune obligation de mettre tout le monde sur le plateau si ça ne tient pas la route : nous ne fabriquons pas un spectacle mais montrerons un état du travail, un état « montrable ».Si vous voulez être dans le spectacle, il faut  le vouloir vraiment c’est-à-dire bosser vraiment.
+ Quelques très beaux moments où le texte « accroche » le public, où on entend ce qui est dit parfaitement, où les « adresses » sont nettes, précises et portent. J’ai eu des frissons par moments.
Les remarques moins positives vont être plus nombreuses. C’est normal, nous sommes en phase de création et tout est à bâtir donc à améliorer.
-          Comme les textes sont encore « trop verts »,  c’est-à-dire pas assez bien sus et pour certains pas sus vraiment, il n’y a pas de liberté d’improvisation, de propositions, d’occupation d’espace. Seuls ceux qui connaissent bien leur texte  (Et son enjeu, la situation, les nuances des émotions qu’il traverse, à qui il s’adresse phrase par phrase)) sont en fait libres de jouer vraiment. Il faut atteindre cet état car la mise en scène doit pouvoir être changée une heure avant le spectacle sans que ça pose problème dans ce genre de travail !
-          Très peu de gens ont travaillé en autonomie une mise en espace à proposer à Patrice ou à moi qui tienne compte de l’espace scénique projeté : un dancing dans la salle du Centre Europe, alors que nous vous avons alerté sur ce plan durant tout le premier trimestre. Certains d’ailleurs ne proposent aucun espace, aucun déplacement, aucun mouvement et semble attendre que la mise en espace tombe du ciel. Qu’ont fait ces gens pendant tout le temps laissé en autonomie pour travailler ces aspects justement ? On ne dirait pas que la plupart d’entre vous ont au moins deux ans de théâtre derrière eux. C’est souvent raide dans la posture. Il n’y a pas  assez d’essais engagés, de prise de risque, de truc délirant qui surprend, étonne, bouleverse. On dirait que le groupe tétanise, bloque, fige, au lieu de donner de la force et de l’imagination.
-          -Autrement dit les corps sont très absents – encore plus d’ailleurs quand les mots manquent. Vous ne faites pas assez confiance à vos émotions- je sais, c’était à froid après les vacances !- mais tout de même : intensité du désir, découverte de l’autre, sexe qui obsède, réaction de souffrance, d’étonnement, devant les rejets, colère, rage que sais-je, tout ça c’est d’abord dans le corps que ça arrive.
-          Très peu de propositions qui prouvent une écoute de ce qui se passe sur le plateau : pas d’imagination pour meubler les trous, des sorties du jeu inopportunes,  des texte en main quand il fallait improviser, peu de chansons, de musique improvisée, de bruitage donc peu de surprises heureuses, d’offrandes au public que nous formions tous. (Le manque d’écoute et d’attention aux autres est d’ailleurs un truc qui m’a empêchée de jouir des beautés de certains moments. J’ai du mal à comprendre ce genre d’attitude au niveau où vous êtes. Comment créer un spectacle quasi pro avec des gens qui se fichent des autres ! Si le spectacle devient génial, c’est seulement si tout le monde s’aime et se surpasse. Sinon ce sera juste passable. N’ayez pas la mémoire courte !)
-          - Certains textes ne sont pas audibles pour différentes raisons : voix trop faible, pas assez projetée, pas de véritable adresse- certains ne semblent pas avoir conscience qu’ils jouent pour l’ensemble du public. Pourtant quand on voit jouer ceux qui portent la voix, c’est évident ce qu’il faut essayer de faire. (Quand me donnerez-vous le sentiment d’apprendre à jouer à partir du regard que vous portez sur le travail des autres, c’est là que la réflexion du carnet de bord pourrait être utile.) 
C’est aussi une question de justesse : plus vous comprenez ce que vous dites, ce qui se passe entre les personnages, plus vous jouez juste même sans trop « projeter »le son parce que vos paroles sont vraiment adressées. Certaines répliques sont récitées, pas dites en donnant l’impression qu’elles sont inventées au fur et à mesure et adressées vraiment. Pensez que pour le public le découpage en extrait sans toujours un lien entre eux est déjà complexe, alors si vous boulez le texte ou le dites sans le jouer vraiment, l’ennui est assuré !
-          -L’esprit de la scène du bal n’a pas été rendu- a-t-il seulement été compris ?, en fait elle n’a pas été jouée. Eva n’a pas dit le texte, Cécile n’est pas entrée. Il ne s’est rien passé de scotchant, vous avez juste dansoté un peu. (...)
Les retours individuels sont pour demain.

lundi 5 janvier 2015

Pour les Terminales: tout savoir sur Man Ray

Je tombe sur une conférence très intéressante que je vous transmets aussitôt:
http://plus.franceculture.fr/propos-de-man-ray

lundi 29 décembre 2014

Abécédaire du projet Lampedusa ( à améliorer et illustrer)



Baleinite : Nom féminin singulier ; Plus souvent appelé par les scientifiques "consonnotisme". La baleinite est souvent traitée comme une maladie (plus ou moins grave). Mais, grâce au projet Lampedusa écrit par Lina Prosa, nous avons appris que la baleinite est en réalité une petit porte entre les dents qui laisse entrer et sortir l'air. D'après les paroles de Mahama l'afffricaine, les personnes victimes de baleinite doivent se concentrer sur les mots avec plus de voyelles.

Bateau : n.m. objet permettant aux migrants de traverser la mer pour rejoindre l’Europe, il n'est pas en bon état et  souvent très sale et trop petit, pourtant des homme payent très cher pour faire la traversée dirigée par des passeurs cupides et sans scrupules. Le bateau est souvent « le dernier bout de bois » comme le dit Mahama mais ne rejoint pas souvent sa destination sans encombre. Il n'emmène pas assez d'eau potable et de nourriture avec lui pour la traversée, « bateau » est souvent associé au bâtiment où les poulets sont en batterie car les migrants y sont entassés. Pour les migrants, il est souvent un cercueil flottant.

Beach : traduction du mot « plage «  en anglais. Il est présent dans le titre de la pièce « Lampedusa Beach » écrite par Lina Prosa et qui est le premier opus du Triptyque du Naufrage. La beach est la place où la terre rencontre l’eau. Elle est comme l’horizon, la frontière de la terre et du ciel. Quelque fois la beach est pour les migrants vraiment comme l’horizon attendu et rêvé. La plage, cette terre nouvelle et ses paradis symboliques. ( Pourquoi selon vous Lina Prosa a-t-elle laissé le mot en anglais dans le titre ?)

Chanson : n.f . Une collection de sons musicaux et spécifiques qui expriment des émotions. Bella Ciao est une chanson révolutionnaire italienne mentionnée dans la pièce Lampedusa way. ( A étoffer : utilisation de la chanson  et de la musique dans notre spectacle, autre chanson mentionnée dans la pièce)

Distanciation : n.f. Terme qui renvoie à la conception épique du théâtre élaborée par Bertold Brecht. La distanciation est un effet qui coupe l’illusion de réalité créé parfois dans le théâtre traditionnel.  L'acteur et le spectateur ne peuvent pas s'identifier à Shauba, Mohamed, Mahama ou Saïf dans notre travail. Les personnages s'adressent tous au public, ils veulent faire passer un message, émanciper les spectateurs, ici à propos de l'immigration. La mise en scène est distanciée. La scène est par exemple découpée en trois parties pour représenter les trois histoires parallèlement, celle de Shauba dans Lampedusa Beach qui parle depuis le fond de la mer est éclairée en bleu à jardin, celle de Mahama et Saif dans Lampedusa Way est placée au centre sur des copeaux de sciures qui suggèrent la plage de Lampedusa, six comédiens incarnent les deux personnages de façon chorale afin de montrer que beaucoup de personnes sont à la recherche de nouvelles de parents disparus en Méditerranée, celle de Mohamed est représentée à cour dans un éclairage blanc qui intensifie l’effet de froidure matérialisé aussi par de la fausse neige disposée sur le plateau. La distanciation existe déjà dans le texte qui ne raconte pas une histoire chronologique et linéaire : Shauba est en train de se noyer mais elle parle, la comédienne joue avec l'eau qu’elle agite dans un seau pour reproduire le bruit des vagues pendant tout le spectacle.  Il n'y a pas de 4ème mur, le spectateur est incité à écouter et regarder une théâtralité exhibée : les comédiens sont toujours présents sur le plateau habillés simplement de noir. 

Documentaire : n.m. Film  souvent visible à la télévision mais qui peut aussi de plus en plus se voir  au cinéma. Il explique avec des chiffres et des images les conditions des migrants avant leur départ, pendant le voyage et à leur arrivée en Europe, il défend en général les migrants et explique ce qui peut pousser un homme a quitté sa maison, sa famille, ses racines, ses amis pour aller dans un pays  souvent hostile où il ne parle pas la langue locale.
Il permet aux autres de voir vraiment la détresse des gens sans passer par les médias des JT de vingt heures souvent partiaux et formatés. Les journalistes et réalisateurs restent plus longtemps  sur le terrain pour préparer le film et ils reviennent avec une vision différente de ces gens qu'on dénigre trop souvent.( A étoffer en parlant du théâtre documentaire)

El Dorado :  n.m. de l'espagnol "le doré". Pays imaginaire, symbole de richesse et de bonheur. Pour les Africains, la quête de l'El Dorado passe par une escale à Lampedusa. Celle-ci est souvent déterminante de leur arrivée en Europe et donc de leur atteinte de ce qu'ils associent à un El Dorado. ( A étoffer en évoquant un chapitre de Candide de Voltaire et le roman éponyme de Laurent Gaudé)
 Facteur : n. m. Le facteur est un personnage qui n'apparait qu’indirectement dans la pièce. Il est évoqué par Saïf quand celui-ci l'aperçoit lors de la grève. Il affirme que pendant leur premier entretien le facteur regardait constamment ses pieds. Peut-être que Saïf n'a pas de chaussures et donc le facteur a trouvé cela étrange et  a deviné que Saïf était un immigré. Est-ce un habitant de Lampedusa? Comment Saïf a t-il rencontré le facteur et où l'a t-il aperçu  exactement la première fois? A la fin de la pièce, Saïf et Mahama écrivent une lettre qu'ils veulent remettre au facteur pour qu’il l’envoie à l’Ambassadeur  mais comment? Ce personnage reste très énigmatique.

 Grève : n. f.  Rassemblement de personnes qui sont peut-être contre les migrants ou qui protestent contre quelque chose qui modifie leur condition de vie, et à qui on devrait expliquer que si les migrants quittent leurs maisons, leur pays, c'est pour de bonnes raisons. La grève est  peut-être organisée par des personne qui ne sont pas au courant de ce qui se passe en Afrique et dans les centres de rétention, qui ressemblent plus à un centre de détention ; ces gens pensent  peut- être que l’Etat donne trop facilement l'asile politique. Ils disent que les migrants font une mauvaise publicité  pour leur île  comme dans le film Terra Ferma, mais c'est uniquement à cause de l'image que les gens ont d’eux, une image fausse et puérile. N'est ce pas un français qui a dit « tous les hommes naissent libres et égaux en droit ».
Le mot « grève » en langage soutenu désigne aussi la plage.


 Kadir : nom propre. Kadir est le jeune comédien jouant le rôle de Saïf, personnage principal de Lampedusa Snow, dans le triptyque du naufrage. Il est en première spécialité théâtre et rêve de faire du théâtre son métier.

 Lampedusa : 1.Île italienne de la Méditerranée, entre Malte et la Tunisie.
2. Lieu de résidence du Capitaliste. Exhibe à la vue des Africains la richesse des Européens à travers les parasols et le yacht que l'on peut y voir.
3. Plage terrestre servant d'arrivée à de nombreux migrants venus en Europe par voie maritime. Ceux-ci s'en servent de repère afin de reconnaître l'Europe. Les migrants qui s'y trouvent ont souvent le sentiment d'avoir atteint leur objectif car ils ont échappé aux dangers de la mer. En Afrique, Lampedusa a gagné sa renommée grâce à de nombreuses cartes postales la représentant.
4. Plage sous-marine caractérisée par la constitution au fil des ans d'un cimetière marin. Parmi les débris d'embarcation, on trouve les restes de centaines de migrants autour desquels nagent tranquillement des thons repus. (Renvoyer plus précisément au texte en le citant ou en mentionnant les pages)
Migrant, n.m. 1.Personne désirant vivre ses rêves en atteignant un lieu leur correspondant.
2. Personne dont la vie dépend de la solidité d'un bateau ou de son équilibre.
3. Survivant ayant su faire face aux dangers de la mer, mais qui dépend de l'aide internationale.
4. Ancien statut de la majorité des squelettes gisants à Lampedusa
 Monologue : n.m. L'histoire de Shauba et de Mohamed est à reconstituer par le public à partir des monologues qu’ils prononcent. Ils s'adressent aux spectateurs. Chaque monologue est regroupé dans un livre, un monologue correspond à une histoire. Shauba raconte sa noyade, ses paroles avant de mourir et Mohamed raconte son arrivée dans les Alpes et comment il y a vécu avant de mourir. Le monologue est important, il permet aux personnages de rapporter librement leur pensées et de faire  comprendre aux spectateurs la vraie situation des immigrés.
(Evoquer l’importance du monologue dans la littérature théâtrale contemporaine)
Passeur : n.m. Un passeur est quelqu’un qui est chargé d’amener des personnes d’un lieu à un autre moyennant un pris de « transport ». On parle notamment de passeurs dans les voyages clandestins où des hommes sans scrupules s’enrichissent en prenant l’argent de personnes désespérées leur promettant de les conduire au « paradis »Parfois, voire souvent, ils ne tiennent pas leur promesse, reviennent en arrière, abandonnent leurs passagers dont on ne saura jamais rien en plein milieu de la mer sans que les migrants puissent s’assurer d’être arrivés à la destination voulue. Bien souvent le voyage leur est fatal. Dans Lampedusa beach, les passeurs sont évoqués comme des gens sans scrupules à qui on ne peut pas faire confiance.

Poisson : Les poissons sont les animaux qui se trouvent sous l'eau, comme Shauba. Les poissons vivent sous l'eau, Shauba y meurt. En se noyant, elle est entourée de ces poissons qui se jettent sur elle pour dévorer son cadavre. Le capitaliste mange les poissons. Les poissons mangent Shauba. Elle les évoque en parlant de la baleinite. Elle est persuadée qu'ils en souffrent éternellement restant toujours plongés dans l'eau.
Prosa : nom de famille de l’écrivain italienne Lina Prosa auteur du triptyque du naufrage composé de Lampedusa Beach, Lampedusa Snow et Lampedusa Way. Cette trilogie raconte la destinée des migrants qui meurent en Méditerranée notamment à proximité de l’île de Lampedusa alors qu’ils cherchent une vie meilleure en Europe. (A préciser)

Quête, n.f. Recherche obstinée et souvent périlleuse d'un objet, d'un lieu. Mot autrefois associé au Saint Graal et aux chevaliers de la Table Ronde. Les Africains désirant atteindre l'Europe lui donnent un sens plus moderne en montrant, à l'image des chevaliers d'antan, leur volonté de braver tous les dangers afin d'atteindre leur objectif: l'Europe.

Shauba : nom propre, personne qui a vu, senti, entendu Lampedusa et qui a découvert la froideur de l’eau, des passeurs , des poissons , et se rattachant à ses lunettes de soleil alors que ce n'est pas , objectivement , une bouée. Elle voulait tellement découvrir le monde qu'elle finit par en mourir. Elle devait aller dans une famille capitaliste, elle finit dans la mer, triste. Elle était joyeuse et belle mais aujourd’hui on la ramasse à la pelle au fond de la Méditerranée. Shauba n'était pas, elle est ! Car elle restera toujours comme une âme au fond de l’eau, un symbole pour tous les migrants mais aussi pour toutes les comédiennes qui l’interprètent et les spectateurs qui ont entendu sa voix. On dit souvent que les Africains font le voyage inverse des cigognes, mais les cigognes elles rentrent toujours à la maison.

Thon : poisson carnivore qui prend la mer méditerranée pour un plat de pâtes trop salées, ils mangent les migrants qui meurent dans l'eau et nous les mangeons par la suite en achetant du thon. Ce n'est pas la faute du thon mais des Hommes ! Les thons sont innocents mais les hommes non. Le poisson se nourrit de ce qu'il trouve et nous rejetons la faute sur lui ? Comment faire pour éviter de manger des hommes ? Un indice ? Ce n'est pas de  ne plus manger de thon de la mer méditerranée. Tu ne sais pas ? Et bien c'est d'éviter que des Africains meurent dans la mer en les aidant à traverser ou à rester chez eux dans la dignité ! 

 Utopie : nom commun féminin. Une utopie est un idéal irréel, comme par exemple, celui pour les migrants africains d'arriver en Europe, y être acceptés et  y trouver un travail. Dans le projet Lampedusa on comprend bien que ce n'est effectivement qu'une utopie à travers le récit de Saïf, qui nous raconte en quelque sorte la désillusion devant la réalité de ce qui était considéré comme une utopie par les Africains.


Yacht : n.m. Un yacht est un bateau de luxe très grand. Dans les pièces de Lina Prosa, le « capitaliste » possède un yacht. On peut y voir une allusion à la différence de statut social qui oppose la plupart des migrants obligés de voyager sur des bateaux rudimentaires aux  riches occidentaux, qui sur leur yacht, profitent de la mer méditerranée pendant leurs loisirs