mardi 26 mai 2015

Répétition pour les premières de spécialité théâtre

Lundi 1 er juin: cours normal le matin et  l'après-midi

Mardi 2 juin: 9h-12h Grenier A La Dispute
Après-midi:  14h-17H La Dispute en grande salle

Mercredi 3 juin: cours normaux au lycée jusqu'à nouvel ordre!

Jeudi 4 juin:
9h-12h La Dispute en grenier A
14h-16H La Dispute en grenier A
16h18h: La Dispute en grande salle

20H Générale

Vendredi 5 juin:
Cours le matin au lycée
14h-16h: Raccord
16h-18H: Mise
Début de la présentation 20H

Samedi 6 juin:
16h-18h:Mise

lundi 25 mai 2015

Urgent: Terminales spé: répétitions avec Chiara

  Mardi 2 juin 14h-18H30:  si c'est possible  peut-être au moins Margaux et Lionel pour leur scène à la fin. ( Pauline est convoquée pour un examen à 13h30, selon son temps de passage, elle nous rejoindra.)

Mercredi 3 juin: répétition le matin 9h-12h30 car Chiara n'arrivera qu'à 9h30 ( mais Margaux et Quentin sont convoqués à un examen à 8H, il faut qu'ils nous rejoignent dès que possible.) Chiara propose un temps supplémentaire le mercredi après-midi 14h-17h

Jeudi 4 juin: 14h-16- en salle et 16h-18h en grenier A


Dites-moi si c'est possible.




dimanche 24 mai 2015

Analyse de spectacle: Scène de la vie d'acteur ( Anna)



Scènes de la vie d’acteur 

Denis Podalydes est un sociétaire de la Comédie Française, il est également acteur au cinéma (le Mystère de la Chambre Jaune par exemple) et metteur en scène.
L’acteur du monologue est Scali Delpeyrat, c’est aussi un écrivain, dramaturge et metteur en scène.
Le nom de la pièce fait référence aux différentes parties qui composent le métier d’acteur.

Cette pièce nous raconte les moments importants de la vie d’un acteur : l’entrée sur le plateau, les trous de texte, la sortie sous les applaudissements …à partir de l’expérience qu’en a le comédien Denis Podalydes qui travaille à la Comédie Française. Le spectateur pénètre ainsi dans les coulisses, dans l’envers du décor.
Il n’y a qu’un seul comédien sur scène. Ce qui représente un véritable défi car l’acteur en solo ne peut pas s’appuyer sur un partenaire de jeu, il doit créer un lien avec le public.

Le décor est très épuré, deux structures blanches  arrondies et tournantes sont présentes ainsi qu’une table et deux tabourets. On peut voir les murs de la Comédie de l’Est à nu avec ses cintres. Le sol n’est pas surélevé et la scène est séparée du public par l’habituel passage entre le plateau et les premiers fauteuils. L’espace représenté est une scène, celle de la comédie française ainsi que ses coulisses.
L’acteur utilise des livres posés sur une table, celle-ci devient à la fin un lit au-dessus duquel une lampe est suspendue et dans lequel il se couche comme s’il était rentré chez lui après le spectacle. Derrière le décor, il y a un porte manteau où le comédien accroche sa tenue de jeu. Les deux structures blanches arrondies sont déplacées par le comédien lui-même pour modifier les espaces, tantôt elles sont rapprochées pour indiquer les coulisses avant l’entrée en scène, tantôt elles sont assemblées pour former la loge où le comédien se prépare, tantôt pour représenter le plateau de la Comédie Française. A un moment le comédien grimpe derrière l’une des structures pour avoir une vue plongeante sur le plateau d’où il contemple son frère entrain de jouer les doublures –lumière à la place de l’acteur principal pour régler les effets d’éclairage.
Les lumières sont présentes lors de l’entrée du personnage sur la scène et à la fin lorsque celui-ci dort. Elles attirent l’œil, il y a huit spots au sol qui éclaire le comédien au départ. Il y a très peu de sons à part le bruit d’applaudissements enregistré et surtout les annonces de minutage de la pièce en cours à la Comédie Française qui appelle les comédiens à se préparer à entrer. Ces appels se répètent à un moment comme si la voix harcelait le comédien en proie au trac et à la panique, comme si elle devenait folle alors qu’elle symbolise plutôt l’état mental de stress du comédien.

L’acteur principal est d’abord habillé en tenu d’époque (celle du Roi Soleil), il porte une perruque de noble car il joue le Misanthrope de Molière. Après cela, il est habillé avec une chemise brune et un pantalon qu’il quittera pendant une partie du spectacle pour se retrouver en caleçon. Il enlève aussi plusieurs fois ses chaussures. Parler en s’habillant et se déshabillant n’est pas chose facile et fait partie de la performance de l’acteur qui parfois joue plusieurs personnages par exemple dans les extraits du Misanthrope qui nous sont montrés, il joue à la fois Alceste et Philinte ainsi que ce qui se passe dans la tête de l’acteur pendant qu’il interprète le rôle. Il doit donc jouer trois adresses différentes.

Le spectacle est très comique, grâce aux apartés du comédien envers le public qui apportent une complicité entre le public et l’acteur, et il permet aux apprentis comédiens de s’identifier totalement au personnage principal, c’est d’ailleurs pour cela qu’il m’a beaucoup plu. L’histoire des trous de texte et de la supplication muette à la partenaire ainsi que  l’effort de mémorisation pour retrouver la partie manquante du texte donne un effet très réaliste et pour ceux qui n’ont pas l’habitude de pratiquer du théâtre, cela produit un effet comique aussi.
Le spectacle a une dimension autobiographique puisque Denis Podalydes, l’auteur, parle de son expérience de comédien, il évoque même le suicide de son frère qui n’a pas trouvé sa place dans le monde des artistes, mais toute personne qui a fait du théâtre peut se reconnaître dans le personnage. On apprend beaucoup sur la routine du métier du comédien, sur la distanciation du jeu de l’acteur qui pense parfois à autre chose alors qu’il joue un rôle. Le côté glamour du métier de comédien est démystifié. Mais la performance de l’acteur Scaly Delpeyrat qui interprète Podalydes  séduit le public. Je trouve toutefois que c’est un texte difficile à jouer car il faut savoir rester naturel mais ne pas trop se familiariser avec le public pour ne pas toujours utiliser le même comique, et qu’il est facile de rapidement commencer à « surjouer » dans la diction du texte et la gestuelle.

Analyse de spectacle: Docteur Camiski épisode 1 et 2 ( Anna)



 Docteur Camiski :
Docteur Camiski est un concept tout nouveau, celui de théâtre feuilleton, il est composé de sept épisodes rédigés par Fabrice Melquiot et Pauline Sales sur le principe de la série comme à la télévision. Il s’agit donc d’un clin d’œil vers un genre à succès. Chaque épisode est mis en scène par un metteur en scène différent issu des CDN qui coproduisent la série. Pour le spectateur c’est un élément de suspense supplémentaire car il attend de connaître la patte de chaque metteur en scène dans l’univers posé par le premier épisode, continuité ou variation ?
Cette pièce raconte l’histoire de Camiski, interprété par Vincent Garanger, sexologue, divorcé et père d’un enfant qui reçoit dans son cabinet des patients. Dans chaque épisode, il y en a un nouveau. Dans les deux premiers, Camiski reçoit un rockeur (Yann Delay)  et une bonne sœur(Héloïse) interprétés respectivement par Eric Massé et Jessica Vedel. La première partie est mise en scène par Richard Bruner et la seconde par Johanny Bert.

Le décor boisé représente une pièce dont seulement deux murs sont visibles. Les couleurs sont ternes, plutôt des nuances de beige. Le caractère de la pièce est plutôt vieillot. C’est le cabinet du sexologue, il se situe au milieu de la scène et évolue entre chaque épisode. Le public est séparé de la scène qui représente un vrai cadre de vie. Il y  a deux portes une à côté d’un lavabo et l’autre près du bureau qui symbolise l’entrée du cabinet qui permettent les entrées et les sorties de scène.
Les épisodes sont en général constitués de deux parties, la visite du patient au sexologue et l’exposition de son problème puis la narration de l’histoire du patient faite par Camiski lorsque celui-ci quitte le cabinet. Dans la deuxième partie, on a l’impression que le sexologue se laisse aller à des sortes de délires sur les patients. Les personnages portent des tenues qui correspondent à leur personnage : la religieuse porte un crucifix et des vêtements longs : une longue jupe noire ainsi qu’un pull qui ne découvrent pas son corps. Le rockeur lui porte un blouson en cuir et des lunettes de soleil. Son pantalon était troué puis il intervient déguiser en lapin et à moitié nu, ce qui révèle une sorte de démence.
La pièce est restée éclairée jusqu’à la fin où elle est envahie par la fumée comme si le rockeur allait jouer un concert.
Les sons utilisés durant la pièce sont des enregistrements (conversation entre le sexologue et sa femme par le biais de la messagerie du téléphone).  La musique vient donner du rythme lorsque le chanteur chante à la fin « L’envie » de Johny Halliday. La chanson peut alors se lier avec l’envie  grandissante du rockeur de faire l’amour malgré son impuissance qui le pousse à consulter Camiski. Les accessoires de la pièce sont le plus souvent utilisés par Camiski, les fauteuils, le bureau, le lavabo qui lui sert pour se laver les mains et se brosser les dents. Le rockeur lui possède une guitare et un sac.

Le nouveau concept de théâtre feuilleton m’a beaucoup plu. Il permet de garder du suspens et d’augmenter l’envie d’en connaitre plus sur Camiski et donc de voir la suite. Le fait que les personnages changent nous apporte à   chaque fois quelque chose et un vent de renouveau. De plus, j’ai apprécié le fait que Camiski ait un chien et qu’il soit présent sur scène. Junon est la chienne de Camiski, elle est maigre et a un pelage blanc. Dans cet épisode elle reste couchée dans son panier dans le coin de la pièce. Elle apporte une touche de calme et de stabilité au cabinet.


(peut-être peux-tu faire une remarque sur l’ensemble de la série maintenant que tu as tout vu et dire quel est l’épisode que tu as préféré. Il faut que tu t’attendes à une question là-dessus à l’oral.)

Analyse de spectacle: Orchestre Titanic ( Anna)



Orchestre Titanic :

Le spectacle est une création produite par la compagnie les Méridiens, le metteur en scène est Laurent Crovella. Il met en scène la fable de l’auteur bulgare Hristo Boytchev
Les acteurs sont  Ferdinand Barbet, Xavier Boulanger, Philippe Cousin, Stéphanie Gramont, Frédéric Solunto.

C’est l’histoire de cinq personnages atypiques, laissés-pour-compte qui vivent dans une gare. Leur seul but est de monter dans un train pour s’en aller. Sauf qu’aucun train ne s’arrête. Seules des ordures sont envoyées sur le quai, jusqu’au jour où Harry l’illusionniste est éjecté d’un train et se retrouve sur le quai à son tour et va changer leur vie en leur promettant de les emmener dans un train.

Le décor de la scène est la reproduction d’un quai de gare abandonné où des déchets jonchent le sol, déchets qui ont été jetés des trains qui passent sans s’arrêter. (journaux, magazines, emballages, partitions, bouteilles). Le sol est légèrement surélevé et sur les côtés de la scène, en cour et en jardin, il y a des espaces pour laisser passer les trains imaginaires.  La structure représentant la gare est blanche mais très sale. Les portes sont abimées au point qu’elles pourraient tomber. A jardin, un horaire de train est affiché sur le bâtiment, à cour, il y a une porte qui s’avèrera être celle de toilettes car Metho y fixera avec son couteau des partitions qu’il a découpées pour un usage trivial. Au milieu, les portes sont battantes comme dans un saloon. Les fenêtres et le toit sont brisés par endroits. Derrière la structure, il y a un espace permettant grâce aux portes battantes des entrées/sorties de scène et qui agrandit la profondeur de champ.  Une horloge surplombe le toit mais elle ne possède ni aiguilles ni nombres. Cette gare évoque assez bien une petite gare de région parisienne même si elle est de guingois.

Plusieurs objets scéniques sont utilisés durant la pièce, des bouteilles, les valises de chaque personnage qui se transforment en instrument de musique lorsque Harry les hypnotisera, mais elles sont présentes dès le début de la pièce et invitent le spectateur a imaginé leur propriétaire avant son apparition. Elles sont aussi un accessoire burlesque lorsque Metho fait répéter l’attaque d’un train à sa troupe dans une sorte de répétition vouée à l’échec mais qui fait de lui un chef et une sorte de metteur en scène jusqu’à l’arrivée d’Harry qui le détrônera. Un couteau est planté dans la porte, il permet de tenir une partition de Beethoven réduite en feuillets destinés à un usage trivial et qui signale le dénuement des personnages mais il sera aussi l’instrument de la tentative d’assassinat de Harry dont Metho voudrait se débarrasser pour récupérer ses belles chaussures jaunes. La malle dans laquelle arrive Harry est aussi très importante car elle sera utilisée à la fin du spectacle pour faire disparaitre tous les personnages sauf Doko. Il existe aussi un ticket de train que possède l’un des personnages. D’autres objets comme les vieux journaux et les mouchoirs servent plutôt pour le décor et pour montrer que la gare est désaffectée, que la situation des personnages est une extrême pauvreté.

Les lumières utilisées sont blanches et jaunes, elles proviennent  le plus souvent des cintres. Des lumières sur les côtés étaient utilisées également lors de l’arrivée d’un train. Vers la fin, lorsque tous les personnages sont dans un train grâce à Harry, il n’y a presque plus de lumière mais des ombres très inquiétantes. Ce passage se situe vers la fin de la pièce quand les protagonistes arrivent enfin à monter dans un train, toutefois l’environnement semble hostile comme si la société continuait de les rejeter malgré le fait qu’ils essayent de l’intégrer. Les personnages dans la gare devenue wagon car l’horloge a été escamotée, les personnages deviennent comme des ombres et des fantômes et certains d’entre nous ont pensé à des images de  déportation pendant la deuxième guerre mondiale, tant l’atmosphère devenait oppressante.
 
Le son vient renforcer les émotions que veut faire passer le jeu de lumière, des bruits de trains permettent de les visualiser. Les bruits de trains qui passent sont d’ailleurs présents dès l’entrée du public créant un effet étrange car on ne sait si la pièce a déjà commencé.  Lors de l’orchestre que monte Harry, on entend une musique classique comme si les personnages la jouaient avec leur valise. Une musique sépare également certains moments de la pièce. Laurent Crovella, le metteur en scène, a d’ailleurs expliqué que ces sons de fanfare sont la seule réminiscence du contexte balkanique de la pièce car la musique évoque une sorte de fanfare tzigane détournée.

Il y a cinq personnages récurrents ainsi  que Katia, l’ourse de Doko qui est souvent évoquée même si elle est morte de faim à cause de la négligence de Doko.

Doko est le personnage principal de la pièce selon moi.  Un ancien garde de réserve animale qui au premier abord fait froid dans le dos. Sa tenue et son regard le font apparaitre comme u personnage effrayant et très tourmenté.  Il parle souvent de son ours qu’il a laissé mourir comme s’il était bloqué dans le passé.
Metho est le personnage le plus autoritaire, il se considère comme un chef. Il porte un marcel blanc sali et un pantalon court sale, on a l’impression qu’il a travaillé et qu’il est usé par sa vie.
En opposition, Loupko l’ancien chef de gare au costume trop court est très discret. Grand et maigre, il se fond dans le décor, d’ailleurs il connait les horaires des trains par cœur.
Loupka est la seule femme du voyage, sa tenue est violette ainsi que ses cheveux. Elle boit beaucoup et se sent irrécupérable comme si le poids de sa vie la poussait vers l’irrévocable.
Le dernier protagoniste qui fait son apparition est Harry, il sort d’une malle habillé à la fois de manière  chic et décalée, il porte des chaussures jaunes que Meto essayera de lui prendre en l’assassinant. Il est très sympathique même si Meto est hostile. Il se fait passer pour le célèbre illusionniste Harry Houdini.
La fin de la pièce était spéciale, chacun des protagonistes entre dans la malle par laquelle est arrivé Harry, ils disparaissent tous sauf Doko, pour ma part, je pense que tous les personnages n’ont pas existé, qu’ils étaient juste une invention de Doko pour lutter contre la solitude. Le train qui passe symbolisait la société qui ne voulait pas de lui et le laissait seul dans la gare déserte.
L’illusionniste est un des personnages les plus durs à cerner, il arrive après les autres et essaye de leur montrer qu’ils peuvent sortir de cette gare. C’était un des personnages les plus forts aussi grâce à ses tours de magie, il donnait une impression d’espoir, il incarnait le seul moyen de retourner à la société traditionnelle et de ne plus être laissé pour compte. Il incarne l’importance de l’art qui permet parfois d’échapper à la souffrance de la solitude et de l’abandon social, mais Harry est un illusionniste qui divise le groupe, il n’apporte pas de véritable solution, il ne parvient pas à agir et à faire agir véritablement. Toute la fable parle des tentatives de prises de pouvoir sur le groupe par la peur et la force pour Metho, par la persuasion, la parole, la séduction, le jeu pour Harry.
Les personnages peuvent représenter certaines personnes qu’a connues Doko durant sa vie, elles reviennent dans son esprit lorsqu’il est seul. On peut penser qu’à la fin il les laisse partir et choisit d’avancer sans son passé.
La fin n’est pas la même selon les différents soirs de jeu, Doko se retrouve soit seul au milieu des étoiles ou bien dans un noir complet. On peut donc soit penser que Doko a trouvé la paix ou au contraire à sombrer dans la solitude.
(manque peut-être juste un avis personnel sur la pièce dont l’analyse de la représentation est intéressante.)

Analyse de spectacle: Scène de la vie d'acteur ( Juliette)



Scènes de la vie d’acteur

            Nous sommes allés voir à la comédie de l’Est, la pièce Scènes de la vie d’acteur, de Denis Podalydès qui est un grand comédien de la Comédie Française. A la base, le texte n'a pas été écrit pour être mis en scène au théâtre; il retrace le quotidien d’un acteur de théâtre et de cinéma, ses moments de trac, de doute, ses mésaventures ou la routine du métier. Ce texte est aussi une mine de renseignements sur le fonctionnement particulier de la Comédie Française. C’est Scali Delpeyrat, acteur, écrivain, dramaturge et metteur en scène français, qui  en a choisi des extraits, les a mis en scène et les joue sur scène ; il est le seul acteur sur scène.
Nous allons tout d’abord nous intéresser à la scénographie choisie puis nous nous intéresserons au jeu de l’acteur.
            Lorsqu’on arrive dans la grande salle de la CDE où se déroule la représentation, la disposition scénique est habituelle : une disposition frontale du public. Il n’y a aucun rideau ou obstacle qui empêche de voir les éléments scéniques déjà sur scène pour le début de la représentation. Les pendillons disposés habituellement sur les côtés de la scène ne sont pas présents, l'espace scénique parait nu.
On peut déjà observer sur scène un petit tabouret blanc, très simple, disposer au centre du plateau, ainsi qu’une échelle blanche disposée contre le mur du côté cour. On y voit également deux grand panneaux blancs arrondis, disposés l’un à côté de l’autre côté jardin, en laissant un espace réduit entre ces deux panneaux. On comprend ensuite que ce petit espace entre les panneaux représente les coulisses qui se trouvent sur le côté d’une scène, là où les comédiens attendent pour rentrer sur scène. Ces panneaux sont mobiles et l’acteur va bouger l’un des deux panneaux à plusieurs reprises pour dessiner les différents espaces scéniques de la pièce. Au milieu de ces deux panneaux se trouvent une longue tablée de forme oblique elle aussi, de façon à être contre le panneau, comme sur la photo ci-contre. Sur cette table sont posés de nombreux livres et une tête de mannequin en papier qui sert à poser la perruque de l’acteur.
            La pièce met en scène un seul comédien qui joue le rôle d’un comédien de la comédie française; en effet la pièce raconte en plusieurs scènes la vie d’un acteur avec les différentes émotions que celui-ci peut ressentir ou encore les différents problèmes qu’il peut rencontrer.
La pièce est découpée de telle façon que dans chaque scène, le comédien est sur la tournée d’une autre pièce de théâtre, et à différents stades de cette tournée ; en effet, lors de la première scène, on assiste au début d’une tournée du Misanthrope de Molière , puis au milieu d’une autre tournée: Le Leg de Marivaux, puis à la fin d’une autre, une pièce de Tchékhov, cela permet aux spectateurs de voir l’état d’esprit dans lequel peut se trouver un comédien à ces stades totalement différents. 
Il y a donc un certain temps qui passe dans la vie du personnage entre chaque scène ; ce temps est parfois matérialisé par des jeux de lumières ou de sons. En effet, lorsque le comédien changeait de décors en déplaçant les éléments scéniques, il y avait de rapides changements de lumières, du bleu au jaune, à différents endroits du plateau pour matérialiser les différents éclairages qui passent sur le plateau lors des nombreuses représentations qui passent. Ou encore il y avait une voix enregistrée qui annonce le temps qui reste aux comédiens avant de rentrer sur scène. Ces annonces incessantes sont celles qui sont utilisées pour l'appel des comédiens dans les coulisses à la Comédie Française. Et lors de ces changements de scènes, on peut entendre cette voix incessante qui parle très vite et qui répète sans cesse des phrases comme « 20 minutes, il vous reste 20 minutes, 20 minutes merci. Au plateau, 20 minutes », ce qui représente comme la lumière, le temps qui passe, avec les diverses représentations. Ces enchaînements d'appels et d'annonces donnent l'impression de devenir folle, elles peuvent représenter le temps qui passe mais également le trac des comédiens.    
Le temps passe, et les décors changent mais pourtant, il n’y a pas d’autres objets qui entrent en scène, les objets sont détournés et déplacés pour être réutilisés, il y a la mobilité des panneaux, que le comédien déplace, mais aussi le tabouret qui est parfois au milieu de la scène et parfois devant la table lorsque le personnage principal se trouve dans sa loge. La table est elle aussi détournée au cours de la pièce ; à la fin de la représentation, celle-ci sert de lit à l’acteur sur laquelle on a disposé un oreiller et une couverture.
            Le comédien joue donc le rôle d’un comédien de la comédie française jouant différentes pièces de théâtre et donc différents rôles, celui d’un marquis par exemple. Le comédien porte alors à chaque fois un costume différent qui nous permet également de comprendre que le temps passe. La pièce alterne entre les moments sur le plateau du comédien et les moments en coulisses. Lorsque le personnage est sur scène, le comédien joue le rôle des différents personnages en changeant de place dans l’espace et en modifiant sa posture, sa voix et sa gestuelle ; ce qui est très bien exécuté par Scali Delpeyrat car on distingue facilement les différents personnages, et on les imagine même.
En même temps que le comédien joue le rôle des différents personnages normalement présents sur scène, celui-ci dit à haute voix les pensées que le comédien ressent sur scène et qui sont différentes en fonction des moments de la pièce et des personnages à jouer. Cette distinction entre les paroles prononcées et les pensées du comédien  est également facilitée par les changements de langages entre le comédien et les personnages qui parlent de manière plus soutenues lorsqu’il s’agit de Molière ou de Marivaux.
En effet, on assiste au stress d’une première représentation ; puis, dans la peau d’un autre personnage, à l’oubli du texte, au grand blanc, et on entend alors la détresse du comédien, sa panique, dans un mélange de rire et de compassion. Pratiquant moi-même le théâtre, je me suis parfois reconnue dans ce personnage, par exemple au moment du stress avant la première représentation, mais je pense que les spectateurs ne faisant pas de théâtre ont aussi ressenti tous ces sentiments très fortement car le comédien les exposait très clairement.
A la fin de la pièce, l’acteur vient de finir l’une de ses tournées, après de nombreuses représentations, il rentre chez lui, et c’est la première fois que l’on voit le comédien chez lui, et il s’allonge donc sur la table transformée en lit, et il y a  une petite ampoule qui pend du plafond. Ce ne sont plus les lumières du plateau qui éclairent le comédien, mais juste cette petite ampoule, ce qui montre bien que le comédien n’est plus sous la lumière des projecteurs du plateau sur lequel il a passé beaucoup de temps ; cela met encore plus en évidence le fait que le comédien est chez lui.
Ce monologue procure donc beaucoup de sensations aux spectateurs, la représentation dure 1h, n’est donc pas très longue et est pleine de rebondissements comiques, par exemple lorsque le comédien raconte et nous transmet très rapidement, dans un flux de paroles comiques et naturelles, la sensation qu'il ressent au moment où il oublie totalement son texte, ou encore de beaux moments de silence, de suspension. La pièce nous présente de beaux moments de théâtre ainsi que des moments plus compliqués pour un acteur, c’est une vision des gammes de jeu très complète qui nous a été présentée dans cette pièce.
La performance de l'acteur, seul sur scène est impressionnante à mon avis, car celui-ci tient le public en haleine, on veut connaître les différentes aventures de ce comédien auquel on s'attache assez rapidement. Les moments émouvants de la pièce augmentent notre émotion, notamment lorsque le comédien parle de son frère cadet, qui travaillait à la Comédie Française en tant que doublure lumière de son frère, c'est- à- dire qu'il devait se placer sur le plateau aux places occupées par son frère, pour que l'on puisse faire les réglages de lumières. Son frère qui était dépressif semblait plus heureux pendant cette période de sa vie où son frère l'hébergeait mais celui-ci a quand même finit par se suicider, ce qui est profondément inscrit dans la vie du personnage. La pièce n'est donc pas seulement comique, mais également touchante, ce qui accentue notre attachement au personnage. 
La performance de l'acteur est d'autant plus bluffante que ce texte et la langue de Podalydès sont assez complexe, notamment avec la difficulté pour le comédien d'incarner plusieurs personnages à la fois et en même temps exprimer ses pensées, dans un rythme plutôt soutenu. Podalydès nous montre à travers ce texte, que l'on peut voir comme contenant une dimension autobiographique, qu'il y a des bons et mauvais moments dans la vie d'acteur, des moments plus ou moins stressants, mais également des moments où le comédien prend plus de plaisir que d'autres. Mais aussi les moments de doutes et de difficultés, comme lorsque le comédien n'arrive pas à comprendre entièrement son personnage et donc à l'incarner de façon crédible.