mardi 11 septembre 2018

S'informer sur la crise des réfugiés

Arte propose tout un dossier sur le sujet à explorer: la crise des réfugiés

séance du lundi 1O septembre 1ère spé

Accueil en petite salle à la CDE avec Chiara Villa, metteuse en scène
Travail autour de la table:
Présentation de chacune.
Quelques informations sur l’organisation de l'année: abonnements à la salle Europe et à la CDE

Façon de travailler de Chiara, sa conception de la mise en scène et du rôle du théâtre dans la société. une vision engagée de son art, en lien avec les problèmes posés à la société, des questions politiques.
Détermine la structure globale de la mise en scène, à l'intérieur marge de liberté pour l'acteur qui doit être une force de proposition et surtout s'approprier ce qu'il dit, s'engager à le défendre au plateau avec conviction. recherche d'une adhésion de l'acteur au propos , parti pris du spectacle.

Présentation du projet à partir du texte Les Suppliants d'Elfriede Jelinek:
discussion à propos de la globalisation de l'information, impossibilité de ne pas savoir ce qui se passe dans le monde, connexion, information qui souvent produit des réactions et des actions immédiates: série d'exemples.
Qui est Elfriede Jelinek?

Le texte d'Elfriede Jelinek porte sur la crise des réfugiés, "les migrants". ce que l'on est sait.Nécessité de faire des recherches.

 Premier découpage du texte avec lecture à tour de rôle.

Explication du dispositif scénique: spectateurs sur le plateau, acteurs dans le sgradins, ils n'incarnent pas les migrants mais sont porteurs de leur parole dans le texte de Jelinek, parole concrète avec parfois des allusions au mythe grec des Suppliantes d'Eschyle, prise à partie des spectateurs: NOUS/VOUS, ironie de la voix de Jelinek souvent, musicalité du texte liée à des répétitions de mots, des jeux avec des syllabes approchantes, problème de la traduction de l'allemand au français pour bien juger du style de l'auteure autrichienne.

Consigne: lire le texte, commencer à se demander ce que l'on peut enlever parce que ça se répète. Entrer dans la "matière" Les Suppliants"
(à suivre)

samedi 8 septembre 2018

Séance 1 vendredi 7 septembre:reprise

Trame de la séance:
Échauffement avec des exercices de base, reprise du rituel: en cercle, étirement, détente, frottement du corps.
Pour permettre à Marjolaine et Adèle de connaître tout le groupe des anciens premières: chacun se présente avec un geste, puis la personne suivante reprend le geste et rajoute le sien, travail de la mémoire et création d'une chorégraphie collective.
Attention à la précision du getes proposé et à la qualité gestuelle de la reproduction: s'investir dans tous les exercices en mettant en jeu le corps sérieusement. consigne pour l'ensemble de l'année.

Poursuite de l'échauffement avec l'exercice du "leader": contraste de rythme, inventivité gestuelle, qualité de l'élimination du leader qui doit être nette et précise. Attention à ne pas refuser la position du leader comme certains l'on fait, il faut alterner les deux positions.

Exercice de l'équilibre du plateau. Certains doivent être plus réactifs, moins attentistes.Un des buts de l'exercice est de se sentir à l'aise dans un espace donné en fonction des partenaires, avoir conscience de ce que l'on fait dans l'espace.

Cercle assis: exercice de coordination du lou lou la lou gestes et voix, mise en voix, être capable d'accélerer, de jouer avec la voix: écoliers, chanteurs lyriques, versions swinguées. sentiment fort d'appartenir à un collectif.

On se rapproche de la matière Woyzeck: raconter l'histoire en cercle quelqu'un commence, s'arrête, le suivant continu. si on n'a pas lu le texte, on essaie de meubler de façon logique sans trop anticiper sur une fable que l'on ne connaît pas. Exercice un peu décevant pour deux raisons:1. trop de gens ne connaissent pas la fable, pas même un résumé crédible. 2. Trop d'investissement et d'imagination pour combler la lacune, ce que l'exercice permettait pourtant.

Reconstitution des grandes lignes la fable  à partir d'une discussion. Informations sur le caractère fragmentaire de la pièce. Tour de cercle pour donner les impressions de lecture de chacun:
pas une pièce dont on peut facilement reconstituer la fable à première lecture, effet de rupture des séquences qui ne paraissent pas liées par des liens de cause à effet, à l’intérieur des séquences parole parfois difficile , trouée de silence. Pas une structure classique.
La discussion redonne envie de lire la pièce.
Pause

Recherche d'états: Marie berçant son enfant, berceuse chantée: chacun pou soi d'abord ensuite Romane est Marie, les autres sont des voisins , des villageois, tout le monde vient admirer le bébé, chanson collective A la Claire fontaine trouvée dans l'improvisation.
2ème version avec code de jeu plus outré, grotesque, c'est Iied qui est Marie.

Woyzeck entend des voix dans sa tête: recherche jusque 'à l'intolérable, l'insupportable.
Woyzeck est une sorte de chaman qui écoute la terre, la nature et qui entend des informations qu'il doit partager, à partir de cet éta,t se regrouper pour échanger sur ce qui a été entendu: que faire de ce que la nature a révélé? à partir de cette tension faire sortir le stextes que vous avez appris conformément à ma demande avant la rentrée. Très beau moment d'improvisation qui sera frepris à pause art café jeudi prochain. presque tout le monde est resté dans le jeu pendant la durée de l'impro, écoute, prises d'initiative intéressante.

Un régiment de Tambours-Majors: commencer accroupi et au ralenti pour donner l'effet d'un surgissement progressif, puis défilé de plus en plus grand et martial. Dire les mêmes textes en ligne comme des discours engagés.
Improvisation réussie également qui témoigne du fait que tout le monde a réussi à changer sa projection de voix. expérience qu'avec les mêmes textes, on peut obtenir des effets très différents selon la mise en espace et les intentions de jeu choisies.

Présentation du projet danse pour les célébrations d'ouverture de la salle Europe: Huit personnes sont d'accord pour y participer. recruter éventuellement d'autres camarades qui sont libres le samedi matin, possibilité de transmettere la chorégraphie à ceux qui ne sont pas libres pendant le stage.

Présentation du programme de spectacles retenus à la salle Europe et à la CDE.
Tarif CDE 6 euros
Salle Europe 4 euros
Parents qui peuvent bénéficier d'un tarif avantageux s'ils vous accompagnent à demander à la CDE

Quelques consignes pour le travail à faire: carnet de bord, approfondissements personnels, compte rendus de spectacles: un par trimestre, pour tous les spectacle sus: traces de spectacles vus: s'intéresser à un aspect, faire une critique plus journalistique, qualités, défauts argumentés.

Pour trois spectacles dans l'année: avoir lu les textes avant d'aller voir le spectacle, la réception d'un spectacle n'étant pas le même, le travail des artistes, leurs propositions venant se confronter à ce que l'on avait imaginer.

jeudi 23 août 2018

Rentrée

Bonjour à toutes et à tous,
Nous allons nous retrouver bientôt pour reprendre nos beaux projets de théâtre. J'ai envoyé des messages personnels aux Terminales avec quelques demandes pour la rentrée que je vais noter ici également au cas où vous regardiez plus le blog que votre courrier.

J'aimerais que chacun apprenne pour la rentrée un texte qui lui tient à coeur particulièrement: poème, extrait de roman ou de pièce, discours...Ce qui importe est que vous teniez particulièrement à ce texte. Gardez secret juqu'à nos retrouvailles votre choix. si vous ne trouvez rien à apprendre, écrivez moi et je vous proposerai des textes.

En Terminale notre premier projet avec Sandrine Pires sera la nouvelle oeuvre au programme Woyzerck. je vous demande de la lire dans l'édition recommandée: folio théâtre, version bilingue avec la préface de P. Pavis. Noter dans le carnet de bord toutes les questions qui vous viennent, les idées éventuelles et surtout les passages qui vous plaisent le plus. Le but est que nous puissions discuter de cette "matière" dès nos retrouvailles

Je mets en ligne- c'est cadeau- une interview d'Ariane Mnouchkine et de ses acteurs à propos d'Une Chambre en Inde

Je salue également les anciens qui viendraient sur le blog pour continuer à nourrir leur réflexion. Donnez des nouvelles régulièrement  et n'oubliez pas le théâtre.

mardi 10 juillet 2018

Documentaire sur Joel Pommerat et sur le spectacle ça ira

Jusqu'au 14 juillet vous pouvez voir en différé sur arte ce très beau documantaire sur la façon de travailler de Joel Pommerat: vous qui avez travaillé la pièce ça ira, ça doit vous intéresser doublement.
Joel Pommerat:  le théâtre comme absolu

Avignon (Suite) Milo Rau: la reprise

Article dans Inferno: entretien avec Milo Rau: Cet entretien avec Milo Rau porte sur La Reprise Histoire(s) du théâtre (I), une pièce qui cherche à comprendre la violence banale, en germe dans notre société, à travers un fait divers, celui de l’assassinat d’Ihsane Jarfi par un groupe de jeunes hommes homophobes une nuit d’avril 2012 à Liège.

Article dans scèneweb 

Festrival d'Avignon (suite) 10heures de spectacl mis es en scène Julien Gosselin

Le spectacle marathon de Julien Gosselin sur Culture Box:"Joueurs, Mao II, Les Noms" d'après Don DeLillo

article de Jean-Pierre Thibaudat

samedi 7 juillet 2018

Suivez le Festival d'Avignon même de loin...

 Le site culture box vous informe de ce qui se passe au Festival 2018

Thomas Jolly ouvre le Festival dans la Cour d'Honneur avec Thyeste de Sénèque - qui a été l'un des précepteurs de Néron- que vous pouvez regarder sur Arte mardi 10- après me match- vers 23h15: en savoir plus

Interview de Thomas Jolly

Tous les articles de culture box sur le Festival d'Avignon

dimanche 1 juillet 2018

Ariane Mnouchkine au Fesrival d'Avignon

La persistance du désir de beauté, entretien avec Ariane Mnouchkine

La persistance du désir de beauté, entretien avec Ariane Mnouchkine | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Propos recueillis par Agnès Santi / La Terrasse N°267
juin -juillet 2018


Que de chemin parcouru depuis 1964, année de création du Théâtre du Soleil par Ariane Mnouchkine et les siens ! Utopie active abritée dans une maison-théâtre, le Théâtre du Soleil est un phare dans notre paysage théâtral. Figure majeure de la création contemporaine, Ariane Mnouchkine a depuis ses débuts présenté au Festival d’Avignon plusieurs spectacles, dont le plus récent fut Les Éphémères en 2007. Étonnamment, le Théâtre du Soleil est depuis lors absent du Festival, dont il représente pourtant l’esprit fondateur.

En quoi votre rapport au théâtre a-t-il changé ?

Ariane Mnouchkine : En 54 ans, chacun au sein du groupe a évidemment évolué. Nous avons vieilli, nos cheveux ont blanchi… Nous avons changé, mais nous sommes aussi les mêmes. J’espère que nous avons mûri, gagné en complexité, en compréhension, en lucidité et en vérité. J’espère que nous n’avons rien perdu, en enfance, en idéalisme, en tout ce qui agace. Que nous avons gardé le désir d’idéal qui était celui que nous avions. Je dis bien idéal, et pas idéologie. Parmi les nouveaux venus, certains sont nés bien après les débuts du Théâtre du Soleil. Et pourtant, ils participent activement à la naissance de chaque jour du Théâtre du Soleil, et en cela, étrangement, ils paraissent aussi enracinés que moi-même. Dans une troupe comme la nôtre, on naît chaque jour, et à chaque représentation. Notre longévité exceptionnelle a aussi nourri un rapport au public particulier, parfois même une sorte de compagnonnage délicieux avec certains acteurs ou actrices. Une dame m’a dit : « Nous vieillissons ensemble ! » La moitié environ de nos spectateurs voit tout ou presque, mais beaucoup ne sont encore jamais venus, et environ 20% sont des collégiens ou lycéens. Certains emmènent leurs enfants et confient avoir connu le Théâtre du Soleil avec leurs parents.

Comment traduisez-vous cet idéalisme qui vous tient à cœur ?

A.M. : Il faut savoir quelle conception de l’humanité nous soutenons. Je ne pense pas que l’humanité soit mauvaise, mais qu’il existe du mauvais dans l’humanité. Si le théâtre ne fait que montrer la face sombre de l’humanité, alors il n’est pas révélation. Nous sommes tous conscients de l’horreur du monde, ce que parfois nous oublions ce sont justement les possibilités d’amélioration, à travers ce qu’accomplissent les êtres humains qui tentent et parfois réussissent à transformer les choses, à travers toutes sortes d’actions qui luttent contre les maux qui nous oppressent, qui peuvent être extérieurs, mais aussi intérieurs ou intériorisés. Si on ne parle que du mal, on finit par lui ériger des statues. Ce n’est pas être naïf ou niais de dire cela. Au contraire, percevoir l’efficacité de ces infimes combats, de ces minuscules constances, nécessite une grande lucidité. Je crois à l’efficacité des petites gens que nous sommes, à notre capacité de rassemblement et d’action à notre échelle, minime mais pas insignifiante.

Aller au théâtre, est-ce aussi une manière de résister au pessimisme ?

A.M. : Aller au théâtre, au cinéma, lire un livre, emmener ses enfants voir une exposition ou écouter un concert : c’est une affirmation, une résistance, d’autant plus dans une société menacée par le terrorisme. Je cite toujours Raymond Aubrac qui, lorsque Hélène Cixous lui demandait : « C’est quoi pour toi, la Résistance ? », répondait : « La Résistance, c’est l’optimisme. » Ces hommes et femmes de l’ombre qui s’engagent dès 1942, au plus profond de l’horreur, à un moment où de l’avis de tous mis à part quelques fous l’Allemagne nazie ne peut être que victorieuse, pourraient être qualifiés d’idéalistes forcenés. Ils ont cru à l’incroyable et ce sont eux qui ont eu raison. C’est pourquoi il est important aujourd’hui de cultiver notre fraternité contre les bâtisseurs de murs vénéneux, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche.

Pourquoi convoquez-vous régulièrement dans votre travail les traditions théâtrales asiatiques ?

A.M. : Ces formes font partie de ma boîte à outils, de mon patrimoine. Alors que la dramaturgie est européenne – grecque, russe, anglaise… -, les arts traditionnels asiatiques constituent un conservatoire de l’art de l’acteur inouï. Ce théâtre ancestral interprète quasi toujours les mêmes épopées et légendes, mais dans une impressionnante diversité de jeu, où souvent se déploient les marionnettes ou les masques. C’est pour nous un véritable trésor, une corne d’abondance. D’autres plus grands que moi comme Brecht ou Meyerhold ont d’ailleurs entrepris de fructueuses recherches dans ces territoires lointains. D’autant que comme le dit Victor Hugo : « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface ». Ethniciser ces formes en supposant que seuls les Asiatiques pourraient y avoir accès me semble une erreur, tant ce postulat prive les acteurs de maîtres extraordinaires, d’expériences et découvertes uniques. Dans Une Chambre en Inde par exemple, nous pratiquons le Terukkuttu, un théâtre Tamoul très ancien. Ces traditions ancestrales et populaires nous aident à véhiculer une certaine complexité, et bien sûr une forme de beauté, une esthétique singulière. C’est justement parce qu’il est très local que cet art touche à l’universel.

« Nous avons besoin au théâtre d’une transformation, d’un plus, de quelque chose qui soit plus vivant que la vie. »

A qui vous adressez-vous lorsque vous créez ?

A.M. : Nous nous adressons à nous-mêmes : nous faisons le spectacle que nous voulons voir, parce qu’il élucide et incarne quelque chose qui nous prend, et qui nous surprend. Cela nécessite souvent un long temps de maturation et d’apprentissage pour savoir comment matérialiser sur scène les enjeux. Nous faisons le pari que les spectateurs nous ressemblent, dans une confiance assumée. Nous commençons à travailler sur un spectacle en étant ignorants, pour finalement devenir après environ neuf mois momentanément experts. Le public réalise en un peu plus de trois heures le chemin que nous avons parcouru en presque un an.

Et le théâtre est un art qui se fabrique…

A.M. : Un art spirituel, concret, matériel, charnel, artisanal… Le travail théâtral ne dévalorise ni le travail manuel, ni le travail corporel, ni le travail intellectuel. La main au théâtre est essentielle. Je pense d’ailleurs qu’il est nécessaire de réhabiliter le travail manuel en France, et qu’il serait bien d’inscrire le travail manuel – plomberie, pâtisserie, électricité, menuiserie ou autre – comme matière obligatoire dans les programmes des lycées pour toutes les sections du baccalauréat. Quelque chose de la “belle ouvrage“ devrait être enseigné, cela ragaillardirait l’enseignement technique.

Quel est votre regard sur les jeunes équipes ?

A.M. : Dans les jeunes équipes, je sens un besoin très fort d’amitié, de travail collectif. Je ne suis pas sûre que les tutelles soient suffisamment attentives à ces projets rêveurs, originaux et un peu fous. Alors qu’aujourd’hui nous sommes éduqués et donc conduits à la méfiance, au soupçon, bref, au sourd refus préalable à toute écoute sincère. Alors que les artistes en général et les actrices et acteurs en particulier, ont besoin de pratiquer l’observation, pénétrante certes, mais aussi la confiance, et même, pour les comédiens, la crédulité. Sinon, les cœurs et les esprits se claquemurent dans le préjugé, la peur, donc l’arrogance, et plus rien n’est possible de ce qui est essentiel à une relation humaine.

Comment développer l’imagination ? Le goût de la beauté ?

A.M. : C’est un muscle l’imagination ! Venir au spectacle est un moment d’éducation, d’initiation à la beauté, à l’émotion, à la notion de métaphore. Dostoïevski souligne dans L’Idiot que « la beauté sauvera le monde ». Je pense que l’éducation à la beauté, la persistance du désir de beauté, la conviction que la beauté existe sauvent le monde. Les discours de mise en question systématique de la beauté conduisent d’ailleurs à une relativisation destructrice. Certaines œuvres expriment clairement une impuissance artistique et sémantique. Fondamentalement, la beauté se différencie, se reconnaît, même s’il y a toutes sortes de conceptions de la beauté. Et l’art, c’est du boulot !

Comment le théâtre peut-il garder ses distances face au monde ?

A.M. : Il me semble qu’aujourd’hui le monde est plus indéchiffrable qu’auparavant, mais peut-être était-il tout aussi incompréhensible à d’autres époques, comme avant-guerre par exemple. Au théâtre, la distance est nécessaire sinon on ne voit rien. Il s’agit d’être perméable et en même temps de voir de haut, de s’éloigner. Sans recul, nous sommes inondés de convictions, d’opinions, d’émotions, d’indignations qui ne sont pas de la connaissance. En ce moment, ce qui est difficile, c’est que nous avons l’impression de ne voir qu’un ou deux rouages sous notre nez sans comprendre ce qui est lointain, sans appréhender l’ensemble des mécanismes. Comme tous les arts, le théâtre est un art de la métaphore, une transformation du réel. En représentant le monde, il approfondit, il éclaire, il ouvre, il déploie, il déplie… Nous recherchons au théâtre une forme de vérité, pas le réalisme qui est un non-théâtre. Si on ne voit au théâtre que ce qui est, pourquoi se déplacer ? Nous avons besoin au théâtre d’une transformation, d’un plus, de quelque chose qui soit plus vivant que la vie.



Propos recueillis par Agnès Santi

lundi 18 juin 2018

Présentations de travaux option facultative 2017/2018: Le Dragon

Au terme de la saison dernière, les futurs élèves de terminales ont émis le souhait de travailler sur une œuvre unique et dans le registre comique. C’est Le Dragon que Sandrine Pirès et moi avons retenu pour ce travail car ce texte étant une satire de la dictature stalinienne, il offre dans sa matière même des possibilités de jeu burlesque. Par ailleurs, une critique du totalitarisme et des compromissions des autorités avec les tyrans n’est pas sans actualité. Enfin, il présentait à la fois des scènes assez étoffées à peu de personnages pour l’épreuve du baccalauréat et des scènes collectives aptes à impliquer un groupe conséquent. Nous nous sommes limités aux deux premiers actes dont nous avons encore enlevé au moins un quart du texte.
La présentation du travail a eu lieu sur le plateau de la salle des spectacles Europe à Colmar le mardi 5 juin. Les photos sont celles de la dernière répétition. 









Fred Demma, professeur en charge de l'option facultative

jeudi 14 juin 2018

Programme de terminale spé l'an prochain

Illusions Comiques d'Olivier Py, Édition BABEL
Britannicus de Racine dans l'édition de votre choix
Woyzeck de Georg Büchner, édition bilingue présentée par Patrice Pavis, folio théâtre

Lecture de vacances et pour la suite de vos études de théâtre: Qu'est-ce que le théâtre? Christian Biet, Christophe Triau, folio Essais: une somme qui vous apprendra énormément de choses et que l'on doit toujours consulter.

dimanche 10 juin 2018

L'impureté au théâtre: entretien avec Michel fau

Entretien avec Michel Fau

Avec Michel Fau, comédien, metteur en scène. Son spectacle Nevrotik Hôtel, qu’il interprète aux côtés d’Antoine Kahan, est programmé le 31 juillet au festival de théâtre de Figeac (Lot), après un passage aux Bouffes du Nord (Paris) tout le mois de mai et avant de poursuivre sa tournée en 2019. Ce nouveau tour de chant raconte l'étrange histoire d'une vieille dame dévastée par la vie, seule dans une chambre d'hôtel en bord de mer, qui propose à un joli groom agaçant un contrat funèbre et délicat… Une fois de plus, Michel Fau joue des clichés, des apparences, des caricatures : “pour les détourner, s’en moquer, les sublimer [...] parce que je ne veux pas qu’il y ait une pensée unique au théâtre” nous confie-t-il au micro.
Il suffit que l'on me dise que l'on n'a pas le droit de dire ou de montrer quelque chose sur une scène, pour qu'aussitôt j'aie évidemment envie de le faire. [...] Je n'ai pas tellement la notion du bon ni du mauvais goût.
« La pureté n’est pas absolue, la pureté n’est pas pure : la pureté, c’est une certaine façon de ne pas voir le mal où, en effet, il ne se trouve pas. L’impur voit le mal partout, et en jouit » écrit le philosophe André Comte-Sponville. A sa suite, nous l’affirmons : le théâtre n’est pas le lieu du pur mais le lieu de l’impur. Et par impur, nous voulons dire : le banal, le trivial, l’ordinaire, le vulgaire, le choquant, le kitsch, le grotesque, le transgressif, le mauvais genre, la faute de goût. Tout ce qui va surprendre, choquer, agacer, énerver, stimuler, réveiller et secouer le public. C’est parce qu’il est impur que le théâtre nous fait jouir, art à jamais hérétique et, pour toujours, hédoniste.
L'être humain est fait de contrastes et de contradictions. Or l'art n'est pas là pour tout éclairer, tout expliquer.
Les spectacles de Michel Fau franchissent allègrement les limites imposées par les convenances. Qu'il se travestisse en diva flamboyante dans Nevrotik Hôtel ou qu’il exhibe son corps nu sur les plateaux, qu'il joue sur les scènes du théâtre public ou celles du privé, Michel Fau affiche une saine et salutaire insolence quant aux codes de "bonne conduite" et du “bon goût” qui entravent parfois la fantaisie du théâtre.  Dans son parcours, dans son geste artistique, l'impur s'affirme comme la marque de l'authenticité.
J'aime beaucoup le travail sur le cliché, les apparences, les idées toutes faites, les conventions, les images d’Épinal. Parce que la vie en est pleine [...]. Aller à fond là-dedans me permet de raconter des choses profondes, qui touchent à l'humain.
Avec les voix (INA) de l'écrivain Colette, du cinéaste Claude Chabrol, et du trio Jacques Higelin / Brigitte Fontaine / Rufus.
J'aimerais trouver des acteurs qui en font trop, qui parlent faux.
Je trouve que la caricature est très noble. Dès lors que c'est un geste artistique, la caricature m'inspire. Au contraire le désir de coller à la réalité écarte toute folie, tout lyrisme.

A propos de Brecht

Où est Brecht?

des définitions du théâtre en veux-tu en voilà!

Définitions du théâtre variées