Un blog pour les élèves des options théâtre du Lycée Camille Sée à Colmar
mardi 15 octobre 2019
MOntage du décor de Tous des Oiseaux: la scénographie d'Emmanuel Clolus
lundi 14 octobre 2019
mercredi 9 octobre 2019
Références artistiques dans le spectacle On voudrait revivre
Entretien avec Bram van Velde
La scène de Holy Motors racontée par Léopoldine avec la chanson On voudrait revivre.
Le poème de Peter Handke, Prix Nobel de littérature depuis aujourd'hui, que dit Léopoldine est dans le film de Wim Wenders : les Anges du désir.
Lorsque l'enfant était enfant...
mardi 8 octobre 2019
Méthodologie de l'analyse de spectacle
Voici quelques pistes.
L’ANALYSE DE SPECTACLES
Présentation
N’oubliez pas d’inscrire le titre du spectacle, l’auteur, le metteur en scène, la date et le lieu de la représentation
I L’auteur et le metteur en scène
1. Des recherches sur l’auteur, son époque, son type de théâtre, son inscription dans une esthétique théâtrale ou une école particulière et son influence sont indispensables pour les grands auteurs du répertoire. Une recherche plus succincte est attendue pour les auteurs contemporains.
2. Des recherches sur le metteur en scène et son travail sont à faire également dans la majorité des cas.
II- Le texte (ou éventuellement la source d’inspiration)
•Préciser la date d’écriture ; adaptation ? production collective ?
1. • Qu’est-ce que cela raconte ( l’histoire , « la fable ») en précisant le lieu et le temps de l’action, la structure du récit et ses transformations principales entre la situation initiale et la situation finale.
• C’est l’histoire de qui ? Qui veut obtenir quoi ? (= quel est le personnage principal ?)
2. De quoi cela parle-t-il ?(Thème/ Message)
• Thèmes psychologiques, philosophiques, sociaux, économiques…portés par quel type de personnage ?
• Peut-on dégager un message sur la société, les hommes, le théâtre… ?
Attention : ne pas évoquer dans cette partie la mise en scène proposée !
III- La représentation
• Préciser le type de spectacle, éventuellement le projet du metteur en scène.
•Enoncer le parti pris d’ensemble de la mise en scène (impression générale)
•Puis décrire et analyser comment ce parti pris est mis en œuvre dans les différents éléments de la représentation énoncés ci-dessous :
Analyser les propositions scéniques= comment le scénographie, la mise en scène et les acteurs interprètent-ils le texte ?
1. L’espace scénique et la fonction des objets
• Faire le schéma du dispositif scénique dans un cadre ( 10x6cm) : plan au sol et, si possible, croquis en perspective. Placer les éléments de scénographie, légender, placer les éventuels objets. Toujours rester clair et lisible.
• Décrire et analyser
- le rapport scène-salle
- les caractéristiques de l’espace et du dispositif ( décor ou non, clos-ouvert, profondeur surface, vide –plein, circulaire-rectangulaire, centré-décentré, variable (transformations éventuelles) etc.), les matières, les couleurs, le sol
- l’analyse des partis pris dramaturgiques et esthétiques de cette scénographie : que représente cet espace ? ( un lieu du réel ? un espace mental, ..) ; quelle relation le lieu scénique entretient-il avec le lieu fictif (= espaces dramatiques évoqués par le texte) ?: est-il imité de façon naturaliste ? réaliste ? suggéré de façon stylisée ? métonymique ? l’espace est-il plutôt abstrait ? symbolique ? la théâtralité est-elle affirmée (=affichée) ?
• La fonction des objets (= ce qui peut être manipulé par l’acteur) : repérer les principaux objets ( apparition/disparition) et analyser leur fonction (lien avec l’histoire, le personnage ; fonction mimétique, métonymique, métaphorique, détournement de leur fonction habituelle,..)
2. La lumière et le son (musique, bruitage)
• repérer leur apparition/ transformation/ modification
• comment participent-ils au sens général ?
Lumière : utiliser le vocabulaire spécifique
3. Le travail d’acteur
• comment les acteurs caractérisent-ils leur personnage ?: maquillage, costume ( matière, style, époque), gestes, regards, postures, voix…
type de jeu : naturaliste, codifié, distancié, intériorisé, expressionniste…
• le jeu est-il statique, dynamique ? Quel rapport avec les éléments de l’espace (entrées/sorties ; déplacements, trajectoire) ?
• Le texte est-il proféré d’une manière particulière ? Y a-t-il des adresses au public ? Y a t-il des registres de jeu privilégiés ?
Reproductions de photos et dessins peuvent enrichir l’analyse :
il faut les accompagner de légendes et s’y référer à titre d’illustration.
IV- Synthèse du spectateur
• Appréciez la mise en scène : rythme du spectacle ( longueurs ? ralenti ? accélérations ?), y a-t-il des scènes mémorables ? Impression de déjà-vu ou surprises, originalité (voire provocations) ? Le spectacle vise-t-il l’émotion ? la réflexion ? le spectaculaire ? Quelle est la part du visuel ? Points forts, points faibles ?
• Le spectacle comporte-t-il des énigmes ? Qu’avez-vous compris ?
• Quels aspects de l’œuvre a privilégiés, escamotés le metteur en scène ? Les partis pris vous semblent-ils cohérents ?
• Le spectacle donne-t-il une vision jubilatoire ou pessimiste du texte ? du monde ?
• Le plaisir du spectateur ( ou les limites du plaisir) :Vous êtes-vous senti impliqué(e) dans le spectacle ? Avez-vous ri ? frémi ?
• Quelles images restent ? quelles autres réflexions ?
Séance du 27 septembre Tous des Oiseaux ( Didi)
séance du lundi 7 octobre par Eugénie
Qui est Aurélien Bory, né à Colmar en 1972?
Aurélien Bory, né en 1972, est metteur en scène. Il dirige la compagnie 111, fondée en 2000 et implantée à Toulouse. Parti du jonglage, Aurélien Bory développe un « théâtre physique » singulier et hybride, à la croisée de nombreuses disciplines (théâtre, cirque, danse, arts visuels, musique...). Il envisage la scène comme art de l'espace et s'appuie fortement sur la scénographie. Ses plus récentes pièces sont Géométrie de caoutchouc (2011) créé à Nantes, Sans objet (2009) créé à Toulouse et Les sept planches de la ruse (2007) créé en Chine. Ses spectacles sont présentées dans le monde entier et cette reconnaissance internationale débute avec Plan B (2003) et Plus ou moins l'infini (2005), créés en collaboration avec Phil Soltanoff. Également inspiré par la danse, Aurélien Bory met en scène le chorégraphe Pierre Rigal dans Erection (2003) et Arrêts de jeu (2006). Il conçoit aussi deux portraits de femme, Questcequetudeviens ? (2008) pour la danseuse de flamenco Stéphanie Fuster et Plexus (2012) pour la danseuse japonaise Kaori Ito. Pour Marseille 2013, il imagine un nouveau projet pour les acrobates marocains, Azimut, dix ans après Taoub, spectacle fondateur du Groupe acrobatique de Tanger. Les œuvres d'Aurélien Bory sont animées par la question de l'espace. Il ne conçoit son travail théâtral que « dans le renouvellement de la forme » et « en laissant de la place à l'imaginaire du spectateur ». Aurélien Bory reçoit le prix Créateur sans frontières en 2008. Depuis 2011, il est artiste associé au Grand T à Nantes.
Spectacles
2000 : IJK. Conception Aurélien Bory mise en scène Christian Coumin. Premières au Théâtre de la Digue (Toulouse)
2003 : Plan B. Conception Aurélien Bory, mise en scène Phil Soltanoff. Premières au Théâtre Garonne (Toulouse)
2003 : Erection de et avec Pierre Rigal, mise en scène Aurélien Bory. Premières au Théâtre National de Toulouse
2004 : Taoub d'Aurélien Bory par Le Groupe acrobatique de Tanger. Premières aux Jardins de la Mendoubia/ Tanger
2005 : Plus ou moins l'infini. Conception Aurélien Bory mise en scène Phil Soltanoff. Premières au Théâtre E.T.E Vidy-Lausanne
2006 : Arrêts de jeu de Pierre Rigal, mise en scène Aurélien Bory et Pierre Rigal. Premières au Théâtre National de Toulouse
2007 : Les Sept Planches de la ruse. Conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory. Créé à Dalian avec quatorze artistes chinois. Premières en France au Théâtre de la Ville-Paris
2008 : Questcequetudeviens? d'Aurélien Bory pour Stéphanie Fuster. Premières au Théâtre national de Bordeaux en Acquitaine
2009 : Sans objet. Conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory. Premières au Théâtre National de Toulouse
2011 : Géométrie de caoutchouc. Conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory. Pièce pour un chapiteau. Première au Grand T (Nantes)
2012 : Plexus. Pièce d'Aurélien Bory pour Kaori Ito. Premières au Théâtre E.T.E Vidy-Lausanne.
[Sources : site de la Compagnie 111, Les archives du spectacle]
Jeudi 17 octobre 19h Comédie de Colmar: Je me souviens
L'occasion de découvrir un artiste né à Colmar Aurélien Bory dans un projet pour le moins oroginal: créer un spectacle à partir du souvenir d'un spectacle qui a marqué sa jeunesse et déterminé son trajet artistique.
Il se trouve que j'ai moi-même à 27 ans été impressionnée par le m^me spectacle: La terre est loin le ciel aussi de Mladen Materic, qui m'a fait comprendre que le théâtre pouvait se passer de texte , être quasiment muet et créer des images très fortes au plateau à partir du corps des acteurs, des accessoires et éléments de décor.
C'est donc à une expérience singulière que le spectacle vous convie: que reste-il d'une mise en scène marquante 20 après? comment garder trace des grandes oeuvres théâtrales? Comment créer à partir de la mémoire?
En savoir plus sur le site de la compagnie 111 Explorer pour découvrir le travail de l'artiste.
"Un spectacle, quand il ne joue pas, n’est que l’ensemble des décors, des costumes et des accessoires, entreposés, inanimés, comme morts. Un spectacle, quand il ne joue pas, ce n’est que l’ensemble des acteurs et des techniciens dispersés dans leur propre vie et dans leurs occupations. Rejouer un spectacle, cela signifie rétablir les rapports entre tous ces éléments." – Mladen Materic
Le ciel est loin la terre aussi, de Mladen Materic, est le premier spectacle que j’ai vu quand je suis arrivé à Toulouse. J’ai réalisé ce soir-là que le théâtre n’existait pas, qu’il n’était pas une forme donnée, et qu’il était possible — et même nécessaire — de le réinventer.
Vingt-cinq années ont passé. Je sais que ce spectacle a laissé des traces, que j’ai voulu suivre en créant mon propre théâtre, mais aussi des traces dans la mémoire que j’aimerais retrouver aujourd’hui.
Je ne me souviens plus du Ciel est loin la terre aussi, ou du moins les bribes qu’il m’en reste sont soumises à l’impitoyable physique — chimie ? — de la mémoire : superposition, substitution, morcellement, glissement, confusion, flou, effacement… J’aimerais écrire littéralement par-dessus les traces du Ciel est loin la terre aussi, en m’attachant uniquement à la trace physique que constitue un décor. J’ai demandé à Mladen Materic de me donner ce décor pour interroger les panneaux de bois, les portes, les fenêtres, les meubles, qui sont restés pendant des années dans l’ombre d’un entrepôt, et tenter de faire émerger quelque mémoire.
Aurélien Bory
Article dans Libération

