lundi 8 février 2021

Premières Chérie.s de l'Ombre: vos personnages à la première personne

 J'attends avec impatience que tout le monde m'envoie les textes écrits vendredi dernier: voici les premiers:

« A peine une femme » ( Marylou)

Je m’appelle « A peine une femme », je suis une adolescente, j’ai frère qui a une voiture blanche qui doit venir me chercher à un abribus pour 22h15. J’ai dit que j’étais à une soirée entre fille chez mon Mathilde, mais Chérie de l’Ombre ne me croit pas et finalement j’ai avouée que j’étais chez un homme et ça s’est mal passé à cause de ma robe courte, de mes cheveux détachés, de mon crayon noir sous mes yeux et de mes talons. Je me pose la question si j’étais allée avec mon pull bleu et mon jean décontracté, est-ce que ça se serait passé de la même façon ? A cause de cette histoire, à 21h, je jette mon téléphone portable, il vole en éclats. Pour prouver à Chérie de l’Ombre que je fume, je vais, il n’est pas encore 22h à un bar-tabac pour en acheter mais de peur des déglingués à l’extérieur je n’y entre pas. A 22h A peine un homme m’aide a recollé les morceaux de mon téléphone puis à 22h15, mon frère arrive dans sa voiture blanche mais je parle encore quelques instants avec Chérie de l’Ombre.

J’aurais pu m’appeler Zoé, Louise ou bien Camille au lieu : « A peine une femme », j’aurais pu ne pas être une adolescente, j’aurais pu avoir un ou deux frères qui ont des voitures noires au lieu d’être blanches. J’aurais pu réellement aller chez une soirée entre fille chez mon amie Mathilde. J’aurais pu être habillée décontracté avec mon pull orange que mon pull bleu et mon jeans avec mes cheveux attachés et juste du mascara au lieu d’avoir cette robe courte, mes cheveux détachés, du crayon noir sous les yeux. Je n’aurais pas jeté mon téléphone portable à cause de cet homme et ne serait pas allée dans cet abribus. J’aurais pu rentrer dans ce bar-tabac et chercher ce paquet de clopes pour pouvoir fumer. Et puis ça aurait pu être ma maman ou mon papa qui serait venu me chercher.

 

 

-    Chérie de l’ombre ( Luna)

Je m’appelle Chérie de l’ombre. Je suis une adolescente et je fume. Je porte des talons et une jupe encore plus courte que celle d’A peine une femme. J’attends des clients mais les 2 autres jeunes empêchent les clients de venir. Je pense qu’A peine une femme est une jeune fille comme moi. Je propose de jouer au blind test avec A peine une femme et A peine un homme. Plus le temps passe et plus la voix de l’homme qui s’exprime à ma place part et laisse parler le vrai moi. Je suis là depuis 21h dans l’ombre. 

 

Je pourrais être une prostituée. Je pourrais être d’origine espagnole ou d’une langue latine. Je pourrais avoir un accent latin. Je pourrais avoir un teint un peu bronzé. Je pourrais être bien formée. Je pourrais faire partie d’une bande d’escortes. Je pourrais être une fille sans famille ou du moins abandonnée de ma famille. Je pourrais être triste. Je pourrais être seule. Je pourrais m’appeler… Je pourrais avoir 18ans. Je pourrais avoir le besoin de faire ce métier sinon je suis à la rue et n’ai pas d’argent. Je pourrais ne pas avoir fait d’études. Je pourrais avoir un passé sombre et triste. Je pourrais avoir très peu d’amis, voire pas du tout et c’est pour cela que je parle aux autres. Je pourrais avoir besoin d’aide.

A peine une femme ( Mélody)

Je m’appelle à peine une femme. Je suis présente à l’abribus depuis 21h00. Je reviens d’une soirée que je prétends avoir passé avec des filles mais en réalité, j’ai passé une soirée avec lui (dont on ne connaît pas l’identité). C’est la raison pour laquelle je porte une robe courte et une veste courte, pour lui plaire. Mais il m’a prit pour une. Je me suis énervée et j’ai cassé mon téléphone. Je ne connais aucun numéro par coeur et j’attends mon frère qui est censé arriver à 22h15. J’essaye de le réparer avec à peine un homme qui me propose aussi de me ramener quand sa mère arrive. Mon frère arrive mais je ne bouge pas, j’ai l’intention de rester à l’abribus pour que chérie de l’ombre n’ait pas de clients.

 

Je suis à peine une femme. Je suis présente à l’abribus depuis 21h00 mais je suis peut être absentée quelque temps. J’ai peut être passé la soirée avec un garçon plus âgé que moi, à qui je voulait plaire. J’attends mon frère, qui devrait arriver à 22h15 mais il est peut-être arrivé avec quelque minutes de retard. Je suis peut-être une chérie de l’ombre aussi.


A peine un homme ( Marcelline)

 Je suis A peine un homme, je suis un jeune, j’ai un téléphone et j’appelle souvent ma mère, j’ai fini plus tôt, j’attends ma mère a un vieil abribus déglingué, mes parents se sont pourris et mon père est parti, j’étais énervé, je ne dis pas la prostituée, mais j’aime bien quand elle me parle, j’ai demandé A peine une femme si elle voulait que je la ramène, mais elle a refusé.


Je pourrais être un jeune garçon et m’appeler Hugo, je pourrais être d’origine brésilienne, je pourrais n’avoir pas de téléphone et ne pas téléphoner a ma mère.( Pas possible car en contradiction avec ce que le texte pose) J’aurais peut-être pu rentrer tout seul chez moi, sans ma mère. J’aurais pu être tranquillement à une soirée entre garçons au chaud comme A peine une femme. J’aurais pu être agressé et tué, dans cet abribus. J’aurais pu me disputer violemment ou ne pas parler avec ces deux étrangères. J’aurais pu avoir mes deux parents ensemble et habiter dans le premier arrondissement. J’aurais pu avoir fini beaucoup plus tôt mon travail et je n’aurais pas rencontré, ni dérangé, la prostituée. 

A peine une femme ( Venera)

 

Je m'appelle A peine une femme. J'ai été à une soirée avec les filles chez Mathilde. Je casse mon portable. J'attends mon frère devant cet abribus. Il a une voiture blanche. Je porte une petite veste et une petite robe. J'ai menti à A peine un homme en disant que j'avais perdu mon portable. En réalité, je me suis préparé le mieux possible pour un RDV et non pas pour la soirée entre filles. J'ai fait le tour de l'abribus pour voir à quoi ressemble Chérie de l'ombre. J'essaye avec À peine un homme de réparer mon portable. Il ne fonctionne plus alors À peine un homme me propose d'appeler mon frère avec son portable. Mais je ne connais pas son numéro. Chérie de l'ombre nous fait un blind test et je joue avec même si À peine un homme refuse de jouer. Je crie aux gens qui passent vers l'abribus de laisser tranquille Chérie de l'ombre. A peine un homme me demande s'il peut me ramener chez moi, je refuse. Je me demande si je vais pouvoir dire non.  

Je pourrais m'appeler Victoria au lieu de "A peine une femme". Je pourrais avoir 18 ans et être de nationalité française. Je pourrais vivre seule avec mon frère dans un petit appartement loin de la ville. Mathilde pourrait être la seule amie que j'ai. Je pourrais toujours chercher à plaire aux autres en faisant plus attention à mon physique.  Je pourrais toujours prétendre être quelqu'un d'autre et mentir souvent sur qui je suis. La musique pourrait être ma passion que je n'ai pas pu suivre. Je pourrais être quelqu'un de très impulsive. Je pourrais être quelqu'un de têtue et de vouloir toujours avoir raison. Je pourrais être quelqu'un qui en réalité a peur du jugement des autres. Avant 21h je pourrais être à un RDV avec une personne. Je pourrais être violée par cette personne. Je pourrais en avoir marre de recevoir des commentaires sur ma tenue. Je pourrais rêver de changer ma vie et d'avoir plus confiance en moi. Je pourrais être comme Chérie de l'ombre mais avoir peur de l'assumer. Je pourrais tout le temps être déçue des autres. Je pourrais aimer dire non plus souvent à celui qui profite de moi, de mon corps. Je pourrais me sentir enfermé par la peur de dire non. Mon frère pourrait être la seule personne à qui je fais confiance. Je pourrais venir plus souvent vers cet abribus sachant que je connais bien cet endroit. 
 
 
 À peine un homme ( Elise)


Je suis À peine un homme, un adolescent. J’attends que ma mère vienne me chercher parce que j’ai fini plus tôt. 21H 30,Je suis dans un abri-bus délabré dans une rue noire, sombre où une femme me parle dans l’ombre. Ce n’est pas quelqu’un de fréquentable  à cause de son métier dont je n’aime pas trop parler. Une adolescente vient attendre à coté de moi, on discute un peu toujours en présence de la femme. J’aide cette fille a réparer son téléphone mais je n’y arrive pas. J’appelle ma mère plusieurs fois mais elle ne me répond pas. Elle m’énerve, elle m’oublie, elle préférerais ne pas m’avoir eu. Je veux savoir à quoi elle ressemble la femme de l’ombre. Je joue un peu avec elle autour de l’abri-bus. Puis bien après, elle sort de l’ombre et je suis dégoûté de voir qu’elle est si jeune, je dirais à peu près le même âge que moi. Puis ma mère arrive enfin, je la vois mais je suis comme coincé devant elle, je demande à À peine une femme si elle veut que je la ramène mais elle refuse donc je pars.
 
 

À peine un homme pourrait s’appeler Luc, il aurait eu 18 ans il  n'y a pas longtemps et serait en école d’ingénieur. Il aurait les cheveux marron avec des lunettes et serait vêtu d’une chemise grise, d’un pantalon noir et d’une veste en jeans. Ce serait un garçon pas très sociable avec juste quelques amies, assez discret en cours mais efficace dans le travail et intelligent. Il aimerait écouter de la musique, surtout du Rock’n roll . Il aimerait regarder les étoiles et réparer de vieux objets comme des appareils photos ou des radios. Il aurait une passion pour les vieux film des année 70-80 tels que Rocky et Retour vers le futur.

 

À peine un homme(Basile)


Je suis dans cet abribus et j’attends que ma mère me cherche.

Il fait froid, j’ai oublié mon écharpe et j’ai faim : je me plains.

J’étais quelque part avec d’autres gens, ça s’est finit plus tôt que prévu.

J’habite loin d’ici, « de l’autre côté ».

Je suis impatient de partir d’ici mais je reste poli.

J’ai vraiment envie de savoir à quoi ressemble Chérie de l’ombre, je trouve ça dégueulasse de pas savoir à quoi ressemble mon interlocutrice, c’est malsain.

Je tente des feintes pour la voir, puis je réussi finalement et là, c’est encore plus dégueulasse, c’est une enfant !

Ma mère arrive enfin, on se fixe, se défie du regard.

Je propose à À peine une femme de la ramener, elle m’envoie balader.

On part.


Puis à partir de ce qui est dit, imaginer ce qui pourrait l’être, ou être :


Je pourrais m’appeler Antoine ou Nicolas, car c’est comme ça qu’on s’appelle là d’où je viens.

Je pourrais vivre dans une banlieue pavillonnaire, être un blanc de la classe moyenne.

Je pourrais être un peu coincé, aveugle sur les réalités sociales, comme les gens comme moi le sont parfois. Ce qui explique ma gêne face à Chérie de l’ombre.

Ma réunion plus tôt dans la soirée aurait pu être avec des camarades de classe, car nous préparons un projet commun. Par exemple je pourrais être en fac de droit et nous préparons un plaidoyer fictif pour un exposé plus tard dans la semaine.

Je pourrais avoir envisagé l’espace d’un instant de tenter de séduire À peine une femme.

Je suis ce qu’on appelle un mâle blanc privilégié, et bien que plein de bonnes volontés, la plupart des luttes sociales me passent des kilomètres au dessus tellement elles ne me concernent pas.

Mon quotidien, mon milieu social et ma vision du monde pourraient même faire que j’ignore l’existence de ce genre de prostitution avant de rencontrer Chérie de l’ombre.

Je pourrais avoir honte de partir et de laisser mes deux camarades de ces quelques heures.

Je pourrais suite à cette soirée remettre en question ma vision du monde, agir différemment vis-à-vis de ce que je ne connais pas peut-être. 

 Chérie de l'ombre ( Prune)

Je me nomme Chérie de l'ombre, je suis une adolescente mais je préfère rester discrète à ce sujet, comme beaucoup d'autres comme celui de mon apparence.
Je fais mon job, chaque nuit je me trouve derrière l'abribus de ma rue. Je reste ici, les autres vont dans les boulevards mais moi je préfère les endroits plus calme. Toute la nuit j'attends là, depuis 21h, j'attends mes clients.
Je suis vêtue d'une robe courte, encore plus courte que celle d'A peine une femme. J'ai également des talons qui résonnent quand je marche dans la rue. Je suis certes habillée comme ça mais je ne suis pas une déglinguée.
Je fume, j'ai un téléphone et je peux y mettre de la musique, pour par exemple faire un blind test car l'ambiance est vraiment mauvaise avec A peine un homme et A peine une femme.

Je pourrais être une prostituée. Je pourrais ne pas avoir d'amis, ni même de famille. Je pourrais avoir de longs cheveux bruns, presque noirs. Des cheveux qui s'arrêtent à ma poitrine. Des lèvres légèrement rosées, des yeux en amande, maquillés de fard à paupière marron. Je pourrais avoir un teint plutôt clair mais pas pâle non plus. Je pourrais avoir une corpulence fine et porter une robe de couleur pourpre ou bordeaux. Des chaussures noires à talons. Toute cette tenue serait peut être pour donner l'envie aux clients de venir.
Je pourrais avoir 16 comme 18 ans, mais ressembler à une femme plus mûre. Je pourrais fumer pour oublier mes problèmes, problèmes qui m'auraient donné ce train de vie, ce job dont je pourrais être obligée de faire pour avoir un peu d'argent.
 
 Chérie de l'ombre (Laura)

Je suis Chérie de l’ombre. Je travaille, ici, dans cet abribus, dans la nuit, c’est mon endroit. Je guette l’arrivée de potentiels clients qui viennent en voiture. Je porte une robe très courte, j’ai des talons, je suis bien coiffée et je suis maquillée. Je ne sors pas de l’ombre. Cette nuit, les affaires ne vont pas bien. Les voitures passent sans s’arrêter. Je n’ai pas de client cas il y a deux hurluberlus dans l’équation et ça, ça ne va pas. Je ne peux pas rentrer sans argent. En fait, je suis jeune, très jeune même. Je vois bien que je dégoute les deux autres, surtout à peine un homme, mais c’est comme ça, j’ai pas dit non.

 

Je suis Chérie de l’ombre. Mais je pourrais m’appeler Sacha Jiwan. Je pourrais être une jeune indienne de 14 ans. Je pourrais avoir des parents qui ont tout plaqué pour venir en France. Je pourrais vivre à Lyon, dans les mauvais quartiers. Je pourrais avoir perdu ma mère à 9 ans. Je serais une fille normale mais je serais rejetée de tous. Comme les autres, j’écouterais les musiques du moment, j’aurais la moyenne en cours, je m’intéresserais aux garçons, je glousserais quand le populaire de l’école me parlera. Mais,j’aimerais le poulet curry que je ne mangerais pas souvent car je n’aurais pas d’argent ; mon père non plus. D’ailleurs, mon père ne serait pas souvent là car il travaillerait beaucoup pour gagner peu. Pour noyer la perte de sa femme, il aurait bu, beaucoup, beaucoup trop. Il se ferait virer de nombreux endroits, se ferait refuser d’un poste dans beaucoup d’autres. Il serait devenu agressif, impatient, violent. Il me rejetterait la faute de tous ses problèmes. Il m’accuserait de ne servir à rien, de ne pas avoir de rentré d’argent.Afin de vivre correctement, on aurait besoin d’argent. Alors, dans la rue, j’aurais rencontré un homme, beau et séduisant, éloquent et manipulateur. Je l’aurais suivi avec admiration, je serais rentrée dans sa belle voiture. Il m’aurait promis de m’aider avec nos problèmes d’argent. Il m’aurait dit que je suis belle et que je pourrais lui être utile. Il assurerait qu’il me protègerait. Il serait le seul à me connaître et à m’aimer. Alors il me donnerait une robe, très courte, des talons qui me feront mal aux pieds, une trousse de maquillage, avec tous les ustensiles. Il me dirait d’aller dehors, à partir de 20h30, quand il ferait noir, qu’il me réserverait un endroit exprès pour moi. Je devrais rester dans l’ombre de l’abribus quand il y aurait des gens. Je devrais être debout dès qu’une voiture arriverait. Je devrais faire mon boulot. Je devrais satisfaire le client. Je ne devrais pas refuser les femmes, elles seront de l’argent supplémentaire. A 5H30 le matin, je devrais partir, aller le rejoindre, et je devrais lui donner l’argent que j’aurais gagné. S’il y en a en quantité, je pourrais en avoir peut-être la moitié. Mais le plus important, je ne dirais pas non. Cette nuit-là, avant ma rencontre avec à peine un homme et à peine une femme, je serais aller à l’abribus en retard. J’y serais seulement à 20h50. J’aurais, par conséquent, perdu au moins un client. Mais je ne serais jamais arrivée en retard sans raison. Cette après-midi-là, on m’aurait donné deux heures de retenues après les cours. La raison ? J’aurais, soi-disant, fait passer un mot à mon voisin de derrière qui dirait « La prof est top bonne tu trouves pas ? ». Evidemment, la professeur en question aurait vu ce même voisin avec ce mot et lui aurait demandé qui l’aurait fait. Au lieu de dénoncer son meilleur ami à côté de lui, il dirait que ce mot vient de moi. Alors je serais toujours au collège à 18H. Le problème est que je serais en retard à la maison. Mon père serait arrivé avant moi. Il pourrait s’énerver en voyant que je n’aurais pas encore fait le ménage ni commencé à préparer le repas. Enfin rentré, il aurait déjà bu 5 bouteilles de bière. Il me les lancerait, je les éviterais. J’irais lui faire à manger, je n’aurais pas faim alors je ne me ferais rien. A 20H15, je travaillerais un peu pour le lendemain mais je n’aurais pas le temps de tout finir. Je me dirais que 20 minutes de retard c’est pas grave, que ça serait « rattrapable ». Alors il serait 20H35 quand je quitterais le maison. A peine arrivé à l’abribus, j’aurais eu un client. En 5 minutes son affaire serait réglée, il m’aurait payée et irait sans doute chez lui voir sa femme et ses enfants. Et à 21H commenceraient les ennuis. Je n’aurais pas plus de client cette nuit-là. Je n’aurais pas dû faire mes devoirs.  Mais là non plus je ne pouvais pas dire non.

Célia

 

Je suis à peine une femme, je suis une adolescente. Je prétends à deux inconnus rencontrés sous l’abribus que je reviens d’une soirée entre filles chez mon amie Mathilde et j’attends que mon frère vienne me chercher. J’ai cassé mon téléphone et l’un des deux inconnus me propose d’utiliser le sien mais je refuse car je ne connais aucun numéro. J’ai fini mon paquet de cigarette et comme ce n’est pas encore 22h, j’ai le temps d’aller en acheter à ce bar de nuit juste à l’angle. Je suis vêtu d’une robe courte (trop courte juste pour une soirée entre fille d’après la dame dans l’ombre) et d’une veste, je suis bien coiffée et j’ai du crayon sous les yeux. Je finirai par avouer que je ne suis pas aller à cette soirée entre filles, mais j’aurai préféré. J’ai passé la soirée avec un homme. Un homme qui voulait directement passer à l’étape suivante avec moi. Etait-ce la faute de ma robe soi-disant trop courte ? J’ai besoin de savoir si ce pull bleu à col roulé ou bien ce jean décontracté auraient fait la différence. Je voulais seulement me sentir belle. Lorsque mon frère vient me chercher avec sa voiture blanche, je décide de rester aux cotés de l’autre femme présente, je resterai avec elle ce soir pour occuper sa lumière, peu m’importe si mon frère m’oublie, je resterai avec elle pour l’empêcher de faire le job.

la vie imaginée d'A peine une femme

 

Mon frère a une voiture blanche. C’est un des éléments les plus trépidants dans ma vie.

J’habite dans un village paumé au fin fond de la campagne j’ai 17 ans et je fais 1h30 de bus tous les matins pour aller jusqu’à mon lycée pourri. Sauf quand mon frère a le temps de m’emmener avec sa voiture blanche.

Lui et moi sommes très complices, je sais que je pourrais toujours compter sur lui en cas de besoin.

Plus jeune, mon père nous a laissé moi, mon frère et ma mère. Il est parti à l’autre bout du monde pour une femme qu’il avait rencontré dans un bar. Un bar à l’angle de la rue de l’abribus. Ce fût un traumatisme pour moi et depuis ce jour, je pense que les hommes sont tous les mêmes. Tous les rendez-vous amoureux que j’ai eus étaient un désastre. Je manque terriblement de confiance en moi, c’est pour cela que cherche l’approbation de mon père dans les yeux de chaque homme que je rencontre. J’ai besoin de me sentir exister quelque part. Finalement, je ne suis peut-être pas si différente de Chérie de l’ombre. Les hommes qui nous blessent vivent à travers nous. Ma meilleure amie s’appelle Mathilde. Je sais au fond de moi que c’est une peste mais j’ai peur de me retrouver seule si je brise notre amitié. Elle passe la moitié de son temps à me rabaisser devant les gens de notre école pour se sentir exister, elle est ce qu’on appelle une « populaire », elle passe par conséquent la moitié restante de son temps à se regarder devant le miroir pour s’assurer qu’elle n’a pas un cheveu dépassant de sa queue de cheval tirée à quatre épingles ou bien à s’assurer que les pleurs dûs à sa dispute avec SON copain, le bad boy du lycée n’ont pas fait couler son mascara. C’est déprimant. J’ai comme ambition plus tard de devenir hôtesse de l’air pour pouvoir faire le tour du monde et pouvoir quitter ce trou dépravé.

Chérie de l'ombre (salomé)

 

Chérie.s de l’ombre :


Je suis chérie de l’ombre, je suis jeune, ma place est à l’abribus la nuit, je travaille ou du moins j’essaye avec ces deux autres jeunes qui n’arrangent pas mes affaires. Ces deux la m’ont empêché de travailler pendant la meilleure heure de la soirée mais je continue d’attendre des clients, mais les voitures passent sans s’arrêter, à chaque fois c'’en est un de perdu. Il m’arrive de sortir furtivement de l’ombre en dansant, ou qu’on entende le bruit des talons que je porte. Je m’y connais en robe, j’en porte une courte d’ailleurs et je suis maquillée.


Je pourrais être brune, plutôt mince et les yeux brillants. Je pourrais ne pas être très grande malgré mes talons. Je pourrais être recroquevillée sur moi même, introvertie, sans famille et sans amis. Et me faire manipuler pour enrichir des hommes qui ne pensent qu’à l’argent. Ils seraient en train de me détruire en me forçant a travailler comme prostituée au abords d' un abris bus où les bus ne s’arrête même pas.

 

samedi 6 février 2021

Nicolas Bouchaud (l'un de mes acteurs préférés, interview dans Le Monde): Jouer, c'est inventer du temps.

 Emission sur France culture


Article dans le Monde

Un acteur prend la parole : Nicolas Bouchaud, un de nos plus grands comédiens de théâtre, vient à point nommé parler de son art, en ces temps où le théâtre, empêché, vit dans le souvenir de ceux qui l’aiment. Il signe, chez Actes Sud, Sauver le moment (Actes Sud, « Le temps du théâtre », 180 pages, 20 euros), un beau livre qui, bien plus qu’un simple recueil de souvenirs, est un retour réflexif sur une expérience unique et partageable, celle de jouer, ce « geste impur, à la fois physique et intellectuel, extraverti et introspectif, sublime et ridicule ».

Comment vivez-vous la période actuelle, et la fermeture des théâtres ?

Assez mal, comme toutes les personnes dont le théâtre est la vie, je pense. Il ne s’agit pas de nier l’importance de l’épidémie. Mais il y a, bien sûr, une incompréhension face aux choix opérés par le gouvernement d’ouvrir les centres commerciaux plutôt que les lieux de l’art et de l’esprit. Que sauve-t-on, par ces choix ? A quoi porte-t-on attention, cette attention dont Malebranche disait qu’elle est « la prière naturelle de l’âme » ?

J’observe autour de moi, chez les amis acteurs, monter un immense désarroi psychique et psychologique. Je m’interroge sur ce terme absurde de « présentiel ». Dans les bons jours, j’essaie d’avancer sur le prochain spectacle que j’aimerais monter : une adaptation d’Un vivant qui passe [1997], le film de Claude Lanzmann dans lequel il fait témoigner Maurice Rossel, qui en 1944, délégué du Comité international de la Croix-Rouge, put se rendre à Theresienstadt, présenté comme un camp modèle par les nazis.

D’où le titre de votre livre, « Sauver le moment », vient-il ?

Il vient d’un article du grand critique de cinéma Serge Daney, sur lequel j’ai travaillé pour un de mes spectacles, La Loi du marcheur. L’article s’appelle « John Ford for ever », et Serge Daney y dit ceci : « Impossible de regarder un film de Ford d’un œil torve. L’œil doit être vif parce que dans n’importe quelle image d’un film de Ford, il risque d’y avoir quelques dixièmes de seconde de contemplation pure juste avant que l’action n’arrive. On sort d’une cabane ou d’un plan et il y a là des nuages rouges au-dessus d’un cimetière, un cheval abandonné dans le coin droit de l’image, le grouillement bleu de la cavalerie, le visage bouleversé de deux femmes : ce sont des choses qu’il faut voir tout au début du plan car il n’y aura pas de deuxième fois. Ford filme si vite qu’il fait deux films à la fois : un film pour conjurer le temps (en étirant les récits par peur d’en finir) et un autre pour sauver le moment (celui du paysage, deux secondes avant l’action). »


C’est ce que vous voulez faire au théâtre, « sauver le moment » ?

Ces moments suspendus que l’on peut vivre au théâtre, quelques secondes avant l’action, c’est une des plus belles choses qui soient, je trouve. Je l’ai vécu, en compagnie de Norah Krief, quand nous jouions Le Roi Lear dans la cour d’honneur du palais des Papes à Avignon, en 2007. Juste avant la scène de la tempête, nous ménagions un petit moment de silence. Cette pause, ce suspens donnent une extraordinaire sensation du temps à l’acteur comme au spectateur. C’est très concret, absolument pas théorique. Cette faille dans le temps, ce temps que l’on éprouve sur scène et dans la salle, c’est ce que j’appelle un « reste », quelque chose qui nous appartient en propre : c’est le temps de l’expérience. Un temps d’ouverture, un temps de rien, sans action, où l’on sent, au sens propre, la vie qui passe.

Vous citez Louis Jouvet, quand il dit que jouer, c’est « proprement une destruction de soi, une démolition, un désordre obligé ». Quel sens y mettez-vous ?

Dans tout le théâtre que j’ai fait, aussi bien avec Didier-Georges Gabily ou Jean-François Sivadier que dans mes propres spectacles, le but est toujours de créer de la vie par le biais du théâtre. Si ce que l’on cherche à atteindre sur un plateau ce sont des moments d’intensité de vie, on ne peut pas se mettre dans une position de sagesse, de sachant. Etre à l’endroit de la vie, c’est être à celui de la métamorphose, et donc se laisser traverser par des états et des émotions contradictoires. Cela rejoint Brecht, d’ailleurs, qui disait qu’un acteur peut jouer deux choses complètement opposées dans une même phrase.


Jouer, pour vous, ce n’est pas tant travailler un rôle, un personnage, qu’entrer dans un paysage. Pourquoi cette notion de personnage, qui reste dominante aujourd’hui encore, n’est-elle pas opérante, pour vous ?

Ce n’est pas qu’elle ne soit pas opérante, c’est qu’elle est limitée. Dès mes débuts, avec Didier-Georges Gabily, j’ai compris que c’était en partant de soi que l’on pouvait commencer à travailler un rôle. Le personnage existe, bien sûr – je ne suis pas Galilée ni le roi Lear. Mais ce n’est pas une vérité intangible, gravée dans le marbre, qui serait indépendante de notre regard. Le personnage est une création, une cocréation, en quelque sorte, entre ce qui est écrit et l’acteur qui le joue, sa façon d’être, son état, son histoire et son inconscient, lequel joue un grand rôle.

La distance qui existe entre l’acteur et le personnage, c’est ce que j’appelle le paysage, et c’est à l’intérieur de cet espace que l’acteur doit travailler. Ce qui veut dire, d’ailleurs, que les deux grandes méthodes que l’on oppose souvent, l’identification – celle de Stanislavski – et la distanciation – celle de Brecht –, sont une seule et même chose, en fait. Là encore, Jouvet le dit très bien : « Alceste, c’est celui qui ne pourra jamais être Alceste. » Je ne pourrai jamais être lui, mais on va essayer de faire quelque chose ensemble…

Qu’est-ce qui fait la présence d’un acteur ?

Le grand mystère… J’ai pratiqué l’art du clown, régulièrement, dans mon parcours, ce qui m’a beaucoup appris. Dans ce travail, souvent, la seule chose que vous devez faire, c’est une entrée et une sortie de scène. C’est un exercice fascinant, où l’on voit immédiatement les acteurs avec lesquels il se passe quelque chose, et ceux avec lesquels il ne se passe rien. La présence est de l’ordre de l’apparition. Mais qu’est-ce qui fait qu’elle est là ou pas ?

Je pense que je ne l’avais pas, au départ, cette présence. C’est venu chez moi quand je travaillais sur Gibiers du temps, de Didier-Georges Gabily. J’ai accepté de faire en moi une sorte de vide, de me laisser regarder, de laisser faire. La première chose qui se manifeste chez un être humain qui monte sur un plateau, c’est la fragilité. La présence, c’est peut-être d’accepter cette fragilité et d’en faire un élément de son travail. Il y a autant de façons de jouer que d’acteurs, et la présence, c’est sans doute accepter d’apparaître, soi.


Ce travail sur le clown est-il aussi lié à cette question du temps, qui traverse tout votre livre ?

Dans le clown, tout accident est un motif de jeu, c’est sans doute pourquoi Samuel Beckett aimait tant cet art : plus tu rates, plus tu existes. J’ai appris que dans ce rapport à ces instants successifs que l’on traverse, on crée un temps en tant qu’acteur, un temps dans lequel on embarque les spectateurs, un temps que l’on apprivoise, à force. Jouer, c’est inventer du temps. Mais on ne le réussit pas tous les soirs…

Qu’est-ce qui fait l’unité de l’acteur, qu’il n’explose pas en mille morceaux comme les pièces de son costume d’Arlequin ?

Ces morceaux du manteau d’Arlequin, c’est formidable de les faire cohabiter sur un plateau, je trouve. Dans la conception du jeu qui est la mienne, l’angoisse de partir en morceaux n’existe pas. Jouer est un geste, ce n’est pas faire semblant d’être ce qu’on n’est pas. Jouvet, encore lui, disait qu’on ne vient pas sur le plateau décliner une identité. Le théâtre est profondément matérialiste : on est là pour faire quelque chose, pas pour être.

Ce qu’il y a de beau dans ce métier c’est que normalement, si tout se passe bien, ce qui n’est pas toujours le cas, plus on vieillit, plus ce que l’on joue rentre en écho avec ce que l’on a déjà joué. Plus on avance, et plus on a envie de laisser faire les associations d’idées, les liens secrets, ce qui s’est déposé en nous.

Antoine Vitez disait du comédien qu’il est « un poète qui écrit sur le sable ». Est-ce là la grandeur et la misère du métier, pour vous ?

C’est sa grandeur, sans la misère. Justement parce que ce temps éphémère que l’on crée et que l’on vit en tant qu’acteur est d’autant plus intense qu’il s’enfuit au moment où on l’éprouve.

vendredi 5 février 2021

Terminales: Des nouvelles de Serge et de sa création shakespearienne

 Interview de Serge Lipszyc.

 

Séance avec Romain Gneouchev du vendredi 5 février: La Chute des Comètes et Cosmonautes ( Prix Koltès)







 

terminales: séance du 1er février Projet Molière

 Cercles de paroles: annonce de la possibilité de jouer au collège Molière un jeudi de 10h à 12h, voire pour des adultes professeurs. Etudier la faisabilité de la chose. solliciter le sprofesseurs de sport que vous avez avant le cours de théâtre.

-Jeudi ' février: accueil de JF Herqué le directeur technique de la CDC pour parler de scénographie et de lien entre les artistes et les équipes techniques ( revoir les traces de Piscines, création de matthieu Cruciani l'an dernier)

Paus'art café : jeudi 18 février/ qui veut y participer avec des extraits de tous des oiseaux, une proposition personnelle , voire un extrait du projet Molière à tester?


Tour de table sur le ressenti après 4 séances proposé par Sandrine: -intérêt pour le code de jeu, le travail chorégraphique, difficulté d'apprentissage du texte de Molière, des vers, réticence par rapport aux tables au début mais pertinence du dispositif change la perspective, bonheur de faire rire, sentiment de s'éclater.

sandrine rappelle qu'il est capital que chaque acteur travaille pour lui-même le côté technique du texte, la diction des alexandrins ( rappel qu'écouter le spros est une aide). il ya le travail collectif des acteurs et le travail solitaire, chacun des deux est important, s'approprier le texte afin que le travail de mise en scène se mette en place plus vite.

Accepter d'aller vers l'étranger, l'inconnu, le pas familier, le diffgicle: accumulation d'expériences variées , autant de conceptions du théâtre qu'il ya d'artistes différents. 1000 façons de faire du théâtre.

Plan de la séance: mise en route physique: reprendre ce qui a été fait

- lié la chorégraph au travail à la table: faire une allemande, uniquement le travail gesttueL

reprise de l'amour médecin et de l4ecole des femmes déjà vus + les scène spas encore vues.

Échauffement en cercle par imitation + cercle de regards: sentir le regard des autres sur soi: base du théâtre. ( très réussi cette fois)

Mouvements de la chorégraphie en intégrant les absents ( Ines  et hann)

rappel de l'importance de la qualité des mouvements. travail sur les pas chassés, attention à l'équilibre du plateau, à la conscience de l'espace, curieusement pas tout à fait au point pour des terminales. Où est l'autre, où y-a-til un trou?

Regard tranquille. Rejeu avec différentes danses en diagonale et en choeur: classique, africaine, hip hop: qu'est-ce que ça change dans le corps.

Pas d'autocommentaires, ne pas rester au bord des propositions, y aller. plonger dans l'imaginaire suggéré par la danse africaine, le hip hop.

Exercice avec une réplqiue: sandrine s'est inspirée de l'observation de son chat qui regarde sa queue et soudain change d'attitude. découvrir son corps, l'énergie du corps: élément du corps qui se met en miuvement que l'on observe et dont on veut à un moment changer le cours, en m^me temps ajouter la réplqiue; dans sa bulle mais aussi avec distanciation. explorer , chercher, refaire. Partir du neutre, partie du corps qui bouge et on veut l'arrêter. par dessus ça le texte. le texte sort sans réfléchir. voix et corps s'imbriquent, les faire se rejoindre. seul puis en groupe. propositions très intéressantes;

exercice de la ligne avec le code de jeu de l'adresse par le public. L'échange avec le partenaire est un appui de jeu. endroit pour être en recherche, donc prendre des répliques différentes, sortir de sa zone de confort.

Ce qui compte c'est comment je prends l'énergie de l'autre en le regardant. agrandir les yeux.

Chorégraphie guidée à vue.

Contemporaine: dispatchée dans l'espace au début, ballet, choeur au centre. gestuelle dans l'ordre où vous voulez puis installer la diagonale des trois tables, rester en jeu, toniques , clairs. 

filage de ce qui a déjà été dessiné. comment faire exister la scène en la retraversant gestuellement?

Puis reprise assez rapidement avec le texte. problème des absents : travail avec des remplaçants qui se donnent à fond. ils devront transmettre aux absents.

chacun note dans le carnet son filage, son rôle, sa gestuelles, les conseils prodigués, ses remarques aussi sur ce qu'il a vu,. ressenti. travail individuel , responsabilité. Ni Sandrine ni moi ne notons tout ce qui vous est dit! veiller aussi à vos accessoires.

tentative du porter de la table pour la scène de la promenade: comment s'y prendre pour que cela soit réalisable?

Questions sur les nattes d'Agnès que Myriam portait le 1er février , jouer avec , les autres Agnès aussi?

Dessins des masques, propositions.

André est venu photographié pendant la séance pour fabriquer une capsule sur ce qui se passe à la CDC

Pour la séance prochaine: reprise de ce qui a été mis en place. Venez avec un maximum de texte su.

patience encore pour le Tartuffe!

Qui est Romain Gneouchev ?

 Portrait sur le site du Tns

Participations à différents projets:

Honolulu Dédale d'un soupeur ( mise en scène)

Des voix sourdes ( Festival d'Avignon)

 

Romain sur sound cloud  100 biscottes et Vraiment? ( textes écrits pendant le confinement)

Mont Vérité ( monologues ) à partir de 7. 45

 

Premières: séance du vendredi 29 janvier Prix Koltès

 Anniversaire de Mélody: madeleines et bonbons. 

Chanson pour célébrer mon propre anniversaire: merci à tous et en particulier à Elise qui a apporté sa guitare et lancer l'initiative; J'ai été très très touchée.

début de séance avec Emilie: 14h à 15h 3à

Marche neutre, circuation sur le plateau comme la séance précédente, gamme de la marche, occupation du plateau, équilibre.

respire par le nez confortablement. position neutre: fil à l'arrière du crâne, être détendu. trouver son confort de respiration, expiration en émettant le son sss

Diaphragme sous les côtes, paroi qui sépare les organes du haut et du bas, sentir son action, élargissement des ôtes, poussée du son sss

Exercice de respiration: se gonfler/se dégonfler

Marche avec rencontre par le regard: que se passe-t-il? accepter le regard de l'autre, se dire Oh dommage si ça va trop vite.

rencontre avec contact: trouver la bonne distance, ne pas se fuir si le rire arrive, le vivre à deux pleinement;

en cercle: respiration, tourner la tête, se ressourcer en soi, mouvement de l'air à l'intérieur de soi. attention à travailler la capacité de respirer pleinement. Qu'est-ce que ça provoque? pour certains fatigue, envie de dormir, pour d'autres shoot d'oxygène qui fait du bien et redonne de la vitalité.

exercice de lâcher prise: relai corps :voix. attention au collectif , il faut que chacun soutienne l'effort de tous. Etre prêt, suivre ce qui se passe dans le cercle, être disponible cf foot , basket m^me moin de l'action prêt à agir, préparation importante.

Reprise et poursuite de l'exercice des diagonales ( Je suis partie chercher Romain et Jérémy donc à vous de développer)

Diagonles à deux: au milieu rencontre; Tête baissée avant de partir, relever la tête et regarder l'autre avant de partir ( ...)

Accueil de Romain Gneouchev, comédien et metteur en scène sorti de l'Ecole du TNS il y a deux ans.

(Chacun note ses impressions, ce qu'il a retenu de la rencontre.

cercle de paroles pour parler de Chérie.s de l'ombre. ( N'ayez pas peur de parler!)

Qu'estce qui vous a le plus touché, - l'emprise du mac sur Chérie, jusque dns sa propre voix,

- quand à peine une femme se rend compte que Chérie est une adolescente aussi, 

- l'amour des inconnus

-à peine un homme qui fait pitié à cause de ses problèmes psy, relation avec la mère

personnages qui se jaugent: quelque chose de l'univers de Koltès: aux abords des grandes villes, personnages qui se jaugent, inconnus au début, qui se croisent

Abribus: parler devient plus risqué. qu'est-ce que ça provoque?

Chérie de l'ombre : interrogation sur le genre, drag queen, Romain parle du voguing, du documentaire Paris is burning, de François Chaignaud ( voir articles mis en ligne)

Exercice du mot à mot découvert dans un stage en Corse qui mêle amateurs et professionnels: tout le monde peut le pratiquer: ne permet pas de savoir si quelqu'un a fait du théâtre ou non avant.

Se mettre face à face, trouver la bonne distance et échanger des noms communs pendant 1mn 30, si on craque, on lève un bras ( code pour sortir du jeu) puis on reprend , seul l'animateur donne le signal de la fin de l'exercice. rester avec l'autre, s"'adresser vraiment à lui. Ceux qui ont vécu l'exercice disent dans le carnet de bord ce qu'ils ont vécu et ceux qui ont regardé décrivent ce qui s'est passé, ce qu'ils ont ressenti;

Problème de la distance de l'adresse. Mots qui ont un impact: être à l'écoute des mots que l'on dit, qui s'échangent, créer un vrai échange.

Exercice qui met à nu le langage. Garder le fil , être dans l'échange, rester dabs le présent de l'échange.

Emotions qui submergent: attendre que ça passe. Apprendre la tranquillité au plateau. parallèle avec l'exercice de la rencontre que propose Emilie et la gestion des fous rires.

-Expérimention de scènes: Abribus composé de 3 chaises, table relevée pour l'endroit où se cache Chérie de l'ombre Trouver le bon placement des chaises par rapport au public en frontal

Conseil très important de Romain: penser à déminer le texte pour le partenaire ( Etes vous sûrs d'avoir compris ce que Romain veut dire par là?)

ceux qui ont joué les scènes relatent ce qui s'est passé pour eux, ce qu'ils ont retenu des conseils de Romain, ce qu'ils ont vu apparaître?

Ceux qui ont regardé relatent ce qu'ils ont pensé des propositions, des rejeux, des conseils prodigués.