mercredi 20 septembre 2023

Notes personnelles sur le début de la captation de Thomas Ostermeir ( séance du mercredi 20 septembre)

 Captation prise dans la salle à l'italienne de l'Opéra d'Avignon, pendant le festival.

Plans sur la salle et le public des galeries jusqu'au parterre, plein à craquer. Avant scène qui entre dans le public.

Son inquiétant sorte de grondement sourd.

Titre de la captation sur un fond video de nuages grisés qui fait penser à un tableau de  Gehrardt Richter: nuages ( le temps des orages est sensé se terminer avec l'avènement d'Edouard IV mais une inquiétude subsite cf l'hiver de mon humiliation dit Richard dans la version rédigée par l'écrivain Mayenburg)

Espace circulaire fait penser au Globe, théâtre élisabéthain, plan sur le décor au fond une porte en dur dont on verra plus tard qu'elle est composée de deux grands tapis qui peuvent évoquer les tapisseries des châteaux du Moyen Age. Structure métalliques escaliers de fer, coursive passerelle, une porte ouverte à l'étage d'où sort une lumière chaude.

sable sur le sol: piste de cirque. espace qui mélange référence industrielles modernes et nature brute.

Premier personnage qui entre par la sol, homme quarantaine en frac et canne, élégant suivi d'un autre avec manteau de fourrure ( hiver), puis un autre. monte l'échelle à cour sur la passerelle, s'introduisent par la porte ouverte , se congratulent et rient, plans qui les suivent; ambiance virile et chaleureuse, joie. impression que le bâtiment pourrait être une sorte de boite de nuit en périphérie d'une ville dans un lieu un peu désaffecté.

costumes de fêtes, brillant.

élargissement des plans jusqu’à la batterie présente sur scène, plan de batterie insérés dans le montage des scènes: sons électroniques + batterie en direct: rythme à la fois oppressant et dynamique.

Arrivent toujours par la salle des hommes et femmes plus âgés, robes de soirée, flutes de champagnes à la main, toasts à la salle qui fait partie de la cour par ce biais. Confettis qui tombent en pluie dorée, champagne qui tome des cintres: fête spectaculaire. richard le dernier à monter: courbé, fuyant, mal à l'aise, le regard perdu. tenue étrange en contraste avec les autres: T-shirt blanc, bretelles, bosse apparente mais on voit l'artifice.

Les autres se congratulent, occupent le plateau. la caméra n'a pas suivi l'entrée de tous par exemple femme à la robe rayée noir et blanc saisie seulement quand elle est sur le plateau: ex. de choix du réalisateur différent du spectateur;

caméra en plongée qui montre la chute des confettis et la piste jonchée par eux d'en haut. Effet de tourbillons. pas de mots: fêtes, baisers, joie.

Gloucester semble mal à l'aise, réactions presque animales, va sur les bords, s’isole, les autres mangent, boivent, ne s'occupent pas du tout de lui. jusqu'au moment où tous sont au centre, tombe des cintre le fil avec un micro dont Lars Eidinger ( Richard) s'empare sans que les autres semblent le remarquer, léger ralenti de leurs mouvements. sentiment que Richard a besoin viscéralement du micro suspendu , sorte de "doudou" de Richard.

Parle au micro comme en aparté en s'adressant au public, les autres quittent le plateau en passant par la porte du fond. a le temps de présenter Edouard le Roi l'homme avec des lunettes un peu plus âgé.

Silence comme une sorte de ralenti dans le jeu, puis la musique repart intensément. Costume de Richard plus net épaule rembourrée pour faire la bosse et le rendre difforme, casque de cuir.

Adresse au public , grand pan sur le visage de Richard quelque chose de doucereux dans le ton, de mauvais dans le sourie, barbe, bagues dur les dents, parfois tourne en rond sur la piste comme un animal en cage.

les grands plans et la lampe qui se trouve sur le micro permettent de voir les larmes de Richard quand il décrit son physique source de rejet: conscient de sa laideur et profondément malheureux, inachevé, chassé même par les chiens, inadapté au temps de paix barbant et aux jouissances amoureuses. Solitude retournée en noirceur.L’éclairage par-dessus qu'il manipule lui-même lui donne un rictus inquiétant.

quand les autres reviennent, l'orgie est montée d'un cran: certains ont le pantalon baissé sont en slip, se tapent sur les fesses..

"Le bal des maudits

Sur un son rock, puissant et vibrant, la cohorte des comédiens de la Schaubühne traverse la salle du théâtre opéra d’Avignon… Premières sensations sonores bientôt rattrapées par les silhouettes en costumes de soirée d’un monde festif dévolu aux libations et autres formes déréglées de la jouissance érotisée. Et parmi, elles, alors que claquent les pétards et les cotillons, et que se déverse par les cintres une nuée de confettis dorés, une forme disgracieuse, mal habillée, mal ajustée, courbée et bossue : le camarade historique d’Ostermeier, l’ami des quatre cents coups Lars Eidinger qui troque ici son costume d’Hamlet contre celui de Richard. Pas plus lui qu’eux ne renvoient à autre chose qu’un monde de nantis qui hante le monde de la nuit. Ils pourraient être une famille d’indifférents des années trente comme nos contemporains. C’est ainsi, les costards de la Haute sont sans âge. Et dans ce monde de noctambules en goguette, l’œil torve de Richard les « calcule » ces invertébrés dansants. Et se saisissant du micro qui pend au milieu du plateau et se regarde comme le cordon ombilical qui le met au contact de ses pensées profondes, Richard fait entendre vite, et rapidement, son sentiment ou ressentiment à l’endroit des membres d’une famille – pour autant qu’il fait corps avec – qu’il va démembrer.

Le rythme est donné, le ton revendiqué. Lars Eidinger, sourire en coin, voix de velours masquée, celui dont personne n’imagine que sa bosse molletonnée abrite un fiel, entre dans la danse et la course au pouvoir."

 Pour le choix du dispositif scénique proche de celui du théâtre élisabéthain même s'il a été plus difficile de le transposer à l'opéra d'Avignon qu'à la Schaubuhne où un petit théâtre avait été construit.

L’approche d’Ostermeier ne se concentre pas uniquement sur le texte et la fable. Le travail préparatoire de la pièce doit, à ses yeux, se fonder sur des connaissances historiques : le metteur en scène se fait ainsi chercheur. Il évoque l’importance d’appréhender l’histoire de la pièce, de son auteur, de la société pour laquelle elle a été écrite et des lieux de représentation de l’époque : « Je crois que les réalités architecturales des théâtres, les arrangements spatiaux, définissent la manière d’écrire une pièce pour la scène, la manière de mettre en scène la pièce, la manière de faire le théâtre et de l’expérimenter »

Ostermeier souligne ici que ce n’est pas seulement un contexte général (social, économique, religieux, culturel) qui est à prendre en compte pour comprendre une pièce mais la matérialité du théâtre dans lequel elle a émergé. Ce lien intrinsèque entre réalité architecturale et création artistique est essentiel pour comprendre le rapport d’Ostermeier au texte shakespearien. Le dispositif scénique créé pour Richard III en 2015 par exemple visait à reproduire dans la Schaubühne le Globe de Shakespeare. Cette reproduction du Globe est importante à plusieurs niveaux : d’abord elle permet un nouvel aménagement de la Schaubühne, qui rend cet espace plus fonctionnel (la salle étant trop grande, il est utile de construire un théâtre plus petit à l’intérieur pour diviser cet espace). 

Deuxièmement, le Globe de la Schaubühne crée une proximité plus importante entre le public et les spectateurs. Pour Ostermeier, il s’agit de reproduire les conditions de représentation de l’époque de Shakespeare. Il ne retient pas du Globe de Londres l’idée d’une représentation en extérieur à ciel ouvert mais une forme en demi-cercle avec étages (et rappelle aussi une scène de cirque, nous y reviendrons), qui permet à tous les spectateurs d’être extrêmement proches de la scène, peu importe leur place dans le théâtre. Cette installation scénique est une étape dramaturgique essentielle vers le texte de Shakespeare. Au-delà de la pièce Richard III, Ostermeier prend en compte l’origine de la représentation du texte. Dans la structure même de celui-ci se trouverait la structure du théâtre dans lequel la pièce doit être produite, comme si page et plateau coïncidaient déjà. 

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La pièce s’ouvre sur des festivités à la cour d’Henry VI : les fêtards, en smokings débraillés, se hèlent, font sauter les bouchons de champagne sous une pluie de cotillons dorés, au son d’une musique rythmée dont le volume traduit les excès et l’abrutissement d’une cour en perdition. Richard, lui, déplore ce pouvoir oublieux qui court à sa perte, et ourdit son ascension. Il marche sans grâce, voûté, dans une tenue qui détone avec le chic festif des autres personnages : T-shirt blanc, pantalon mal ajusté, chaussures épaisses. Il porte autour de la tête une sorte de bandeau de cuir qui fait penser à une camisole – contenant le peu d’humanité du personnage, lui permettant de faire bonne figure le temps nécessaire à son irrésistible ascension. À moins que ce ne soit un casque de rugby, ou de boxe, figurant l’imminence du combat."

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Le cirque industriel de la mise à mort

Le combat aura lieu dans un décor d’arènes ; la scène, semi-circulaire et recouverte de sable, convoque par association des images de gladiateurs et de toréadors. Cette scène s’avance dans la salle à laquelle une passerelle donne accès. Il n’y a plus de quatrième mur. Cette disposition, rappelant la structure des théâtres élisabéthains, crée une grande proximité entre les comédiens et les spectateurs, et rend le personnage de Richard très intrusif, d’autant plus que, dans ses monologues, sa voix est amplifiée : l’effet est cauchemardesque, Richard est là, tout près de nous, il susurre à notre oreille le plaisir de la perfidie, il n’y a plus de distance entre lui et nous, il est en nous. Ne sommes-nous pas tous des Richard en puissance ? Le décor participe du malaise dans lequel le metteur en scène veut, peut-être, plonger le spectateur : un mur droit rompt toute perspective ; s’y accrochent des poutrelles soutenant, à mi-hauteur, une coursive à laquelle on monte depuis la scène par un escalier métallique. Très loin des ors et de la pourpre du pouvoir et du théâtre, les comédiens évoluent dans un décor post-industriel, froid, évoquant un entrepôt ou une usine désaffectée. La circulation verticale qu’autorise cette structure permet des déplacements ascendants et descendants, figurant avec justesse les mouvements autour du pouvoir."

 


 

mardi 19 septembre 2023

lundi 18 septembre 2023

Qu'est-ce que la danse théâtre?

 La danse théâtre selon une jeune danseuse

Raconter l'humain par la danse  Emission sur Pina Bausch

Blog consacré à Pina Bausch 

Comment travaille Pina Bausch d'après Dominique Mercy danseur 

Séance du lundi 18 septembre compte rendu

 

 Cours du 18 septembre sans Serge? Mathilda léger retard.

I.Démarrage au plateau: marche neutre avec changements de direction, passages au sol, sauts et marche en arrière. Bien occuper le plateau, ne pas faire de cercle, vraiment s'engager, être vivant, présent.

Noeud de mains à dénouer ( deux fois pour intégrer Mathilda quand elle est arrivée.)

Marche + comptage de 1 à 9: être à l'écoute, se sentir tranquille au plateau, sentir la présence des autres, ne rien précipiter.

Jeu des balles/prénom, si la balle tombe, le groupe meurt dans d’atroces souffrances.  Bien attendre après l'appel que le partenaire soit présent: travail de la précision de l'adresse. Jouer la mort sans rire, visage et corps en accord. toujours soigner ce que l'on fait.

Richard : lui donner un corps, faire exister le costume qu’il porte : poids des prothèses, tissus légers ou lourd, couronne, chapeau/ comment sans costumes donner l’illusion d’en porter un.

La choré de Richard en fonction de son évolution, modifications physiques dans son corps…Pour la séance prochaine, choisir une musique et travailler sa choré.

Batailles de connaissances après lecture du résumé généalogique: plus on sait de choses, plus on peut parler mais aussi oser s'imposer. Attention à ne pas monter la voix dans les aigus.

II.Travail sur les monologues de Richard en autonomie : un peu même principe que pour les Sermons Joyeux. Trouver une façon de dire et de mettre en espace. D’où je viens/où je vais…

Liste des personnages réels P 445

 

Lecture des monologues de Richard depuis la pièce Henry VI:

Monologue de Gloucester dans henry Vi : Fiorelle, Oriane ?

Les monologues de Richard dans la version Déprats

-Début de la pièce P 55 et 57 : Pauline- Ondine + Mila

- Après la séduction de Lady Ann :P 87 et 89 : Flavie

-- p117 où Richard révèle sa stratégie pour perdre Clarence : Ishaana

- Le cauchemar de Richard Acte V scène III p 345 : Matéo

- Discours à ses soldats P 355 : Mathilda

Présentation du travail de chacun: on note ce que l'on a fait, ce que les autres ont proposé. On apprend le texte le plus possible pour la séance prochaine.

(Travail à la table sur les scènes prévu pour le mercredi 20 septembre.

 Acte I : Scènes 2 : Anne Fiorelle/ Richard : Flavie : choisir un extrait

Acte I scène 4 P&é( Murtriers Ishaana/Ondine, Clarence = Oriane

Acte III montage de textes. Ne pas hésiter à écrire le liant et à narrer ce qui se passe entre les séquences.

P197 scène 2 P199 -209 avec coupure : Hastings, Catesby, messager, Stanley, Buckingham

Scène 4 P213-221 : 6 personnages : Hastings, Bucklingham, Ely, Stanley Richard, Lovell

Scène VII p239 : Le Maire, Buckingham Richard, Catesby ( Les prêtres qui entourent Richard))

Réflexion sur la plaquette  de la CDC pour finir au calme: le graphisme, les couleurs, les illustrations. 

Les fils rouge:passion amoureuse, sujets plus politiques, un théâtre qui mêle les différents arts, qui fait signe du côté de la littérature et du cinéma.

Questionnements sur la réception de la plaquette: séduction liée à la beauté graphique, aux stichers. peut-être jugée un peu trop "perchée", ne joue pas sur le pouvoir d'attraction des photos de plateau , même s'il y a plus d'éléments issus de la photo qu'autrefois.

Richard III à travers une série radiophonique réalisée par Pierre Foviau

 Série radiophonique sur Richard III

 Cette création imagine un lien nouveau entre la littérature théâtrale et les auditeurs. Il s'agit d'inscrire le désir de littérature, notamment chez le public jeune, en tenant compte des nouveaux usages en termes de consommation ou d' appropriation de contenus artistiques et culturels. Dans ce sens, chaque épisode a été pensé de courte durée - 4'40 en moyenne par épisode - et pouvant s'écouter sur toutes les plateformes. La création musicale et sonore a été confiée au musicien-compositeur Rémy Chatton, sous la direction artistique de Pierre Foviau. À chaque épisode correspond une nouvelle composition qui vise à susciter l'intérêt de l'auditeur, dépassant l'idée d'être l'habillage sonore d'une histoire et pouvant être ainsi considérée comme une œuvre musicale à part entière.

À propos de la pièce :
« La tragédie du roi Richard III » (Shakespeare, 1597) est une fresque inspirée de sources historiques qui raconte les querelles dynastiques et les luttes fratricides de la guerre des Deux-Roses, la guerre civile qui opposa les Lancastre et les York en Angleterre de 1455 à 1485.

Édouard IV - vainqueur d’Henry VI grâce à l’aide de ses frères George, duc de Clarence et Richard, duc de Gloucester - a donné le pouvoir aux York, mais Richard ambitionne la couronne royale. La pièce retrace sa conquête inexorable du pouvoir par des manipulations, assorties de trahisons et de crimes.

À la mort prématurée d’Édouard, tandis que ses héritiers s’entredéchirent, Richard avec une grande habileté politique, se débarrasse successivement de tous ses rivaux et s’empare du trône. C’est l’apogée de son ascension. Le règne de terreur de Richard III dure peu, ses ennemis en fuite ont rejoint Richmond, l’héritier des Lancastre qui le tue à la Bataille de Bosworth et devient Henry VII, réconciliateur des Lancastre et des York par son mariage avec Élisabeth, héritière d’Édouard IV.

Séducteur fascinant en dépit de sa noirceur, le personnage de Richard III fait de ce drame historique une tragédie complexe, un long et sanglant processus de purification où la mise à mort du bourreau mènera peut-être à l’instauration d’un monde meilleur.

Podcasts de l'émission Coup de Théâtre à la Comédie de Colmar

 Francis Fischer et moi animons tous les lundis matins une émission sur Radio RDL103.5 que vous pouvez écouter en podcast sur le site de la radio ou sur celui de La Comédie:

Premier épisode: interview de Matthieu Cruciani qui présente la nouvelle saison

Ces émissions peuvent vous aider à préparer vos horizons d'attente ou vous donner des pistes pour les "traces" de spectacles.

mercredi 13 septembre 2023

Sujet sur le costume de Richard ( cours du 13 septembre)

 A rédiger pour mercredi 20 septembre

Faire une analyse dramaturgique du portrait de Richard: s'appuyer sur le texte , avec des citations précises; utilisez les monologues que Serge nous a donnés lundi dans la traduction du livre. Si vous vous en démarquez, montrez toutefois ce qui est dit dans la pièce.

Pensez à une évolution du costume selon les circonstances de la pièce.

Réflexion générale sur le costume: a pour fonction de signifier- la classe sociale, les rapports hiérarchiques, le caractère du personnage 

- dimension symbolique des matières et couleurs choisis

- élément visuel à envisager dans l'ensemble de la scénographie: se fond dans le décor en harmonie avec lui ou en contrepoint. participe de l'esthétique globale, fait référence à un code esthétique.

- élément de jeu pour l'acteur complété par les accessoires.

Le costume n'est qu'un élément d'une mise en scène mais se crée en fonction du parti pris du metteur en scène: ex transposer Richard III dans le monde des "traders" ou reconstituer le théâtre de l'époque élisabéthaine etc

Choix des matières et tissus: travail avec la lumière, dessine la forme du personnage.

Faire une proposition accompagnée de dessins, tissus, collages qui justifie vos choix. ne pas hésiter à comparer avec d'autres propositions, utiliser les photos de costumes de Richard dans d'autres mises en scène que j'ai mise en ligne.

Notes personnelles sur l'analyse des débuts de captations ( cours du mercredi 13 septembre): Thomas Jolly

 Lire la scène qui va être montrée avant d'analyser l'extrait de captation: faire une analyse dramaturgique des problèmes qu'elle pose à la mise en scène: entrée du personnage de Richard, ce que l'on voit du dispositif scénique et du décor pour situer où ça se passe, l'époque, y aura-t-il un prologue? l'entrée des autres personnages? quel costume pour la première apparition de Richard etc

Que regarder dan la captation? Espace- Eclairage- Son- Ecrans-  acteur: costume, jeu -rapport scène/salle

Début: images violentes en montage cut d'un accouchement dans la douleur, certaines images peuvent aussi faire penser à la mort de Rutland le frère de Richard et au mouchoir trempé de sang que Margaret tend au Duc d'York, père de Richard . Gros plans sur un visage de femme grimaçant, mains ensanglantées, linges que l'on tord, éclaboussé de sang. noir et blanc + rouge. texte dit par-dessus les images. ( Sont -elles présentes au plateau pour les spectateurs de théâtre ou prologue au film? Sources des images: Henry VI?

Fond noir: texte projeté: Deux familles rivales s'entre déchirent: les lancastre et les York revendiquant chacune son droit héréditaire à la Couronne d'Angleterre. afin de venger la mort de leur père et de leur jeune frère, les trois frères yorkistes Eddouard, Georges et Richard tuent le prince Edouard, fils d'Henri VI. peu de temps après, Richard assassine seul, le Roi Henry VI. la ci-devant reine Marguerite est bannie en France.

Edouard IV, frère de Richard, Clarence et Rutland est nommé Roi d'Angletere. Il dirige alors le royaume aux côtés de sa femme la Reine Elisabeth.

Souci didactique de Thomas Jolly perceptible: ne pas perdre le spectateur même 30 secondes. Lui donner les clés de compréhension.

Plans sur le sol du plateau en bois gris " cendres du Phénix", vengeance...  trappe qui s'ouvre. personnage qui en sort, sorte de monstre ( fait d'éléments disparates: pattes griffues, plumes sur l'épaule bossue, dos dans un corset lacé. montage cut des plans qui morcelle le corps.) puis totalité du corps de dos, tordu. A la fois gracile, fluet et animal du fait des éléments de costume:plumes et poils. accroupi dans le clair obscur gris/bleu, avec fumée, se lève , éclairage en contre jour, raideur d'une jambe perceptible, visage longtemps dans la pénombre. Voix grinçante, éraillée douloureuse, diction pas tout à fait naturelle, texte non pas de Richard III mais monologue d'Henry VI, jeu qui révèle le caractère très tourmenté du personnage. Souci de Thomas Jolly d'inscrire son Richard III dans le prolongement de sa mise en scène d'Henry VI, une continuation et une conclusion. raconter l'histoire jusqu'à la fin de la dynastie des Plantagenet pour arriver à celle des Tudor amenée par la victoire de Richmont.

gros plan sur la main déformée, fait pensser à celle d'Edouard aux mains d'argent dans le film de Burton. 

Naissance de Richard au plateau qui double la naissance évoquée dans la video du début, arrivée sur scène conforme au texte dit: chaos, ourson mal léché..";Suis-je donc fait pour être aimé, " mon ciel à moi sera de rêver à la couronne" dit clairement ce qu'il va faire, noirceur du projet, cri pour dire combien il est tourmenté. personnage pris entre deux séries de projecteurs latéraux qui semblent le fixer au plateau , le clouer.

tout cela placé à l'avant scène, sorte de proscenium qui entre un peu dans le public cf le dispositif du théâtre élisabéthain, mais là nous sommes dans un théâtre à l'italienne.

Inscription en fond de scène: Richard III en caractères gothiques qui évoquent le MA faits avec des scotchs,signature de la Piccola familia ( toujours souci didactique.)

Eclairage par en dessous qui surligne le propos: "dussé-je me libérer avec une hache sanglante": musique violente qui elle aussi surligne la violence du propos.

Silhouette de Richard saisie dans un faisceau de lasers: plan plus large en plongée caméra sur grue, lumière qui éclaire aussi une partie du public: personnage qui s'adresse à ce dernier qui fait alors partie de l'histoire, témoin, en connivence avec Richard; balayage lumière du public comme dans un concert de pop rock

panneau video plus net:  ( souci didactique toujours, générique de la captation): la tragédie de Richard III

Le décor du fond de scène est plus visible: plateau nu , échafaudage industriel qui quadrille le lointain , tubulures de métal, possibilité d'y grimper.

Richard comme une sorte de monstre exhibé et de star de la pop

Apparitions des autres personnages dans la pénombre cadré par les tubulaires de métal pendant le générique, sortes de portraits qui font penser aux portraits picturaux que l'on trouve dans les demeures royales et nobles.( plans américains)

Changement de décor: une sorte de plateforme qui peut faire penser à un pont levis s'abaisse: trône du Roi Edouard entouré de sa famille à cour la Reine et les deux enfants d'Edouard, à jardin les frères Clarence et Richard isolé, un peu séparé des autres. Le Roi Edouard s'adresse à ses héritiers ( encore une scène d'Henry VI) Les voeux de  Clarence sont bien accueillis, mais la Reine Elisabeth empêche Richard de toucher ses neveux en les faisant pivoter et se détourner de leur oncle. rejet de Richard, animosité de la Reine visible.échange de regards haineux, très rapprochés l'un de l'autre. attitudes de distance: Gloucester à jardin tourne le dos et se soutiennent aux chaines du pont-levis, la Reine détourne le visage à cour., les enfants regardent fièrement face, Clarence et Edouard dialoguent . la disposition au plateau et les postures sont parlantes.Evocation du bannissement de Marguerite.

Derrière projection video; écrans qui montrent des images de surveillance, escaliers, souterrains, vides = société du contrôle, souci de la sécurité, paranoia du Roi? ( voir article précédent) évocation de la Tour tant crainte, prison où se déroule des meurtres, images en contraste avec les propos de paix et de fête.

Costumes à la fois moderne ( à détaillé) et théâtraux: couronnes pas réalistes, perruques blanches des enfants. Visages très maquillés, esthétique gothique, peut faire penser aussi au cabaret.

Couleur assez sombre, mauve soyeux et chic de la robe de cocktail de la Reine.

Occasion encore de présenter les personnages importants et leurs relations.

Edouard avec sa canne micro invite à la fête: le public devient la cour, d'autres personnages apparaissent horizontalement au plateau qui jusqu''ici travaillait plutôt la verticalité de la trappe qui fait naître Richard jusqu'au balcon de la plateforme suspendue avec des éclairages qui eux aussi dessinent souvent l'espace verticalement.

Descente de l'escalier qui peut faire penser à celui d'un cabaret ( méta théâtralité perceptible dans la mise en scène de Thomas Jolly avec références au théâtre, mise en abyme: le monde est un théâtre!)

Annonce de joie, de fête mais non dénuée de malaise, applaudissements, moins nourris pour Gloucester que pour les autres. Edouard s'échauffe, tousse: premiers signes de sa maladie, réaction apeurée de la Reine: visage très expressif de l'actrice. Tous sauf Richard se précipitent vers le Roi, nobles qui sortent de l'ombre. sang sur le mouchoir du Roi.

Seul Richard est resté en hauteur: utilise une canne pour frapper le sol // trois coups de brigadier pour ouvrir une pièce. Il s'empare du pouvoir du Roi défaillant, déjà. début de son monologue mais n'insiste pas sur son propre déplaisir, semble faire l'éloge d'Edouard m^me si c'est sur un ton moqueur, déstabilise la Reine plan sur elle exemple de choix du réalisateur parce que ça lui paraît important de monter la relation entre ces deux personnages; apparence de célébration du frère: soleil, fis d'York( dis les deux mots pour traduire l'anglais sun) peut-être toujours souci didactique de Thomas Jolly. acclamations de la cour qui ponctuent le discours de Richard ( travail choral de la mise en scène.)

mais ironie à l'égard du frère traité de débauché, lascif, rires de la cour, la reine obligée de faire bonne figure aux allusions sexuelles.

Donc transformation du début avec coupure en deux du discours de Richard, reprise de la phrase d'Henry VI Sonnez trompettes..

La cour s'éloigne, Richard revient au premier plan avec la fin du discours: gros plan sur le visage: à nouveau programme, ce qu'il fera et tiendra.