Master Class avec Jean Echenoz entretien radiophonique
Un blog pour les élèves des options théâtre du Lycée Camille Sée à Colmar
samedi 3 octobre 2020
jeudi 1 octobre 2020
L'importance du livre dans Tous des Oiseaux
a) Livre et Ecriture.
Le livre occupe une place importante dans le spectacle. La première rencontre se fait à la bibliothèque, autour d’un livre. Les livres sont au centre des préoccupations de la doctorante. À la fin, David ne parle plus qu'en chantant. Il cite la Torah.
Son histoire, l’adoption par l’ennemi d’un jeune enfant menacé de destruction rappelle celle de Moïse, racontée dans la Bible.
Les diverses allusions intertextuelles du récit sont autant de signes révélant l’amour des œuvres de Mouawad. Wahida est comme une beauté fatale des 1000 et une nuits, et par son impossible liaison avec Eitan, elle est aussi le souvenir de Roméo et Juliette.
Si on remonte aux sources du livre, il y a l’écriture, l’alphabet. La pièce elle-même opère ce retour aux origines. Lorsque Wahida s’adresse à David, au seuil de la mort, elle énumère les lettres qui composent sa langue maternelle (page 125).
C’est attention portée à l’alphabet et à l’écriture est une trace de l’histoire personnelle de l’auteur qui rejoint le destin de nombreux libanais : « Me sparents appartenaient tous deux à la première génération alphabétisées de leur famille. Mais grands-parents ne savaient ni lire ni écrire, et ce sont leurs parents qui les ont forcés à scolariser leurs enfants. »
Cette importance accordée aux livres et à l’écriture se retrouve dans la représentation, à travers le sur titrage projeté sur les éléments mobiles de la scénographie. Le texte fait partie intégrante du décor.
L'acteur syrien Jalal Altawil
« Il y a quelques jours, il y a eu une attaque chimique à Damas. J’étais sur scène, à attendre en coulisse. J’ai dit à Wajdi : Il y a des attaques chimiques, il y a quarante personnes qui sont mortes !
Il m’a répondu d’entrer sur scène pour raconter l’histoire de l’Oiseau amphibie. Il m’a dit Notre armée, c’est l’art
. Pour ces raisons, mon histoire avec Wajdi, avec toute cette équipe, avec La Colline, c’est très personnel, touchant et profond »,
nous racontera Jalal Altawil, acteur originaire de Syrie. Mais quelle
est-elle, cette histoire de l’Oiseau amphibie qui éclaire le titre de la
pièce ? Celle d’un oiseau qui se trouvait à ce point fasciné par
l’existence des poissons qu’il ne songeait qu’à plonger sous l’eau, qu’à
s’y laisser tomber afin d’y découvrir leur monde. Ses congénères le
prirent pour fou et le mirent en garde à de nombreuses reprises, lui
promettant mort immédiate : oiseaux et poissons ne sauraient se mélanger
— aucun ne parviendrait à respirer dans le monde de l’autre. Il vécut
longtemps une vie monocorde, dénuée de rêves, puis n’y tint plus : il
plongea. Au contact de l’eau, des ouïes poussèrent, lui permettant de
respirer ; il devint amphibien et fut émerveillé du bleu du fond de
l’eau et des couleurs de ces poissons dont il ignorait tout. « C’est moi, je suis l’un des vôtres, je suis l’oiseau amphibie », leur dit-il. Il devint celui qui était capable de parler aux oiseaux comme aux poissons.
« Un nom sur une pierre ne dit rien des peines et des joies… »
« Que faire d’al-Wazzān dans une pièce d’aujourd’hui racontant la vie d’une famille juive et d’un garçon juif qui tombe amoureux d’une fille arabe ? »
Cette parabole est racontée en arabe par Hassan al-Wazzān, ambassadeur et géographe du XVe siècle, incarné par Jalal Altawil, également traducteur du récit écrit par Mouawad. Quelques jours après la première représentation, nous rencontrons le comédien dans un café aux abords du théâtre. Il ne fut pas évident pour lui de comprendre son rôle, la place de ce diplomate musulman que les décennies déplacèrent — parfois de force — de Fez à Tombouctou, de Gao au lac Tchad, de l’Égypte jusqu’à La Mecque, Istanbul, Tripoli ou Tunis pour finir capturé par des pirates et vendu dans l’Europe chrétienne d’il y a six siècles. « Que faire de ce personnage dans une pièce d’aujourd’hui, racontant la vie d’une famille juive et d’un garçon juif qui tombe amoureux d’une fille arabe ? » L’auteur de Description de l’Afrique, ouvrage de référence de l’époque, dut se convertir au christianisme — de la main du pape — et se fit lui-même traducteur : en cette ère de divisions et de conquêtes entre chrétiens et Arabes, il fut une passerelle, portant sur les cultures qu’il traversait un regard de découvreur. « Wajdi m’a expliqué que sans lui, on perdrait toute la magie du théâtre pour rester dans le drame ou le cinéma. Al-Wazzān est le morceau de poésie de cette pièce. » Présent en filigrane, c’est en effet par sa parole que se produit l’envol final, permettant de surplomber l’ensemble des conflits familiaux auxquels le spectateur est confronté.
De nombreux traducteurs furent réquisitionnés pour la pièce : « C’était un autre challenge pour moi. Je suis professeur de théâtre, je travaille la voix et la prononciation en langue arabe, classique et plus ancien. Et je parle araméen, langue proche de l’hébreu et de l’arabe. Il m’a fallu traduire l’écriture de Wajdi Mouawad : ce n’était pas facile ! Puis passer par l’arabe classique pour la réécrire et la connecter à la langue d’Hassan al-Wazzān. » Jalal Altawil est, avant tout, un regard ; il a le sourire sincère et doux, une allure certaine et un français parfait, piqué de quelque accent syrien. Il se prépare une cigarette. « Le monologue de l’Oiseau amphibie a, dans sa version originale, la musicalité de la langue du Coran, qu’il fallait respecter. Il ne s’agissait pas de respecter seulement la langue arabe mais aussi celle de Wazzān — qui a appris le Coran par cœur et qui parlait sept langues ! Ce n’était pas un homme normal, c’était un fou ! (rires) » La personnalité d’al-Wazzān, un œil bleu et l’autre noir, hante la pièce ; « hante », oui, car il est le seul personnage ayant réellement existé à sillonner, avec une étrange bienveillance, le plateau. Il rappelle le chœur des tragédies grecques chères à l’auteur. « Il était capable de changer la couleur de son regard, d’où notre choix des deux couleurs pour ses yeux… »Article dans la revue ballast :
témoignage sur sa vie après avoir fui la Syrie
« Il y a quelques jours, il y a eu une attaque chimique à Damas. J’étais sur scène, à attendre en coulisse. J’ai dit à Wajdi : Il y a des attaques chimiques, il y a quarante personnes qui sont mortes !
Il m’a répondu d’entrer sur scène pour raconter l’histoire de l’Oiseau amphibie. Il m’a dit Notre armée, c’est l’art
. Pour ces raisons, mon histoire avec Wajdi, avec toute cette équipe, avec La Colline, c’est très personnel, touchant et profond »,
nous racontera Jalal Altawil, acteur originaire de Syrie. Mais quelle
est-elle, cette histoire de l’Oiseau amphibie qui éclaire le titre de la
pièce ? Celle d’un oiseau qui se trouvait à ce point fasciné par
l’existence des poissons qu’il ne songeait qu’à plonger sous l’eau, qu’à
s’y laisser tomber afin d’y découvrir leur monde. Ses congénères le
prirent pour fou et le mirent en garde à de nombreuses reprises, lui
promettant mort immédiate : oiseaux et poissons ne sauraient se mélanger
— aucun ne parviendrait à respirer dans le monde de l’autre. Il vécut
longtemps une vie monocorde, dénuée de rêves, puis n’y tint plus : il
plongea. Au contact de l’eau, des ouïes poussèrent, lui permettant de
respirer ; il devint amphibien et fut émerveillé du bleu du fond de
l’eau et des couleurs de ces poissons dont il ignorait tout. « C’est moi, je suis l’un des vôtres, je suis l’oiseau amphibie », leur dit-il. Il devint celui qui était capable de parler aux oiseaux comme aux poissons.
« Un nom sur une pierre ne dit rien des peines et des joies… »
« Que faire d’al-Wazzān dans une pièce d’aujourd’hui racontant la vie d’une famille juive et d’un garçon juif qui tombe amoureux d’une fille arabe ? »
Cette parabole est racontée en arabe par Hassan al-Wazzān, ambassadeur et géographe du XVe siècle, incarné par Jalal Altawil, également traducteur du récit écrit par Mouawad. Quelques jours après la première représentation, nous rencontrons le comédien dans un café aux abords du théâtre. Il ne fut pas évident pour lui de comprendre son rôle, la place de ce diplomate musulman que les décennies déplacèrent — parfois de force — de Fez à Tombouctou, de Gao au lac Tchad, de l’Égypte jusqu’à La Mecque, Istanbul, Tripoli ou Tunis pour finir capturé par des pirates et vendu dans l’Europe chrétienne d’il y a six siècles. « Que faire de ce personnage dans une pièce d’aujourd’hui, racontant la vie d’une famille juive et d’un garçon juif qui tombe amoureux d’une fille arabe ? » L’auteur de Description de l’Afrique, ouvrage de référence de l’époque, dut se convertir au christianisme — de la main du pape — et se fit lui-même traducteur : en cette ère de divisions et de conquêtes entre chrétiens et Arabes, il fut une passerelle, portant sur les cultures qu’il traversait un regard de découvreur. « Wajdi m’a expliqué que sans lui, on perdrait toute la magie du théâtre pour rester dans le drame ou le cinéma. Al-Wazzān est le morceau de poésie de cette pièce. » Présent en filigrane, c’est en effet par sa parole que se produit l’envol final, permettant de surplomber l’ensemble des conflits familiaux auxquels le spectateur est confronté.
De nombreux traducteurs furent réquisitionnés pour la pièce : « C’était un autre challenge pour moi. Je suis professeur de théâtre, je travaille la voix et la prononciation en langue arabe, classique et plus ancien. Et je parle araméen, langue proche de l’hébreu et de l’arabe. Il m’a fallu traduire l’écriture de Wajdi Mouawad : ce n’était pas facile ! Puis passer par l’arabe classique pour la réécrire et la connecter à la langue d’Hassan al-Wazzān. » Jalal Altawil est, avant tout, un regard ; il a le sourire sincère et doux, une allure certaine et un français parfait, piqué de quelque accent syrien. Il se prépare une cigarette. « Le monologue de l’Oiseau amphibie a, dans sa version originale, la musicalité de la langue du Coran, qu’il fallait respecter. Il ne s’agissait pas de respecter seulement la langue arabe mais aussi celle de Wazzān — qui a appris le Coran par cœur et qui parlait sept langues ! Ce n’était pas un homme normal, c’était un fou ! (rires) » La personnalité d’al-Wazzān, un œil bleu et l’autre noir, hante la pièce ; « hante », oui, car il est le seul personnage ayant réellement existé à sillonner, avec une étrange bienveillance, le plateau. Il rappelle le chœur des tragédies grecques chères à l’auteur. « Il était capable de changer la couleur de son regard, d’où notre choix des deux couleurs pour ses yeux… »
Le livre sur Wazzan, Léon l'Africain de Natalie Zemon Davis
Genèse et rencontre
On peut dire que Tous des oiseaux eut pour source première la rencontre d’un auteur québécois d’origine libanaise vivant en France, avec une historienne juive ayant contribué à faire connaître un diplomate musulman, converti de force au christianisme. On appelle cela une rencontre avec l’idée absolue de l’Autre.
S’il faut nommer les événements conduisant au spectacle, il faudrait évoquer un premier rendez-vous dans un restaurant situé dans le hall des départs de l’aéroport international de Toronto, entre Wajdi Mouawad et Natalie Zemon Davis. Une amitié se noue, une correspondance et des entrevues régulières, à Toronto, Paris, Lyon, Nantes, Berlin, pendant lesquelles Wajdi Mouawad écoute tandis qu’elle raconte. Ces conversations ont comme fi l d’or le personnage de Hassan Ibn Muhamed el Wazzân, sur lequel Natalie Zemon Davis a écrit un ouvrage, qui retrace la vie du diplomate, voyageur, historien de langue arabe, né à la fi n du XVe siècle, qui de retour d’un pèlerinage à la Mecque est fait captif par des corsaires chrétiens et livré au pape Léon X. Pour sortir de la prison, il se convertira au christianisme, prendra comme nom « Jean Léon l’Africain » et passera plusieurs années en Italie, où il s’initiera au latin et à l’italien, enseignera l’arabe et se consacrer à l’écriture, notamment d’une Description de l’Afrique.
Le personnage subjugue tout en ouvrant des chemins à l’auteur Wajdi Mouawad, car il entre en résonance avec une histoire et une question qu’il porte depuis des années : comment devient-on son propre ennemi ? ou, pour le dire autrement, comment devient-on « oiseau amphibie » ? Il y a dans la religion musulmane une notion passionnante : celle de taqiya. Elle désigne la possibilité de dissimuler sa foi sous la contrainte, de ne pas la trahir malgré les apparences. Même si rien ne le prouve dans ses écrits de manière définitive, Al-Wazzân aurait pu y recourir.
D’une incubation de plus de sept années de cette matière immense, naît un récit aux ramifications aussi mystérieuses que le geste de l’écriture l’est lui-même. Car l’histoire surgit au moment où l’auteur l’appréhende le moins. Elle lui tombe dessus, ou plutôt ils tombent l’un sur l’autre. D’où le sentiment de rencontre. Une rencontre qui, très vite, agglomère une série d’événements, liés à des hasards, à première vue disparates, mais dont la conjugaison ouvre des fenêtres vers des horizons inattendus.
Léon L'Africain, un voyageur entre deux mondes
En savoir plus sur le livre de l''historienne
Séance du jeudi 1 er octobre: Le personnage de Wazzan dans le texte et dans la mise en scène de Wajdi Mouawad
Hassan Al-Wazzan, L’oiseau Amphibie
Le spectacle a été en partie inspiré par la rencontre avec Natalie Zemon Davis, historienne canadienne, auteur de Léon L’Africain. Un voyageur entre deux mondes.
Cette historienne juive, originaire de Détroit professeur à Princeton a toujours été attirée par la fiction. Elle dialogue avec des personnages qu’elle étudie.
En 2006 elle publie un ouvrage consacré à Hassan Al Wazzan.
L’ouvrage fascine W. Mouawad. Tous deux ont aussi en commun la conviction du pouvoir de l’imagination. Et c’est dans cette frontière entre fiction et vérité que réside selon lui une des forces du théâtre.
Tous des oiseaux se déroule dans un espace-temps contemporain. Que ce soit en Amérique ou à Jérusalem, tout renvoie au monde actuel marqué par le conflit Israëlo-palestinien, les attentats et les interrogations identitaires.
Dans ce contexte le personnage de Wazzan qui est la seule figure historique du spectacle, apparaît comme un être fictif issu de l’imagination de Wahida.
Comment le représenter? propositions de la classe: lors de ses apparitions une ombre se projette, personnage habillé de façon orientale mais aussi avec un signe de christianisme, personnage tout en blanc, très pâle, très mince. Questionnement sur l'âge de l'acteur: vieux // sagesse, jeune adulte: aventurier, voyageur etc
Analyse de la captation: début et fin ( apparaît aussi dans la scène où Wahida le compare à l'éléphant offert au pape )
Le début ne figure pas dans le texte, pas de didascalies en ce sens: Wazzan vient apporter le vieux livre de la biographie qui a fait connaître son destin au monde à Wahida : sort du noir, y retourne réapparait, s'approche de la table de la bibliothèque de NY où travaille wahida avec son ordi. Moment très solennel de l'échange du livre qu'il caresse d'une main, émotion très grande de Wahida. Musique orientalisante qui installe la présence du diplomate. Costume très sobre: chemise blanche, adulte dans sa force, cheveux longs et barbes. bague au doigt qui signale qu'il a fait le pélerinage à la Mecques ( Merci Ines) . pour sorit se fond dans le dessin projeté de la bibliothèque et est relayé par d'autres personnages qui entrent et sortent: visiteurs de la bibliothèque.
Fin de la pièce: au moment du rituel pour David: Wahida le fait resurgir par sa parole arabe, assimilant le destin des deux personnages. Jalal Altawil très sobre d'abord mains derrière le dos, pieds nus, même costume. Il parle comme un vivant mais ne se rapproche pas des autres personnages. Wazzan conte la légende de L'Oiseau Amphibie avec coeur sans se déplacer, mais en jouant avec ses mains, d'abord une seule , puis les deux. gestuelle très expressive: oiseaux qui replie ses ailes par exemple, abattement de l'oiseau empêché de réaliser son rêve, violence de l'interdiction qu lui est faite par ses congénère. L'acteur sait aussi changer le timbre et la force de sa voix. ( se souvenir de son énergie de conteur dans le choeur de l'oiseau amphibie.)
Wazzan, ce grand voyageur de la renaissance, mort depuis des siècles, n’est aujourd’hui qu’un sujet de thèse, un être de papier, pourtant incarné par le comédien syrien Jalal Altawil.
Wahida le dit d’ailleurs page 54 du texte « mes amis me demandent quand je vais finir mon roman ! Ils te prennent pour un personnage de fiction. »
Ce procédé est déjà utilisé par l’auteur dans Rêves où le personnage de Willem un écrivain reclus dans une chambre d’hôtel pour écrire un roman voit ses personnages prendre corps au gré de son imagination.
Qui était Léon l’Africain ? Musulman originaire de Grenade, il s’enfuit de sa ville natale lors de la Reconquista des rois catholiques espagnols.
Il se réfugie au Maroc à Fès où il devient diplomate. En 1518, il est capturé par un pirate espagnol. En 1518, il est capturé par un pirate espagnol. Celui-ci offre son butin au pape Léon X qui fait baptiser le prisonnier tout en lui imposant son nom. Il devient Léone l’ Africano. Il apprend l’italien, le latin et fait la connaissance de grands humanistes. Après le décès du pape, il s’installe à Bologne et rédige la Geographia de l’Affrica. Écrit en italien l’ouvrage est composé de mémoire de ses voyages.
Le mouvement de rapprochement des mondes fascine l’universitaire. Cette historienne juive, qui se passionne pour un diplomate musulman après les attentats du 11 septembre, inspire l’œuvre du dramaturge Libano québécois. Qui lui-même s’immerge dans le point de vue de l’autre qui est pour lui Israël.
Dans une première version du texte le personnage historique avait une plus grande place mais l’auteur a finalement laissé une place plus importante à la fiction. Entre les deux rives de la Méditerranée, cet oiseau amphibie concrétise la violence des collisions qui traversent les personnages tout au long du spectacle, dont il ne reste que quelques fragments dans la version finale; ( voir interview de Jalal Altawil, acteur syrien qui joue wazzan)
Jalal Altawil, acteur syrien
Wazzan, traduction arabe
Né en Syrie en 1981, Jalal Altawil est diplômé de l’École supérieure des arts du théâtre de Damas en 2006, où il a également été enseignant. Jouant dans plus de vingt-cinq pièces, qui ont tourné dans des festivals à Damas, au Caire, en Turquie ou Oman, il reçoit notamment le prix du meilleur comédien au festival de Philadelphia en 2005. Son travail d’acteur est par ailleurs visible dans une trentaine de séries télévisées diffusées au Moyen-Orient et au Maghreb, comme Omar Al Farouk réalisée par Hatem Ali en 2011 ou El Ijtiya de Shaouki El Majeri, qui a obtenu le Emmy Award de la meilleure série étrangère en 2008.En tant qu’auteur-metteur en scène, il a créé une douzaine de pièces dont La Pauvreté de Fiodor Dostoïevski ou encore Mon nom est rouge de Ohran Pamuk. Engagé dès le début de la révolution syrienne en 2011 pour la défense des Droits de l’Homme, il est arrêté par les services de police du gouvernement. Sa sécurité étant menacée, il est contraint à l’exil. Il poursuit son travail d’acteur, participant à des courts-métrages sur la situation des réfugiés syriens comme Transit Gamede Ana Faher en 2013 dans lequel il incarne le rôle principal. Son implication dans différentes émissions télévisées ou radiophoniques en Jordanie soulignent tout autant son soutien à la population civile syrienne : il s’invitait dans des familles afin de partager avec eux des recettes et les souvenirs du pays dans Tabakh Roho, ou faisait la satire des crimes du régime syrien, de Daech et du front El Nosra dans Selfie. Son engagement s’illustre également par sa participation à différentes conférences pour défendre les droits de l’Homme, la citoyenneté, la liberté de la presse ou encore les femmes syriennes ; mais aussi avec la mise en œuvre d’un atelier artistique thérapeutique Effet Papillon, pour accompagner dans leur démarche de reconstruction 150 enfants syriens victimes du conflit. Il participe à la création de spectacles dans et hors des camps de réfugiés en Syrie, Jordanie, Égypte, Turquie, et Liban. Résidant en France depuis 2015, il joue au théâtre Majaz dans Les Optimistes mis en scène par Ido Shaker et poursuit son travail d’auteur, en résidence au Centre national des écritures du spectacle à Villeneuve-lez-Avignon.

mercredi 30 septembre 2020
Le calendrier du bac 2021 vient de sortir
Calendrier des épreuves du bac 2021
Les lundi 15 et le mardi 16 mars 2021: les épreuves de spécialité
Le mercredi 17 mars pour les épreuves à faibles effectifs comme les langues, littératures et cultures étrangères et régionale (LLCER) et les arts.
Du jeudi 18 au vendredi 26 mars: épreuves pratiques et orales des enseignements de spécialité.
Le Jeudi 17 juin: date de l’épreuve écrite de philosophie
Du lundi 21 juin au vendredi 2 juillet:épreuves du Grand oral
Dates du bac de français pour les premières
Du 21 juin au 2 juillet: dates des oraux du bac de français pour les élèves de première.
Le jeudi 17 juin: épreuves écrites de français
Dates des résultats du bac
Le mardi 6 juillet 2021.
La question de la vérité dans Tous des Oiseaux
Relevé de citations:
La vérité
P39 scène du Seder : David : La prière consiste à dire la vérité à son fils.
Rabbin : Il n’y a pas qu’une seule vérité, c’est là la vérité. Etgar : Tu as raison, mais tu ne peux pas imposer ta vérité
David : mais je peux lui imposer celle que tu m’as transmise…
P55 : Wahida : vous allez leur dire quoi ? Que je suis votre petite-fille ?
Léah : la vérité
P75 : Norah : Léah, écoutez moi, la vérité n’est pas un jeu. C’est pire que la justice, pire que tout, c’est une babiole effroyable. Croyez-moi ! Il m’arrive parfois de la voir dans la vie de mes patients, six ans, dix ans avant qu’ils ne soient eux-mêmes en mesure de l’entendre. Il ya un temps juste pour le mensonge et un temps injuste pour la vérité.
P80 Wahida à Etgar : Si vous voulez le guérir, il faudra lui dire la vérité. Dites-lui la vérité qu’il est venu chercher.
(Léah et Etgar disent la vérité à Eitan dans le coma dans une scène muette. P81
P 83 : Eitan : Je suis venu ici pour faire la lumière sur mon père, comme si je croyais qu’il y avait une vérité aux origines de quoi que ce soit. Quarante six chromosomes. Je le vociférais et je n’y croyais pas moi-même.
P88 : Léah : la vérité est qu’on n’a pas vraiment cherché, qu’on n’y a pas mis le cœur, parce qu’on ne voulait les retrouver.
P89 : Etgar : David a 15 ans. Si tu lui dis la vérité aujourd’hui à cause de ce massacre épouvantable, tu vas le détruire.
97 Eitan Si ces mots sont vrais, je ne veux pas tromper mon père moi aussi et rajouter de la trahison à la trahison et du mensonge au mensonge.
P98 Léah : cette vérité que tu veux aller raconter à ton père et que j’ai tant rêvé moi-même de lui offrir , cette vérité n’est rien à côté de l’amour qu’il a pour toi ! Rien d’autre ne compte ! .. ; cet amour-là bien plus que la vérité suffit à son bonheur…
P100 : Norah : Ce n’est pas la vérité qui crève les yeux d’oedipe, mais la vitesse avec laquelle il la reçoit, ce n’est pas le mur qui tue le coureur automobile, mais la vitesse avec laquelle il s’y fracasse…. Ne rien jeter trop vite contre le mur de la connaissance ;
P103 Wahida : et la vérité est que je n’ai plus rien à voir avec cette fille qui sa vie durant s’est inventée dans le regard des autres, qui a débarqué ici il ya deux semaines et que tu aimes. …L’atentat a tout fracassé et le smiroirs se sont cassés et ce qui reste est aussi simple qu’insupportable : je suis arabe… ;P104 C’est ça la vérité sur Wahida, Eitan.
P118 : Etgar : C’est pourtant la vérité… La vérité ne se découvre pas au nombre de bâtonnets ni au nombre de chromosomes, mon petit. Sans cette folie dont tu m’accuses, tu ne serais pas là pour m’accuser.
P118-119
David : Ma vérité n’est rien Eitan. Elle ne change rien à l’amour que j’ai pour chacun de vous. Au contraire elle redonne courage pour ce qui a manqué. Je vous aime.
P122 au moment des dons d’organes : Léah : La vérité est qu’il n’est pas juif. Norah Son cœur l’est…

