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vendredi 25 mai 2018

2ème bac blanc: recommandations générales

Sujet de type 1
Il est indispensable de mieux connaître la fable du Mariage. Relisez les oeuvres! Apprenez les résumés scène par scène pour gagner du temps le jour de l'examen!

Introduction: Il faut présenter l'oeuvre, le sujet en dégageant ses enjeux, ce qui peut demander une analyse dramaturgique minimale et débouche sur un questionnement:l'évolution du couple Figaro/Suzanne dans le Mariage, la façon de montrer au plateau leur amour, leur complicité mais aussi le fait que Suzanne supplante Figaro dans l'organisation du piège tendu au Comte par elle et la Comtesse et donc le désarroi de Figaro qui se croit trompé. Ne pas oublier l'annonce d'un plan.

L'analyse dramaturgique peut figurer dans l'introduction ou constituer une première partie du développement.

Etude des images mises à votre disposition: Rappel: elles n'ont rien à voir a priori avec la pièce étudiée. Il faut les décrire , faire des rapprochements avec la pièce et donc citer le texte à l'appui de ses rapprochements possibles, mais surtout elles doivent vous inspirer des pistes scéniques concrètes: postures, attitudes des personnages, code de jeu, costumes, couleurs, accessoires etc. Vous les avez souvent oubliées dans le bac blanc.

Gérer le temps pour pouvoir proposer un projet personnel.

Projet personnel: Il doit être inspiré par une image en particulier.  Vos choix doivent être fondés sur des renvois au texte  et donc une analyse dramaturgique qui explique vos partis pris de mise en scène. Pour le couple Suzanne/Figaro, on vous suggérait de parler de la distribution, du costume, du code de jeu. Ce qui figure dans le sujet explicitement doit être traité. N'oubliez pas d'évoquer de mises en scènes existantes par rapport auxquelles vous vous positionner ( Celle de Vincent, de Rauck, de Barché par exemple): "Je ne ferai pas comme... "ou au contraire "Je trouve la mise en scène de ....séduisante et reprendrai..."
Proposer un graphisme est bien venu par exemple pour les costumes.

Sujet de type 2:
IL faut connaître parfaitement la fable de la pièce et aussi les mises en scène les plus célèbres pour Figaro Divorce, celle de 1937, la création, celle de Jacques Lassalle et celle de Christophe Rauck. Beaucoup de documents sur le blog vous aident à les travailler.

Introduction: présenter l'oeuvre, faire le lien avec le Mariage de Figaro, le sujet et ses enjeux, analyse dramaturgique de l'évolution du couple Figaro/ Suzanne dans Figaro Divorce: les raisons de leur séparation, ce qu'ils disent de leur amour, ce qu'ils deviennent au fur et à mesure de la pièce quand ils sont séparés, leurs retrouvailles, le sens à donner à leur parcours. annonce du plan.

Analyse des photos de plateau ( ne dites pas documents):
décrivez le plateau photographié, identifier les séquences de la pièce et citer le texte à l'appui de vos dires, en étant précis. Développez les partis pris des différents metteurs en scène.
Les photos étaient chronologiques et ermettaient de parler de l'évolution des relations entre les deux personnages.
La mise en scène de Lassalle devait être connue.

La vision préférée doit être argumentée et déboucher sur un projet personnel de mise en scène du couple.

Attention à la correction de la langue: certains d'entre vous font beaucoup d'erreurs d'accord du participe, de l'adjectif, de conjugaison. Pour des L ce n'est pas admissible.
Rédigez en faisant des paragraphes avec alinéas.
 Utilisez un bon stylo pour écrire ( plutôt foncé que clair) et faciliter la lecture de votre copie.
Les titres d'oeuvre se soulignent et ne se mettent pas entre guillemets.
Le vocabulaire théâtral doit être maîtrisé: jardin et cour ( pas droite et gauche), à la face, à l'avant scène, au lointain.
Pour la dernière fois et par pitié!  le PUBLIC

mardi 22 mai 2018

Présentations de travaux des élèves du Conservatoire au mois de juin

Cette fin d'année scolaire est bien chargée, néanmoins je souhaite vous proposer d'assister aux présentations de haut niveau qui seront faites par les élèves des classes d'art dramatique du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Colmar.


Voici les dates auxquelles nous vous proposons d'assister, en entrée libre. Chaque représentation est d'une durée d'une heure  :

Jeudi 14 juin : "Le malade imaginaire" :  représentation à 20 heures
Vendredi 15 juin : "Tartuffe" : t représentation à 20 heures
Samedi 16 juin : "Le misanthrope" :  t représentation à 20 heures

Mercredi 20 juin : représentations de "L'éveil du printemps" à 15 heures et  à 20 heures
Jeudi 21 juin : représentations de "L'éveil du printemps" à 15 heures et  à 20 heures
Vendredi 22 juin : représentations de "L'éveil du printemps" à 15 heures et  à 20 heures

La directrice de la salle Europe nous demande de nous inscrire pour y aller: on en reparle en fonction de vos disponibilités.

lundi 21 mai 2018

Examen de l'option facultative demain et mercredi

Je souhaite à tous élèves qui passent l'épreuve de la réussir et de montrer leur talent, leur sérieux et la qualité du théâtre que l'on pratique au lycée Camille see depuis des générations. Vous avez une réputation à défendre:

La dernière pièce de Py Les Parisiens à Paris

 Article intéressant  avec un petit film très éclairant sur le code de jeu et l'univers d'Olivier Py:
Immersion scénique

descriptif du projet Figaro de Chiara Villa (2018)


Chiara Villa a choisi de concentrer le travail sur la dimension critique du personnage de Figaro, sur la portée subversive de son propos et sur son évolution qui soulève des questions politiques. Pour cela, elle a décidé d’effectuer un travail choral sur le monologue de Figaro du Mariage et le discours aux enfants dans Figaro divorce. Les textes ont été répartis entre les 14 élèves non pas de façon, arbitraire mais chaque comédien a dû défendre le choix de ce qu’il souhaitait prendre en charge en argumentant, quand plusieurs d’entre eux étaient en concurrence pour le même morceau de texte, une façon originale de faire comprendre les enjeux du texte et d’insister sur le fait que le comédien pour Chiara est totalement parti prenante du projet de mise en scène auquel il doit adhérer pleinement, quitte à négocier et défendre son propre point de vue. Les élèves ont d’abord été surpris par la démarche puis se sont pris au jeu de la « verve » nécessaire afin de trouver leur place dans le dispositif. De plus,  soucieuse d’enseigner aux élèves l’importance de la gestion des accessoires et costumes sur un plateau, Chiara leur a également proposé un travail quasi chorégraphique avec des manipulations de chaises pliantes, d’accessoires de coiffures : peignes, brosses, sèche-cheveux, bombes de laques, ciseaux etc et blouse de protection de salon de coiffure qui requiert écoute de l’autre, coordination gestuelle et prise en compte du groupe. L’espace créé pour la forme brève inventée suggère un salon de coiffure contemporain un peu arty  dans lequel coiffeurs et clients font entendre le monologue de Figaro et le discours aux enfants comme la parole qui s’échange communément dans ce genre d’endroit avec parfois des éclats et des prises à partis, des déplacements, des adresses de l’un à l’autre qui engage le corps et la voix. Chiara n’a pas oublié pour autant la dimension musicale de l’objet d’étude puisqu’elle a également demandé aux élèves de sélectionner des chansons à portées satiriques dans un corpus contemporain de leur choix, de les transposer pour pouvoir les chanter a capella en engageant un travail rythmique ou en les accompagnant avec un piano et un violon. Les élèves ont retenu cinq chansons qui viennent entrecouper les monologues (Tryo : pour un flirt avec la crise, Saez : J’accuse , Bhale Bacce Crew :Une de plus, Stromae : Formidable et Carmen)


Nous avons conscience que la recherche menée se prête difficilement à l’évaluation individuelle des élèves, mais la petite forme peut être montrée, partiellement ou totalement, en échauffement ou préambule à l’épreuve pour prendre la mesure de l’engagement collectif des élèves et des compétences qu’ils auraient acquises par le biais de cette recherche, qui leur a demandé beaucoup de travail.

descriptif du projet Britannicus avec patrice Verdeil ( 2018)


Avec Patrice Verdeil, pour entrer dans la tragédie de Racine, nous avons insisté sur l’importance de la compréhension des enjeux de chaque situation sans insister sur la déclamation de l’alexandrin, même si  certains exercices ont porté sur la diction des vers et leur précision. Que les mots coulent naturellement portés par ce qui se joue dans les relations entre les personnages a été la préoccupation de Patrice. Nous avons insisté sur le fait que Néron, Junie et Britannicus sont des adolescents à peine plus âgés que les élèves eux-mêmes et qui sont entrain de se construire en étant confrontés à  leurs désirs, aux aléas de leur situation politique respective, aux manœuvres des adultes qui les entourent et cherchent à les influencer. Les scènes travaillées ont été choisies dans les trois premiers actes. Patrice a mis en place un dispositif extrêmement sobre qui privilégie la justesse de l’adresse, du dire, l’espace étant simplement structuré par des bancs qui délimitent l’espace néronien interdit aux autres personnages, un escabeau y conduisant et des indications de direction « chez Pallas » à cour, chez Octavie à jardin. Les élèves qui appréhendaient le travail sur une tragédie racinienne ont pris au final  beaucoup de plaisir à découvrir Britannicus.

Descriptif du projet Illusions Comiques avec sandrine Pires (2018)


Sandrine Pires défend un théâtre qui engage le corps et demande une présence très incarnée. Elle a choisi, contrairement à Patrice Verdeil,  l’an dernier, qui a travaillé surtout sur le premier acte et sur la présence du Poète Mort trop tôt, de s’intéresser au deuxième et au troisième acte, à l’ascension fulgurante de Moi-même et à sa chute, à tout ce qui concurrence le théâtre comme art de la Parole,  à l’exil des comédiens qui ne sont chez eux finalement que sur un plateau de théâtre, dont pourtant ils peuvent être chassés parfois, toujours en errance, privilégiant ainsi une réflexion sur ce que dit la pièce de la condition concrète des gens de théâtre, de leurs rêves d’influence sur la société, de ce que peut le théâtre ou pas, de ce qui « insiste » dans cette parole que l’on montre comme le dit Philippe Girard lorsqu’il incarne le tragédien.
 Olivier Py a écrit une pièce qui est un hommage aux acteurs amis de sa compagnie, une célébration du théâtre .Il s’est abreuvé de la parole de ses acteurs et leur propose de jouer un condensé d’eux-mêmes. Il remet dans leur bouche leurs propres paroles. Selon Sandrine, la  pièce  ne nécessite pas grand-chose d’autre que l’acteur et son infini capacité de métamorphose. L’acteur dit par exemple  « je fais le marchand de mode » et il se transforme à vue, même les costumes peuvent être dessinés par le jeu de l’acteur, par exemple la grande jupe de maman sous laquelle se cache Moi- Même ou son costume de lapin. Elle souhaite travailler sur le mouvement, permettre aux élèves d’expérimenter un corps qui soit à la hauteur de la Parole. Elle leur a demandé de jouer chaque mot, de le donner à voir et de s’emparer du plateau avec fougue. Au début du projet elle a insisté  sur le côté carton pâte du théâtre : pancartes pour signaler le rôle, accessoires comme la fameuse « épée de bois », sur un acteur qui serait aussi un artisan-bricoleur en demandant aux élèves d’apporter ficelles, marqueurs, matériel de récupération, bazar dont on peut se servir, grands cartons, mais au fur et à mesure des séances elle a renoncé à cet aspect pour privilégier le travail sur le corps et la parole. Parce que la pièce interroge l’identité même du théâtre, ses fonctions, Sandrine a tenu à ce que les élèves proposent chaque semaine une définition du théâtre d’après ce qui s’est passé dans la séance, ce qui a été travaillé en particulier, en échos aux définitions qui figurent dans le texte à la fin de la pièce. Les exigences de Sandrine qui engageaient profondément le corps et demandaient un véritable lâcher prise ont paru parfois difficiles à satisfaire pour les élèves mais ont sur la durée provoqué un véritable plaisir du jeu, une Joie de théâtre, même si retrouver l’intensité à chaque répétition a été, est un véritable défi.

samedi 19 mai 2018

jeudi 17 mai 2018

Sujet de type 2: Evolution du Couple Figaro-Suzanne dans Figaro Divorce

Exemple de devoir réussi d'un camarade d'une autre promotion avec mes annotations et le barème mais il y aura sûrement de bonnes copies dans votre groupe aussi.



                                                                  Sujet type 2

Lorsqu’il écrit Figaro Divorce en 1936, Horváth choisit pour protagonistes de sa pièce un couple incontournable du théâtre français du XVIIIe siècle, en le mettant au goût du jour.  En effet lorsqu’Horvath parle de son théâtre, il affirme que dans « le théâtre populaire d'aujourd'hui, il faut des personnages d'aujourd'hui. »                                                                   Ainsi, le couple de Figaro et Suzanne est chez Horváth aux antipodes du couple de Beaumarchais tout en verve et en musique. Si l’évolution de ce couple est mise en lumière par le texte, la mise en scène joue également un rôle capital dans la construction des deux personnages.   ( Tu peux à ce stade résumer l’évolution du couple en narrant l’intrigue de Figaro divorce.)                                                                                                                                                                            Comment les partis-pris de mise en scène parviennent-ils à éclairer de manières différentes les relations qu’entretiennent Suzanne et Figaro dans la pièce d’Horváth ?                                                                    Dans une première partie nous allons voir de quelle manière les différents documents iconographiques éclairent l’évolution du couple de Figaro et Suzanne avant de proposer dans une deuxième partie une vision personnelle de la relation entre Figaro et Suzanne dans Figaro Divorce.


           La relation entre Suzanne et Figaro évolue tout au long des trois actes qui retracent l’exil de Figaro, Suzanne, du Comte et de la Comtesse à cause d’une révolution qui n’est pas précisément datée et qui laisse donc une grande marge de liberté au metteur en scène.   ( Tu peux signaler que les 4 photos parcourent l’histoire déchirée du couple de la pièce dont le titre insiste sur la séparation contrairement au Mariage.)                                                      Le premier document est une photo de plateau extraite de la mise en scène de 2005, jouée au Landerstheater en Allemagne. Elle met en scène le tableau 4 de l’acte I de Figaro Divorce et plus précisément le moment où Suzanne assise sur les genoux de son mari discute avec ce dernier sur le souhait de Figaro qui est de redevenir barbier. Les didascalies du texte placent très clairement l’action « dans les montagnes, dans une des plus belles stations de sports d’hiver du monde. »  La mise en scène ne place pas explicitement le tableau 4 dans le contexte évoqué par les didascalies. Cependant, il y a des allusions diverses et variées aux indications de l’auteur. Premièrement, les habits de Figaro et de Suzanne sont composés de matières épaisses. Figaro porte des chaussures brunes avec des chaussettes apparentes, un pantalon gris, un pull brun à motifs et une écharpe dans les tons gris également. Suzanne, elle, porte une robe bleue à motifs blancs qui semble être faite de matière très épaisse, des collants taupe et des chaussures à talons ouvertes. Deuxièmement, les deux personnages sont assis sur une chaise longue rose et blanche qui fait directement référence à une didascalie du texte. Horváth n’ayant pas indiqué de quelle révolution il s’agissait dans son texte (bien que le contexte tumultueux de la deuxième guerre mondiale dans lequel il écrivit Figaro Divorce  ( La pièce a été écrite en 1936, elle évoque l’exil de ceux qui fuient la montée des fascismes.)l’ait sans doute beaucoup inspiré), le metteur en scène a de ce côté-là une grande liberté. Les costumes de la première photo de plateau font fortement penser au style de vêtements qui était très populaire dans la RDA. La guerre froide peut être considérée comme une révolution dans la mesure où cette période a engendré beaucoup de conflits comme par exemple l’insurrection en Allemagne de l'Est du 16 juin 1953. Le journal que tient Figaro dans sa main est le journal sur lequel il a repéré la petite annonce d’un barbier. Suzanne tient, elle dans sa main une tulipe jaune, accessoire qui a été ajouté par le metteur en scène. Si dans la signification des plantes, la tulipe est un symbole d’amour et de gaieté, la tulipe jaune est la couleur de l’amour non partagé ou rejeté. Cette tulipe a-t-elle été choisie par le metteur en scène comme prémices du déchirement conjugal qui ne va pas tarder à avoir lieu ? ( Il me semble que ta tulipe jaune est plutôt un tube de crème solaire, objet d’ailleurs mentionné dans la didascalie.)  La photo de plateau montre pourtant un couple encore soudé. Suzanne, assise sur les genoux de Figaro, ce qui montre la proximité du couple, l’entoure de son bras d’un signe protecteur. Le bras de Figaro, lui n’est pas visible sur la photo mais entoure sans aucun doute la taille de sa femme. Les visages des deux comédiens sont extrêmement proches, leurs cheveux se frôlant presque. Si les corps sont complices, les visages eux le sont beaucoup moins. Suzanne, regarde Figaro en biais et semble inquiète. Figaro lui est complètement absent, son regard perdu et troublé tourné vers le sol. Ce qui transparaît dans cette photo c’est d’une part la complicité des deux personnages qui par leurs positions ne font plus qu’un, d’autre part une tension visible surtout dans l’expression faciale de Figaro. Cette tension annonce le déclin progressif du couple qui est pourtant encore amoureux comme on le voit sur la photo. Le tableau 4 de l’acte I est le moment de basculement de la pièce. En effet, c’est à ce moment-là que Figaro annonce à sa femme qu’il veut quitter le comte et la comtesse pour redevenir barbier à Grande-Bisbille, décision qui va engendrer de nombreux conflits conjugaux qui vont mener Figaro et Suzanne au divorce.                                                                        
 Le document 2 est une photo de plateau du tableau 3 de l’acte II de la mise en scène datant de 1937 jouée à Prague. Le tableau 3 de l’acte II se situe à Grande-Bisbille, où le couple possède un salon de coiffure. La photo de plateau correspond au moment où la sage-femme après avoir parlé avec Suzanne de son désir d’enfant chuchote à l’oreille de Figaro. Le metteur en scène a choisi de placer l’histoire de Figaro Divorce dans la période de l’entre-deux-guerres si on se fie aux costumes. Cette période a été marquée par un bouleversement des rapports de force internationaux, une révolution technique immense mais surtout la grande dépression et la montée du nationalisme, ce qui a créé une atmosphère de tension et de peur. Le document 2 datant de 1937, on peut en conclure que le metteur en scène a choisi de parler de ce qui était alors l’actualité. Figaro et Suzanne sont tous deux habillés de blanc à l’exception de leurs bas noirs. La couleur blanche n’est pas sans rappeler premièrement le Mariage de Figaro mais également la stérilité de ce mariage puisque Figaro et Suzanne n’ont pas d’enfants. La forme des vêtements de Figaro et de Suzanne font penser aux vêtements de médecins plus encore qu’à des vêtements de barbier. On peut voir là une référence à l’époque de Beaumarchais dont Figaro Divorce s’inspire où être Barbier sous-entendait être en même temps chirurgien.( Regarde le texte aussi : la blouse est mentionnée dans une didascalie.) Au milieu de l’espace scénique se trouve la sage-femme habillée entièrement en noir. Elle tient dans sa main un sac de la même couleur que ses habits et porte un chapeau également noir. Tout dans son attitude fait penser aux sorcières des contes de fées, le noir étant directement associé au mal. Cependant, la sage-femme aide Suzanne à accomplir son souhait et se dessine par conclusion plus comme une fée, une bonne marraine. Ce qui est intéressant à noter, c’est que dans les contes allemands entre autres collectés par les frères Grimm, les fées en tant que telles sont à peine décrites. L’accent est mis sur leur fonction d’accoucheuses comme le souligne le sens premier du mot "sage-femme" employé par les deux célèbres philologues. Dans la relation de Figaro et de Suzanne sur cette photo de plateau, la sage-femme joue un rôle essentiel puisqu’elle sépare le couple en s’interposant entre eux. Elle tourne le dos à Suzanne et parle en souriant à Figaro. Tout en noir, la sage-femme se dresse ici comme le symbole du conflit qui oppose Figaro et Suzanne. La sage-femme est également la médiatrice de ce couple en conflit. Suzanne elle se tient à l’écart. Elle tient dans ses mains un tricot qui n’est pas présent dans le texte puisque ce dernier indique que Suzanne « nettoie, songeuse, le rasoir ». Le tricot est avant tout un symbole très fort de la famille, de la maternité. Et c’est ça que Suzanne souhaite par-dessus tout : fonder une famille. Le metteur en scène a d’ailleurs choisi de ne pas suivre les didascalies puisqu’au lieu de tourner le dos à Figaro et à la sage-femme, elle les regarde d’un air calculateur. Ici c’est elle et non pas Figaro la « machiniste », c’est elle qui mène l’intrigue par le biais de la sage-femme. Figaro lui, regarde devant lui d’un air un peu idiot et écoute ce que la sage-femme a à lui dire. Comme indiqué dans les didascalies, il «  ouvre les yeux de plus en plus grands ». Son corps est courbé sous le poids de l’annonce que lui fait la sage-femme. Son visage, tourné face public, est presque comique et montre à quel point Figaro est choqué. Le couple de Suzanne et de Figaro dans le tableau 3 de l’acte II est bien plus distant qu’à l’acte I. Suzanne et Figaro sont distants, séparés par la sage-femme, symbole de leur mésentente au sujet de l’enfant. Le document montre très clairement que c’est Suzanne qui a le pouvoir dans ce tableau puisqu’elle ment à son mari pour voir sa réaction. Figaro, dans son langage corporel est loin du Figaro de Beaumarchais. Il est devenu un petit-bourgeois.
                                                                                                                                                                            Le document 3 est une photo de plateau du tableau 4 de l’acte III mis en scène par Fred Berndt en 1986. Horvath situe le tableau 4 de l’acte III « en pleine forêt, à la frontière ». Cependant le tableau 4 de l’acte III fait intervenir le comte, Suzanne et un brigadier. Il n’est pas question de Figaro. La photo de plateau correspondrait plutôt au tableau 5 de l’acte III au moment où Figaro et Suzanne se revoient pour la première fois depuis leur divorce au château d’Aguas Fresquas.  ( Oui il s’agit d’une erreur de ma part.)La mise en scène montre deux buissons séparés, ainsi que des bancs en bois symbolisant sans doute le jardin du château. Suzanne porte un long manteau clair et Figaro un haut clair également avec un pantalon plus sombre. Les costumes ne permettent pas d’identifier clairement une période historique. Cependant le manteau et les chaussures de Suzanne laissent penser que le parti-pris de mise en scène situe l’action dans les années 30 au moment de la montée du nazisme. ( Moins que celle de Lassalle.)Figaro semble troublé par les retrouvailles avec son ex-femme. Il est assis et dévisage Suzanne comme Horváth l’avait indiqué dans les didascalies. Son langage corporel, notamment ses mains qu’il tient ouvertes montrent qu’il est surpris mais également ouvert  à la discussion. Suzanne, elle se tient debout à l’autre extrémité de la scène. En entrant du côté jardin, le metteur en scène a suivi les indications de l’auteur puisque dans la pièce il est indiqué que Suzanne « entre par la gauche ». Elle est physiquement supérieure à Figaro puisqu’elle est débout et lui assis. Si elle est distante dans l’espace, son corps légèrement penché vers l’avant montre que sa rancune envers Figaro s’est atténuée et qu’elle est elle aussi ouverte à la discussion. Ce qui est très intéressant dans la mise en scène de Leonhard Zubler, c’est que les haies sont séparées en deux. De chaque côté de la séparation se tient un membre du couple. Ce parallèle entre la séparation des haies et celle du couple est extrêmement nette, d’autant plus que la couleur claire des costumes contraste avec le coloris sombre des haies. La vision du couple qui est donnée à voir dans le document 3 est donc la vision d’un couple clairement séparé mais qui semble tout de même être agréablement surpris de se retrouver.                                                                          Enfin, le document 4 est une photo de plateau du tableau 5 de l’acte III mis en scène par Jacques Lasalle en 2008. La photo correspond à la toute dernière phrase du texte où Suzanne se précipite vers Figaro et l’étreint. L’espace scénique est divisé en deux parties distinctes. En arrière-scène se trouve un terrain de jeu avec entre autres une balançoire à bascule sur laquelle se trouvent le vieux comte Almaviva et sans doute Antonio. En avant se trouvent Figaro et Suzanne qui sont dans les bras l’un de l’autre. Les costumes, surtout celui de Figaro habillé en militaire, permettent de placer l’action dans les années 1930. Le couple semble être à nouveau réuni. Les corps sont extrêmement proches et les deux personnages regardent dans la même direction. Ce regard dans la même direction symbolise la possibilité d’un avenir commun. Cependant, les expressions faciales traduisent un sentiment de peur. Ce sentiment est sans doute lié au bruit de verre qui se brise comme c’est indiqué dans les didascalies (« une vitre vole en éclats »). Ce regard  apeuré surtout visible chez Suzanne peut aussi être interprété par le spectateur comme la peur d’un nouvel échec amoureux. Cette position d’étreinte apeurée peut être interprétée d’une multitude de manières différentes d’autant plus que la fin de la pièce d’Horváth est très ouverte. Que va devenir le couple de Suzanne et de Figaro ? Ce document laisse voir un couple à nouveau réuni et soudé par une étreinte qui conclue une évolution conjugale tumultueuse et pleine de rebondissements…( sauf que Lassalle rajoute ensuite le mitraillage de tous ces personnages qui évoque la violence de la 2nde guerre mondiale.)
Il faudrait un paragraphe de conclusion sur l’évolution du couple dans Figaro Divorce et notamment sur l’importance de toutes les parties où Suzanne et figaro n’existent plus dans le même plan, où ils sont séparés. Faisant de Suzanne un protagoniste à égalité avec figaro, même s’il tire son épingle du jeu en revenant dans son pays d’origine une fois la Révolution stabilisée. Tu le fais dans ta deuxième partie

La conception du couple de Figaro et de Suzanne qui correspond le plus à ma propre vision des personnages et celle présentée par le document 2. Cette photo de plateau extraite du tableau 3 de l’acte II résume assez bien la relation que Suzanne et Figaro entretiennent dans la pièce d’Horváth. Loin de la verve du Figaro chez Beaumarchais, ce dernier est devenu dans Figaro Divorce un petit bourgeois. Le comte Almaviva le dit lui-même dans le tableau 4 de l’acte I : « Il n’y a qu’une chose qui m’importe mon cher Figaro : tu es devenu bourgeois. » La critique de la petite bourgeoisie que fait Horváth dans son œuvre se traduit ici par un Figaro mou, avachi avec un petit embonpoint, plein de lassitude et le regard éteint. Le costume de Figaro montre également qu’il est devenu un petit bourgeois «  bien peureux ». La veste longue, la moustache bien taillée, la chemise blanche convenablement rentrée dans un pantalon sombre bien cintré montre l’aisance de la petite bourgeoisie. Figaro est caractérisé dans la pièce entre autres par son inaction qui est bien loin du Figaro machiniste du Barbier de Beaumarchais. Cette inaction est très visible sur la photo de plateau où il se contente d’écouter ce que la sage-femme a à lui dire. Cependant, à la fin de la pièce, Figaro redevient homme d’action puisqu’il dirige l’orphelinat qui était anciennement le château du comte et parvient par la ruse à prendre la place de directeur. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que les retrouvailles entre Suzanne et Figaro se termineront en  enlacement.                                       Suzanne, elle est à mon avis le personnage central de Figaro Divorce. Elle prend en quelque sorte le relais de son mari en guidant l’action, en prenant les décisions importantes, en manipulant son mari… Son indépendance et sa ruse sont très bien représentés sur cette photo. Elle se tient à l’écart de son mari et laisse la sage-femme faire l’entremetteuse. Son expression faciale cependant est pleine de stratégie et d’intrigue. En effet, elle a mis au point un plan avec la sage-femme pour faire croire à son mari qu’elle est enceinte. Le machiniste dans Figaro Divorce, c’est elle. Suzanne s’émancipe dans la pièce. L’émancipation féminine est ici représentée par les vêtements portés par les deux femmes qui sont presque masculins. Tout au long de la pièce Suzanne prouve qu’elle est légale de l’Homme, qu’elle aussi peut le tromper, peut se débrouiller toute seule comme elle le montre en travaillant dans un café. Ce qui est intéressant c’est que dès le début de la pièce c’est elle qui décide puisque Figaro n’a suivi le comte et la comtesse que par amour pour sa femme. Si Suzanne est avant tout chez Horváth une femme de caractère, son côté maternel est omniprésent et son désir d’enfant est même la principale source de conflit avec Figaro. Son envie de fonder une famille est symbolisée sur la photo de plateau par son tricot mais aussi par la sage-femme elle-même. Suzanne veut, et ce depuis le début de la pièce un enfant que son mari lui refuse. Face à l’inaction de Figaro, Suzanne prend les choses en main et tire les ficelles de l’intrigue. Enfin, le couple de Figaro et de Suzanne est selon moi caractérisé par le leitmotiv du conflit conjugal. C’est d’ailleurs le titre de la pièce : Figaro Divorce, qui évoque d’ores et déjà les événements à suivre. Les conflits entre les deux personnages sont présents tout au long de la pièce et vont crescendo. L’évocation des disputes de Suzanne et Figaro sont plutôt discrètes dans l’acte I entre autres par l’évocation du comte (« vous êtes-vous encore disputés ? ») qui sous-entends que d’autres conflits ont déjà eu lieu auparavant. Dans l’acte II, le conflit devient plus conséquent et les raisons de ce dernier deviennent évidentes : le désir d’enfant et le changement de comportement de Figaro. Dans l’acte III, le couple est divorcé. Cependant, Figaro continu à écrire des lettres à sa femme qui restent sans réponse. Ici c’est une fois de plus Suzanne qui a le pouvoir. Même au moment des retrouvailles qui finit par une étreinte, Suzanne lit une lettre pleine de violence à Figaro. Le conflit est représenté sur la photo de plateau, par la sage-femme qui sème la discorde entre les époux et les séparent déjà physiquement en s’interposant.

    En conclusion, l’évolution du couple Figaro et Suzanne est traité de différentes manières selon les mises en scène. Cependant on peut voir à travers les quatre photos de plateau, un fil conducteur. Le couple existe, se déchire petit à petit, divorce puis se rencontre à nouveau et se retrouve. La vision personnelle que j’ai de ce couple passe premièrement à travers la conception que je me fais des deux personnages séparément. Figaro est devenu un petit bourgeois peureux vivant finalement à travers le regard des autres jusqu’à la fin de la pièce. En effet, à l’acte III il redevient un peu le Figaro de Beaumarchais puisqu’il redevient un homme d’action. Suzanne elle, s’émancipe dans la pièce d’Horváth. Elle devient une femme d’action, qui prend et assume ses décisions. Cependant Suzanne est aussi une épouse profondément malheureuse à cause des conflits conjugaux et surtout à cause du refus de son mari au sujet d’un éventuel enfant. Ces évolutions de caractère et d’envies influencent bien entendu la relation entre Suzanne et Figaro qui finalement ne se reconnaissent plus et finissent par divorcer. La fin ouverte d’Horváth permet d’imaginer une fin plus ou moins heureuse. Je pense que Suzanne et Figaro feront encore un bout de chemin ensemble et réapprendront à s’aimer, du moins je l’espère.
Ta deuxième partie est intéressante et bien informée. Il aurait juste fallu évoquer plus concrètement un projet de mise en scène dans lequel tu aurais fait passer tes idées au plateau.
 Note : 18 :20 Très bien pour les renvois au texte et le sentiment d’une bonne connaissance de la pièce.
Barème :
Langue-style : 2/2
Introduction avec présentation du sujet-Conclusion : 2 /2
Analyse des photos de plateau : 8/8
Vision personnelle : 6/8