Video qui propose un résumé de la pièce, peut-être utile pour bien la comprendre
L’Amour médecin mise en scène de Jean-Marie Villégier et Jonathan
Duverger.
Analyse de la captation
Danse, musique : Musique de Lully jouée par les Arts Florissants
de William Christie, orchestre baroque très célèbre. Instruments anciens XVIème
siècle et première moitié du XVIIème siècle.
Site : https://www.arts-florissants.org/
Orchestre situé sur une estrade en fond de scène et pas
devant le plateau dans la fosse d’orchestre.
Musique dansante, qui évoque immédiatement le siècle de
Louis XIV.
Trois chants interprétés par les comédiens qui ne sont pas chanteurs
baroques au départ, sortis de leur zone de confort. Performance très réussie
pour Léonie Simaga qui joue Lucinde, un peu moins pour l’acteur qui chante la
partie du marchand d’orviétan.
Premier chant qui montre que la pièce est dédiée au
divertissement du ROI : les trois arts doivent cesser leur querelle pour
plaire au Roi.
Le dernier chant célèbre les pouvoirs de guérison des arts et
prend une résonnance toute particulière en ces temps de pandémies où nous sommes
privés du spectacle vivant. ( Il faut connaître les textes des refrains par cœur
( voir copie distribuée le 7 janvier ou vos textes)
Danseurs : professionnels, sauf dans le premier
intermède Comédie, ballet et Musique où se sont les acteurs de la comédie française qui chantent.
Chorégraphes anciens danseurs de l’opéra de paris :
Wilfried Piolet. Trois danseurs. Danse baroque, costumes très colorés. Couleurs
franches.
Danse des médecins inquiétante : costumes des médecins
pas les mêmes que ceux qui jouent : sortes de corbeaux tout en noir, sans
visage humain, qui semblent glisser sur
le sol comme s’ils étaient des spectres,danseuse tout en blanc qui danse les
souffrances de Lucinde telles que Sganarelles les imagine, ballottée d’un
médecin à l’autre et jetée à terre, abandonnée à son sort.
Danse burlesque des personnages qui participaient au tour de
magie de la boite découpée : l’un des danseurs fait semblant de mal dansé,
effet comique des postures de porters classiques ratés, des désynchronisation. Quelque
chose de sérieux ( la danse classique) est moqué et transformé en gag.
Scénographie :
Dispositif général : salle à l’italienne avec public
présent en frontal. Espace assez dépouillé au début pour laisser de la place à
la danse des trois arts. Musiciens des Arts florissants sur une estrade en fond
de scène dans la pénombre mais visible.
Au sol une étoile jaune, un soleil ? – rappel possible
de l’origine de la comédie-ballet créée pour le Roi Soleil – peut évoquer aussi
l’univers du cirque, donc du pur divertissement à mettre en lien avec le tour
de magie qui accompagne le vendeur d’Orviétan et créée un parallèle entre les
différents charlatans qui créent l’illusion d’une guérison possible, d’une r »surrection
des morts puisque dans le tour de magie on découpe une personne en donnant l’illusion
qu’elle demeure vivante même si le tour est ensuite éventé pour montrer que
deux personnes étaient cachées dans les boites. Le théâtre est ainsi à la fois le lieu de l’illusion
et celui du dévoilement de la vérité.
Apparition très rapide du village et des maisons qui
composent la petite ville où se passe l’histoire grâce à des panneaux de bois
découpés enforme de maison qui font penser à des maisons de contes pour enfants
ou de dessins animés, rien n’est droit. Chaque panneau est très coloré dans des
tons très francs là aussi ( principe du châssis qui coulisse sur des rails et
qui se positionne soit au milieu du plateau, soit en découvertes dur les côtés
pour cacher les ouvertures latérales. Les maisons sont planes mais parfois
trouées de fenêtre derrière lesquels les personnages peuvent apparaître :
les voisins lorsque Sganarelle les consulte dans l’acte I, Lisette quand elle
est à l’intérieur et prévient Sganarelle que Lucinde est malade, quand
Sganarelle et Lisette surveillent Clitandre et Lucinde etc
( c’est par ce biais que le metteur en scène peut ne pas
faire de décors qui représente un intérieur. Presque tout se joue dehors ou à
la fenêtre .)
Fluidité magique des changements de décor, déplacement glissant
à vue des châssis avec effets comiques quand le personnage demeure visible
derrière la fenêtre lors du déplacement. Images de scène qui peuvent rappeler
les pièces à machine du XVIIème siècle.
Jeu aussi avec les dessous du plateau : système de
trappes pour faire apparaître et disparaître un personnage : Sganarelle
face au vendeur d’Orviétan paraît se rapetisser en descendant dans les dessous,
effet de contre plongée qui agrandit le magicien et le rend puissant.
Sganarelle à la fin disparaît, "le moral au 36 ème dessous"
après avoir été berné et entrainé à sa
perte. Moqué aussi par les danseurs qui se le passent comme une balle.
Mobilier et objets scéniques: Noter l'actualisation produite par les accessoires qui appartiennent pour beaucoup au monde contemporain
Tabouret: pour s'assoir par ex Clitandre auprès de Luncinde au 3 ème acte. mais aussi effet comique Sganarelle invite à faire assoir les médecins, elle n'apporte que ce petit tabouret rouge!
Peluches, doudous que Sganarelle jette par la fenêtre pour montrer qu'il est très fâché contre Lucinde qui ose lui demander de se marier: la jeune fille est infantilisée par ces joujoux, Sganarelle l'a gâtée mais ne supporte pas qu'elle grandisse et s'émancipe. Elle va d'ailleurs les récupérer et s'en caresse; doudous substitut au désir, à l'amour.
Oreiller et tapette pour les aérer: signifient que Lisette est à l'intérieur de la maison, dans une chambre, demande un jeu énergique pour accompagner les paroles, dynamise le dialogue.
vélo: effet de surprise, jeu avec la sonnette qui ponctue les propos de Clitandre. suggère une jeunesse sportive, le désir aussi d s'évader et d'emporter avec lui la belle.
Charette dans laquelle Lucinde est présentée comme malade à Clitandre médecin du coeur. Sra accrochée au vélo: équipage symbolique de l'union, du mariage.
Objets scéniques, mobilier, accessoires notés par Eugénie:
Vase aux mains de sganarelle (cendres de sa femme)
Peluches, poupées que Sganarelle lance par la fenêtre à sa fille
Lisette tape un coussin avec une « tapette en bois » à la fenêtre de la maison au fond
Sganarelle a un coussin en main
Lisette revient avec un petit tabouret en bois qu’elle pose au milieu et Sganarelle s’y assied
Sganarelle paye les médecins avec des pièces d'or et sort de scène avec le tabouret
Table de magie (couper des gens) avec un magicien qui danse autour, derrière le marchand lorsqu’il chante
Le
marchand d'orviétan a en main des petites fioles en verre, il y a dedans un
« trésor », je suppose que c’est le médicament pour la fille de
Sganarelle ( le fameux orviétan), et il récupère les deux petites fioles contre une pièce d’or
de 30 livres.
fumée qui sort au moment où apparait le dernier médecin qui gronde les autres ( Fillerin), fumée quand il disparaît par la trappe.
Tabouret avec Lisette assise dessus, Clitandre entre.
Clitandre passe sur scène à vélo (utilise la clochette)
Lisette cherche la fille et celle-ci se trouve dans une sorte de chaise roulante (se qui montre qu’elle est encore malade)
Clitandre jette le tabouret et embrasse la fille
Que chacun m'envoie ses remarques sur les différents personnages comme l'a fait Myriam pour Clitandre:
Clitandre : ( Acteur: Loïc Corbery)
Il joue au médecin en se pavanant avant de faire le fou d’un
air fier, lien avec la danse, tout est rythmé et chorégraphié.fait penser à un personnage de comédie musicale. ponctue des phrases ou des gestes avec des claquements de doigts.
marche comme un mannequin en revêtant son costume pour chercher l'assentiment de Lisette.
Il a un peu l’air d’un enfant quand il imite Lisette, il est
super content de pouvoir enfin se marier avec celle qu’il aime.
Il arrive à vélo lorsqu'il fait sa 2ème entrée en tant que médecin et fait du comique, il n’a pas l’air
sérieux. Il prend ensuite un air très sérieux et utilise la sonnette du vélo en
tournant autour de Lisette et Sganarelle pour ponctuer ses propos à Sganarelle,
ce qui gâche l’effet sérieux du médecin, il se moque.
Il est déguisé très classe contrairement aux autres médecins
avec une chemise qui semble d’époque et un gilet de costume blanc avec par-dessus
une veste sombre à queue de pie et un pantalon en toile sombre. A la fin de la
pièce pour la chanson finale il porte à la place de la veste à queue de pie une
longue veste qui ressemble un peu à une toge de curé ou bien une longue robe
ouverte.
Puis il arrive devant Lucinde et il est tout perturbé avant
de commencer à l’embrasser puis il arrête avant de reprendre ses paroles de
manière très rapide avant de la réembrasser encore interrompant ses paroles par
de nouveaux baisers.
Clitandre saute partout comme un cabri, l’acteur s’investit
réellement dans son jeu qui est très physique et très projeté. Il crie beaucoup, il agit comme un prestidigitateur.
Il avoue par erreur la vérité: il semble qu’il n’est pas médecin et que
tout cela n’est qu’un stratagème, ce qui conforte le père dans l’idée qu’il
fait cela dans le bien de sa fille pour la convaincre elle-même de la vérité.
Il prend le dessus sur la scène avec Lucinde et on ressent
que ce sont eux qui prévalent.
Lucinde ( Actrice: Léonie Simaga): synthèse de Padmé avec quelques ajouts de ma part.
-Robe
rouge, symbolisant l’amour, la passion, la jeunesse lorsque léonie Simaga joue La Comédie dans le prélude.
-Mise
en valeur → entourée par les danseurs
-Chante
en premier → protagoniste
- 1ère apparition de Lucinde: Robe
blanche, symbolisant la pureté, coiffure bouclée avec des anglaises, plutôt petite fille du XIXème siècle que du XVIIème. maquillage très fort.
-Première
scène avec son père, jeu comique avec sa respiration et son silence, jeux de regards, rythme .
-Expression
du visage, tout exagéré, enfantin
-Rejetée
par son père qui lui envoie des peluches → infantilisant, signe qu'elle a été gâtée, refus du père de la voir grandir.
-Voix
d’enfant → Éducation surprotectrice ? jeu avec les timbres de la voix sur certaines répliques moins surjouées et qui prennent un poids plus grand d'être dite naturellement.
-Toutes
les émotions sont surjouées, passent du «rire aux larmes» très
facilement. feint la maladie, mais sa maladie est surtout racontée à Sganarelle par Lisette.
-Jeu
plutôt réaliste avec Clitandre: baisers, expressions pressantes, de désir, gestes pour le toucher et se donner à lui: sensualité mise en relief.
-Jeu
très corporel (tirage de langue, etc lorsque Clitandre claque des
doigts)
-Jeu burlesque et exagéré lors de la demande au mariage (supercherie),
heureuse mais pleure pour faire croire à la supercherie, passe d’une
émotion à l’autre
-Simule
une crise cardiaque lorsque Sganarelle prétend ne pas signer tout de suite le contrat., hurle, très irréaliste → farce