Attention le spectacle est au Théâtre Municipal mercredi 25 à 20h30 et jeudi 26 à 19h. Il dure 2h15.
Sur le site de la compagnie:
Erwin Motor, dévotion est une petite entreprise de sous-traitance
automobile qui emploie, la nuit, sur une chaîne de montage, la jeune
Cécile Volanges, ouvrière modèle dont l’obstination et la fierté se
heurtent à l’incompréhension de son mari.
À l’usine, Monsieur Talzberg surveille ses ouvrières de près,
très près. Alors que Madame Merteuil, la directrice d’Erwin Motor, agite
la menace d’une délocalisation, comment agir sur la baisse de
production ? Chercher le coupable ? ou plutôt la coupable ?
L’étau se resserre autour de Cécile. Celle-ci, poussée à faire
preuve de toujours plus de dévotion à l’entreprise, délaisse son foyer
et se livre corps et âme à Erwin Motor et à Monsieur Talzberg...
Magali Mougel reprend les figures de Merteuil et Valmont des
LIAISONS DANGEREUSES de Choderlos de Laclos et les place dans un
environnement professionnel. Elle nous fait percevoir les tensions, les
jeux de pouvoir, de domination, et de séduction dans un monde non plus
dominé par l’aristocratie mais par des pouvoirs industriels et
financiers.
La pièce traite aussi de la dévotion au travail, de cette
libération que celui-ci procure à Cécile, petite main dévouée au-delà du
possible, alors même qu’elle s’aliène à son établi. La richesse du
texte vient de ce qu’il pointe les paradoxes de notre rapport au travail
: entre aliénation et émancipation, entre dévotion et sacrifice.
Sur le site de la Filature
ERWIN MOTOR, DÉVOTION de Magali Mougel par Delphine Crubézy
Des lanières de plastique scindent l’espace, réfléchissant la
lumière tout en se laissant percer du regard. Cette ambiance
industrielle, conçue par la metteuse en scène Delphine Crubézy, plante
le décor. Dans une entreprise automobile appelée Erwin Motor, une jeune
employée, Cécile Volanges, s’active de nuit sur une chaîne de montage.
Elle est surveillée de près par un contremaître, lui-même soumis à la
pression que lui inflige sa directrice, Madame Merteuil. Cécile
engloutit sa vie personnelle dans sa tâche. La pièce est signée Magali
Mougel, une jeune auteure connectée avec ce qui l’entoure et notamment,
le sort des plus démunis. Son style lapidaire trouve des accès
clairvoyants vers ce qui, sournoisement, nous contamine jusqu’à nous
perdre. Elle sait portraiturer une société malade d’elle-même, décrire
sans pathos l’aliénation au travail, pointer sans larmoyer la domination
de l’homme sur la femme. Il y a chez elle une empathie réelle pour les
petites gens, les prolétaires, les dominés. Ce constat social, elle le
sublime dans un geste poétique qui, ici, en passe par la littérature.
Volanges, Merteuil :
Les Liaisons dangereuses surplombent de leur ombre la fable qui se teinte, du coup, d’un peu plus de perversité. Fascinante danse du diable…
L'auteur Magali Mougel à propos de son texte:
“
Mon intention était de comprendre les mécaniques délirantes qui maintiennent
coûte que coûte les
ouvriers
dans un état de dévotion absolue à leur travail, aussi aliénant puisse-t-il
être. Comprendre
comment
cela tient, aujourd’hui. Quand Cécile va travailler, elle va fuir le climat
familial, son mari. Même
si
elle travaille dans des conditions déplorables, elle y trouve un certain
épanouissement.
Je
ne souhaitais pas entamer une critique sociale, mais juste comprendre et mettre
en mot
l’attachement
profond que l’on peut avoir à son travail. La pièce pourrait être caractérisée
de “ théâtre
de
la constatation sociale ” et pourtant, le fait que ce texte se charpente autour
d’un détournement des
figures
libertines des Liaisons Dangereuses éclaire peut-être autrement la nature de l’aliénation d’une ouvrière
à son travail.
Erwin Motor, dévotion est aussi un hommage à une amie qui se tue à la tâche dans l’une
de ces
entreprises.
Souvent,
après des lectures publiques, des femmes viennent me voir pour me dire : je
retrouve ce que
j’ai
vécu telle année de mon existence dans mon entreprise.”
Magali
Mougel, auteure