Pour Rapport sur moi
de la compagnie
The Party
, le
saisissement résonne comme l'une des lignes de force du projet. Car
mettant en scène ce texte à mi-chemin entre l'autofiction et le roman,
le récit et l'autobiographie, Matthieu Cruciani en travaille toute la
part d'insaisissable.
Dans ce livre, le premier de son auteur (couronné
du prix de Flore en 2002), Grégoire Bouillier se livre à un regard
rétrospectif, de la rencontre de ses parents à sa naissance en 1960 à
Tizi-Ouzou en Algérie, jusqu'à ses premiers jobs et expériences
amoureuses. Balayant trente années de façon tout sauf linéaire, Rapport sur moi
procède bien à sa façon du rapport, « action de raconter ce que l’on a
vu, ce que l’on a entendu ». Avec une distance et une dérision
réjouissante, Grégoire Bouillier fait de ses souvenirs fiction et
retisse entre eux les fils invisibles.
L'ouvrage et le spectacle, en
s'ouvrant et se fermant tous deux sur une tentative de suicide de sa
mère, racontent également la façon dont Grégoire Bouillier a su se
saisir du langage (et surtout de la littérature) pour se construire.
Ainsi, à la gravité du suicide introductif déclenché par une phrase
malheureuse de Grégoire à sa mère répond la réplique réparatrice finale,
toujours de Grégoire à sa mère. Entre les deux il y aurait le bonheur
annoncé, mais surtout toutes les déconvenues, déboires, ratés et petites
victoires qui font une vie. Mettant en scène ce texte truffé de jeux de
langues et autres clins d’œils lacaniens, Matthieu Cruciani et son
équipe dépassent la seule transposition.
Se saisissant du texte et de sa
structure méandreuse, ils composent une forme mouvante, entre théâtre
et concert. Nous assistons à ce qui ressemble à une répétition de groupe
de rock, les Klongs. Un guitariste chevelu, une chanteuse pianiste et
Grégoire, batteur génialement interprété par Pierre Maillet préparent
des morceaux. Entre les bribes musicales Grégoire parle, s'adressant à
la salle ou échangeant avec ses deux comparses. Mais on ne saura jamais
véritablement qui est qui, qui fait quoi. À l'indéfini de leur(s)
personnage(s) répond l'indéterminé de l'espace scénique : fond de scène
évoquant pour moitié un vague local de répèt' de groupe de rock (avec
ses boîtes à œufs sensées insonoriser et son canapé), intérieur
bourgeois renvoyant à quelques épisodes de la vie de Grégoire (avec
fauteuils et canapé, encore), espace indéfinissable où se vivent les
échappées sur fond d'image sylvestre...
Si le dispositif, la création
lumière raffinée, la présence précise et versatile des comédiens, tout
comme la musique participent de la structure louvoyante et sinueuse de
la création, c'est bien le texte qui architecture le spectacle. Passant
du témoignage âpre et violent – tel le récit du viol par son frère –, à
la réflexion mûrie – comme le sauvetage par la littérature via la
découverte de L'Odyssée – le récit bascule du prosaïsme à la
froideur, de la gaieté à la réflexion fournie sur les rapports entre
réel, réalité, réalisme et vérité.
En s'emparant théâtralement des
caractéristiques de Rapport sur moi, la mise en scène de
Matthieu Cruciani offre un spectacle insaisissable et ondoyant, à la
densité et au mystère prégnants. Une création maîtrisée, sans
volontarisme spectaculaire, et qui révèle autant qu'elle amplifie la
parole mouvante, ironique et profondément inquiète de Grégoire
Bouillier.
Caroline Châtelet
Source:Site Agon
Autre article
Comparaison de la mise de Mathieu Cruciani avec celle d'une autre équipe:En fragmentant le temps de la représentation en scènes de jeu
entrecoupées de plages musicales, sa proposition reproduit le chapitrage
de Rapport sur moi. Sa structuration en multiples saynètes.
Mais l’utilisation de musique, elle-même se fait miroir de l’esprit du
texte. Car c’est bien en s’appuyant sur l’Odyssée et ses chants
que Grégoire Bouillier parvient à unifier son parcours et à se le
réapproprier. Une mise en abîme, comme un clin d’œil qui se retrouve
également dans la manière dont Matthieu Cruciani enchâsse le roman dans
une autre fiction. Auteur comme metteur en scène font ce détour de la
fiction pour reprendre prise sur l’objet qui se trouve devant eux : la
réalité pour l’un, un roman pour l’autre.
Ailleurs, le livre ressurgit également non en terme de narration,
mais sous la forme de ces échos qui composent l’expérience de la
lecture. « Ce sont des sensations de lecteur que j’essaie de
repasser au plateau. Pour passer l’émotion, pour passer l’intelligence,
une littérature, il ne s’agit pas de la restituer dans son entier. Il ne
s’agit pas de la respecter à la lettre, c’est au contraire tout un
alentour. »
Tout le travail d’adaptation revient alors à « retrouver la voix que l’on a quand on lit », celle qui n’est « pas tout à fait notre voix, et pas tout à fait la voix de l’auteur ». Le
travail avec Pierre Maillet s’est axé autour de cette recherche, une
enquête pour retrouver la qualité et le grain de cette voix mouvante que
nous avons déjà évoquée.
Cet alentour, c’est aussi tous les vagabondages de l’esprit qui
accompagnent l’activité « trouée » qu’est la lecture. Les questions et
mises en doute qui s’élèvent. Décelant des parts d’ombre et de
mythomanie chez le narrateur de Rapport sur moi, Matthieu Cruciani laisse le personnage ambigu, « inquiète sa figure » dans ce que Grégoire Bouillier, qualifia, à l’issu du spectacle, de « théâtralité de l’incertitude ». Ainsi mise en tension, « en situation de résistance, de survie, d’apnée » la littérature de Grégoire Bouillier ne déploie que mieux ses subtilités.
Un blog pour les élèves des options théâtre du Lycée Camille Sée à Colmar
dimanche 10 mars 2019
Grégoire Bouiller, l'auteur De rapport sur Moi
Interview de Grégoire Bouiller à propos dE Son dernier livre: Dossier M
"rapport": dire ce dont a été témoin.: article dans la revue Mouvement
Quels rapports entretenez-vous avec la démarche psychanalytique et son désir de donner du sens à chaque geste, à chaque mot ? N'avez-vous pas aussi ce désir de donner sens au réel ?
D’abord, je n’ai jamais fait d’analyse. La psychanalyste Caroline Eliacheff, dans une chronique, a écrit qu’elle ne voyait pas ce que la psychanalyse pouvait rajouter au Rapport. C’est un bel hommage. Cependant, mon livre est tout le contraire d’une psychanalyse, puisque je m’intéresse à l’extériorité et non à l’intériorité. Je ne cherche pas à savoir ce qu’il y a sous les apparences ni à spéculer sur l’inconscient, non, j’essaie seulement de tirer le fil que tissent entre elles les apparences, avec l’idée que ce fil est vivant et structurant. Dans le Rapport, je me suis d’ailleurs amusé à détourner la fameuse proposition de Lacan – « l’inconscient est structuré comme un langage » – en écrivant que c’était « la vie qui était structurée comme un langage ». Cela dit, je ne suis pas un adepte de la psychanalyse. Hormis pour les gens qui sont dans une véritable détresse, je suis très sceptique dès lors que suivre une analyse devient une sorte de rituel social, un confessionnal payant. Pardon d’enfoncer des portes ouvertes, mais cela m’insupporte lorsque suivre une analyse devient le meilleur moyen de ne plus agir dans l'existence. Il y a quelque chose de la régulation sociale dans le fait de suivre une analyse, exactement comme, naguère, les curés écoutaient les pêchés des braves gens, leur donnaient l’absolution et ils pouvaient continuer à mener leur vie comme si de rien n’était. En revanche, il y a quelque chose qui m’intéresse dans la psychanalyse, c’est son côté aventure intellectuelle. La découverte de l’inconscient, ce ne fut pas rien. De même les textes de Freud sur les mots d’esprit, la vie quotidienne et même les civilisations, c’est vraiment passionnant. Mais il ne faut pas oublier que l’on trouve déjà tout cela en germe dans L’Odyssée, lorsque Homère raconte qu’une fois rentré en Ithaque, Ulysse devra repartir et qu’il fondera un royaume le jour où, marchant avec sa rame sur l’épaule, un homme lui demandera ce qu’il fabrique avec une pelle à pain sur l’épaule. Autrement dit, c’est une simple analogie de forme, un tout petit glissement de sens qui donne le signal au Héros pour qu’il fonde un royaume et cesse son interminable quête. Cela semble dérisoire, mais c’est juste qu’Homère n’avait pas attendu Freud pour découvrir que les mots se métamorphosent et assignent des situations, des actes, des comportements aux humains. S'il y a quelque chose auquel je crois vraiment, c'est que nous sommes essentiellement des êtres de langage, que nous sommes structurés par le langage. Au Vietnam, il y a mille manières de dire "je t’aime" et aucune qui correspond à notre « je t’aime » et je crois que l’on n’aime donc pas exactement de la même façon au Vietnam qu’en France. Je crois qu’on ne fait pas assez attention aux mots que l’on utilise, au sens qu’on leur donne, à l’importance qu’ils prennent en nous, au point de s’incarner dans des pathologies. On sait bien que les gens qui ont mal au dos en ont souvent aussi « plein le dos ». Tout le monde en sourit, en rit. Je pense toutefois qu’il y a une manière de prendre cela au pied de la lettre. Les mots nous parlent autant que nous les parlons. Ce ne sont pas des objets inertes. Et nous sommes fécondés par les livres, du moins par certains qui, mystérieusement, parviennent à trouver le chemin de notre être. Le plus souvent, nous l’ignorons, mais nous nous comportons profondément en fonction de certains mots entendus, de quelques livres que nous avons lus. Je crois profondément à cela.
Quelle place accordez-vous à votre lecteur lorsque vous écrivez ?
C’est vaniteux, mais je pense qu’il faut lire quatre fois Rapport sur moi. Une première fois pour se dire : « Ouah ! quelle drôle de vie ce type a eue ! » Une deuxième fois pour se dire : « OK, c’est sa famille, mais bon, j'ai moi aussi une histoire et c'est drôle comme ce texte m'ouvre des pistes pour considérer ma propre existence sous un autre angle». Ainsi, des lecteurs ont pu me dire qu'après avoir lu mon livre, ils avaient commencé leur propre Rapport… Génial ! Enfin, à la troisième et quatrième lecture apparaissent plein d'autres motifs qui sont dans le texte, de manière moins spectaculaire mais qui sont pour moi très importants. Par exemple, le texte porte en lui des éléments de critique sociale que masquent les événements spectaculaires que je raconte. Il y a plein de passages dans le livre qui ne cherchent pas à parler à la sensibilité du lecteur, mais à son intelligence. Ce sont ces passages qui justifient aussi le livre, autant que l’histoire que j’ai racontée. Car finalement, à quel titre raconter ma famille, ma mère, mon frère, « mes frères et mes soeurs » ?! Cela n’aurait eu pour moi aucun sens sans l’idée, disons politique, que je me fais de l’acte d’écrire. Je pense qu’un essai n’est plus aujourd’hui en mesure de toucher qui que ce soit. Il faut en passer par la narration pour se faire entendre. Mon livre est ainsi une sorte de cheval de Troie. Après, les gens ont vu ou n'ont pas vu tout ce que j'ai mis dans ce livre. Cela ne m’appartient pas, mais moi, j'ai l'impression d'avoir fait mon boulot.
Pouvez-vous nous expliquer le titre Rapport sur moi ?
J’ai une anecdote très drôle. Le Rapport venait de sortir, j’étais invité à la foire de Pau, je crois. Dans une halle à bestiaux, personne ne me connaissait. Il y avait un stand ; c’était tout simplement humiliant d’un bout à l’autre… Les gens passaient et ils étaient gênés de ne pas s’arrêter devant l’écrivain qui est là, qui tapine. Alors ils prenaient le livre, ils lisaient le titre, et au moment où ils lisaient Rapport sur moi, je sentais qu’ils pensaient : « Ah ! mais ça parle de moi alors. » Il y a en effet une manière de le lire ainsi. Puis ils retournaient le livre, lisaient la quatrième de couverture, me regardaient, moi, là, assis : « Ah ! mais ce n’est pas « moi », c’est lui. » Et ils reposaient le livre. Mais pendant une fraction de seconde, ils avaient conscience de ce que j’ai fait. Le « moi » du Rapport, ce n'est pas seulement celui de Grégoire Bouillier. C’est le moi de tout un chacun à qui j’ai essayé de m’adresser, au-delà de ma petite vie personnelle. De donner une méthode pour en faire quelque chose. Sinon, pour le titre lui-même, il faut savoir que Rapport, cela veut dire « action de raconter ce que l’on a vu, ce que l’on a entendu ». Dans mon esprit, c'est tout de suite devenu une sorte de programme, un acte de foi littéraire. Tout ce que j’écris,ce ne sont finalement que des « rapports ». Mon idée, c’est que cela constitue une sorte de genre littéraire à part entière, au même titre que le roman, l'essai, etc. C'est un truc que j'ai inventé car je ne me reconnaissais pas du tout dans les cases littéraires telles qu'elles existent. J'avais besoin d'inventer un espace qui soit le mien et que je puisse occuper en toute liberté.
entretien
"rapport": dire ce dont a été témoin.: article dans la revue Mouvement
Quels rapports entretenez-vous avec la démarche psychanalytique et son désir de donner du sens à chaque geste, à chaque mot ? N'avez-vous pas aussi ce désir de donner sens au réel ?
D’abord, je n’ai jamais fait d’analyse. La psychanalyste Caroline Eliacheff, dans une chronique, a écrit qu’elle ne voyait pas ce que la psychanalyse pouvait rajouter au Rapport. C’est un bel hommage. Cependant, mon livre est tout le contraire d’une psychanalyse, puisque je m’intéresse à l’extériorité et non à l’intériorité. Je ne cherche pas à savoir ce qu’il y a sous les apparences ni à spéculer sur l’inconscient, non, j’essaie seulement de tirer le fil que tissent entre elles les apparences, avec l’idée que ce fil est vivant et structurant. Dans le Rapport, je me suis d’ailleurs amusé à détourner la fameuse proposition de Lacan – « l’inconscient est structuré comme un langage » – en écrivant que c’était « la vie qui était structurée comme un langage ». Cela dit, je ne suis pas un adepte de la psychanalyse. Hormis pour les gens qui sont dans une véritable détresse, je suis très sceptique dès lors que suivre une analyse devient une sorte de rituel social, un confessionnal payant. Pardon d’enfoncer des portes ouvertes, mais cela m’insupporte lorsque suivre une analyse devient le meilleur moyen de ne plus agir dans l'existence. Il y a quelque chose de la régulation sociale dans le fait de suivre une analyse, exactement comme, naguère, les curés écoutaient les pêchés des braves gens, leur donnaient l’absolution et ils pouvaient continuer à mener leur vie comme si de rien n’était. En revanche, il y a quelque chose qui m’intéresse dans la psychanalyse, c’est son côté aventure intellectuelle. La découverte de l’inconscient, ce ne fut pas rien. De même les textes de Freud sur les mots d’esprit, la vie quotidienne et même les civilisations, c’est vraiment passionnant. Mais il ne faut pas oublier que l’on trouve déjà tout cela en germe dans L’Odyssée, lorsque Homère raconte qu’une fois rentré en Ithaque, Ulysse devra repartir et qu’il fondera un royaume le jour où, marchant avec sa rame sur l’épaule, un homme lui demandera ce qu’il fabrique avec une pelle à pain sur l’épaule. Autrement dit, c’est une simple analogie de forme, un tout petit glissement de sens qui donne le signal au Héros pour qu’il fonde un royaume et cesse son interminable quête. Cela semble dérisoire, mais c’est juste qu’Homère n’avait pas attendu Freud pour découvrir que les mots se métamorphosent et assignent des situations, des actes, des comportements aux humains. S'il y a quelque chose auquel je crois vraiment, c'est que nous sommes essentiellement des êtres de langage, que nous sommes structurés par le langage. Au Vietnam, il y a mille manières de dire "je t’aime" et aucune qui correspond à notre « je t’aime » et je crois que l’on n’aime donc pas exactement de la même façon au Vietnam qu’en France. Je crois qu’on ne fait pas assez attention aux mots que l’on utilise, au sens qu’on leur donne, à l’importance qu’ils prennent en nous, au point de s’incarner dans des pathologies. On sait bien que les gens qui ont mal au dos en ont souvent aussi « plein le dos ». Tout le monde en sourit, en rit. Je pense toutefois qu’il y a une manière de prendre cela au pied de la lettre. Les mots nous parlent autant que nous les parlons. Ce ne sont pas des objets inertes. Et nous sommes fécondés par les livres, du moins par certains qui, mystérieusement, parviennent à trouver le chemin de notre être. Le plus souvent, nous l’ignorons, mais nous nous comportons profondément en fonction de certains mots entendus, de quelques livres que nous avons lus. Je crois profondément à cela.
Quelle place accordez-vous à votre lecteur lorsque vous écrivez ?
C’est vaniteux, mais je pense qu’il faut lire quatre fois Rapport sur moi. Une première fois pour se dire : « Ouah ! quelle drôle de vie ce type a eue ! » Une deuxième fois pour se dire : « OK, c’est sa famille, mais bon, j'ai moi aussi une histoire et c'est drôle comme ce texte m'ouvre des pistes pour considérer ma propre existence sous un autre angle». Ainsi, des lecteurs ont pu me dire qu'après avoir lu mon livre, ils avaient commencé leur propre Rapport… Génial ! Enfin, à la troisième et quatrième lecture apparaissent plein d'autres motifs qui sont dans le texte, de manière moins spectaculaire mais qui sont pour moi très importants. Par exemple, le texte porte en lui des éléments de critique sociale que masquent les événements spectaculaires que je raconte. Il y a plein de passages dans le livre qui ne cherchent pas à parler à la sensibilité du lecteur, mais à son intelligence. Ce sont ces passages qui justifient aussi le livre, autant que l’histoire que j’ai racontée. Car finalement, à quel titre raconter ma famille, ma mère, mon frère, « mes frères et mes soeurs » ?! Cela n’aurait eu pour moi aucun sens sans l’idée, disons politique, que je me fais de l’acte d’écrire. Je pense qu’un essai n’est plus aujourd’hui en mesure de toucher qui que ce soit. Il faut en passer par la narration pour se faire entendre. Mon livre est ainsi une sorte de cheval de Troie. Après, les gens ont vu ou n'ont pas vu tout ce que j'ai mis dans ce livre. Cela ne m’appartient pas, mais moi, j'ai l'impression d'avoir fait mon boulot.
Pouvez-vous nous expliquer le titre Rapport sur moi ?
J’ai une anecdote très drôle. Le Rapport venait de sortir, j’étais invité à la foire de Pau, je crois. Dans une halle à bestiaux, personne ne me connaissait. Il y avait un stand ; c’était tout simplement humiliant d’un bout à l’autre… Les gens passaient et ils étaient gênés de ne pas s’arrêter devant l’écrivain qui est là, qui tapine. Alors ils prenaient le livre, ils lisaient le titre, et au moment où ils lisaient Rapport sur moi, je sentais qu’ils pensaient : « Ah ! mais ça parle de moi alors. » Il y a en effet une manière de le lire ainsi. Puis ils retournaient le livre, lisaient la quatrième de couverture, me regardaient, moi, là, assis : « Ah ! mais ce n’est pas « moi », c’est lui. » Et ils reposaient le livre. Mais pendant une fraction de seconde, ils avaient conscience de ce que j’ai fait. Le « moi » du Rapport, ce n'est pas seulement celui de Grégoire Bouillier. C’est le moi de tout un chacun à qui j’ai essayé de m’adresser, au-delà de ma petite vie personnelle. De donner une méthode pour en faire quelque chose. Sinon, pour le titre lui-même, il faut savoir que Rapport, cela veut dire « action de raconter ce que l’on a vu, ce que l’on a entendu ». Dans mon esprit, c'est tout de suite devenu une sorte de programme, un acte de foi littéraire. Tout ce que j’écris,ce ne sont finalement que des « rapports ». Mon idée, c’est que cela constitue une sorte de genre littéraire à part entière, au même titre que le roman, l'essai, etc. C'est un truc que j'ai inventé car je ne me reconnaissais pas du tout dans les cases littéraires telles qu'elles existent. J'avais besoin d'inventer un espace qui soit le mien et que je puisse occuper en toute liberté.
entretien
vendredi 8 mars 2019
Mardi 12 mars 2Oh salle Europe Cortège(s)
Dossier de création avec note d'intention, dessins de la scénographie etc
Cortège(s),c'est l'histoire de Marion, dix-sept ans, dont le cœur s'arrête de battre, et qui s'effondre, inanimée, en plein mouvement social, lors d'une manifestation à Paris, entre la place d'Italie et la place de la Nation. Celle de Meurey, qui se trouve devant la porte de Viviane, la mère de Marion, le soir même, et qui va devoir annoncer ce qui semble improbable. Ce sont les fragments en flash-back d'une histoire d'amour fulgurante entre Marion et Reda. C'est l'histoire de Yasmina, et de la classe de termi-nale ES où Marion est scolarisée jusque là, au lycée Villon, dans le XIVème arrondissement. De Charlotte, journaliste que rien ne prédestinait à couvrir un mouvement social, au milieu d'une folle instrumentalisation du décès d'une jeune fille par les médias. Celle d'Amblard, le proviseur du Lycée Villon, qui rêvait jusque là de vacances en août à Arcachon et qui se retrouve presque seul pour trouver les mots. Celle d'Ergouin, le secrétaire général de la Préfecture, qui aspirait à une carrière dans le Cantal, mais qui est en poste dans la capitale quand cela arrive, à qui on confie la tâche de gérer l'ingérable dans les jours qui suivent, lorsque ce qui est un évènement singulier prend une toute autre dimension, sociale, voire politique. L'histoire d'un déferlement sur les réseaux sociaux et dans la rue. De tous ces cortèges que l'on forme pour rompre sa solitude et pour partager sa colère, sa peine, mais aussi sa joie, comme une consolation du monde, et oui, pourquoi pas, pour célébrer la vie. Comment tout ceci bouleverse, modifie les trajectoires individuelles d'une constellation d'identités. Comment, malgré tout, en faire une ode à la vie pour ceux qui restent.
Thierry Simon, 31 octobre 2016.
Cortège(s),c'est l'histoire de Marion, dix-sept ans, dont le cœur s'arrête de battre, et qui s'effondre, inanimée, en plein mouvement social, lors d'une manifestation à Paris, entre la place d'Italie et la place de la Nation. Celle de Meurey, qui se trouve devant la porte de Viviane, la mère de Marion, le soir même, et qui va devoir annoncer ce qui semble improbable. Ce sont les fragments en flash-back d'une histoire d'amour fulgurante entre Marion et Reda. C'est l'histoire de Yasmina, et de la classe de termi-nale ES où Marion est scolarisée jusque là, au lycée Villon, dans le XIVème arrondissement. De Charlotte, journaliste que rien ne prédestinait à couvrir un mouvement social, au milieu d'une folle instrumentalisation du décès d'une jeune fille par les médias. Celle d'Amblard, le proviseur du Lycée Villon, qui rêvait jusque là de vacances en août à Arcachon et qui se retrouve presque seul pour trouver les mots. Celle d'Ergouin, le secrétaire général de la Préfecture, qui aspirait à une carrière dans le Cantal, mais qui est en poste dans la capitale quand cela arrive, à qui on confie la tâche de gérer l'ingérable dans les jours qui suivent, lorsque ce qui est un évènement singulier prend une toute autre dimension, sociale, voire politique. L'histoire d'un déferlement sur les réseaux sociaux et dans la rue. De tous ces cortèges que l'on forme pour rompre sa solitude et pour partager sa colère, sa peine, mais aussi sa joie, comme une consolation du monde, et oui, pourquoi pas, pour célébrer la vie. Comment tout ceci bouleverse, modifie les trajectoires individuelles d'une constellation d'identités. Comment, malgré tout, en faire une ode à la vie pour ceux qui restent.
Thierry Simon, 31 octobre 2016.
jeudi 7 mars 2019
1ère: Le petit chaperon rouge de Pommerat
Comme je n'ai pas pu passer les videos en cours, je vous demande de regarder attentivement ce que je mets en ligne:
sur le site de Théâtre Contemporain: écoutez l'interview de Pommerat en prenant des notes.
Autre interview sur fond d'images du spectacle
Extrait qui donne une idée de la mise en scène de Pommerat soyez attentifs au son qui est ce qui suscite la peur.
Article sur Le Petit Chaperon Rouge
sur le site de Théâtre Contemporain: écoutez l'interview de Pommerat en prenant des notes.
Autre interview sur fond d'images du spectacle
Extrait qui donne une idée de la mise en scène de Pommerat soyez attentifs au son qui est ce qui suscite la peur.
Article sur Le Petit Chaperon Rouge
mercredi 6 mars 2019
Les nouveaux directeurs sur FR3 avant Rapport sur Moi
Matthieu Cruciani et Emilie Capliez sur FR3
En savoir plus
La fable:
En savoir plus
Autobiographie rock
S’inspirer
d’une autobiographie décalée pour en faire une pièce de théâtre rock, relève à
la fois du défi et d’une grande créativité. Une performance que signe Matthieu
Cruciani avec Rapport sur
moi, le
spectacle qui inaugure son arrivée en tandem avec Emilie
Capliez à la tête
de la Comédie de l’Est.
Rapport sur moi est l’autobiographie distanciée pleine d’humour que
signe l’écrivain Grégoire Bouillier, sur laquelle Matthieu Cruciani greffe l’histoire d’un groupe de
rock en pleine répétition. Sur le plateau ça pulse ! Dans un espace entre
appartement et salle de répétitions, le groupe répète. Et Les morceaux de
musique scandent les souvenirs au rythme fluctuant de la mémoire de Grégoire, le héros du livre, qui est ici le
batteur du groupe et le narrateur. Dans le désordre, il reconstitue les
chapitres de sa vie depuis son enfance avec une mère atypique jusqu’à son
présent ponctué d’histoires d’amour un rien compliquées.
La fable:
Grégoire Bouillier, l'auteur, a compris très tôt ce qu’est la littérature : à 10 ans, alors qu’il n’a jamais vu
le Maroc et qu’une maladie l’a privé de son odorat, il obtient la meilleure note en rédaction
pour sa description du souk de Marrakech et de ses odeurs enivrantes et exotiques. Dans
cette autobiographie dissimulée en roman, l’auteur raconte une existence symétrique où
enfance et âge adulte se répondent.
Avec beaucoup de lucidité il subit les frasques de ses parents, les maux de l’enfance et une vie sentimentale particulièrement agitée. Avec toujours en tête la même question : que retirer de ses expériences ?
Rapport sur moi est une traversée singulière et personnelle des années 70 à la fin des années 90, des échos troubles de mai 68 à ce qu’on nomme présentement la post modernité.
Traversée de fêtes et de musiques, d’appartements aux décorations évolutives, de maîtresses et de maladies, de tentatives de suicide, de fuite ou de disparition. Un voyage plein de lucidité et d’humour blanc, où l’écriture à vue de la petite histoire s’enchâsse dans la grande.
Bouillier y trace une mythologie individuelle et subjective.
Dossier du spectacle
Une étude du texte
Avec beaucoup de lucidité il subit les frasques de ses parents, les maux de l’enfance et une vie sentimentale particulièrement agitée. Avec toujours en tête la même question : que retirer de ses expériences ?
Rapport sur moi est une traversée singulière et personnelle des années 70 à la fin des années 90, des échos troubles de mai 68 à ce qu’on nomme présentement la post modernité.
Traversée de fêtes et de musiques, d’appartements aux décorations évolutives, de maîtresses et de maladies, de tentatives de suicide, de fuite ou de disparition. Un voyage plein de lucidité et d’humour blanc, où l’écriture à vue de la petite histoire s’enchâsse dans la grande.
Bouillier y trace une mythologie individuelle et subjective.
Dossier du spectacle
Une étude du texte
mardi 5 mars 2019
Journées Portes Ouvertes 9 mars: programme
PRÉSENTATIONS THÉÂTRALES
8H30 AUDITORIUM
J’AIMERAIS QUE TOUT EXPLOSE&
GARDE HAUTE
(Pièces de théâtre forum par les 2ndes – option facultative)
9H30 AUDITORIUM
GENRE(S) !
(d’Evan Placey et autres, par les 1ères et terminales – option facultative)
9H45 AUDITORIUM
LES SUPPLIANTS
(d’Elfriede Jelinek extraits par les 1ères – option de spécialité)
10H HALL DU LYCÉE
PLUS HUMAINS PAR LE THÉÂTRE
(PRISE DE PAROLE DES ÉLÈVES)
10H30 AUDITORIUM
Woyzeck et BRITANNICUS
(Terminales de spécialité)
8H30 AUDITORIUM
J’AIMERAIS QUE TOUT EXPLOSE&
GARDE HAUTE
(Pièces de théâtre forum par les 2ndes – option facultative)
9H30 AUDITORIUM
GENRE(S) !
(d’Evan Placey et autres, par les 1ères et terminales – option facultative)
9H45 AUDITORIUM
LES SUPPLIANTS
(d’Elfriede Jelinek extraits par les 1ères – option de spécialité)
10H HALL DU LYCÉE
PLUS HUMAINS PAR LE THÉÂTRE
(PRISE DE PAROLE DES ÉLÈVES)
10H30 AUDITORIUM
Woyzeck et BRITANNICUS
(Terminales de spécialité)
lundi 4 mars 2019
Conseils en terminale
TL2 vendredi 15 mars
TL1 mardi 19 mars
Il faut absolument me rendre l'analyse de spectacle et le carnet de bord cette semaine pour ceux qui ne l'ont pas encore fait.
TL1 mardi 19 mars
Il faut absolument me rendre l'analyse de spectacle et le carnet de bord cette semaine pour ceux qui ne l'ont pas encore fait.
dimanche 3 mars 2019
Büchner: une parole pour aujourd'hui?
En 1833, après l'échec d'une tentative d'insurrection à Francfort, il
écrit à ses parents.
« Mon opinion, la voici ; s’il est une chose à notre époque qui puisse être utile, c’est la violence. Nous savons ce que nous pouvons attendre de nos princes. Tout ce qu’ils ont concédé leur a été arraché par la nécessité. Et même les concessions nous ont été jetées comme une grâce mendiée et un misérable jouet d’enfant, pour faire oublier à l’éternel jobard qu’est le peuple qu’il est emmailloté trop à l’étroit. »
Sur la nécessité ou non de la violence pour obtenir quelque chose de nos gouvernants. A méditer.
« Mon opinion, la voici ; s’il est une chose à notre époque qui puisse être utile, c’est la violence. Nous savons ce que nous pouvons attendre de nos princes. Tout ce qu’ils ont concédé leur a été arraché par la nécessité. Et même les concessions nous ont été jetées comme une grâce mendiée et un misérable jouet d’enfant, pour faire oublier à l’éternel jobard qu’est le peuple qu’il est emmailloté trop à l’étroit. »
Sur la nécessité ou non de la violence pour obtenir quelque chose de nos gouvernants. A méditer.
Résumé d'un livre sur Georg Büchner:Georg Büchner / Jean-Louis Besson
Georg Büchner / Jean-Louis Besson
Collec « Le théâtre de », édition Ides et Calendes
Biographie :
Les portraits le montrent comme digne fils du docteur Ernst Büchner (médecin, expert des tribunaux) et de Caroline Reuss, fille d’un haut fonctionnaire.
Avenir prometteur : il étudie la médecine. Meurt à 24 ans du typhus.
Seul un point détonne : sa veste épaisse est une « polonaise », un vêtement qui, depuis l’invasion de la Pologne par le tsar en février 1831 est « considéré comme signe extérieur de solidarité antiaristocratique »
Ce vêtement apparaît dans le signalement fait de lui quand il est poursuivi pour la rédaction et la diffusion du libelle politique Le Messager hessois mais on ignore s’il avait insisté pour le porter lorsque Hoffmann fit son portrait.
Son identité est complexe : révolutionnaire, scientifique, philosophe, auteur dramatique, homme de lettres, c’est un touche-à-tout, un génie et un talentueux bricoleur qui a laissé une œuvre inouïe.
Mystère d’une œuvre lacunaire qui se laisse difficilement saisir. Elle tient à garder son ouverture et sa diversité, elle n’aime pas les systèmes, les généralisations, les globalisations, elle préfère les questions qui fâchent ; c’est sans doute pourquoi toutes les idéologies qui ont tenté de se l’approprier n’ont jamais réussi. C’est une œuvre aux multiples facettes, parfois contradictoires. Elle est fulgurante, insolite, sensuelle, drôle et terrifiante à la fois.
I Sur les pas d’un homme traqué / Le Messager hessois
Très politisé, il était membre d’un groupe d’étudiants en théologie, association Eugenia. On le perçoit comme une tête chaude, un patriote allemand au sentiment républicain ardent et tranché, il dénonce la corruption des petits états germaniques et foudroie tout ce qui se nomme prince ou roi.
Rappel : agitation politique en France et en Allemagne après 1830
* révolte des canuts à Lyon en décembre
* émeute de bouchers qui avaient tenté de prendre d’assaut le poste de douane sur le Rhin (droits d’importation)
* opposition virulente des Républicains au régime de Louis-Philippe / révolution de Juillet : on l’accuse de trahir l’idéal de liberté, égalité, fraternité. (B a sans doute été en contact avec les Républicains de Strasbourg)
* putsch de Francfort, 3 avril 1833 : tentative de prendre d’assaut la garde principale de la ville avec espoir de provoquer un soulèvement général. Mais le peuple ne suit pas. Echec et amertume.
B réagit « Mon opinion, la voici ; s’il est une chose à notre époque qui puisse être utile, c’est la violence. Nous savons ce que nous pouvons attendre de nos princes. Tout ce qu’ils ont concédé leur a été arraché par la nécessité. Et même les concessions nous ont été jetées comme une grâce mendiée et un misérable jouet d’enfant, pour faire oublier à l’éternel jobard qu’est le peuple qu’il est emmailloté trop à l’étroit. »
* 1834 création de la Société des droits de l’homme en Hesse par B, organisation révolutionnaire clandestine
> Il constate que les révoltes n’opèrent pas de bouleversement profond, ne bousculent pas le pouvoir en place. Il souhaite donc créer l’adhésion massive des opprimés qui ne sont pas encore prêts à prendre les armes.
Le Messager hessois : l’urgence pour B est de s’adresser, sous forme de brochure, aux victimes de l’organisation sociale, c’est-à-dire en Hesse, aux paysans.
Il ne s’agit pas de leur faire prendre conscience de la situation. Mais de leur montrer en termes simples et percutants la nature profonde de l’organisation sociale responsable de leur misère et d’orienter les esprits sur les moyens de la modifier, voire renverser. Leur montrer, chiffres à l’appui, qu’ils appartiennent à un Etat dont ils ont à supporter la plus grande partie des charges, tandis que d’autres en tirent des avantages, que les lois qui décident de leur vie sont dans les mains de la noblesse, des riches, des fonctionnaires.
B prend contact avec le pasteur Friedrich Weidig qui dispose depuis plusieurs années d’une organisation subversive. Celui-ci atténue d’abord les formulations de B qu’il juge excessives et radicales. Quand B dénonce les « riches » W s’en prend plutôt aux « privilégiés ». Il parsème le texte d’allusions bibliques. Le texte sacré, respecté de tous, fournit de bons arguments pour dénoncer l’exploitation des pauvres et le caractère immoral du comportement des dirigeants de l’Etat.
Le 3 juillet, B participe à un rassemblement de démocrates.
Un de ses amis est arrêté avec 139 exemplaires cachés sur lui.
B se réfugie à Strabourg. Il s’installe chez le pasteur Johann Jakob Jaeglé, un homme de presque 70 ans, veuf, personnage cultivé, auteur de cantiques, de poèmes, admirateur des Lumières, de la littérature sentimentale allemande du XVIIIe. Liaison avec la fille de celui-ci.
9 mars 1835 (il a 21 ans, lettre à sa famille) « Depuis que j’ai franchi la frontière, j’ai une vitalité toute fraîche, je suis tout seul dorénavant, mais c’est précisément ce qui accroît mes forces. C’est un grand bienfait que d’être débarrassé de cette peur secrète et constante d’une arrestation et d’autres poursuites. »
II La Mort de Danton / Le drame de la Révolution
Jean Vilar met en scène cette pièce en 1948 : presse élogieuse. Elle convient à son projet oécuménique de rassemblement sous une bannière commune après la guerre, tentative de reconstituer une unité nationale. C’est l’occasion d’une grande fête en l’honneur de la République. Sujet fédérateur.
Mais la pièce montre : un peuple alcoolique et assoiffé de sang, incapable de prendre en main les rênes de la Révolution. Deux figures principales en deçà de leur rôle historique : Robespierre ne parvient pas à justifier la Terreur, Danton ne prendrait pas la Révolution au sérieux.
B s’est bq documenté. Et a ajouté des anecdotes puisées à d’autres sources que L’Histoire de la révolution française de Thiers : elles dénoncent les exactions et les dérives de la Révolution (ex : un jeune homme menacé parce qu’il a un mouchoir, signe d’aristocratie). Il fera de même dans Woyzeck, ajoutant des scènes périphériques à la trame du meurtre. Il emprunte des traits caractéristiques des personnages de Shakespeare. Ex : folie de Lucie (Ophélie), hésitations de Danton (Hamlet) + figures populaires. Traits fictionnels. Les personnages sont en quelque sorte arrachés à l’Histoire pour être mis sur une orbite théâtrale. Dans la même optique de déréalisation, B parsème son œuvre de citations bibliques et chants populaires allemands.
Si l’on excepte les scènes de procès où Danton vend chèrement sa peau, le propos essentiel est alors la condition de l’homme face à l’absence de Dieu, à la souffrance, à l’amour et à la mort. C’est en fin de compte la sphère intime qui l’emporte dans ce drame historique. L’Histoire reflue.
Choix esthétiques de B : la tâche de l’écrivain est de montrer les régions les plus intimes de l’être humain, de le comprendre de l’intérieur. Il s’en prend aux auteurs « idéalistes » qui affuble l’être humain de sentiments et qualités qui lui sont étrangers.
Danton trahit une part de sa résignation politique (« je me suis senti comme anéanti sous l’atroce fatalisme de l’histoire » écrit-il en écho à sa fiancée » mais c’est pourtant à cet époque qu’il conçoit le projet du Messager hessois) :
« Des marionnettes dont les fils sont mus par des forces inconnues, voilà ce que nous sommes ; rien, rien par nous-mêmes ! Les épées avec lesquelles les esprits se battent, seulement on ne voit pas les mains, comme dans les contes. »
S’en est fini de la conception idéaliste qui voudrait que l’Histoire soit portée par l’action des héros. D’où le sentiment d’obéir à une nécessité, un « il faut », d’être une marionnette guidée par une main étrangère (thème récurrent dans la pièce).
La Terreur y est remise en question.
III Lenz / L’errance d’un poète
Une nouvelle lacunaire qui met en scène Lenz. B admirait l’œuvre de ce poète né en 1751, chef de fil du Sturm und Drang (« tempête et élan », mouvement littéraire précurseur du Romantisme), proche de Goethe (retentissement des Souffrances du jeune Werther). Personnage talentueux et fantasque.
B avait été sujet à des accès de mélancolie après son retour de Strasbourg, comme le personnage.
Lenz s’en prend aussi à l’idéalisme (aux dépens de la vraisemblance dans son récit).
B développe une empathie avec la souffrance de L pour mieux comprendre sa folie, à travers des descriptions précises qui semblent provenir des recherches récentes sur la schizophrénie (progrès de la psychiatrie). A la poétique de l’empathie s’ajoute la démarche du scientifique.
On retrouve sa minutie, comme une observation à la loupe des nerfs de poissons pour la rédaction de sa thèse. Il aime savoir comment fonctionne la créature dans sa tête et dans son corps. Même démarche dans ses travaux scientifiques et littéraires.
IV Le scientifique et le philosophe / La Vie est en elle-même sa propre fin
Il n’aime guère la médecine en vérité.
Sa thèse : Mémoire sur le système nerveux du barbeau
Analogie entre sa manière de disséquer les poissons et de décortiquer les textes philosophiques : comprendre de l’intérieur, à partir d’eux-mêmes, et non de principes généraux.
V Léonce et Léna / Les tribulations d’un triste sire
Le prince Léonce s’ennuie / mélancolique.
Il s’enfuit avec un traîne-savates rencontré par hasard. Sa promise a peur du mariage. Elle s’enfuit aussi. Ils se rencontrent par hasard.
C’est une comédie au second degré, truffée de littérature. Mais portrait d’un dangereux mélancolique. Ces êtres de chair et de sang font l’éloge de la paresse (comme B parfois dans sa correspondance). L’artificialité du théâtre renvoie à l’artificialité d’un monde qui ne survit que comme parodie de lui-même. B écrit conjointement cette œuvre et Woyzek : il hisse au rang de figure tragique un pauvre hère humilié et raillé de tous, tandis qu’il fait d’un prince un personnage de comédie. Ce renversement des valeurs, qui marque la fin d’une genre, annonce aussi la fin d’un monde encore puissant, mais à bout de souffle.
VI Chapitre consacré à Woyzeck / Une balade tragique.
Je vous ai photocopié ces parties.
Epilogue
Le théâtre n’occupe pas une place centrale dans la courte carrière de B.
Ecriture de Danton en qq semaines. Léonce répond à un appel d’offre pour revivifier la comédie.
Cette pratique en dilettante à côté d’autres activités lui donne une grande liberté de ton et une inventivité étonnante.
Certains ont évoqué une écriture qui serait précurseur du théâtre contemporain : fragmentaire, fondée sur le montage d’éléments disparates.
Importance plutôt de son refus de l’idéalisme, d’une image forcée de l’être humain. Il fait preuve d’une fraternelle humanité.
Collec « Le théâtre de », édition Ides et Calendes
Biographie :
Les portraits le montrent comme digne fils du docteur Ernst Büchner (médecin, expert des tribunaux) et de Caroline Reuss, fille d’un haut fonctionnaire.
Avenir prometteur : il étudie la médecine. Meurt à 24 ans du typhus.
Seul un point détonne : sa veste épaisse est une « polonaise », un vêtement qui, depuis l’invasion de la Pologne par le tsar en février 1831 est « considéré comme signe extérieur de solidarité antiaristocratique »
Ce vêtement apparaît dans le signalement fait de lui quand il est poursuivi pour la rédaction et la diffusion du libelle politique Le Messager hessois mais on ignore s’il avait insisté pour le porter lorsque Hoffmann fit son portrait.
Son identité est complexe : révolutionnaire, scientifique, philosophe, auteur dramatique, homme de lettres, c’est un touche-à-tout, un génie et un talentueux bricoleur qui a laissé une œuvre inouïe.
Mystère d’une œuvre lacunaire qui se laisse difficilement saisir. Elle tient à garder son ouverture et sa diversité, elle n’aime pas les systèmes, les généralisations, les globalisations, elle préfère les questions qui fâchent ; c’est sans doute pourquoi toutes les idéologies qui ont tenté de se l’approprier n’ont jamais réussi. C’est une œuvre aux multiples facettes, parfois contradictoires. Elle est fulgurante, insolite, sensuelle, drôle et terrifiante à la fois.
I Sur les pas d’un homme traqué / Le Messager hessois
Très politisé, il était membre d’un groupe d’étudiants en théologie, association Eugenia. On le perçoit comme une tête chaude, un patriote allemand au sentiment républicain ardent et tranché, il dénonce la corruption des petits états germaniques et foudroie tout ce qui se nomme prince ou roi.
Rappel : agitation politique en France et en Allemagne après 1830
* révolte des canuts à Lyon en décembre
* émeute de bouchers qui avaient tenté de prendre d’assaut le poste de douane sur le Rhin (droits d’importation)
* opposition virulente des Républicains au régime de Louis-Philippe / révolution de Juillet : on l’accuse de trahir l’idéal de liberté, égalité, fraternité. (B a sans doute été en contact avec les Républicains de Strasbourg)
* putsch de Francfort, 3 avril 1833 : tentative de prendre d’assaut la garde principale de la ville avec espoir de provoquer un soulèvement général. Mais le peuple ne suit pas. Echec et amertume.
B réagit « Mon opinion, la voici ; s’il est une chose à notre époque qui puisse être utile, c’est la violence. Nous savons ce que nous pouvons attendre de nos princes. Tout ce qu’ils ont concédé leur a été arraché par la nécessité. Et même les concessions nous ont été jetées comme une grâce mendiée et un misérable jouet d’enfant, pour faire oublier à l’éternel jobard qu’est le peuple qu’il est emmailloté trop à l’étroit. »
* 1834 création de la Société des droits de l’homme en Hesse par B, organisation révolutionnaire clandestine
> Il constate que les révoltes n’opèrent pas de bouleversement profond, ne bousculent pas le pouvoir en place. Il souhaite donc créer l’adhésion massive des opprimés qui ne sont pas encore prêts à prendre les armes.
Le Messager hessois : l’urgence pour B est de s’adresser, sous forme de brochure, aux victimes de l’organisation sociale, c’est-à-dire en Hesse, aux paysans.
Il ne s’agit pas de leur faire prendre conscience de la situation. Mais de leur montrer en termes simples et percutants la nature profonde de l’organisation sociale responsable de leur misère et d’orienter les esprits sur les moyens de la modifier, voire renverser. Leur montrer, chiffres à l’appui, qu’ils appartiennent à un Etat dont ils ont à supporter la plus grande partie des charges, tandis que d’autres en tirent des avantages, que les lois qui décident de leur vie sont dans les mains de la noblesse, des riches, des fonctionnaires.
B prend contact avec le pasteur Friedrich Weidig qui dispose depuis plusieurs années d’une organisation subversive. Celui-ci atténue d’abord les formulations de B qu’il juge excessives et radicales. Quand B dénonce les « riches » W s’en prend plutôt aux « privilégiés ». Il parsème le texte d’allusions bibliques. Le texte sacré, respecté de tous, fournit de bons arguments pour dénoncer l’exploitation des pauvres et le caractère immoral du comportement des dirigeants de l’Etat.
Le 3 juillet, B participe à un rassemblement de démocrates.
Un de ses amis est arrêté avec 139 exemplaires cachés sur lui.
B se réfugie à Strabourg. Il s’installe chez le pasteur Johann Jakob Jaeglé, un homme de presque 70 ans, veuf, personnage cultivé, auteur de cantiques, de poèmes, admirateur des Lumières, de la littérature sentimentale allemande du XVIIIe. Liaison avec la fille de celui-ci.
9 mars 1835 (il a 21 ans, lettre à sa famille) « Depuis que j’ai franchi la frontière, j’ai une vitalité toute fraîche, je suis tout seul dorénavant, mais c’est précisément ce qui accroît mes forces. C’est un grand bienfait que d’être débarrassé de cette peur secrète et constante d’une arrestation et d’autres poursuites. »
II La Mort de Danton / Le drame de la Révolution
Jean Vilar met en scène cette pièce en 1948 : presse élogieuse. Elle convient à son projet oécuménique de rassemblement sous une bannière commune après la guerre, tentative de reconstituer une unité nationale. C’est l’occasion d’une grande fête en l’honneur de la République. Sujet fédérateur.
Mais la pièce montre : un peuple alcoolique et assoiffé de sang, incapable de prendre en main les rênes de la Révolution. Deux figures principales en deçà de leur rôle historique : Robespierre ne parvient pas à justifier la Terreur, Danton ne prendrait pas la Révolution au sérieux.
B s’est bq documenté. Et a ajouté des anecdotes puisées à d’autres sources que L’Histoire de la révolution française de Thiers : elles dénoncent les exactions et les dérives de la Révolution (ex : un jeune homme menacé parce qu’il a un mouchoir, signe d’aristocratie). Il fera de même dans Woyzeck, ajoutant des scènes périphériques à la trame du meurtre. Il emprunte des traits caractéristiques des personnages de Shakespeare. Ex : folie de Lucie (Ophélie), hésitations de Danton (Hamlet) + figures populaires. Traits fictionnels. Les personnages sont en quelque sorte arrachés à l’Histoire pour être mis sur une orbite théâtrale. Dans la même optique de déréalisation, B parsème son œuvre de citations bibliques et chants populaires allemands.
Si l’on excepte les scènes de procès où Danton vend chèrement sa peau, le propos essentiel est alors la condition de l’homme face à l’absence de Dieu, à la souffrance, à l’amour et à la mort. C’est en fin de compte la sphère intime qui l’emporte dans ce drame historique. L’Histoire reflue.
Choix esthétiques de B : la tâche de l’écrivain est de montrer les régions les plus intimes de l’être humain, de le comprendre de l’intérieur. Il s’en prend aux auteurs « idéalistes » qui affuble l’être humain de sentiments et qualités qui lui sont étrangers.
Danton trahit une part de sa résignation politique (« je me suis senti comme anéanti sous l’atroce fatalisme de l’histoire » écrit-il en écho à sa fiancée » mais c’est pourtant à cet époque qu’il conçoit le projet du Messager hessois) :
« Des marionnettes dont les fils sont mus par des forces inconnues, voilà ce que nous sommes ; rien, rien par nous-mêmes ! Les épées avec lesquelles les esprits se battent, seulement on ne voit pas les mains, comme dans les contes. »
S’en est fini de la conception idéaliste qui voudrait que l’Histoire soit portée par l’action des héros. D’où le sentiment d’obéir à une nécessité, un « il faut », d’être une marionnette guidée par une main étrangère (thème récurrent dans la pièce).
La Terreur y est remise en question.
III Lenz / L’errance d’un poète
Une nouvelle lacunaire qui met en scène Lenz. B admirait l’œuvre de ce poète né en 1751, chef de fil du Sturm und Drang (« tempête et élan », mouvement littéraire précurseur du Romantisme), proche de Goethe (retentissement des Souffrances du jeune Werther). Personnage talentueux et fantasque.
B avait été sujet à des accès de mélancolie après son retour de Strasbourg, comme le personnage.
Lenz s’en prend aussi à l’idéalisme (aux dépens de la vraisemblance dans son récit).
B développe une empathie avec la souffrance de L pour mieux comprendre sa folie, à travers des descriptions précises qui semblent provenir des recherches récentes sur la schizophrénie (progrès de la psychiatrie). A la poétique de l’empathie s’ajoute la démarche du scientifique.
On retrouve sa minutie, comme une observation à la loupe des nerfs de poissons pour la rédaction de sa thèse. Il aime savoir comment fonctionne la créature dans sa tête et dans son corps. Même démarche dans ses travaux scientifiques et littéraires.
IV Le scientifique et le philosophe / La Vie est en elle-même sa propre fin
Il n’aime guère la médecine en vérité.
Sa thèse : Mémoire sur le système nerveux du barbeau
Analogie entre sa manière de disséquer les poissons et de décortiquer les textes philosophiques : comprendre de l’intérieur, à partir d’eux-mêmes, et non de principes généraux.
V Léonce et Léna / Les tribulations d’un triste sire
Le prince Léonce s’ennuie / mélancolique.
Il s’enfuit avec un traîne-savates rencontré par hasard. Sa promise a peur du mariage. Elle s’enfuit aussi. Ils se rencontrent par hasard.
C’est une comédie au second degré, truffée de littérature. Mais portrait d’un dangereux mélancolique. Ces êtres de chair et de sang font l’éloge de la paresse (comme B parfois dans sa correspondance). L’artificialité du théâtre renvoie à l’artificialité d’un monde qui ne survit que comme parodie de lui-même. B écrit conjointement cette œuvre et Woyzek : il hisse au rang de figure tragique un pauvre hère humilié et raillé de tous, tandis qu’il fait d’un prince un personnage de comédie. Ce renversement des valeurs, qui marque la fin d’une genre, annonce aussi la fin d’un monde encore puissant, mais à bout de souffle.
VI Chapitre consacré à Woyzeck / Une balade tragique.
Je vous ai photocopié ces parties.
Epilogue
Le théâtre n’occupe pas une place centrale dans la courte carrière de B.
Ecriture de Danton en qq semaines. Léonce répond à un appel d’offre pour revivifier la comédie.
Cette pratique en dilettante à côté d’autres activités lui donne une grande liberté de ton et une inventivité étonnante.
Certains ont évoqué une écriture qui serait précurseur du théâtre contemporain : fragmentaire, fondée sur le montage d’éléments disparates.
Importance plutôt de son refus de l’idéalisme, d’une image forcée de l’être humain. Il fait preuve d’une fraternelle humanité.
Illusions comiques: proposition de distribution
Découpage Illusions
Comiques projet 2019
Il faut vérifier si tout le monde a suffisamment de texte et si je n'ai oublié personne. Signalez-moi les problèmes. il faudra voir si c'est jouable vendredi prochain.
Début…. « Elle a raison. Notre joie elle-même,
notre joie de poète, c’est d’être mortel. P19 (Marco : moi-même,
Mademoiselle Mazev et la mort : Clotilde, Monsieur Baluzac : ERwan,
Monsieur Fau : Romane B , Monsieur Girard : Juliette, poète mort trop
tôt : Marjolaine)
P22 Travailles-tu pour la gloire ? …p27 Elle pleure d’émotion. ( Les mêmes)
P27 Entre la mère du poète …P29 oui la défense. (Mère du poète :
Romane S, Monsieur Fau : Iyed et Apolline, Moi-même : Romain,
monsieur Girard : Adèle F.)
P29 Tu crois qu’avec toutes ces responsabilités, tu pourras
encore faire du théâtre ? …P31 la sobriété c’est l’herpès de l’art. ( les
mêmes + Balazuc : ERwan, mademoiselle Mazev : Sarah)
P31 Marchand de mode …p33 Venez on inaugure la statue. P33 (
marchand de mode : ERwan, Moi-même :Adèle O, mademoiselle
Mazev : Alais, Monsieur Girard-le maire de Paris : Emma)
P34…P38 Tombeau de Lagarce (découpage fait en cours :
chaque fille prend la partie qu’elle a lue)
P46 Tante Geneviève : Bonjour Professeur…P49 la
tragédie et le drame Lyrique (Iyed avec éventuellement des coupures )
P54 Maman : pendant ce temps,
en mondiovision satellisée, le poète s’adresse à l’humanité…P58 porte dérobée.
( Maman : Romane S, Moi-même :Apolline, un spectateur : Juliette,un
autre : Romane B, un spectateur de gauche : Marco, un révolté :
Erwan, un théâtreux : Adèle F, un autre : Clotilde, un analysé :
Emma, un directeur de théâtre : Adèle O, une mère de quatre enfants :
Sarah, un philosophe :Alaïs)
P58 Tante Geneviève…P61 Je frémis, je rougis, je pâlis ( Tante
Geneviève : Romane B ou YIed, Monsieur Girard : Emma
P65 Maman…P67 Oh c’est poilant !( maman :Alaïs,la
femme qui voulait un enfant : Juliette, le ministre de la culture :
ERwan)
Procès p73 Le juge …Plutôt mourir ! ( Le juge :
Tous, moi-même :Marco, maman : Clotilde)
Les saluts P89 saluons une dernière fois…p93
J’avais empoigné le pompier de service. »
40 répliques à numéroter et à se répartir : Alais : 1-23-33
Marjolaine : 2-4-15-34 Romane B :3- 5- 16-35 Emma :6-12-25-36,
Clotilde :7-18-26-37, ERwan :8-19-27-38, Iyed : 9- 20-28-35, Apolline : 10-21-29-40, Adèle F :
11-22-30, Adèle O : 13-24-31, Sarah : 14-16-32,
P94 Entrent la concierge, le chien, moi-même…Ce concept a la
dent dure P96 (la concierge ! Alais, le chien Concept : Sarah,
moi-même : Romain)
P96 Poète mort trop tôt…P99 j’étais si laid ( Poète mort
trop tôt : Marjolaine, Moi-même : Romane S, l’adolescent :Adèle
F)
P103 Mes amis… P105 fallait le dire plus tôt (
Moi-même : Romain , Mazev :Clotilde , Girard : emma, Fau : Romane B,
Balazuc : ERwan)
P106 Tante Geneviève arrache des mains de moi-même le cahier
bleu …définitions du théâtre pour les papillotes. ( Tante Geneviève :
Romane B Moi-même : Romain, définitions tous : deux de Py et une à
vous.)
samedi 2 mars 2019
Programme des portes ouvertes samedi 9 mars.
PROGRAMME THÉÂTRE LORS DES PORTES OUVERTES
8H30 :
Présentation du travail des 2nde option facultative : GARDE
HAUTE et J’AIMERAIS QUE TOUT EXPLOSE (théâtre forum).
9h30 :
Présentation d’extraits du projet GENRE(S) ! des 1ère et
terminales option facultative et des SUPPLIANTS d’Elfriede Jelinek des
1ères en option de spécialité
10h30 :
présentation d’extraits de BRITANNICUS (Jean Racine) et de WOYZEK
(Georg Büchner) des terminales en option de spécialité.
Pour "Plus humains par le théâtre": faites vos pancartes avec vos slogans, apprenez ou lisez en adresse un témoignage d'ancien du théâtre, AlaÏs fait ton discours pour la promotion des arts.
On met l'intervention en place le vendredi 8 mars en cours de pratique.
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