mercredi 15 mai 2019

question du regard dans Woyzeck

Pour réfléchir au sujet de type 2 sur l'importance de l'observation dans Woyzeck et son rapport à la scénographie.


Régimes du regard dans Woyzeck ( notes sur l’article Comme une toile d'araignée...)

Savoir voir : déjà déchiffrer les manuscrits de Büchner !

Pièce= montage opéré sur la base des actes du procès intenté au Woyzeck historique : question de la responsabilité des actes ou des circonstances atténuantes : donc pBl de voir l’acte, réseau de savoir et pouvoir, comment considérer l’acte ?

Système panoptique ( système de surveillance qui observe tout) : étendu jusqu’aux spectateurs, système disciplinaire qui se met en place partout en Europe dès la 2ème partie du 18ème siècle cf Foucault : Surveiller et Punir. 

Haute surveillance, hiérarchique. « visibilité permanente » de l’individu disciplinaire » // invisibilité du pouvoir disciplinaire »
cf le personnage du Docteur, préoccupation hygiéniste : expérience alimentaire dans laquelle Woyzeck n’a le droit de manger que des pois.
cf posté à sa fenêtre, position sur élevée, surprend son cobaye entrain de pisser contre un mur « comme un chien » au lieu de livrer son urine à la science, à la grande déception du docteur qui rêve d’élaborer une « véritable révolution dans la science », ne se sent pas surveillant, prétend avoir « passé le nez à la fenêtre » pour vérifier que l’exposition à des rayons de soleil déclenche des éternuements, donc une raison scientifique…fonction de contrôle pas même tout à fait consciente , intériorisée comme son rôle de scientifique.

Cf Capitaine : reconnaît épier depuis la fenêtre « les bas blancs «  des jeunes filles, voyeur, qui voit le baiser au coin de la rue de Marie et du Tambour , savoir d’espion qu’il livrera pour se moquer à Woyzeck, pour l’humilier. Ch le poil dans la soupe ou sur les lèvres de l’aimée. Position de pouvoir donc, permettant un certain type de savoir.
En épiant les mollets des jeunes filles, le capitaine exerce moins un contrôle sur ces dernières que sur lui-même : cf « Moi aussi je suis de chair et de sang. Mais Woyzeck, la vertu, la vertu. »
Dispositif d’observation mis en place qui est un subterfuge pour goûter aux plaisirs du voyeurisme sans pour autant déroger au code moral  qu’il est tenu de respecter en sa qualité d’officier. (beaucoup d’argent pour se marier nécessaire), pouvoir de surveillance intériorisé : personne pour le rappeler à l’ordre. ( « principe de son propre assujettissement »)
Quand le capitaine rencontre le Docteur, il se soumet aussitôt à un examen de lui-même en se plaignant de sa mélancolie et en énumérant de nombreux symptômes. Docteur saisit l’occasion d’un examen : diagnostic équivalent à sentence de mort, sans ménagement. Pour le docteur le capitaine est un cas intéressant, donc rangé au même rang que Woyzeck. Le dr espère avec le capitaine faire comme avec Woyzeck une « expérience des plus immortelles ».

Les personnages semblent tous à idées fixes, pas seulement Woyzeck.

Spectateur intégré dans le processus de surveillance : observateur invisible, plus pur regard détaché, facteur de pouvoir.
Pour Foucault le modèle presque idéal du dispositif de contrôle est fourni par le camp militaire cf ville de garnison =lieu de la pièce, mais pas lieu clos Woyzeck y passe la nuit mais sort dans la journée pour vaquer à ses affaires, le dispositif de surveillance a tendance à se désinstitutionnaliser, à se généraliser.

Intrigue de l’adultère : tambour major surface de projection des fantasmes érotiques de Marie et rêves d’ascensions sociales. Son arrivée rompt l’équilibre de la situation de départ, tout commence par un dispositif de surveillance : postées aux fenêtres pour la cérémonie du couvre feu, Marie et sa voisine Margrete regardent passer les soldats à la tête desquels caracolent le Tambour major. Ainsi placées à l’abri des regards les 2 femmes sont unanimes sur sa prestance virile ( jouent le rôle du souverain qui fait sa revue militaire et dispose d’eux) mais dès que les 2 femmes entrent dans le cham de vision du major qui salue ( sans qu’on sache à laquelle des deux le salut est adressé, la belle entente se disloque et le rapport s’inverse : tout d’un coup les deux femmes se reprochent mutuellement d’avoir jeté des œillades au soldat, les yeux de l’autre brillent encore : le pouvoir souverain du prince s’exerce dans le tambour major. Il se vante d’ailleurs après de plaire au prince cf quel gaillard ! c’est le moment où Marie cède à ses avances . pouvoir du souverain directement sur le scorps. Idem pour la bataille entre Woyzeck et le Tambour : menace de lui sortir « la langue du gosier et de la lui enrouler trois fois autour du corps », ce que le capitaine et le docteur font symboliquement en l’empêchant de parler  sa langue personnelle.

Woyzeck lui-même dans une version dit avoir vu la scène d’adultère » je lai vu », Woyzeck se met à scruter le slèvres de marie pour y déceler la faute ;: examen médical, examen de conscience cf péché, mais Woyzeck échoue à faire parler marie. Il a beau voir , il ne sait établir le vrai, faire entrer l’écart dans la sphère d’un discours d’autorité. Pas comme le DR qui émet des diagnostics assurés. : aberratio mentalis .
Meurtre vu comme une tentative d’en avoir le coeur net en pénétrant à l’intérieur du corps de Marie. Cf cordon rouge qu’elle autour du cou preuve du crime. ( à suivre)

Notes sur le livre OLivier Py, planches de salut de Thimothée Picard


Olivier Py Planches de salut de Thimotée Picard ( extraits concernant Illusions Comiques (IC))

L’Homme –théâtre.

IC comme une réponse à ses détracteurs, accentuer les critiques qu’on lui fait. 

P35 IC pièce métathéâtrale où Py interpprète Moi-Même  cf scène de la presse : article sur lui parodique « dans cette pièce, l’auteur catholique révolutionnaire sauve l’Occident de la sécheresse de la modernité… »

Mais rejet au sommet de son ascension ; Délire mégalo dénoncé par tante Geniève : « Tout petit déjà il aimait à se déguiser, il avait volé le déshabillé chinois de sa grand-mère et il se prenait pour Elvire Popesco, il nous a bien fait rigoler. » Mais « dès qu’il boit trop de café il commence à se prendre au sérieux, change de registre et se met à parler gravement de Dieu, de la douleur du monde, le théâtre public, la décentralisation, le poème dramatique »

Figure de double : l’adolescent que j’ai été permet au poète parvenu à l’âge du père de vérifier s’il a été fidèle aux idéaux formulés dans sa jeunesse, mais aussi d’échapper à la torpeur de celui qui se sentirait « arrivé », au risque de l’académisme. Rappel de sa mission quand les honneurs et le smondanités pourraient l’en détourner cf IC adolescent qui fait sa grande déclaration au théâtre au moment où Moi-même est chassé de partout.

CF Le garçon qui attend à la sortie du spectacle à Vesoul  et que la troupe n’a pas le droit de décevoir.
Perfidie de la remarque du Père dans IC sur le désir d’honneurs, Py lucide sur ses contradictions et faiblesses ?

 « Le poète qui désire les étoiles et, derrière le masque, l’homme qui veut une rosette ! ( la légion d’honneur, une médaille)c’est moche. »

P. 58 le poète mort trop tôt
D’abord Gabily mort d’un infarctus…décision de « vivre à en mourir » puis Lagarce emporté par le Sida, participation au Malade Imaginaire. Lagarce est le premier à avoir édité les textes de Py et Mazev aux Solitaires Intempestifs. Importance d’une amitié avec le recul qu s’est établie dans la différence de tempéraments : » Jean-Luc était un auteur du non-dit et de la retenue et moi, au contraire, je privilégiais le débordement et l’excès. Il était très protestant alors que je suis très catholique, esthétiquement parlant. » mais même désir de sortir la scène contemporaine du théâtre psycho-réaliste, renouveau qui viendrait des auteurs. Py associe Lagarce à la dimension « fracassienne » du théâtre : théâtre de tréteaux du roman de Gautier Le capitaine Fracasse : tournées épiques et minables qui font la grandeur et la misère de l’homme de théâtre.
Disparus sans connaître le succès alors que Py s’est installé à la tête des théâtres.

Famille du théâtre contre la famille réelle : Dans IC Py dit avoir voulu »rendre hommage aux acteurs qui pendant 15 ans ont subi son mysticisme et sa mauvaise humeur et ce sont quelques fois pliés à sa diététique ; » ( avant-propos)

Famille//nation//humanité

P69 Les doubles de maman sont toujours montrés en train de s’inquiéter du qu’en dira-t-on. Si dans IC maman est fier du succès de son fils, l’image qu’en rapportent les tiers est tout aussi importante : les reproches se substituent aux compliments à mesure que la côte de Moi-Même dégringole. Régulièrement associée au monde du prêt-à-porter équivalent métaphorique des lubies idéologiques et médiatiques du moment, le marchand de mode plus important que l’artiste- son personnage stéréotypé est souvent débordé par des figures plus caricaturales qu’elle : tante Geneviève par ex.
Thème obsédant : le dialogue entre le père et le fils

Thème du chien cf père chasseur, beauté sauvagerie ambivalente, odeur du père ,mais autre versant plus négatif  moment où le père tue le chien d’un voisin au fusil cf Gaspacho , un chien mort(1991)( P75)

P126 en vrai catholique Py formule une théorie de la beauté comme preuve particulière de l’existence de Dieu et accès privilégié à lui CF fau dans IC : «  Il ya la Chapelle sixtine donc il ya Dieu. » gratuité absolue de la beauté art, incarnation de l’être, jonction entre la présence et le sens cf  échange entre Balazuc et Fau : -qu’est-ce que le sens ? -La reélle présence d’un dieu. – qu’est ce que l’art ? – la réelle présence d’un dieu rendue évidence par la beauté. »

P131  scène avec le Pape ce dernier paraît désireux de recevoir un peu de cette grâce qui irradie du poète. Moi-Même lui fait alors une leçon de catéchisme comparant théâtre et eucharistie ( christ présent dans le pain à la messe), réel et image. Buvant ses paroles, le pape lui avoue rêver d’une Eglise dans laquelle il y aurait « moins de religion, plus de mystique ». il le prie aussi de lui apprendre la joie. Au sommet de la phase ascendante de ce délire mégalo-parodique, Dieu lui-même souhaite s’inviter chez le poète pour un thé : il s’ennuie et veut s’incarner !

Ambivalence sur la mort : elle peut être ce qui donne sens à toute chose ainsi que son allégorie le signale au Poète au début d’IC : «  la Joie elle-même vient de moi, ton sourire et ta danse de pan nu sous la muraille, tout vient de moi, et j’ai avec moi le poète mort trop tôt. »

P134 Quand au début d’IC Moi-Même annonce que dans la pièce il sera encore une fois question «  du poète et de la mort » provoquant l’impatience des comédiens, il répond qu’un théâtre sans douleur, sans la mort n’est pas envisageable. Mais en sens inverse, quand la mort lui déclare qu’elle est le théâtre, le poète lui réplqiue qu’elle ne saurait prétendre en être autre chose que le décor.
Mort en réalité alliée et aiguillon de l’artiste.

P183 : procès à la société de consommation et de la communication de masse : société du spectacle triomphe de l’image et des médias, du divertissement et du sport-spectacle- combat de catch de femmes aux seins nus »- culte du corps à l’érotique saine et triste. (Cf Debord, McLuhan, Eco, baudrillard). Marchandisation des produits finalement aussi des subjectovités. Corruption de la parole et de la culture. Cf « porc culturel » maître des temps présents faire de lart une valeur économique et non plus esthétique, une marchandise comme une autre.

Art dégradé en culture, culture en communication, communication en « tombola »

 Art contemporain et rhétorique d’avant-garde souvent objets de caricature dans l’œuvre de Py :  Années 2000 contemporain pour les arts plastiques , théâtre considéré comme ringard, antimoderne, archaique. Cf dossier IC en 2006 à Strasbourg ; « dans arts plastiques, il ya le mot « plastique, et le plastique est un dérivé du pétrole. Dès lors si les arts plastiques sont devenus une espèce de paradigme dominant pour les arts en général, c’est parce qu’ils sont plus commercialisables et se sont beaucoup mieux adaptas au monde marchand. » La mode est leur adjuvant qui permet de renouveler  en permanence le marché. La mort dissimulée sous une parure étincelante qui donne le change par un spectacle constamment mobile.

Cf IC personnage du pire ennemi. Maman : «  Ton pire ennemi vient de faire jouer une pièce de théâtre où les acteurs sont remplacés par des cochons en rut. C’est sur la difficulté de communiquer, la trahison des mots, c’est pas toi qui aurais inventé ça avec ton vieux théâtre, et aussi ça  a un regard un peu plus critique que toi sur la société du spectaccle, et ça passe très bien à l’écran. C’est le triomphe. Titre : Vide-Shakespeare-hypothèse-antimatière-numéro26 Il n’y a pas d’acteurs, seulement des sachets plastiques qui volent et une video en boucle d’un évier bouché. Mais l’œuvre est interactive et les réactions du public sont l’œuvre  elle –même. Tu ne peux pas comprendre, tu es tellement vieux jeu. » cf édition du festival d’Avignon 2005 polémique sur la programmation qui opposait les tenants du théâtre de texte et ceux qui soutenaient un théâtre plus orienté vers la performance et la dimension plastique.

Cf aussi la manière dans IC le marchand de mode explique la chute de Moi-même : il ne sera plus jamais à la mode.Il est l’ennemi de la modernité, il est l’ennemi du progrès, il est l’ennemi de la communication, il est l’ennemi du marché de l’art, il est l’ennemi de la mode et il s’en vante ! »
Pour Py être au présent et moins dans l’actualité. ( à suivre...°

Paradis de tristesse premier roman d'Olivier PY

article dans l'humanité (2002)

Le début du roman

A propos de Visage d'Orphée pièce d'Olivier PY ( 1996)

Le Visage d'Orphée

Article dans le matricule des Anges

début de la pièce

Site consacré au mythe d'Orphée

L'Ecole des femmes de Molière, mise en scène de Braunschweig

Vous avez accès en streaming à la mise en scène de L'Ecole des femmes créées par Stephane Braunschweig à l'automne 2018.
Ecole des Femmes

citation du jour

« Faire du théâtre est la chose la plus superficielle, la plus inutile du monde, et du coup on a envie de la faire à la perfection. » Bernard-Marie Koltès.

Bac Blanc sujet sur Moi-Même: pistes pour la correction


 D’après la post face de Quentin : Moi-Même : double, clown d’Olivier Py

Olivier Py : bavard, verbeux, grandiloquent. Veut parler de tout cf rêve de totalité, « raccommoder l‘unité perdue », concilier les opposés.
Autodérision cf marchand de mode : « Les jeunes gens imitent votre admirable visage, on se peint des cernes sous les yeux, on se décolle les oreilles, on se rougit légèrement le nez, et on parle avec cette inimitable voix nasillarde. » ( Cf Cyrano ) 

Pièce qui est une farce : PY déguisé en lapin, traité comme un enfant par sa mère, balloté à droite à gauche, humilié après avoir montré sa mégalomanie. Parodie.

« Le texte a la prétention de tout dire sur l’art dramatique et le mystère théâtral »

Mais Moi-même a court de mots pour les juges lors du procès : il ya de la parole dans la parole. Ça résume tout. Le poète échevelé maîtrise aussi la parole brève.
Toute l’œuvre de Py au moins de 10 mots ?

 IC démontre l’incroyable puissance du verbe. « Commençons ! » « entre..   je fais… »et la création a lieu.

Quelles paroles dans IC : réécriture, intertextes, ( Corneille, Molière, Lagarce)  redonne vie à Lagarce,  ai-je tenu parole ?  fidélité à la parole donnée.

Réflexion sur le théâtre et lien entre l’artiste et le pouvoir

Le poète doit-il se préoccuper avant tout de défendre son art auprès des grands de ce monde ou le pratiquer suffit-il ?

Séparation du poète et de sa troupe : deux temps, deux espaces rivaux… : peut on être ministre et artiste ?

Histoire d’un homme qui se sépare de son groupe d’amis pour chercher une autre vie, voit cet ailleurs se refuser à lui, puis retrouve son groupe d’amis. ( sujet de beaucoup de pièces de PY)

Qui est le plus exilé du poète devenu produit de consommation jetable ou des comédiens isolés à Verdun ?

Décentralisation : acte d’héroïsme, comédiens portant leurs valises allant jouer partout dans des conditions parfois déplorables.

Moi-Même dans son ascension : infidélité au poète mort trop tôt, a cédé au clinquant des paillettes et de la communication, de la société du spectacle mais présence tutélaire du poète mort trop tôt qui ne l’abandonne jamais, » paternel et exigeant ».
Faire mémoire d’un autre pour faire retour sur soi.

Tout n’est pas grotesque. Moments d’émotions avec le poète mort trop tôt. Une fois par acte. Toute la farce = un écrin pur la parole de Lagarce. La pièce « Le Poète et la Mort.
Moi-Même tenter de se renommer « le poète qui n’est pas mort à temps ».

¨Etre fidèle à l’enfant que l’on a été. « la grâce des grâces »= aimer sa médiocrité. Ultimes retrouvailles avec l’enfant épris d’absolu. Réconciliation cf «  un petit garçon qui joue à faire des bateaux dans le caniveau »  fin de l’acte II, un beau jour pour mourir , un beau jour pour vivre ; «  Ce bateau, c’est moi-même qui l’ai fait, il ya trente ans, je reconnais la page de mon cahier, un cahier bleu à grosse spirale ! »

Puis fin acte III poète entrain de nettoyer à Verdun : pèlerinage vers l’humilité…retour du poète mort trop tôt à la lueur de la servante dans le théâtre vide, fini le clinquant du show médiatique. «  « enscènement » de Lagarce. « Des ors, mais » présence de l’absent : essence du théâtre. « Présence réelle de l’absence », retrouvailles avec le poète ado

On ne peut ni vivre ni jouer sans rencontrer et connaitre son clown, sans percevoir la richesse de ce double grotesque qui est Moi-Même.

Parole libératrice du père exigeant qu’est le poète mort trop tôt : réconciliation avec le vrai père, retour au théâtre cf Fau « Une cure d’obscurité rajeunira nos grimaces »

Pour le sujet de type 1 du bac blanc :
Problématique : comment jouer Moi-Même quand on n’est pas Olivier Py ?
Commenter le nom Moi-Même : hypertrophie du moi, mégalomanie, « grosse tête » ( autodérision de Py à l’égard de lui-même.)

Rôle de Moi-Même : metteur en scène de la troupe mais surtout auteur, poète qui écrit pour elle ( Vous avez souvent oublié cette dimension importante), donc concurrent du Poète mort trop tôt, Lagrace auteur. Rapprochement avec la figure mythique du poète Orphée ct autre texte de Py qui s’intitule Le visage d’Orphée. Nombreuses occurrences du mot Orphée dans IC. 

Quel type d’écriture : texte lyrique, baroque, parole dans la parole, « montrer la parole ». Insistance sur un théâtre de texte qui exige une forme de déclamation et de lyrisme, le drame lyrique.
Conception du théâtre différente de celle du Pire Ennemi : théâtre de la performance, de l’image provocatrice, sans texte : satire d’une certaine théâtralité contemporaine ( Moi-Même sera remplacé dans son ascension par son Pire Ennemi qui connaitra lui-aussi la gloire et qui le chassera même de Verdun puisque le Pire Ennemi lui succède sur le plateau à Verdun aussi.)
Il ne fallait pas oublier le contenu des paroles de Moi-Même : défendre un théâtre d’auteur, « raccommoder l’unité perdu », faire un théâtre total, un théâtre de la Joie, de l’assentiment au monde, un théâtre qui insiste plus qu'il ne résiste.
L'opposition à un théâtre qui ne serait pas de l'art mais un pur divertissement, une marchandise comme une autre , un produit de la mode et de la société du spectacle. Cf la sature du théâtre contemporain incarnée par le pire Ennemi et par ce que maman en dit.

Rêve de gloire et d’ascension sociale du poète et metteur en scène Moi-Même mais au nom du Théâtre : désir de mettre le théâtre au cœur du monde, à la première place : question du rôle politique et social du théâtre, mais au détriment, comme le lui reproche ses acteurs, de la création théâtrale et de sa pratique.

Sorte de chemin de croix de Moi-Même : après le sommets doit réapprendre l’humilité ( nettoyer le plateau sous les ordres de la concierge), connaître des épreuves pour être sauvé et réconcilié. Rôle de médiateur du poète mort trop tôt.

Moi-Même double : Versailles / Verdun, les paillettes de la gloire/le sublime du quotidien des acteurs en tournée provinciale. Moi-Même différent avec Lagarce, le poète mort trop tôt. L’acteur choisi pour le rôle ne peut tout jouer de la même façon.

 Olivier Py met en scène aussi sa relation avec sa famille sur le mode comique, autobiographie parodique, genre de théâtre proche du boulevard, personnages bourgeois caricaturés ( Illusions Comiques est une pièce de commande, la première comédie qui a écrit Py) : Moi-Même sous la coupe de sa mère jouée par Mazev à la fois première supportrice et profiteuse, traîtresse aussi. Idem pour tante Geneviève. Père qui le trahit en ce débaptisant et en se faisant appelé Brecht, valeur sûre ( le type de théâtre que Py ne veut pas faire), réconciliation à la fin par retour à la fidélité à l’enfance.
 ( Moment où la mère donne son cahier de poème pour obtenir un avantage évoque le traumatisme d’oeuvres de jeunesse détruites par les parents)
Parfois traits de connivence avec l’actrice Mazev qui a été son amie depuis l’enfance et sa femme cf Lorsqu’elle joue la mort au début et évoque son rôle de collaboratrice de Py)
La construction du personnage demande que l’on interroge ses multiples facettes, au minimum le côté double ascension mégalomanique/ chute qui fait retrouver la promesse originelle et la troupe dont il s’était séparée.

Analyse des documents: la plupart d'entre vous ne trouvent pas de pistes scéniques concrètes  à partir des images: couleurs, costumes,  maquillages, postures, disposition des acteurs sur le plateau, partis pris de mise en scène.

dimanche 12 mai 2019

Article sur le thème du regard dans Woyzeck: indispensable pour le corrigé du bac blanc

 Comme une toile d'araignée...

Je vous communique mes dernières trouvailles sur Woyzeck. Bonne lecture.
C'est particulièrement intéressant pour ceux qui travaillent à un projet scénographique de Woyzeck. Mais aussi pour ceux qui jouent les personnages du docteur, du capitaine, du bonimenteur. En fait tout le monde tirera profit de cette lecture dont nous reparlerons. l'analyse rejoint aussi l'intuition de Sandrine sur l'importance des scènes de regard à la fenêtre.

Cet article aurait dû vous permettre de comprendre les enjeux du sujet 2 du bac blanc sur le traitement de l'espace dans Woyzeck.

jeudi 9 mai 2019

HIDA: Tina Modotti: documents à consulter

Le film Tiger'scoat dans lequel Tina tient le rôle principal

A propos de Dorothea Lange et des ombres sonores de Tina Modotti Etude sur la photographie de Tina

Projet musical de catherine Vincent:  Sur les traces de Tina Modotti
2ème partie


CATHERINE VINCENT duo, Tina album de musique. Inspiré par la vie et le parcours de Tina Modotti. Le CD inclut la mise en musique des poèmes Tina Modotti ha muerto de Pablo Neruda ecrit en 1942 en hommage a Tina après sa mort, et Plenipotentiary de Tina Modotti, (1923). En vente aupres des artistes. Bon de commande ci-joint. catherine20cent@gmail.com

Romans et roman graphique:

DE LA CALLE Angel, Tina Modotti, roman graphique, Vertige graphique, 2011 La BD de Angel de la Calle et le très bel ouvrage de Toffoletti sont distribués par Envie de lire http://www.enviedelire.fr/ Raul Mora enviedelire@no-log.org

PONIATOWSKA Elena, Tinisima, L'atinoir, 2014. Editeur marseillais, Jacques Aubergy latinoir@orange.fr T 06 75 7673 66. Très belle biographie romancée par la grande écrivaine mexicaine née en 1932 et qui a pu rencontrer beaucoup de contemporains de Tina Modotti.

Pièce de théâtre: Corpus Tina M. Performance entre exposition et conférence.
Dossier de la pièce

Extrait sur vimeo

documentaire Espérance: lettres sur l'engagement

Synopsis

François Caillat et Silvia Radelli s’écrivent d’un bout à l’autre du monde. Ils s’échangent leurs impressions, leurs témoignages et leurs pensées.
Silvia Radelli s’intéresse à la figure de l’Italienne Tina Modotti durant les années 1920/30.
Elle suit les traces de cette actrice et photographe bohème devenue militante communiste, activiste stalinienne puis agent secret soviétique, engagée à l’extrême dans les combats politiques de son temps, du Mexique à Berlin, de Moscou à l’Espagne en guerre.
François Caillat rencontre des jeunes femmes bénévoles de MSF (Médecins sans Frontières) dans les camps de réfugiés à la frontière du Congo RDC. Il découvre dans leur geste humanitaire une autre manière de s’engager aujourd’hui, loin de la politique.
Deux regards croisés, un film épistolaire sur l’engagement.

Elle s'appelait Tina Modotti

Expositions Elles

Tina Modotti dans l'exposition Soulèvements

Tina et Weston

Tina Modotti et la presse

Tina Modotti une passion mexicaine

Exploer le blog d'un collègue de l'académie de Versailles: Tina Modotti: une artiste et son temps

lundi 6 mai 2019

Premières: prolongement du travail sur Les Suppliants

Regardez en replay la mini série d'Arte appelée Eden et qui vous permet de comprendre mieux encore le sort des migrants:
Eden, mini série de Dominik Moll

 Entre la Grèce, l’Allemagne et la France, "Eden" se penche sur cinq destins bouleversés par les vagues migratoires actuelles. À la fois lucide et émouvante, cette série chorale dessine une fresque d’aujourd’hui, où chacun se trouve remis en cause dans ses certitudes. Une série en six épisodes réalisée par Dominik Moll. Les jeudis 2 et 9 mai à 20h55. En ligne du 25 avril au 2 juin. Replay, VOD et DVD.

Master class du réalisateur sur Telerama

dimanche 5 mai 2019

Définition du scénographe de spectacle

Le scénographe est un artiste. collaborateur direct du metteur en scène, il est responsable de la conception originale et de la création du dispositif scénique, des décors et/ou costumes, incluant tout élément spatial et plastique ( mobilier, accessoires, masques) nécessaires à la représentation scénique d'une oeuvre dramatique, lyrique, chorégraphique. Il exprime ses conceptions à l'aide de dessins, de maquettes planes et en volumes, et tout autre mode d'expression, quel qu'en soit le support. A ce titre il a la qualité d'auteur, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. il assure la direction artistique de la réalisation matérielle du projet scénographique. Il a la qualité de cadre. La mission de direction artistique de la réalisation matérielle de sa conception n'inclut pas la mission de maîtrise d'oeuvre qui peut faire l'objet d'une mission séparée. ( in Petit Traité de scénographie, Marcel Freyefont)

samedi 4 mai 2019

Master class de Michel Fau

Je suis un acteur lyrique qui poétise la vie

Le personnage de Moi-Même (Travail de Louise, une ancienne élève))

 Pour préparer l'écrit et l'oral, je vous recommande de faire l'étude dramaturgique des personnages principaux d'Illusions Comiques: Moi-Même, le poète mort trop tôt, Mazev, Maman, Tante Geneviève, Girard, Balazuc etc en insistant sur les personnages que vous êtes amenés à jouer.

Le personnage de Moi-Même au début de la pièce Illusions Comiques. Attention cette étude ne concerne pas le personnage dans la totalité de la pièce.



Le personnage de Moi-même
          Illusions comiques est une pièce écrite et publié en 2006 par l’écrivain, comédien et metteur en scène Olivier Py. Cette pièce raconte l’ascension fulgurante puis la chute tragique d’un écrivain, les aléas de la vie au sein d’une troupe de théâtre, la place du théâtre, sa fonction au sein de notre société mais également, en arrière-plan une réelle lutte une guerre contre le SIDA. Puisque Moi-Même et ses camarades se souviennent du poète mort trop tôt, Jean-Luc Lagarce. On peut aisément remarquer la grande diversité et le nombre important de personnages qu’elle contient. D’autant plus qu’ils ne sont uniquement interprétés par Olivier Py et sa fidèle troupe constituée d’Olivier Balazuc, Samuel Churin, Michel Fau, Philippe Girard, Élizabeth Mazev, Bruno Sermonne, Mireille Herbstmeyer. Ces différentes personnes ayant marqué le quotidien de Py se retrouvent dans sa pièce sous les personnages de Monsieur Balazuc, Monsieur Fau, Mademoiselle Mazev ou encore Monsieur Girard… On retrouve également Olivier Py, lui-même, derrière le personnage de Moi-même qui sera au cœur de notre étude du jour suite au visionnage d’une captation du début de la pièce, la scène d’exposition.
        La pièce débute de façon bruyante et relativement désordonnée : les personnages rentrent et circulent dans tous les sens, le pianiste accorde et répète… puis  les comédiens s’attablent face aux miroirs comme s’ils étaient dans des loges. Moi-même, quant à lui circule dans le public où il va se tenir pendant un certain temps. De ce fait, il n’y a plus de quatrième mur puisqu’une interaction s’opère entre Moi-même, dans le public, et les autres personnages présents sur scène. Cette place pourrait également faire référence à la place du metteur en scène qui, installé dans public observe et dirige les acteurs sur scène. En effet, Moi-même étant le double théâtral d’Olivier Py il s’avère donc être également metteur en scène au sein d’Illusions Comiques.
Par la suite, il rejoint les autres acteurs sur plateau où il se déplace et bouge énormément : circule de jardin à cour, du lointain jusqu’à l’avant de la scène il finit par s’asseoir…
        En observant, il semblerait que chacun des personnages soit doté d’un fort caractère. Celui de Moi-même se caractérise notamment par ses nombreux grands gestes mais également par sa parole plutôt joyeuse et très puissante. Dans ce début de pièce il passe par de nombreuses émotions et états : de la joie, de l’euphorie lors de la lecture du journal  qui contient des éloges de son art à de la colère envers ses acteurs sur qui il va même hurler.
         Durant la première intervention de Tante Geneviève, jouée par Michel Fau, on comprend la complicité présente au sein de cette troupe mais également  la surprise face à chaque représentation qui peut être qualifié d’unique. Olivier Py ne peut s’empêcher de rire en essayant tant bien que mal de rester dans son rôle face au jeu complètement burlesque et hilarant de Michel Fau. Cela rappelle également la difficulté de cet art qu’est le théâtre.
        En ce qui concerne les costumes : tous les acteurs portent une tenue neutre noire à l’exception de Moi-même qui est vêtue d’une chemise blanche. Au courant de la pièce les acteurs sont amenés à ajouter des accessoires ou changer intégralement de tenue pour l’interprétation d’autres rôles. Le personnage de Moi-même, par exemple, reçoit une écharpe scintillante au couleur de la France après avoir été nommé Ministre de la Culture par le ministre de la culture lui-même…
         En effet, outre l’écharpe qui marque la puissance naissante de Moi-même on observe que son jeu et notamment sa position sur scène se transforme. L’article, lu par les acteurs, marque ce changement. Celui-ci est le départ de la suprématie de Moi-même. Initialement aux côtés et même niveau des personnages de Mademoiselle Mazev, Monsieur Balazuc et Monsieur Fau, Moi-même va se placer sur une estrade qui le surélève et montre ainsi sa supériorité son succès grandissant. On le voit même allongé comme le faisait les puissants empereurs romains dans l’Antiquité. Cet te assurance acquise semble s’effacer à l’entrée du personnage de Maman. On retrouve une certaine complicité, celle d’une mère ultra protectrice et manipulatrice et son fils comme retombé en enfance depuis son entrée.
         Il est impossible d’aborder la mise en scène d’illusions comiques sans aborder les visages blancs. Les acteurs ont leurs visages recouverts, maquillés tout de blanc. Il s’agit là d’un choix parfaitement réfléchi dont plusieurs interprétations s’offrent à nous. On peut y voir, tout d’abord, une référence au théâtre de l’Antiquité où les acteurs étaient amenés à incarner plusieurs rôles au sein d’une même pièce ou même un seul acteur prenant en charge tout une distribution. Ainsi les acteurs portaient un masque blanc à trois visages pouvant facilement exprimer plusieurs émotions : la joie, la tristesse et la colère. Cette première hypothèse peut être envisageable dans la mesure où les acteurs incarnent plusieurs personnages, ce qui permet une certaine neutralité de base autour de laquelle peuvent s’ajouter d’autres traits de caractères ou accessoires.
Ces visages blancs peuvent également symboliser un effacement de l’acteur derrière le personnage qu’il incarne. Par exemple, Olivier Py interprète le personnage de Moi-même et non Olivier Py. On peut reconnaître ses traits aisément sans pour admettre qu’il s’agit bien de lui.
Ainsi ces visages blancs peuvent donc nous rappeler à nous spectateurs que nous sommes bel et bien face à une pièce de théâtre et ses personnages et non face à un pastiche de la vérité.
On retrouve également derrière ce maquillage une référence directe au cabaret où les acteurs, chanteurs et danseurs se recouvrent intégralement le visage de blanc. Olivier Py est un adepte et pratique lui-même l’art du cabaret et notamment celui du travestissement.. En effet, Py avait créé tout un spectacle où il incarnait une chanteuse Drag-Queen « Miss Knife » qui chante au rythme du jazz ses amours, le temps qui passe, la jeunesse, la vieillesse. Le cabaret semble très important au sein de la pièce de Py puisque la question du travestissement et de la recherche identitaire semble également être au cœur de l’intrigue.

Pour finir, le personnage de Moi-même communique régulièrement avec celui du poète disparu. Ces deux personnages étant de deux mondes différents : le premier appartient au monde des vivants, le seconde à celui des morts. Afin de marquer cette distinction tout en permettant une communication entre eux Moi-même s’adresse au poète en étant dos à lui. On peut y voir ici une volonté de rappeler que le poète n’est plus visible de Moi-même tout en étant bien présent dans ses souvenirs, sa tête avec sa parole résonnante.

En savoir plus sur la décentralisation théâtrale

Dans Illusions Comiques, Py évoque la décentralisation théâtrale à laquelle lui et sa troupe ainsi que celle de Lagarce ont participé bien après qu'elle fut mise en place dans les années d'après guerre.en savoir plus

De la décentralisation culturelle à la globalisation

La Comédie de l'Est de Colmar a repris le nom de l'un des premiers centre dramatique nationaux fondés par la décentralisation.( Cela pourrait être un sujet d'approfondissement.)

La décentralisation théâtrale

Au lendemain de la Libération, dans le sillage des idées du Front Populaire et de la résistance, c’est une femme volontaire et passionnée, Jeanne Laurent, haut fonctionnaire à l’Éducation Nationale, qui impulse la création des Centres dramatiques nationaux. De 1947 à 1952, cinq premiers établissements voient le jour : le CDN de l’Est à Colmar sous la direction de Roland Piétri, la Comédie de Saint-Étienne animée par Jean Dasté, la Comédie de l’Ouest avec Hubert Gignoux, le Grenier de Toulouse de Maurice Sarrazin et la Comédie de Provence de Gaston Baty. Habités par l’esprit des pionniers de la décentralisation théâtrale et les principes du Cartel – rupture avec le mercantilisme, mise en scène d’auteurs contemporains et prééminence du texte – ces hommes emmènent sans relâche leurs troupes sur les routes de province à la conquête d’un public populaire. Dans le même temps, avec Jean Vilar, Jeanne Laurent participe à la renaissance du Théâtre National de Chaillot et à la création du Festival d’Avignon. Ensemble, ils posent les fondations du « théâtre public » tel que nous le connaissons aujourd’hui.

La mission première d’un Centre dramatique national est la création théâtrale

Il en existe aujourd’hui une trentaine en France. Aux côtés des Scènes nationales (descendantes des Maisons de la Culture créés en 1961 à l’initiative d’Andre Malraux), ils sont les piliers de la politique culturelle hexagonale qui continue de défendre l’idée que l’art, la culture et le théâtre doivent répondre à une mission de service public, c’est-à-dire proposer une offre artistique de qualité et accessible à tous sur l’ensemble du territoire national.
La direction des Centres dramatiques nationaux est confiée à des metteurs en scène – acteurs ou auteurs – afin d’y conduire un projet artistique sur la durée, ancré sur un territoire et partagé avec le public. Centrés sur la création, l’écriture contemporaine, les mises en scène innovantes, les accueils de grands spectacles français et étrangers, l’accompagnement des jeunes créateurs, des compagnies et du public, les Centres dramatiques nationaux sont aujourd’hui uniques au monde et réunissent plus d’un million de spectateurs.