jeudi 23 mai 2019

Traversée de l'histoire du théâtre: les leçons de Fau à tante Geneviève

 Notes du cours du jeudi 5 octobre:

 Traverser l’histoire du théâtre
« Le théâtre est un fleuve qui remonte vers sa source »P94

Le théâtre en «  leçons
Totalité de l’espace : Versailles-Verdun, Ciel et Terre, scène et coulisses, même ambition pour le temps
Traversée à grandes enjambées de l’histoire du T cf leçons de Théâtre de Fau et Girard, de Py lui-même : visions du monde : exposer les évolutions, questionner les ruptures, courants dominants
Accumulation et pas soustraction
3 pensées de l’homme et de sa parole : théâtre de boulevard, tragédie et drame lyrique cf …nous ne passerons à la tragédie qu’à la deuxième leçon.

Cette première leçon est consacrée au "théâtre de boulevard. »: « dénouer le songe bourgeois » : formule que Py emprunte à Maria Casares. Py s'explique dans une video sur le sens de la formule.

Théâtre bourgeois pour Py =un Théâtre qui se passe entre les 4 murs d’une chambre vs théâtre dont la scène est le monde, de l’infini planétaire à l’infini du cœur de l’homme Modèle Shakespeare qui résiste à l’embourgeoisement
Scène= lieu d’enseignement, école du spectateur. Tante Geneviève : sympathie pour le monde bourgeois. Essentiel de la leçon consiste à mettre à mort le personnage en tant qu’il serait assimilé à une personne. Contre Stanislavski et toute forme de « revivre », Fau fait éclater d’un même mouvement le personnage bourgeois et la personne elle-même.
Contre ce que Brecht par commodité appelait « le théâtre aristotélicien, » Brecht signalait déjà que la clé de voûte de l’identification du spectateur au personnage était l’identification du comédien lui-même à son personnage considéré comme une personne.  cf Petit Organon de Brecht
En pédagogue exceptionnel, Fau ne cesse d’illustrer en acte l’idée qu’il défend par son discours : il n’y a que des masques : l’existence de tante Geneviève ne tient qu’à une perruque que Fau peut retirer à volonté et déposer partout :  la perruque joue le rôle du masque : «  le masque est là mais doit bailler, l’acteur de boulevard est une tante Geneviève qui sait qu’elle en est une et qui fait bailler son masque. Elle sait que ce qu’elle dit est inepte, que sa vie est inepte et elle dénoue le songe bourgeois en montrant qu’elle n’est pas dupe de ce qu’elle dit. »
Pas confondre théâtre de boulevard selon Py et théâtre bourgeois. Le théâtre de boulevard tourne le dos au théâtre bourgeois par son excès même, artifices, courses poursuites, hystérie, comme une sorte de commedia  dell’arte loin de toute prétention à l’authenticité du quotidien un théâtre bourgeois éveillé de son songe ! il y a du jeu, ça baille et ça joue ! cf « la convention est la chair du théâtre, sans convention on tombe dans la convention la plus conventionnelle, l’authentique. »

Relation maître / élève aussi riche que relation maître/valet ! 

Théâtre de la Joie= tragédie et drame lyrique
P49-50 qu’est-ce qu’un poète ? C’est celui qui entend que les dieux désirent inlassablement notre humanité. »  Fau =Immense comédien pour réussir à faire rire avec tante Geneviève sans discréditer dans la foulée les belles envolées de Monsieur Fau sur le théâtre ! Sublime mêlé de grotesque qui reste sublime ! Contribution de la scéno et du son à la beauté de la scène : musique solennelle un brin funèbre sans grandiloquence, Fau absorbé peu à peu par les ténèbres du lointain, bras en croix avec sa perruque, parole de Py portée à incandescence. : un grand comédien peut être tragédienne en collant rose fluo.
Apprentissage progressif du comédien cf les leçons comme un instrument de musique ça s’apprend «  Il faut des années pour jouer assez mal du violon, l’homme qui entre en scène dès la première minute connaît la grandeur et l’effroi et la beauté et l’exigence et la joie de l’art dramatique. »
Les intentions : « même les dieux ne peuvent défaire ce qui a été » différent dans la captation : « Et la mort est pour nous la dernière créance » : numéro de cabaret applaudi, hommage à tous les cours de théâtre, complicité de deux comédiens si différents dans leur jeu et si heureux d’être ensemble.

Le Baroque: Illusions Comiques , une pièce baroque?

En savoir plus sur le baroque

Illusions Comiques , un hommage au théâtre?



Pistes en quoi Illusions Comiques est  un hommage rendu au théâtre 

Lola : La pièce met en scène une troupe de théâtre qui veut monter une pièce différente des précédentes, le théâtre de Py parle de la fabrication du théâtre lui-même.
Les acteurs de Py se jouent eux-mêmes comme personnage : Fau, Mazev, Girard, Balazuc. Le spectateur voit aussi le cheminement du travail de l’acteur.

 Lola, Elise :La pièce se termine par les 100 définitions du théâtre ( inscrites dans les papillotes de Tante Geneviève) les acteurs et personnages donnent leur vision du théâtre en le définissant, ils le rendent vivant et surtout multiple. (Emma) Le fait qu’il y ait autant de définitions que de personnages est la preuve que le théâtre peut être fait par tout le monde.

Le texte contient beaucoup de références littéraires au théâtre et à d’autres genres : un hommage à la littérature en général ?

Léo, Emma, Léa : Hommage au poète mort trop tôt, l’écrivain et metteur en scène Jean-Luc Lagarce mort du sida, hommage à son théâtre, allusion à Nous les Héros, et à sa personne qui réapparaît d’au-delà de la tombe.cf dédicace

Présence du théâtre dans le théâtre : histoire d’une troupe qui cherche à monter un nouveau spectacle, débat intérieur à la pièce sur ce qu’est le théâtre, comment l’écrire, comment jouer… Mise en abyme du théâtre.
Présences de cours de théâtre à travers le personnage de Tante Geneviève qui prend des leçons de théâtre auprès de fau et Girard : on montre la préparation du comédien avant d’arriver au résultat final. ( Emma) : Un hommage au théâtre de longue haleine, cours qui posent la question de ce que fait un comédien pour se former, pour être « bon ».

Léo: Début comme le début d’une séance de pratique : « Commençons », naissance du théâtre, naissance d’un monde
.
Léo: Personnages de la pièce, en dehors des  personnages de comédiens, éphémères, apparaissent /disparaissent, comme toujours au théâtre

Léo: Le théâtre est le sujet de la pièce : tout part de lui, tout revient à lui que ce soit l’histoire de Moi-Même qui imagine que l’auteur de théâtre puisse avoir un rôle politique  et social majeur, que ce soit les autres personnages de comédien qui parlent de leur rapport à leur art.

Emma, Alexandre : les différents genres du théâtre sont présents : Fau est la comédie, la farce, Girard la tragédie, il est question aussi du genre du drame lyrique.

La mise en scène de Py mélange plusieurs esthétiques : théâtre de tréteaux avec des praticables amovibles, foisonnements de costumes et d’accessoires, beaucoup de personnages. Coulisses du théâtre exposées, table du metteur en scène dans la salle au milieu du public. Léa : Cette pièce permet de montrer l’envers du décor : on voit les acteurs se préparer, se maquiller, s’habiller… pas de notion d’emploi pour les rôles, les acteurs endossent plusieurs rôles, se travestissent comme Fau jouant tante Geneviève. Ils disent : « je fais… » et se métamorphosent. Alexandre : dans la mise en scène de Py, il ya une scène sur la scène : la scène s’élève au-dessus de tout. Rien n’est plus important que le plateau.

 Emma : Hommage à la langue  qui devient parole dans le texte de Py. Léa : Py privilégie la parole qui s’échange : parole donnée/parole reçue plus que le spectaculaire.

L éa : Hommage au théâtre de Corneille grâce au jeu sur le titre Illusion Comique, pièce baroque.

Alexandre : hommage au théâtre parce que la pièce montre sa présence constante au cœur de la société. Le dramaturge  Moi-Même rêve d’une puissance politique  maximale pendant son ascension, rêve que le théâtre soit au centre de la société.

Hommage à toute une génération du théâtre, celle de Py et Lagarce.

A creuser, à compléter...

Rencontre avec Olivier Py à propos d'Illusions Comiques

Rencontre avec Olivier Py

Nous écouterons des extraits en cours mais l'entretien est intéressant de bout en bout.

mardi 21 mai 2019

Ma pomme sur TV7 Colmar pour parler des présentations de travaux.

TV7 Colmar
Je suis confuse car je croyais avoir tout dit et j'ai oublié de remercier Bruno Journée!

Noms des partenaires artistiques!

A force de lire leur nom écorché... les voici correctement orthographiés.
Sandrine Pires pour Woyzeck

Serge Lipszyc pour Britannicus

Patrice Verdeil pour Illusions Comiques

Dites "partenaires artistiques" plutôt qu'intervenants.

lundi 20 mai 2019

Texte de Py en ouverture du programme Avignon 2019

DÉSARMER LES SOLITUDES

Si l'on me demandait aujourd'hui en quoi le théâtre est irremplaçable, je dirais qu'il est le plus court chemin de l'esthétique à l'éthique. Et aussitôt il conviendrait d'ajouter qu'il est le plus court chemin de l'éthique à l'esthétique, ce qui n'est pas le même parcours. Pour faire acte de conscience politique, le théâtre n'a qu'à ouvrir ses portes. Même le plus apolitique des théâtres reste encore plus politique que la plupart des déclarations du monde consumériste. Qui n'a pas vu que l'individualisme est devenu une valeur marchande et que le capitalisme n'en finit pas, non seulement de le susciter, mais aussi de le proposer comme voix unique de l'intelligence et de l'accomplissement de soi ? Et quelle aventure humaine dans ce grand supermarché technologique nous apprend encore la joie d'être ensemble ? Être ensemble ce n'est pas faire foule ou vibrer d'affects refoulés, c'est accepter une inquiétude commune et espérer le retour de mythes fondateurs. L'esthétique et l'éthique sont si proches lors d'une représentation de théâtre qu'on peine parfois à les distinguer, notre émerveillement croise notre soif de société meilleure, notre conscience collective est renforcée par la célébration de la scène. Le consommateur consomme seul et se console lui-même dans une luxuriante misère, il achète du bruit pour s'éloigner un peu plus de ce qui pourrait le sauver.

Or ce qui nous sauve, c'est d'appartenir à l'Histoire, c'est la sensation d'avoir participé à l'histoire, même la plus humble réunion d'espérances peut suffire à faire naître ce sentiment. Le spectateur du théâtre d'art n'apporte jamais que son incompréhension du monde et son désespoir d'être isolé, c'est ce que nous pourrions appeler le silence de la salle. Ce spectateur vient pour faire silence, étrange pratique, si anachronique au regard des polémiques braillardes et du sloganisme irruptif des réseaux sociaux. On commence au théâtre par faire silence et cela ne veut pas dire se taire, au contraire. On ironisera tant qu'on le voudra sur la puissance du théâtre à changer la société. Et depuis que la société est monde, on peut douter de lui, et depuis que le monde lui-même est à sauver, on peut craindre que le théâtre ne soit plus qu'un artifice d'inclus perdus dans les héritages patrimoniaux. Pour comprendre qu'il n'a rien perdu de sa puissance thaumaturgique, il suffit de changer d'échelle, de le contempler à la hauteur d'une existence, celle d'un adolescent sans entrée dans la vie de l'esprit, d'un détenu accablé de déterminismes sociaux, d'un enseignant qui n'a peur ni de l'obscurité ni de l'éblouissement, d'un artiste qui a renoncé à la gloire par amour de son artisanat, d'un passant qui mystérieusement dévie de sa route tracée par les puissances commerciales, d'un amoureux qui cherche un point de cristallisation, d'un mourant qui a besoin de contempler la vérité ultime de sa fin. À la hauteur de ces existences, le théâtre peut quelque chose et le terme de possible est baigné d'aube.

Mais le théâtre, qui promet moins qu'il ne donne, ne se contente pas d'ouvrir des possibles, il est action. Le danger partout s'est accru de vivre dans un monde désenchanté, un monde où nous serions seuls face à la culpabilité et à l'impuissance. Pour nous aider à traverser la sévérité du temps, le théâtre propose tout simplement de nous réunir devant la représentation éternelle de l'humanité aux prises avec cette impuissance. Le silence alors devient un moyen de percevoir l'imaginaire partagé, le lien profond et indicible, le messianisme du collectif. Ne dit-on pas de la salle qu'elle a eu une écoute cristalline, qu'elle a respiré d'un même souffle ? Et que dire après ce silence de la déflagration des applaudissements qui le brise et célèbre non pas la fin de la représentation mais la présence du Présent ? Le théâtre politique dit que la représentation est l'essence du politique, il a besoin d'images et de récits pour éviter d'être vide et de ne représenter que la violence du pouvoir.
L'ambition immense du Festival d'Avignon n'est pas moins que cela. Notre impatience d'une société plus juste, d'un rapport au monde plus sain, d'une parole mieux partagée, est le plus haut désir politique. Et pour cela, il faut désarmer les solitudes. Il n'y a dans cette aventure aucune hiérarchie, chacun y est absolument responsable de lui-même et de sa part de conscience. Merci à chacun et à tous de faire du théâtre un art de l'avenir.

Olivier Py

samedi 18 mai 2019

sujet de type 2 d'après la citation de Stéphane Lépine

Il faut absolument analyser le sujet et la citation qui vous ai donnée.

Pas de doute que le sujet porte sur le problème du traitement de l'espace dans Woyzeck et donc sur la scénographie:
- la citation l'indique: Büchner "inscrit ces hommes et ces femmes dans des lieux, qu'ils soient ouverts ou fermés, où toujours ils ont l'impression d'être sous observation " et c'est ce qui produit leur malaise, leur aliénation, leur folie: "puisque les personnages ont l'impression de ne pas s'appartenir tout entiers", ne pas être soi-même pleinement, ne pas avoir de personnalité propre, personnelle peut être une définition de l'aliénation.

En 1 il fallait vérifier la pertinence de ce points de vue à partir de l'analyse des lieux de la pièce: d'après le texte ( espace dramatique), les lieux permettent-ils l'observation, la surveillance des uns par les autres? les personnages se sentent-ils sous haute surveillance. La question du lieu pose alors la question du regard dans la pièce: qui voit? comment le regard des autres influe-t-il sur les comportements et suscite-il la folie? ( Nous en avions  eu l'intuition avec le projet de Sandrine: la question de la fenêtre, du dedans et du dehors, de Woyzeck qui se sent espionné, écouté , regardé
(voir les articles que j'ai recommandés: la mise en évidence d'un système panoptique de contrôle de la population, Woyzeck dans une toile d'araignée, pris au piège des autres, la mise en abîme du théâtre: le spectateur inscrit dans ce système qui doit juger "le cas" Woyzeck à son tour...))

Ce parti-pris semble donc une bonne entrée pour fabriquer une scénographie qui mette en relief cette question du regard: or tous les documents fournis concernaient la scénographie et la question du regard sur les personnages ou des personnages les uns sur les autres.
Il fallait donc analyser les photos de plateau  et le texte en lien avec la problématique issue de la citation: la scénographie doit-elle mettre en relief la question du regard et de l'observation, de la surveillance si elle veut contribuer à la dénonciation de l'aliénation sociale, le théâtre devenant alors "une arme" dans la lutte?
En quoi les scénos proposées, permettent-elles un regard aliénant, une surveillance, une mise en spectacle des personnages?

Dans la proposition personnelle, il fallait choisir la scéno que vous préfériez et justifiez votre choix. on pouvait en ouverture montrer que d'autres partis pris de scénographie étaient possibles.

Il ne faut pas oublier de faire une introduction: présentation de l'oeuvre ou phrase pour amener la thématique du sujet, présentation de la citation et analyse de cette dernière pour dégager la question qu'elle pose puis annonce de votre plan.

Article d'où est tiré la citation  plutôt le dossier d'un projet Woyzeck, un peu long mais intéressant à lire. J'en avais déjà posté des extraits. Lire surtout la partie Woyzeck, une révolution sociale, politique, psychanalytique et narrative.

sur le Woyzeck mis en scène par Marleau (doc1) metteur en scène québecois.
 Denis Marleau, dans une mise en scène mémorable, avait, en1994, tiré la pièce du côté de la communauté amish de la Nou-velle-Angleterre.

(...) décisions du metteur en scène ayant teinté toute la production : le choix d'incarner la société qui réprime Woyzeck sous les traits de shakers. Denis Marleau, il l'a déclaré lui-même, assumait ainsi son américanité. Toute l'austérité du corps social écrasant l'individu passait par ces images d'hommes et de femmes sombrement vêtus, à la démarche mesurée, retenue. Dans un décor tout en bois, qui empruntait lui aussi à la Nouvelle-Angleterre, où les lignes verticales désignaient la même rigidité, se vivait le drame du combat entre nature et culture, entre singularité et anonymat, entre liberté et morale. Ainsi est-ce par le biais de son illustration d'une société sévère et intransi-geante, puisée dans l'histoire de l'Amérique, que le metteur en scène a le mieux traduit le propos de Woyzeck. Entendons-nous bien, il ne s'agit pas ici d'une transposition. Marleau n'a pas déplacé Woyzeck pour nous le ren-dre plus familier, il a créé une référence américaine. 

Woyzeck par Philippe Vincent (2009) (doc3.) 

" Dans la grande salle, une équipe de tournage, composée d’un opérateur image (avec une caméra montée sur un stedicam) et d’un preneur de son, suit Woyzeck. Woyzeck sait qu’il est filmé, observé. Le décor inspiré des fêtes foraines est uniquement constitué de lumières : lampes, néons, ampoules, enseignes lumineuses et de diverses brumes, fumée, brouillards… Woyzeck détient un pouvoir, celui d’être observé. Il sait se placer devant la caméra, attendre que l’équipe de tournage soit en place, pour une action importante. Les spectateurs visualisent sur un grand écran ce qui est filmé par l’opérateur. Quand Woyzeck sort du plateau pour aller acheter un couteau au cabinet du docteur Narcotique, il est suivi par l’équipe de tournage, les spectateurs assistent alors à la scène comme au cinéma."

dossier mise en scène Philippe Vincent avec photos et schéma

Bande annonce pour le Woyzeck d'Ulrich Rasche à Bâle
Programme en allemand pour les germanistes

vendredi 17 mai 2019

Genre(S) Présentation de travaux Option facultative




Le 24 mai, la salle des spectacles Europe de Colmar a accueilli la restitution du travail des élèves de l’option facultative théâtre du lycée Camille Sée. Le projet de l’année, mené avec le comédien Bruno Journée a réuni 35 élèves autour de plusieurs thématiques concernant les adolescents : les réseaux sociaux et le harcèlement, la construction de soi, la question du genre, la puberté, la relation entre les sexes, entre les jeunes et les adultes.

Les élèves ont présenté un montage d’extraits de Molière (Tartuffe), Mouawad (Les Assoiffés), Wedekind (L’Éveil du printemps), et d’autres, autour de la plus grande partie d’une pièce principale, Ces filles-là, d’Evan Placey, qui met en scène vingt personnages féminins de 5 ans à 16 ans dans l’école de Sainte-Hélène. Parmi elles, Scarlett sera persécutée en raison d’une photo dénudée circulant sur les téléphones. L’ensemble des textes propose sur des thèmes difficiles un mélange de subtilité classique et d’énergie juvénile bien d’aujourd’hui.
Le parti-pris a été de maintenir la totalité des élèves sur le plateau, et d’associer aux personnages principaux de chaque scène le maximum de présence collective : jeu choral, danse, chant. Bruno y a ajouté, outre ses compétences d’artiste intervenant, son sens de la fantaisie et son esprit rock.
Une très belle conclusion pour cette année avant-dernière des options facultatives.
Fred Demma, professeur de l'option facultative du lycée camille See.

Présentation de L'Ecole de Scénographie du TNS

Ecole de scénographie du TNS

Le TNS ne forme pas que des metteurs en scène , comédiens et dramaturges. Avis aux plasticiens du groupe.

jeudi 16 mai 2019

Emission de radio RDL sur Les Préjugés

Les Préjugés

Se rafraîchir la mémoire avec l'émission animée par Francis Fischer.

Mardi 21 mai 17h30 Contre les Bêtes de Jacques Rebotier

N'oubliez pas la venue de Serge Lipszyc au lycée Mardi 21 mai 17h30 pour jouer Contre les Bêtes de Jacques rebotier. venez avec vos amis.

mercredi 15 mai 2019

question du regard dans Woyzeck(2)


Question du regard : de façon obsessionnelle : la sexualité et la mort cf Danton « Qu’est-ce qui en nous fornique, ment, vole et tue ? » Vie = « force fondamentale supportant les êtres pour les faire apparaître, et les détruisant sans cesse par la violence et la mort. »

Dr ne cesse de prédire des morts prématurées à ses patients rêvant à sa propre immortalité : « ma théorie, ma nouvelle théorie » (…) audacieux, éternellement jeune. Woyzeck, je deviens immortel. » DR comme David lorsqu’il vit Bethsabée : je ne vois que les culs de paris » : grivois.
Capitaine obsédé par la mort, le temps qui passe cf la roue du moulin
Visions de morts de Woyzeck cf la tête qui roule qui ressemble à un « hérisson »
Le capitaine accuse Woyzeck de se poignarder avec ses yeux !
La mort habite le regard de tous .

Geste du meurtre potentiellement en chacun, Woyzeck paraît le plus conscient de cela ;
Cf dans l’auberge «  Vous croyez que j’ai tué quelqu’un ? Je suis un assassin ? Pourquoi vous me regardez comme ça, regardez-vous vous-mêmes ! »

Woyzeck observant sa bien aimée entrain de danser : oui vautrez-vous les uns sur les autres : » puis vision d’un carnage : pourquoi ça devient rouge devant mes yeux ! C’est comme s’ils se vautraient dans une mer de sang, tous ensemble ! Une mer rouge ».
 Truchement du fou : ambigüité du mot sang à la fois source de vie et indice de mort : « ça pue ça pue le sang »

Dimension animalière : cf Tambour= taureau, comme un lion » élevage de tambour-major, bête sauvage ; » sexualisation du regard qui entraîne l’abolition d’une coupure nette entre le règne animal et celui des hommes. C’est du pareil au même. Cf réplique de Marie après avoir céder)
Œil verre grossissant où les forces qui traversent leur organisme se donnent à lire, malgré eux, de manière particulièrement nette.
Personnages aveugles en grande partie à ce qui les meut.

Pièce elle autoréflexive : cf scène de la foire et du bonimenteur : mise en abyme de l’invitation à entrer voir un spectacle, sorte de prologue

Technique du dressage grâce à la quelle le singe bat en brèche la frontière entre le règne animal et celui de l’homme, en passant du statut de simple créature voire du néant pur et simple à celui d’homme-soldat art cf différence en allemand entre Bildung et ERziehung : culture et dressage
Ce qui est dressé pas seulement les animaux mais le regard des spectateurs, des badauds auquel l’art oratoire déployé par le bonimenteur inculque une certaine manière de voir. Accomplit la métamorphose du singe de manière performative ici et maintenant et dimension visuelle du processus la pseudo humanisation des animaux animalise en fait les humains conditionnés et dressés.
// avec la leçon du Docteur aux étudiants du haut de sa lucarne : très dirigiste le dr demande à Woyzeck de remuer les oreilles. « Transition de l’homme à l’âne » : dégradé au rang d’animal, incite le public à participer à la constitution de l’individu Woyzeck.
Frontière instable entre animal et humain et enjeux du pouvoir qui sont attachés à un tel partage du savoir ; visée satirique grotesque et ridiculise le docteur en assimilant sa démonstration outrancière à un spectacle de foire .

Deux mécanismes disciplinaires montrés sur scène : spectateurs invités à participer à ces processus disciplinaire : malaise. Formuler un diagnostic, un jugement.
Le regard esthétique de nous autres spectateurs n’est pas complètement désintéressé. Ambivalence du dispositif théâtral.
Cf le policier à la fin : «  un bon meurtre, un vrai meurtre, un beau meurtre aussi beau qu’on peut le désirer, il ya longtemps qu’on n’en a pas eu de pareil. » Registre esthétique, dimension spectaculaire de l’acte, curiosité morbide plus important que savoir qui l’a commis même réaction du policier que de l’enfant qui veut encore voir quelque chose avant qu’on l’emporte.
Woyzeck historique première personne à avoir été exécutée en public ;
Assassinat considéré comme l’un des beaux arts : Thomas de Qincey
Paroles du policier peuvent aussi être interprétées comme le fin mot de l’histoire : le geste fatal de Woyzeck remplit une place vacante toujours déjà prévue par le système disciplinaire dans son ensemble.


Après avoir donné un certain nombre d’effets personnels à Andres, Woyzeck sort un document écrit e lit à haute voix : » Friedrich Johann Franz Woyzeck fusillier assermenté au 2ème régiment, 2ème bataillon, 4ème compagnie, né le jour de l’annonciation, j’ai aujourd’hui 20 juillet 30 ans, 7 mois et 12 jours. » : scène testamentaire ? Woyzeck lèguerait ses affaires à Andres avant de passer à l’acte. ? On peut aussi l’interpréter comme un acte de naissance : production réussie de l’individu Woyzeck : il reprend à son propre compte l’identité qui lui a été inculquée au premier chef par l’appareil disciplinaire de l’armée cf Woyzeck obligé de se rendre à l’appel ( lire à voix haute le nom le grade de chaque soldat suivis des tâches à accomplir le lendemain. Version papier de cet appel que Woyzeck sort de sa poche, mais à la première personne « je ». Il n’est pas seulement le protocole constitué par le docteur : « Urée, 0, 10 chlorue d’ammonium, hyperoxydule ».

Mais le mot allemand pour dire cet appel « Verles » veut aussi dire la faute que fait quelqu’un en lisant ( misreading). 
Le « je » de Woyzeck se permet un « jeu ». IL est l’effet d’une construction.

Woyzeck lecteur, « déchiffreur de signe », dimension poétique du personnage ;

Lire Woyzeck à travers les yeux de Woyzeck ?

Pbl. de lectures quand Woyzeck ne cesse d’attirer l’attention de son compagnon Andres sur les signes visuels et acoustiques cf première scène de la 2ème ébauche : «  Oui Andrès c’est ici l’endroit maudit. Tu vois cette fine trainée, là, sur l’herbe, où les champignons poussent, là le soir la tête roule, quelqu’un l »a ramassée une fois, croyait que c’était un hérisson (…° C’étaient les francs-maçons , on ne me l’a fait pas.)…
Sensibilité plus aiguisée qu’Andrès  ( nom qui signifie les autres, les hommes en général) car en plaquant son oreille au sol, il perçoit le sondes acoustiques bien avant que ne les entende son compagnon.
Mais assigne à ces perceptions un sens déterminé qui les fait basculer dans le délire, sens puisé dans des croyances superstitieuses, théorie du complot, passages de la Bible (ancien testament, apocalypse)
Il ne cesse de transformer en signes, dans le but de dire un manque initial, des objets apparemment choisis au hasard : perturbant
Cf la scène sur la nature avec le docteur : toile d’araignée, champignons, voix)  pb d’un personnage mélancolique confronté à une lecture infinie des signes.
Mais dans la dernière version plutôt personnage au bord de l’aphasie ( incapacité de parler), bredouillements impuissants// gestualité saccadée
Image de la toile d’araignée rend compte du fonctionnement du système panoptique à l’oeuvre dans la pièce.