jeudi 17 septembre 2020

Cours du jeudi 17 septembre: la scène du Seder: étude de l'extrait dans la captation de Tous des Oiseaux

 Se souvenir des problèmes dramaturgiques que posent la scène du Seder et la fin de la scène 6 à partir des souvenirs du cours de pratqiue de lundi dernier:

- "les collisions temporelles": Léah et Wahida sont à Jérusalem à la scène 6 dans la maison de Léah et le récit du Seder par Wahida va faire retourner à NY. Comment organiser au plateau le passage d'un espace et d'un temps à l'autre? Où situer les deux personnages de Léah et Wahida? cf la didascalie p34 " Au milieu d'eux, Wahida entraîne Léah dans le récit"

-la question de la scénographie:  mobilier,accessoires et costumes: le Seder une fête juive. Quels signes de judaité?

-La question des différentes langues utilisées dans la représentation alors que nous partons du texte en français.

- la façon de jouer des différents acteurs.

Revoir toute la scène Captation   

(à partir de 41mn) 

Tous des oiseaux, texte et mise en scène de Wajdi Mouawad, La Colline – théâtre national, 2018

Distribution: . David (Raphael Weinstock), Leah (Idit Teperson), Etgar (Rafael Tabor), Norah (Helene Grass), Eitan (Jérémie Galiana), le Rabbin (Victor de Oliveira) et Wahida (Nelly Lawson)

Dans les scènes 6 et 7 (Wajdi Mouawad, Tous des oiseaux, Montréal/Arles, Leméac/Actes Sud, coll. « Babel », 2019, p. 33-37), Wahida raconte à Leah un événement passé : le repas du Seder, lors duquel Eitan a annoncé à sa famille qu’il aimait la jeune fille.

 Donne à voir les deux actions qui se déroulent de manière concomitante : le récit de la soirée et la soirée elle-même.

La scène du Seder repose sur un procédé d’écriture récurrent dans la création mouawadienne, procédé que l’artiste nomme les « collisions temporelles » (Wajdi Mouawad, « Compagnon », in Sylvain Diaz, Wajdi Mouawad, Avec Wajdi Mouawad. Tout est écriture, Montréal/Arles, Leméac/Actes Sud-Papiers, coll. « Apprendre », 2017, p. 37). Celles-ci consistent dans l’entrelacs de divers espaces-temps dans l’ici et maintenant de la représentation. ( Amusez -vous à chercher d'autres scènes qui contiennent une collusion temporelle.)

Wahida et Leah, qui se trouvent en Israël, se voient projetées à New York. Elles assistent à un repas passé, qui s’est déroulé avant l’attentat et le coma d’Eitan. L’une comme l’autre étaient en réalité absentes de ce dîner : Leah, qui avait coupé les ponts avec sa famille, ignorait qu’il avait lieu, tandis que Wahida était restée au seuil de la porte de l’appartement, sans jamais oser la franchir.

Les personnages partagent le même espace concret, le plateau, mais ils appartiennent, en fait, à des géographies et des temporalités distinctes.

Solutions au plateau: deux espaces scéniques différents délimités par des éclairages différents et alternés. Jeu sur la couleur des éclairages avec des filtres, passage par des fondus au noir.

Mais la didascalie indique que Léah et Wahida vont se trouver au milieu des autres personnages pendant le Seder. Lorsqu'on regarde la captation, le passage de la maison de Lah à la pièce américaine où se déroule le Seder est mis en scène par Wahida fin de la scène 6: elle enlève son imperméable de voyage, laisse apparaître la robe rouge qui symbolise, l'amour , la passion. Puis une musique de tango se fait entendre avec les mêmes connotations et wahida se déplace langoureusement pendant que les comédiens qui jouent dans le Seder installent la table et les accessoires dans une atmosphère sereine et tendre. ( nombeux gestes affectueux de l'un à l'autre). Wahida se pose à cour, formule son nom, il ya un temps et une bascule d'éclairage sur la table et Norah fait comme réagir sur le mot en crachant le nom de Wahida exagérant haineusement la prononciation arabe de ce nom.

 

 La distribution des langues :

Voici ci-dessous un extrait du carnet de Valérie Nègre, assistante à la mise en scène pour ce spectacle.


 

Il correspond à un passage de la scène 7 (Wajdi Mouawad, Tous des oiseaux, Montréal/Arles, Leméac/Actes Sud, coll. « Babel », 2019, p. 40).

Ce document présente le texte français (colonne n° 1), accompagné de ses différentes traductions : en allemand (colonne n° 2), anglais (colonne n° 3) et hébreu (colonne n° 4). Il attire notre attention sur l’importance du choix des langues dans la mise en scène. Celles-ci font partie intégrante de la dramaturgie. La querelle du père et du fils se manifeste notamment par le fait qu’ils ne s’expriment pas toujours dans la même langue. David ne supporte pas qu’Eitan s’adresse à lui dans « la langue des bourreaux » qu’est pour lui l’allemand (Wajdi Mouawad, Tous des oiseaux, Montréal/Arles, Leméac/Actes Sud, coll. « Babel », 2019, p. 41). Il conviendra de mesurer que le choix des idiomes, loin d’être anodin, dit quelque chose des relations qu’entretiennent les personnages.

Les traits turquoise (en haut à gauche de chaque réplique) indiquent les langues qui ont été choisies. Valérie Nègre a indiqué en violet une transcription phonétique du dernier mot prononcé en hébreu par David (« Bassar Vadam », « Yehudi »). On repère également quelques indications de mise en scène au crayon : « Eitan se lève », « Eitan se rassoit », « David touche Eitan », ainsi que quelques schémas indiquant la position des personnages. À la cinquième réplique, Eitan et David se font face ; à la huitième, Norah est dos au public lorsqu’elle prononce la sienne.

 

 Costumes : Lors d’un entretien, la costumière Emmanuelle Thomas est revenue sur son travail pour la scène du Seder : « Il fallait souligner le caractère solennel de la scène. Les murs gris me permettaient de mettre des couleurs claires et foncées. J’ai choisi le noir et blanc. Etgar est dans les tons de bleu, avec un gilet pour souligner le fait qu’il est plus âgé et aussi moins rigide par rapport à la religion. Le fait que tous les personnages soient dans des noirs et blancs renforce l’étrangeté de Wahida, elle dérange, elle est différente. Le rouge aussi est souvent associé à la passion, l’amour. Elle est là, source de conflit.

À travers ce spectacle, Wajdi Mouawad a cherché à plonger dans un quotidien, des rites et des coutumes qui lui étaient totalement étrangers : « J’ai envie d’écrire et d’aimer les personnages de Tous des oiseaux, ceux d’une famille israélienne, des Juifs, ceux-là, justement, que, pendant des années, enfant, on m’a appris à haïr. » (Extrait du programme de salle 2017 de La Colline – théâtre national).

Le passage se situe à New York, lors du Seder, le repas de la Pâque juive. La présence du Rabbin signale le respect des traditions.

 Pessah, la Pâque juive, commémore l’Exode, événement fondateur du peuple juif lors duquel celui-ci quitte l’Égypte, terre de servitude, pour accéder à la liberté. 

Le repas traditionnel s’ouvre sur le récit de l’Exode ou Haggadah. Lisez l’extrait de la Haggadah proposé par Beth Hillel, la communauté israélite libérale de Belgique (p. 10, « C’est parce que nous avons été les esclaves de Pharaon […]. Et plus on en parle, plus on mérite de louanges. ») et repérez comment l’auteur-metteur en scène s’en est inspiré pour écrire cette scène.

La Pâque juive sert de toile de fond à la dispute familiale. Alors que « Seder » signifie « ordre » en hébreu (traditionnellement, le repas se déroule selon un rite très précis), le dîner sombre dans le chaos. Au milieu de cette querelle, le Rabbin tente de rappeler la tradition à la famille qui s’entre-déchire.

La judéité est manifestée par la présence du rabbin qui psalmodie la prière ,par les deux livres saints que tiennent le rabbin et David, et par le port de la kipa pour les trois hommes de la famille. 

Les vêtements sont sobres dans des tons de gris bleu, costumes pour les hommes , élégante robe noire et perles pour Norah, bourgeoise allemande. Sur la table, des verres, de l'eau, des couverts, un peu de vert à identifier, mais pas les nourritures rituelles qui composent le Seder.

Scénographie :   maquette que je n'ai pas montrée en cours:



Voici une photographie d’une maquette préparatoire à la scénographie du Seder (scène 7), suivie d’une photographie de la reprise du spectacle, en 2018.


Il faut bien faire la différence entre les sous-titrages de la captation et le stextes projetés lors de la représentation pour traduire les langues utilisées dans la fable. La place du texte a été longuement discutée avec le scénographe Emmanuel Clolus pas trop heut ni trop bas, dans la scène un peu comme les bulles de BD.

La scène du Seder commence par la réplique de Norah, qui semble presque vomir le nom de la jeune fille (« Wahida ?! »), au moment où celle-ci termine le récit introductif qu’elle adresse à Leah, et, à travers elle, aux spectateurs. La transition est minutieuse : la mère reprend le dernier mot de sa réplique, comme si elle lui répondait, alors qu’en réalité, la narration de Wahida est postérieure au repas de famille. La projection dégoûtée du nom coïncide avec l’arrêt de la musique. Le changement d’éclairage fait résonner le silence concomitant. La lumière s’intensifie comme pour signifier le choc provoqué par la révélation d’Eitan.

La table est l’élément central de la mise en scène. Alors qu’elle devrait réunir les différents membres de la famille autour d’un repas festif, ce meuble met en évidence les tensions qui les séparent. La vaisselle, sobre et élégante, indique le rang aisé des personnages. Plusieurs accessoires renvoient à la tradition juive : la kippa portée par les hommes, les livres de la Haggadah que détiennent David et le Rabbin (soulignant le lien étroit de ceux-ci avec la religion). Au premier plan, enfin, la chaise vide, signale l’absence de Wahida et son impossible intégration à la famille d’Eitan.Le mobilier par ailleurs est basique: chaises de collectivité, nappe sorte de drap blanc.

Jeu des acteurs très engagé physiquement: David montre son hostilité en ne s'asseyant pas face aux autres mais face public, en se redressant de façon crispée, en enlevant la kippa quand il n'écoute plus la prière et s'en prend à Eitan. Les répliques de Norah s'accompagnent d'une gestuelle précise pour souligner les paroles. Les déplacements sont significatifs: geste de tendresse du grand-père à l'égard d'Eitan, colère de david qui se redresse et bouscule la table, Norah tiraillé entre son mari et son fils qui fait le geste des poings liés, dispute très forte: ça gueule, le père et le fils en viennent aux mains et se parlent sous le nez. accablement du rabbin qui à la tête baissée sur ses mains jointes. beaucoup de précision dans les adresses les uns aux autres...

Léah et Wahida sont toujours sur scène, mais pas toujours visibles dans les plans de la captation. Elles ne sont pas en position neutre fantomatique mais regardent les autres personnages par exemple tendresse de Léah à l'égard de david qui dévoile que malgré ses dires à la scène 6  elle l'aime toujours comme un fils, Wahida est parfois très proche d'Eitan.

Quand la dispute aura fait éclater la tablée à partir de P47 Léah DE quel hasard il parlait? elles sont assisses toutes les deux au milieu de la table et regarderont Eitan ramasser le scouverts pour effectuer les tests ADN.

mercredi 16 septembre 2020

Spectacle gratuit à la CDC

L’OCCUPATION DES SOLS
de Jean Echenoz - mise en scène Matthieu Cruciani
avec Juliette Steiner

Sur le mur d’un immeuble en cours de démolition, l’égérie d’une marque de parfum affiche sa beauté en format géant. Mais le modèle de cette peinture vient de mourir dans un incendie. Son mari et son fils passent et repassent chaque jour devant son image, qu’ils voient disparaître peu à peu. Ce bref roman virtuose d’Echenoz évoque avec drôlerie et mélancolie la lutte des souvenirs contre le temps qui efface tout.

JE 01.10. - 19H à la Comédie de Colmar.

C'est gratuit. il faut réserver au 0389243178. Ce sera joué en petite salle dans les conditions sanitaires recommandées: spectateurs masqués et gel à l'entrée.

Le même spectacle est programmé vendredi 2 octobre au Pôle Média culture comme déjà signalé.

 

Terminales: Les scènes de repas au théâtre

 A partir de la scène du Seder dans Tous des Oiseaux, vous pourriez vous interroger dans la perspective du grand oral aux nombreuses scènes de repas de famille qui existent dans le répertoire contemporain et aux problèmes dramaturgiques qu'ils posent, et ce d'autant plus que parmi les spectacles programmés à la CDC cette saison , plusieurs évoquent des relations familiales et mettent en scène des repas: Héritiers de Nasser Djema¨, Un conte de Noël adapté du film au même titre d'Arnaud Desplechin par Julie Deliquet.

Quelques pistes: 

http://www.linflux.com/arts-vivants/bibliographie-de-pieces-sur-les-repas-de-famille/

https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Le-Repas/

https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Les-Repas-HYC/ensavoirplus/

https://www.theatre-odeon.eu/fr/2017-2018/spectacles/festen

mardi 15 septembre 2020

Emission de RDL68 Matthieu Crucianni nous parle de la nouvelle saison à la Comédie de Colmar

 Emission sur la présentation de saison 2020/2021

séance de pratique du lundi 14 septembre Tous des Oiseaux ( terminales)

 Avant le cours, distribution des plaquettes de la Comédie de Colmar: très belle réussite graphique, thème du western: la reconquête de l'EST pour les deux nouveaux directeurs qui ont vu leur première saison interrompue et tronquée. 

Très belle programmation dense, variée. Nous la commenterons dès que nous aurons la liste des spectacles de notre abonnement. ( Dans le carnet de bord, commentez la plaquette, utilisez les stikers pour illustrer. Faites vous les promoteurs de la Comédie de Colmar auprès de vos amis et proches.)


Rencontre avec notre partenaire artistique Serge Lipszyc, de la compagnie du Matamore: metteur en scène, comédien, vient de finir un Tchekhov, Le Sauvage et travaille sur deux pièces de Shakespeare réunies sous le nom de York et qui sera créée à la salle Europe.

Cercle de présentation: chacun d'entre vous dit son nom et révèle le personnage de Tous des Oiseaux qu'il aimerait jouer et pourquoi.

Par groupe de 6, raconter l'histoire de Tous des Oiseaux comme si vous étiez une compagnie venue présenter la pièce au public d'une présentation de saison: ça raconte quoi?

Reprise collective des lacunes, points plus obscurs. pas une pièce aristotélicienne avec début, élément perturbateur, série de péripétie puis dénouement logique, mais structure explosée avec des retours en arrière, des époques qui se chevauchent, une grande portion de temps évoquée, des porosités entre les époques avec des personnages qui pénètrent dans des espaces auxquels ils n'avaient pas accès, des fantômes qui réapparaissent comme Wazzan. Etre très attentifs à ces questions qui posent des problèmes dramaturgiques à résoudre au plateau. 

( rappel: contrôle sur votre compréhension de la fable jeudi en théorie)

Reprises des improvisations sur la légende de l'oiseau amphibie créées à la séance précédente. ( Attention à travailler ce qui doit être repris entre les séances. cela n'avait visiblement pas été fait.) Propositions intéressantes retrouvées, mais nécessité d'un travail sur la narration: qu'est-ce que raconter? Lire tout en racontant.

Ne pas chanter le texte hors de propos, parler droit, chercher la justesse de l'adresse au public. Aimer les mots, les dire vraiment en prenant son temps, sans pour autant les "taper" ( les accentuer artificiellement), voir ce dont on parle soi-même en tant que narrateur pour déclencher des images chez le spectateur.Transmettre le sens et la beauté de la langue de Wajdi. L'acteur au service du poète, de l'écrivain.

Serge travaille d'abord avec trois personnes, puis avec tout le groupe à partir des morceaux de la légende que chacun était sensé avoir appris pour aujourd'hui. (Déception pour moi de découvrir que tout le monde n'avait pas appris ce court extrait.)

Nécessité d'être concentré même quand ceux sont d'autres comédiens qui sont en travail avec Serge. ce qu'il dit aux uns est valable pour les autres et ceux qui passent ensuite doivent montrer qu'ils essaient de faire ce qui était demandé aux premiers. On apprend en regardant travailler les autres et aussi les comédiens professionnels lors des spectacles.

 Tentative de raconter la légende en choeur: le premier commence au milieu du plateau et les autres le rejoignent.: vraiment parler aux gens, être direct, soigner l'adresse au public l'intention de la phrase doit être droite, comme une flèche qui va vers sa cible, mais aussi créer du rythme en fonction de l'avancée de l’histoire, créer du suspense... et alors qu'est-ce qui arrive à l'oiseau? faire ressentir les émotions. Mettre du sens dans les mots. Faire un voyage à travers les mots, se laisser traverser.

Se mettre dans les mots pour que celui qui écoute voit. Faire travailler l'imagination. ( Le spectateur doit pouvoir jouir de l'histoire en fermant les yeux, être dans l'écoute, provoquer la sensibilité et l'intelligence. Pour Serge, un acteur sert à faire passer le texte d'un auteur, les mots de l'auteur. Il est au service de la langue de l'auteur.

Se détendre pour raconter l'histoire: C'est l'histoire la plus importante du monde, comprenne qui pourra.

la légende de l'oiseau amphibie est une mise en abyme de toute la pièce. qui la comprend, comprend aussi la pièce: il faut être curieux de l'Autre, ne pas considérer celui qui est différent comme ennemi mais chercher à le rencontrer, à se mettre à sa place. quand on découvre l'Autre, alors qu'on croyait prendre n risque énorme, on découvre la beauté. 

Message de tolérance, d'ouverture à l'autre , pour extirper la haine de soi.

( A reprendre pour la fois prochaine, donc travailler chacun votre partie dans cet esprit.) 

Après la pause: chaises mises en rectangle pour faire la lecture de la scène du Seder :découverte de la complexité de l'adresse dans cette scène ( Qui parle à qui autour de la table), de l'enchaînement avec la scène 6, de l'état dans lequel sont les personnages au début de la scène in medias res ( conversation déjà commencée), du rôle du rabbin et de ce qu'apporte son histoire personnelles. 5 pièce qui enchâssent des histoires personnelles d'une grande violence qui montrent combien l'Histoire "avec une grande hache"influe sur le destin des personnages. Problème du passage au plateau: où sont Wahida et Léah puisque la scène du Seder est un flash back: Wahida raconte la scène à Léah, mais à certains moments on a l'impression qu'elles entrent dans la scène.

Le court temps de travail sur la scène permet de se rendre compte de la complexité du texte de Mouawad et des difficultés à la porter au plateau. nécessité de comprendre les enjeux historiques. dimension psychologique aussi de ce théâtre, en même temps très verbeux et romanesque. Mouawad n'a-t-il pas tendance à vouloir trop à dire?

Serge met en garde sur le risque de se perdre dans les mots, dans le trop de mots; ne jamais oublier les enjeux des situations, ce qui se passe.

Fin de la séance sur un moment de relaxation. Séance très dense. fatigue liée à la chaleur et au port du masque.

Trois phrases de Serge à retenir: faire du théâtre, c'est une manière de partager une histoire et de vouloir la raconter à d'autres. C'est prendre des risques de se tromper pour se rencontrer mieux et rencontrer la pièce. ( à rapprocher de la définition de la rencontre pour Wajdi Mouawad que nous avons lue en cours)

Imaginer le projet Tous des Oiseaux comme un parcours à travers la pièce à 11, une sorte d'épopée.

Toujours avoir de l'empathie le suns pour les autres.

vendredi 11 septembre 2020

vendredi 11 septembre 2ème séance Premières

Séance 2 vendredi 11 septembre

Accueil : Marylou Maenner en plus, Julia Kolarek en retard, Venera absente

-Mise au point sur le carnet de bord.Observation du carnet de bord de Romane Burquier( Terminale 2018/2019)

Que fallait-il faire pour aujourd’hui ?

- envoyer le compte rendu de la première séance

- Lire, acquérir La Dispute de Marivaux: elle existe en ligne sur le blog.

- faire une recherche sur Peter Brook et la noter dans le carnet de bord.

Réflexion sur le rituel d’adieu à l’année 2020 pour accueillir 2021 proposé par les premières de l'(an dernier. le regarder. seuls 4 d'entre vous l'avaient fait!

Réflexion sur la notion de rituel: vocabulaire religieux comme le mot "sacré " ( à part, différent du quotidien que l'on honore et respecte), implique l'idée d'un cérémonial pendant lequel on célèbre quelque chose ( la messe est un rituel). Le rituel obéit à une codification, à des règles, des moments qui sont repris/ Rituel de la représentation théâtrale en Occident, se rendre dans un bâtiment pour assister à quelque chose qui demande des praticiens et des spectateurs, une assemblée, des gens qui partagent un espace /temps; il y a un code: bien s'habiller, faire silence quand le noir se fait, trois coups, lever de rideau, saluts des comédiens, applaudissements.

la notion de rituel demande que l'on soit initié, que l'on apprenne le code.

Rapprochement du théâtre et du rituel dès l'origine: le théâtre grec doit son origine au dithyrambe, danse en cercle en l'honneur du dieu Dionysos.

En savoir plus Les origines du théâtre grec

10 trucs à connaître sur le théâtre grec 

Dionysos, dieu du théâtre l'étranger dans la ville: film d'animation de 25 minutes;

Apollon l'ombre et la lumière : film d'animation de 25 minutes.

  ( une belle oeuvre d'art= association de l'inspiration débridée de Dionysos ( passion, folie, désir) et du sens de la mesure et de la belle forme du dieu Apollon)

Grenier B

 Echauffement : 

marche neutre, passage au sol, saut, en arrière , arrêt en position neutre etc

ralenti, accélération.

Vocabulaire: aux lointains = aller au fonds du plateau, à la face= aller en avant scène, aller à jardin ( à gauche quand on est devant la scène) , à cour ( à droite quand on est devant la scène.)

 échange de ballons fictifs de couleurs différentes, 

dessin de son prénom dans l’espace: difficile pour certaines, utiliser son corps, se laisser regarder longuement , s'affirmer, s'accepter. nécessité de deux passages pour que tout le monde assume l'exercice.

 roi du silence,  

( Chaque fois évoquer la façon dont a fait ces exercices , comment on s'est senti et pourquoi? leur but , leur nécessité.)

Reprise des deux improvisations à partor de la consigne du "rituel" : avec tout le groupe cette fois : un élève désigné comme metteur en scène coordonnateur.( Marceline pour le combat des deux années, Basile pour les dieux et les hommes.

 Réflexion sur ce qu’est un metteur en scène: coordonnateur qui a une vision du spectacle, qui dirige les acteurs, est à l'écoute des propositions, fait des "retours" car il voit ce qui se passe alors que les acteurs sont pris par le jeu.

Ce que nous avons fait relève de ce que l'on appelle l'écriture de plateau: on conçoit le spectacle ensemble directement au plateau.

/ objectif montrer à Bruno vendredi d’après.

Chacun décrit dans le carnet de bord sa partition dans les deux impros qui ont été travaillées, fait de son mieux pour l'améliorer. 

prévoir le texte que l'on doit éventuellement dire, sa place dans le dispositif, sa gestuelle, ses postures, se souvenir du code de jeu adopté etc. 

Faire un lien entre les exercices et ce que vous faites dans les impros ou dans le jeu des scènes. Il faut que l'échauffement serve à quelque chose!

A faire pour la séance prochaine: lire la pièce, le compte rendu de la 2ème séance, me l'envoyer pour que je puisse vous aider ( adresse lavoixduplateau@gmail.com), préparer les impros à montrer, apprendre à l'aide du blog les notions abordées lors de la séance.

 

jeudi 10 septembre 2020

Le personnage d'Oedipe

 

film d'animation : Oedipe le déchiffreur d'énigmes.

Sur la tragédie Oedipe Roi de Sophocle

Oedipe Roi expliqué dans une capsule video 

Sophocle et la tragédie grecque

 Il est indispensable que vous connaissiez l'origine du théâtre et de la tragédie. Voici des liens pour combler vos lacunes.

La tragédie grecque

article Wikipédia sur Sophocle 

la Tragédie selon la Poétique d'Aristote

Le Théâtre antique 

séance du jeudi 10 septembre: Tous des Oiseaux dans l'oeuvre de Wajdi Mouawad

 

Nous allons travailler Tous des oiseaux dans la version écrite par W. Mouawad en français. Elle est donc différente de la version scénique qui comportait plusieurs langues, et différente du surtitrage qui était lu par les spectateurs lors de la création du spectacle en novembre 2017 au Théâtre de la Colline.

I. Retour aux origines

1. La pièce dans l’œuvre de W. Mouawad

Tous des oiseaux créé le 17 novembre 2017 à la Colline renoue avec les grandes épopée du Sang des promesse, la tétralogie qui a fait connaitre W. Mouawad.

W. Mouawad est né en 1968, au Liban, où il passe son enfance jusqu’à ce que la guerre contraigne sa famille a quitté le pays. Il vit son adolescence en France avant de connaître un second exil et de s’installer au Québec, à Montréal. Son œuvre est marquée par l’histoire. Cependant il rappelle que ce n’est pas la guerre, mais la littérature qui l’a projeté dans la création.

Il est d’abord comédien puis se tourne vers l’écriture et la mise en scène. Il fonde une première compagnie le théâtre, ô parleur. Puis il dirige un théâtre à Montréal, le théâtre de Quatre Sous. Il créé en 2005 simultanément deux compagnies, Abé Carré Cé Carré au Québec et Au Carré de l’Hypoténuse en France. Il est associé à plusieurs scènes nationales en France. De 2007 à 2012 il est directeur artistique du théâtre français du centre national des arts de Ottawa, avant d’être nommé au théâtre de la Colline à Paris, en 2016. Sa tétralogie, Le Sang des promesses, le fait connaître du grand public .

a) Le sang des promesses

Le Sang des promesses est une tétralogie composée de quatre pièces : Littoral, Incendies, Forêts, et Ciels. écrites entre 1997 et 2009 .

Tous des oiseaux fait écho aux trois premières pièces qui sont de grandes fresques épiques, mettant en scène des communautés confronté à la violence de l’histoire, d’où se détache un individu confronté aux mystères de ses origines. Il s’agit du personnage de Wilfried dans littoral, de Jeanne dans incendies et Loup dans forêts.

Mais il y a un déplacement dramaturgique. Alors que Wilfried, Jeanne et Loup étaient des protagonistes cherchant à résoudre le mystère de leurs origines, David rencontre la vérité presque malgré lui. 

Mouawad parlant du Sang des Promesses

 En savoir plus sur le Sang des Promesses

b) Le cycle domestique

Après les grandes fresques de cette tétralogie, il ressent le besoin de revenir à une forme plus intime. Seuls, créée en mars 2008, et le premier volet du cycle domestique. Le spectacle est écrit mis en scène est interprété par l’auteur, Il raconte l’histoire d’Harwan, jeune étudiant qui peine à trouver la conclusion de sa thèse consacrée à Robert Lepage. L’universitaire se rend à Saint-Pétersbourg pour rencontrer l’artiste québécois qui travaille sur un nouveau solo inspiré du retour du Fils prodigue de Rembrandt. Le chercheur tombe dans le coma, explorant les profondeurs de son âme dans une performance silencieuse où les mots cède la place aux couleurs et à la peinture. 

En savoir plus sur Seuls 

Dossier pédagogique sur Seuls 

le tableau le Fils Prodigue de Rembrandt

analyse du tableau 


 

Six ans plus tard est créé à Nantes Sœurs, s’inspirant de la vie de deux femmes, la sœur de l’auteur Nayla Mouawad, et la comédienne Annick Bergeron.

Le personnage de Geneviève Bergeron, avocate spécialisée dans les conflits internationaux, se rend à Ottawa pour donner une conférence auprès de futurs médiateurs.

Désespérée par une multitude de contrariété, Geneviève saccage sa chambre d’hôtel.

Les dégâts sont évalués par Layla, experte en assurances d’origine libanaise et émigrée au québec. 

En savoir plus sur Soeurs 

On retrouve dans tous des oiseaux certains thèmes abordés dans seuls et sœurs. Comme Harwan, Wahida a fait une thèse. Comme lui, David et Eithan tombent dans le coma. La question de l’identité, de la langue maternelle et de la filiation sont également au centre de ces œuvres.

Comme dans Seuls, il y a des mots et dessins projetés sur le mur lors de la représentation. 

 

c) Le projet Sophocle

Après ses créations, il éprouve le besoin de retourner à Sophocle, l’auteur qui lui a donné l’envie d’écrire. Il décide de monter l’intégralité des pièces du dramaturge grec « par goût des aventures fleuves, qui charrient avec elle marécages et beauté, paysages, eaux pures et eaux sales, émotions et catharsis ». 

 "J’avais 23 ans lorsqu’un ami m’a conseillé de lire les Grecs. Ce qui m’a frappé chez Sophocle, c’est son obsession à montrer comment le tragique tombe sur celui qui, aveuglé par lui-même, ne voit pas sa démesure. Cela me poussait à m’interroger sur ce que je ne voyais pas de moi, sur ce que notre monde ne voit pas de lui, ce point aveugle qui pourrait, en se révélant, déchirer la trame de ma vie. Révélation du fou que je suis. 

Que serais-je devenu si j’étais resté au Liban ? Ma famille et moi étions partis avant le massacre de Sabra et Chatila en 1982, commis par des milices chrétiennes auxquelles j’avais rêvé d’appartenir dans mon enfance. Aurais-je été parmi eux ? 

On ne peut pas présumer de soi.Cette idée, pour ne pas dire cette conviction, depuis, n’a cessé de creuser ses ramifications poétiques et spirituelles en moi, traversant chaque histoire que j’essaie de raconter. Or, c’est sur cette notion que sont fondées les tragédies de Sophocle, s’interrogeant sur la raison de la douleur et de la violence. La connaissance de soi, non pas comme une invitation à la psychanalyse mais comme un rappel constant de ce qu’est notre juste mesure ni plus ni moins, la communauté politique libérée du totalitarisme et l’expression collective de la douleur, la catharsis, devenant le noyau sur lequel se construira notre civilisation. Sophocle, c’est un vertige. Un souffl e puissant. Une matrice de la littérature occidentale. En lien continuel avec la souffrance, il y est à la fois question d’aveuglement et de révélation.—Wajdi Mouawad

Il décide de monter la trilogie Des femmes, composé des Trachiniennes, Antigone et Électre.

Se focalise sur le sort de trois grandes Héroïnes : Déjanire et l’amour, Antigone et la justice, et Electre et la vengeance. Il propose à Bertrand Cantat d’écrire la musique du chœur, ce qui créée une polémique durable.

Puis deux diptyques, Des héros réécriture de Ajax et Œdipe roi. Et Des mourants réécriture de Philoctète et Oedipe à Colonne. 

 Wajdi Mouawad a souhaité s’emparer de l’ensemble des sept tragédies de Sophocle dans une aventure fleuve nommée Le Dernier jour de sa vie, confiant la traduction au poète Robert Davreu. Mais la création d’Ajax a ouvert une opportunité de dialogue, un champ nouveau de possibilités ; un fantasme consistant à “coécrire” cette pièce de jeunesse de Sophocle, non pour le corriger, mais jouer avec, réfl échir par l’écriture même. La disparition de Robert Davreu avant d’avoir traduit Philoctète et Œdipe à Colone, a enclin Wajdi Mouawad à poursuivre cette démarche. L’auteur s’est voué à l’écriture Des Mourants, jusqu’à une réappropriation complète tant dans la forme que dans le sens : écrire soi-même, écrire autrement, comme seule issue envisageable à la mort du poète. C’est ainsi que de Philoctète et Œdipe à Colone sont respectivement nés le théâtre cinématographique Infl ammation du verbe vivre et l’oratorio poétique Les Larmes d’Œdipe présenté à La Colline au printemps 2017.

Wajdi Mouawad et Sophocle 

Tous des oiseaux et d’une certaine manière une pièce nourrie du théâtre du Sophocle puisque l’aveu final d’ Etgar à David, lui apprenant la vérité de sa naissance s’inscrit dans cet héritage sophocléen d’une dramaturgie de la révélation.

Par ailleurs il a composé de nombreux autres textes. La réécriture des mythes antiques occupe une place importante dans son œuvre

Parallèlement il écrit des textes mettant en scène des familles déchirées comme les mains d’Edwige au moment de la naissance, d’autres pièces comme rêve ou assoiffé qui interroge la création artistique.

lundi 7 septembre 2020

Lundi 7 septembre: première séance pratique Terminales

 


Accueil des terminales : Je serai toujours présente un peu en avance pour pouvoir discuter tranquillement avec les premiers arrivés.

 Etre à l’heure, nous devons commencer à 14h tapantes. Pas de changement de tenue  à cause de la Covid donc prévoir le matin une tenue adaptée. Laisser vos affaires à un endroit précis. Pas trop d’échanges d’accessoires.

Cours en grenier B. présence d'un grand eescabeau. plaisir de retrouver la salle de travail.

Myriam absente.

Rappel des événements du mois de septembre.( voir sur le blog): j'insiste pour que vous alliez voir un maximum de choses puisque l'abonnement ne commencera qu'en octobre.

Le projet Tous des Oiseaux sera mené avec le metteur en scène et comédien Serge Lipszyc, directeur de la Compagnie du matamore. ( Un matamore et un personnage de commedia dell'arte: un soldat fanfaron qui se vante avant la bataille mais se comporte souvent en lâche pendant.

Echauffement :

Marche neutre, occupation de l’espace, se centrer, s’allonger, respirer, prendre la mesure du groupe, varier les rythmes.Agrandir le regard. Ne jamais faire l'exercice banalement, travailler la qualité de la présence au plateau.

Former des chœurs : je nomme quelqu’un, il faut le suivre tout en maintenant une certaine distance, sans se heurter. Chercher la fluidité dans alternance des coryphées ( ceux qui dirigent le choeur), changer de marche selon le meneur.

Jeu de suivre quelqu’un dont on veut se rapprocher et quelqu’un d’autre dont on veut s’éloigner.

Rencontrer quelqu’un par le regard et le regarder jusqu’à l’extrême limite de l’espace du plateau.

Passage d’un ballon fictif, bleu puis rouge : être attentif à l’adresse, à la qualité du geste, à la circulation. Accélération.

Compter jusqu’à 20. Toujours un peu difficile. mémoriser les voix, faites attention à ceux qui nn'ont pas encore parler.

( Commenter les exercices d'échauffement à partir de votre propre ressenti, interroger vous sur leur fonction et leur enchaînement.)

Entrer dans Tous des Oiseaux : recherche corporelle sur le thème de l’oiseau,  Différence entre dessiner l’idée d’oiseau dans l’espace et être un oiseau, illustrer et incarner.

Création d'une basse-cour: poules, coqs , canard etc Différentes actions des oiseaux.

(j'ai oublié de vous rappeler le spectacle La Conférence des Oiseaux que vous avez peut-être vu en seconde. Il aurait pu être une source d'inspiration.)

Lire le texte de la légende de l’oiseau amphibie : improvisation par groupe de 3 et 4 : comment le mettre en scène ? Dispositif, place du public, code de jeu accessoires.

(Raconter l'improvisation à laquelle vous apparteniez: votre place dans la création, votre ressenti.mais aussi ce que les improvisations des autres ont suscité en vous: appréciations, idées , nouvelles...)

Pause 

  Improvisation individuelle : En cercle, assis, dire trois choses de sa biographie qui constituent votre identité : deux sont vraies et une fausse. ( A continuer puisque tout le monde n'est pas passé. mentir vrai, s'installer dans un récit, le rendre crédible.

L’improvisation avec téléphone : souvent les nouvelles se transmettent par téléphone, chez Mouawad souvent source du drame, de la crise, ressource dramaturgique de choix qui permet de faire advenir une crise au plateau : événement qui bouleverse la vie normale, mais pas toujours

cf personnage de Norah. Lire le passage P 91

Travailler l'adresse et l'intention en prenant le temps d'imaginer les répliques du correspondant= dialogue téléphonique.

Elle reçoit un coup de fil d'un patient, Franz, plasticien qui fait des oeuvres monumentales avec le sperme de ses éjaculations.Conversation qui ne vient pas trancher la vie des personnages, plutôt décalage comique avec le douloureux drame que vit la famille d'Eitan. Cf " Tout le monde a ses problèmes, n'est-ce pas?" P 91

Chercher les références d'autres coups de fil dans la pièce.

Pour lundi prochain
Relecture de la séquence du SEDER p34-50

Fin de la séance : séance de relaxation

Pour la fois prochaine : dire les personnages, les scènes qui vous intéressent pour établir une distribution.

 Mémoriser les versions de la légende amphibie pour être de capable de les rejouer.

samedi 5 septembre 2020

Performance des premières spé: Enterrer 2020 et accueillir 2021

Bravo à tous les présents pour la création et la performance de ce rituel thérapeutique. Merci à Myriam d'avoir filmé et monté la video, merci à Anthony d'avoir géré le son.

Mention spéciale pour l'avion qui passe au milieu de la chanson!
Enterrer 2020