samedi 13 décembre 2014

Le Projet Délices au Salon du livre par ceux qui l'ont vécu.

Au début de l'après-midi ''Délices'' , nous étions tous un peu en retrait , en distance par rapport à l'auditoire. En fait, sans vouloir l'avouer , nous avions peur , étions angoissés parce que nous n'avions jamais fait ça auparavant. Puis , petit à petit , nous avons pris nos aises et l'adresse directe devint plus facile, les personnes étaient pratiquement toujours intéressées  par nos poèmes mais aussi  par notre parcours. Nous avons fait de très belles rencontres, avec un poète/chanteur mais aussi avec un groupe de jeunes , auteurs/dessinateurs d'un journal poétique ''le Jelly Rodger'', plus accessible, humoristique et intéressant que nous aurions pu le croire.
   J'ai vraiment adoré cette expérience car c'était à la fois instructif d'un point de vue théâtral, nous avons ''expérimenté'' l'adresse directe,nous nous sommes confrontés au regard de l'autre, ....
mais  nous avons aussi découvert le point de vue des spectateurs sur ce que nous faisons, et avons pris un plaisir à ''offrir'' nos poèmes.
Tom


Au début de cette après-midi, j'étais honnêtement loin d'être rassurée, c'était quelque chose de nouveau mais quelque chose de vraiment intéressant!  Parler aux gens est déjà quelque chose de compliqué pour moi,  et même si ça s'est arrangé, j'étais plutôt angoissée. J'ai rapidement vu qu'il n'y avait pas de quoi l'être, une très grosse majorité des personnes acceptaient avec plaisir d'entendre les poèmes. Certes, je me suis fais recalée plusieurs fois, mais ça m'a pas découragée au contraire!
Résultat, je suis vraiment heureuse et fière de l'avoir fait, et si c'était à refaire je n'hésiterais pas une seule seconde!

Marie Schilz 503

La Grâce, mise en scène Jean-Marc Eder

Mardi 9 décembre, les secondes enseignement d'exploration ont rencontré le metteur en scène Jean-Marc Eder et ses collaborateurs qui travaillent actuellement en résidence au Centre Europe sur sa prochaine création La Grâce de Michael Leewis Maclennan, un auteur canadien.

La pièce écrite en 1996 retrace, au cours d’une journée, dans une grande ville, les trajectoires de six personnages anonymes qui ont fait un pas de côté. Leurs tentatives de rencontre, leurs échanges parfois dérisoires, leurs transformations éphémères sont autant d’épisodes qui dessinent une chorégraphie urbaine autour de la recherche d’une grâce salvatrice, qui aujourd’hui s’accorde peut-être tout simplement d’homme à homme.
Le projet de mise en scène de cette pièce est né de mon envie de retrouver, au sein d’un même projet, plusieurs jeunes gens, que j’ai formés ou rencontrés en Alsace depuis mon arrivée dans cette région en 2001. Quatre d’entre eux seront là comme comédiens, et trois dans l’équipe artistique. Avec eux, entourés par des artistes plus aguerris, nous aborderons cette création avec le désir de raconter cette fresque urbaine, avec humour et légèreté dans les mots, sensualité et grâce dans les corps.
Jean-Marc Eder 


Comme par un déplacement métonymique, MacLennan passe de son titre La Grâce à une mise en jeu du verbe Sauver. La pièce pourrait être entendu comme une sorte de variation autour de cette question : Le Salut aujourd'hui, mais venant de qui ?
Il y a encore quelques dizaines d'années, dans nos sociétés occidentales, la réponse à nos angoisses était en partie fournie par la religion : Au bout du compte Dieu sauvera tous les hommes en leur accordant sa Grâce.
Mais aujourd'hui, alors que les convictions religieuses se dissolvent dans une multiplicité de possibles, alors que le rite devient coutume ou pire, prétexte au commerce, alors que le matérialisme débridé et l'individualisme aveuglé rendent l'accès à une quelconque vérité divine, absurde, qui donc peut nous sauver de la cruauté de notre réalité humaine et sociale ? Le Salut est même devenu une utopie dangereuse.
Qui plus est, Sauver induit un absolu. Car c'est Dieu qui sauve, et cela définitivement, pour l'éternité. Alors, sauver quelqu'un, n'est-ce pas, d'une part se prendre pour Dieu, et d'autre part espérer trouver une réponse définitive à notre angoisse existentielle ?
Tous les personnages de la pièce, pris dans un réseau de contraintes psychiques et sociales, sont en quête d'une solution définitive à leur incapacité de vivre. Certains espèrent un être qui apaiserait tout, d'autres cherchent un abandon total par l'errance ou la mort.
Alors MacLennan s'amuse à organiser entre eux, des rencontres fugaces, des ratages, des incompréhensions, des moments d'écoute, des rounds d'observation, des échanges dérisoires ou fulgurants, bref, tout un ensemble de situations dramatiques volontairement anecdotiques qui cartographie une sorte de chorégraphie urbaine, autour de la recherche d’une grâce salvatrice perdue.
Et finalement, au bout de la nuit, l'auteur, avec un humour léger et tendre, fait surgir pour chacun de ses personnages, une possible résolution, profondément ancrée dans ces tentatives de relation humaine, mais évidemment fugace. Une grâce temporaire d’homme à homme.

vendredi 12 décembre 2014

Le Dernier Caravansérail ( Ariane Mnouchkine)

Images sur le site du Théâtre du SoleilArticle

Présentation

Le spectacle joué par le Théâtre du Soleil mettait en scène une fresque constituée de fragments de destins, ceux d’exilés condamnés à une éternelle transhumance, une communauté d’errants appartenant à un « dernier caravansérail ». Ariane Mnouchkine, dans les décors mêmes des représentations théâtrales à la Cartoucherie, a entièrement recréé la pièce pour la caméra, restituant sa puissance poétique et émotionnelle.

Contexte de la création

À partir des témoignages d’une cinquantaine de réfugiés venus de tous les horizons, Ariane Mnouchkine et les comédiens de sa compagnie du Théâtre du Soleil ont tissé une vaste épopée sur les exilés de notre monde moderne. Ce spectacle fait entendre de nombreuses langues et se déroule sur divers points de la planète à travers une multitude de décors. Du Kurdistan à Sangatte, de l’Iran à l’Angleterre, de l’Indonésie à l’Australie, chaque fragment saisit quelques instants de destins singuliers et donne ainsi la parole aux réfugiés, aux exilés, aux sans-papiers que nous avons d’ordinaire bien du mal à entendre.
En 2003, la première partie, Le Fleuve cruel, fut suivie d’Origines et Destins, tant la matière était importante sous l’urgence des évènements.
De cette matière, en 2006, Ariane Mnouchkine recrée un spectacle pour le filmer, avec la même troupe de comédiens et dans les mêmes décors de la Cartoucherie de Vincennes.

Rodrigo Garcia, metteur en scène

Le théâtre politique de Rodrigo Garcia

C'est comme ça et faites pas chier: extrait du spectacle

Questions en vue d'un contrôle sur Théâtre et Politique( 1ère spe)

1. En quoi les  pièces que vous avez vues depuis la rentrée ont-elles une dimension politique? Est-ce vraiment le cas?
2. Pourquoi le nom de Piscator est-il associé au concept de théâtre politique?
3. Suffit-il que le thème de la pièce concerne le pouvoir ou les inégalités sociales pour que l'on puisse parler de théâtre politique?
4. Comment Brecht s'y pend-il pour tenter d'émanciper le spectateur à travers son théâtre?
5. Quel a été le rôle de Jean Vilar dans la démocratisation du théâtre?
6 .Evoquez une pièce de Camus et une autre de Sartre qui témoignent de leur engagement politique.
7. Pourquoi Augusto Boal a-t-il appelé, selon vous, sa compagnie Le Théâtre de l'Opprimé?
8.Quels sont les objectifs du Living Théâtre? Pourquoi leurs spectacles ont-ils choqué?
9.Qu'en est-il du théâtre politique aujourd'hui?

L'Enfant Sauvage au théâtre: texte de Bruno Castan

Site de la compagnie 7ème Ciel

Note d'intention de Marie Provence

L’histoire de Victor de l’Aveyron illustre comme un mythe la fascination populaire pour le sauvage, le différent, comme un élément rassurant et anxiolytique. Elle s’inscrit dans une époque transitoire, un trou vide laissé par les révolutions et les conquêtes territoriales où l’Europe explore les différents Etats politiques, au lendemain du « Discours sur l’origine de l’inégalité » de Rousseau et à l’aube de la naissance de la psychiatrie.
Les foires sont très importantes dans la culture populaire du 19e siècle. Elles présentent les découvertes scientifiques et technologiques, mais aussi la fascination pour la nature humaine dans tous ses états. On y montre des monstres humains, puis on relaye l’information dans les salons parisiens. Après la découverte d’un enfant sauvage dans la forêt de l’Aveyron qui apparaît comme un fait divers plutôt banal, le ministre décide de le faire venir à Paris. Sa venue provoque une grande excitation dans les milieux intellectuels, elle clarifie la dualité de l’inné et de l’acquis.
Pourtant, il est très vite déclaré idiot et délaissé dans un coin de l’Institut des Sourds et Muets, faute de changements immédiats au contact de la société. Son jeune directeur, le Dr Villeneuve (le Pr Itard dans la réalité), ne peut accepter cet abandon et décide de consacrer du temps à observer comment une éducation innovante, basée sur l’affection, la répétition, l’éveil aux sensations peut soigner l’aliénation et ramener petit à petit le sauvage à la normalité, celle où parler permet de communiquer, faculté qui différencie l’homme de l’animal.
François Truffaut en a fait un film, proche du rapport du Pr Itard, avec simplicité et poésie. Il y est question de cadre et la relation du cinéaste à la paternité transperce l’écran.
Ici, Bruno Castan écrit une histoire tendre, proche du conte, la présence féminine et maternelle de la bonne est plus accentuée. Le jeune spectateur assiste à la tentative d’éducation et suit l’évolution des rapports entre le docteur Villeneuve, la bonne et Victor, parsemés de petites victoires mais aussi de remises en question. Il y est plus question de parcours individuel, de recherche de langage, de communication et la pièce se rythme autour de la tendresse, de l’humour, de l’obstination mais aussi du cynisme et du désespoir.
Pourquoi monter ce texte aujourd’hui ? Parce qu’au delà de la fascination pour la découverte du langage originel et du rapport exclusif qu’un enfant peut avoir avec la Nature, il en ressort un cri d’amour, un hymne à la pédagogie, une reconnaissance pour tous ceux et celles qui cherchent les codes et les moyens de s’adapter, le plus souvent dans l’ombre, aux enfants différents, laissés sur le bas côté de la route, dans une société soucieuse de normalisation. Et parce que cette histoire, qui nous plonge dans le mythe fascinant des enfants sauvages, continue de nous questionner sur la nature humaine : Parfois ne vaut-il pas mieux l’humanité de la sauvagerie que la sauvagerie de l’humanité ?
Marie Provence, metteur en scène.

février 2013

 

L'Enfant Sauvage, film de François Truffaut

Fiche sur le film
Le film en ligne

lundi 8 décembre 2014

la question des migrants au théâtre

Prolongement de notre travail Projet Lampedusa, la lecture cet après-midi du livret de Daral Shaga ( écrit par Laurent Gaudé) pour la compagnie Feria Musica.dont vous pouvez consulter le site avec profit: de nombreuses photos, des articles de presse, des interviews.

Interview video de Fabrice Murgia, metteur en scène

Œuvre circassienne et lyrique mêlant chanteurs, musiciens et acrobates, Daral Shaga est une invitation à franchir les frontières. Dans sa forme, tout d’abord, avec une émotion portée par la voix, la trajectoire d’un saut ou une note de piano. Dans le fond, ensuite, puisque cette épopée – qui fera vibrer autant les amateurs d’opéra, de théâtre que de cirque – nous entraîne dans les pas de migrants.

Comment dire le courage et la part de rêve de ceux qui aspirent à une vie meilleure, au prix de l’exil? En suivant les parcours croisés de Nadra et son père – en route vers un nouveau monde – et d’un émigré sur le retour, le spectacle aborde justement le thème de la frontière et de la perte d’identité. Au cours de leur périple, les migrants sont bloqués par une énorme grille. Daral Shaga, divinité protégeant les exilés, saura peut-être les aider… Cette fable, où la terre est un élément clé, a été initiée par la compagnie bruxelloise Feria Musica, lointaine cousine du Cirque Plume, habituée à jeter des passerelles entre musique et cirque. Dans Daral Shaga, cinq acrobates rencontrent ainsi trois chanteurs lyriques et trois musiciens pour créer le premier opéra circassien, avec l’appui d’un choeur fantomatique, de machineries et d’une installation vidéo. Dans ce spectacle hybride, le livret de Laurent Gaudé et la partition de Kris Defoort – composée entre baroque, jazz et musique arabo-balkanisante – se mêlent au cirque de Philippe de Coen et à la mise en scène de Fabrice Murgia, venant délicatement chorégraphier l’espoir, la désillusion ou l’obstination. Sans une telle oeuvre, un rien utopique, ces quatre talents n’auraient jamais pu être réunis. Ici, leur alchimie est totale…

dimanche 7 décembre 2014

Projet Lampedusa du côté des spectateurs

Tom a été le premier à réagir:

J'ai trouvé le spectacle des premières très intéressant d'un point de vue de mise en scène, de jeux,... Le fait qu'il n'y ai en réalité que quatre personnages m'a beaucoup surpris au début, car de nombreux ''couples'' différents se formèrent au fur et à mesure, ce qui a pu mettre en lumière de nombreux styles de jeu différents. J'ai complètement adoré les parenthèses musicales réalisées par l'un des membres,  jouant à la fois très bien au piano , mais ayant aussi un timbre de voix IMPRESSIONNANT (très utile au théâtre), ce qui rendait ses chants magnifiques. Les deux personnages aux extrémités de la scène amenèrent aussi un rythme et un humour grâce à leurs monologues (en opposition aux dialogues centraux). J'ai beaucoup aimé la mise en scène : que la jeune fille à jardin se renverse un seau dessus (elle a dû avoir froid après !!! ), le fait que les personnages arrivés en Italie , seuls , soient isolés sur scène -> solitude , le cercle central -> communion amicale , l'alternance des différents acteurs sur le même rôle , le '' blanc '' (coton ? sel ?! ) symbolisant la neige ? le sel de la mer ? que j'ai trouvé toutefois très poétique de par ses différentes interprétations possibles ...Même si je n'ai pas tout compris (le contraire aurait été surprenant !) , j'ai beaucoup apprécié cette pièce , et me demande si nous allons atteindre un niveau pareil.... doute....

La parole est à vous, envoyez moi d'autres textes.

samedi 6 décembre 2014

Le feuilleton Camiski en ligne sur Culturebox

La video du premier épisode est maintenant disponible sur Culture Box. Vous pouvez vous en servir pour vos analyses de spectacle.
Episode un: Obsession

jeudi 4 décembre 2014

Projet Lampedusa (première de spécialité)

Juste une image, un peu énigmatique. De ce travail il en restera peu,des images photographiées, juste celles que nous avons emportées dans nos mémoires, mais le souvenir des récits de Shauba, Mohamed, Mahama et Saif nous hantera longtemps...L'écriture de Lina Prosa nous a permis de ne pas nous apitoyer seulement sur les migrants mais de les respecter. Vous avez fait entendre leur force, leur intelligence, leur courage, leur humour... nous aussi nous nous sommes mis en route...nous voyons autrement L'Afffffrique...avec cinq f s'il vous plaît...

Spectateurs, écrivez nous votre ressenti en passant par lavoixduplateau@gmail.com

mercredi 3 décembre 2014

Projet Lampedusa jeudi 4 décembre à la CDE à 14h30 et 19h




Monsieur Le Proviseur du Lycée Camille See,  Chiara Villa, metteur en scène et Christine Huckel, professeur, ainsi que les élèves de première de spécialité théâtre sont heureux de vous inviter à la présentation de leurs premiers travaux,
 Le Projet Lampedusa d’après les textes de Lina Prosa, Triptyque du Naufrage (Lampedusa Beach, Lampedusa Snow, Lampedusa Way) .
Le jeudi 4 décembre à 14h30 et 19h en petite salle à la Comédie de l’EST.
«  Une charrette de la mer pleine de réfugiés coule dans le détroit en face de Lampedusa. Les réfugiés dans l’obscurité de la nuit se débattent dans l’eau. La plupart d’entre eux se noient, meurent, on le comprend en raison du silence qui descend graduellement sur l’endroit du désastre. Une jeune femme réussit à s’accrocher à ses lunettes de soleil tombées dans l’eau. Pendant quelques instants, Shauba parvient à rester à la surface comme si ses lunettes étaient une bouée de sauvetage. Puis comme une bouée de sauvetage percée, elles la font aller lentement vers le bas, toujours, plus bas, lentement, si lentement… » Lina Prosa, auteur italien , entrée à la comédie française en 2013.

C'est gratuit mais il faut appeler au 0389243178.
Il y a encore quelques places. Venez encourager la magnifique troupe des premières.