samedi 21 janvier 2017

Projet Utopies: première séance



Première séance du Projet utopie avec Laurent Crovella Lundi 16 janvier

Laurent se présente : directeur de la compagnie Les méridiens, metteur en scène. Derniers spectacles L’Apprenti de Daniel Keene
Orchestre Titanic
En préparation Lune Jaune texte sur lequel ont travaillé les premières de l’an dernier.
En résidence à la CDE

Présentation du projet Utopie. Aller  le lire sur le site de la Compagnie : http://les-meridiens.fr/
Ne travaille que sur des auteurs contemporains VIVANTS : Comment les auteurs décrivent le monde qui nous entoure.
Projet utopies : risqué,  aventure qui demande un engagement fort de chacun. Sous titre d’Utopies : Sous le ciel bas et lourd…chasser les nuages et faut qu’on se parle
Aller à la rencontre de la jeunesse avec deux auteurs ( Luc Tartar, Daniel Keene) dans des établissements très différents, jeunes entre 16 et 20 ans. Interroger ce qui pèse sur la jeunesse, projet qui est né entre autre à la suite des attentats contre Charly hebdo : question d’Alexandre : qu’est-ce que ça va changer pour le théâtre ?
Poser la question de l’utopie : comment donner plus de légèreté à une époque sombre ? réenchanter le monde ? Rencontrer la jeunesse dans sa diversité. Projet sur les frontières qui sont dans nos têtes : jeune d’un lycée de centre ville, jeunes d’un lycée professionnel, souvent peuvent être voisins mais ne se rencontrent pas, lutter contre les préjugés , faire connaissance.
Collecter toute une matière de texte, les deux auteurs vont écrire une pièce d’une vingtaine de minutes à partir de cette matière pour l’année prochaine, mais avant  les élèves de Spécialité vont porter la parole recueillie au plateau
Libérer la parole, de la parole vers l’écriture, de l’écriture vers le témoignage.
Quelles sont les utopies de la jeunesse ?
L’accueil de la proposition est parfois rude : « qu’est-ce que vous venez faire ici ? » « Alors on peut dire des choses qui piquent ? » dans une classe de lycée pro : pas de blancs : vous trouvez normal que l’on soit tous de couleur ? « Je rêve de venir habillée comme je veux »
En quoi le srêves des uns et des autres s’opposent, se complètent, se différencient ?

Utopie : deux sens selon le sens que l’on donne au préfixe : u
Lieu qui n’existe pas, de nulle part
Le bon lieu, lieu idéal

Projet à très forte responsabilité : collectage de la parole d’autrui, mettre en scène la parole brute de l’élève qui a écrit.
Pour Laurent : le théâtre est du réel arraché à la terre, l’auteur , l’art décale la matière.
Ce qui est proposé est un travail de recherche et de création.

Présentation des élèves :  pourquoi  je fais du théâtre ?
Faire connaissance par des exercices au plateau :
En cercle, capter le regard au clap, faire passer un geste en mettant tout le corps en mouvement en s’engageant, accélérer progressivement la cadence , machine collective connectée et dynamique. Certains doivent davantage engager le corps.
Variante : faire le geste à l’exclusion des deux personnes juste à côté de soi. Le regard est un fil imaginaire qui relie. Tendre le fil d’abord avant de passer le geste. S »il ya un doute, c’est que le regard n’a pas été assez précis. c’est tout le corps qui regarde et projette. Différence entre voir et regarder, entendre et écouter. Etre aux aguets, vigilants. Etre prêt= avoir les sens en éveil.

Evolution au plateau : équilibre du plateau, occupation de l’espace. Le plateau c’est notre chambre, dynamisme ;
Marche neutre, regarder la personne la plus proche sans rien indiquer, celui qui commente, rit sort du jeu, juste s’arrêter, se regarder : Tu es là/ je suis là rien de dur dans le visage. Pourquoi le rire : s’échange quelque chose de l’intime, gêne
Espace autour de soi variable avant d’être intime. Certains ne respirent plus, se mettent en apnée : être concentré mais pas figé, respirer tranquillement. Etre présent ; cf Brook : le théâtre commence quand quelqu’un traverse le plateau et qu’il est regardé en silence. Qualité de la présence.

Exercice d’écoute dos tourné : deviner qui est la personne qui vient mettre sa main sur l’épaule, combien il ya de personnes qui se déplacent… se mettre en état de perception maximale
Répondre d’instinct, pas faire jouer l’intellect, autre chemin : la perception immédiate. L’acteur ne pense pas quand il est en jeu.
Les mots ne sont pas dans le cerveau,  mais dans la mémoire du corps tout autant. Attention à l’apprentissage du texte hors plateau qui met une musique en tête difficile à enlever ensuite et qui n’est pas juste.

Exercice de confiance en cercle très rapproché : parfois appelé la bouteille saoule. Prendre soin de l’autre, en silence, en étant responsable à son poste, on accompagne , pas de force, c’est juste le poids du corps qui bouge ; se faire confiance et à Laurent aussi ;

Fonctionnement utopique au sein du groupe : ne plus lever le doigt : y aller, faire de la place à l’autre quand il veut parler, s’écouter pour que tout le monde trouve sa place. Acte d’entrer en scène = prise de décision : on ne désigne personne pour qu’il entre, on y va.

-Impro : structure face à face : rencontre, échange de deux personnages : recherche alors que la consigne est très ténue, inventer au fur et à mesure de ce que l’on ressent. Fiction qui se met en place.
 Pas garder son vrai prénom dans les impros ;

Porter la parole des autres jeunes : théâtralité différente de ce que vous avez fait dans Shakespeare, car proximité avec ce que vous êtes. Enlever l’accent circonflexe au mot théâtre !

Garder le lien du regard, conversation instinctive, ne pas chercher l’intelligence.

- Venir dire chacun Mon utopie c’est… etre inventif, ouvrir les vannes. Chacun y va et propose. Petit temps avant d’entrer en scène.
Comme des joueurs de dés, de 421 : immédiateté du lancer. Ne pas être grave pour autant, quelque chose de solennel dans les entrées : corps en tension/ corps à l’aise

Pause

Cercle de chaises : libérer la parole : interrogation sur les noms, conversations enregistrées. Petites histoires qui tutoient l’Histoire. Quand on ne sait pas l’origine du prénom aller demander aux parents et aux grands parents.
Pour la prochaine fois, choisir de répondre à l’une des questions du questionnaire que l’on trouve sur le site des Méridiens.

jeudi 19 janvier 2017

Extrait de Nous les héros

LE TEXTE : EXTRAIT DE NOUS, LES HÉROS
Cette pièce n’est pas classiquement découpée en actes et en scènes. Les tableaux se
succèdent, simplement séparés par des points de suspension, qui indiquent parfois des
intermèdes musicaux .
La séquence qui suit, entre La Mère, chef de troupe, et Monsieur Tchissik, l’un des
comédiens, époux de l’actrice principale qui a rejoint la troupe familiale, est l’une des scènes
à deux personnages les plus longues de la pièce.

La dernière réplique de Monsieur Tchissik est caractéristique de l’écriture de Lagarce telle
qu’on la connaît : les personnages cherchent ce qu’ils ont à dire en même temps qu’ils
cherchent comment le dire. Le mouvement de la langue est celui de la répétition – et il faut
aussi entendre « répétition » dans son sens proprement théâtral, comme le temps
d’élaboration du spectacle ; le temps que prend une troupe pour chercher, le temps privilégié
où forme et sens émergent dans le même mouvement.

La Mère - Les affaires de la troupe marchent mal. Son répertoire est épuisé, je suis épuisée,
nous sommes épuisés, nous n’allons pas pouvoir tenir encore très longtemps...
Le manque d’intérêt des gens pour nous est incompréhensible. Est-ce que Raban, lorsqu’il aura épousé Joséphine, aura des idées neuves qui lui permettront de renouveler notre travail? Je ne sais pas. J’ai des doutes, il faut de la volonté, nous avions de la volonté, mon mari avait de la volonté, est-ce qu’il en a ?
Il faudra encore des années avant que la changement ne s’amorce, j’en ai bien peur et je ne
suis pas si vieille pour mourir aussitôt, ou renoncer et ne plus m’en soucier. Je ne peux pas
faire ça.Monsieur Tschissik, il faut que nous puissions parler.
Nous voudrions, vous le savez, que vous signiez une déclaration attestant que vous n’avez chez nous qu’un emploi subalterne et épisodique et que, en aucun cas, vous n’êtes engagé à demeure.

Monsieur Tschissik - Je l’ai déjà dit, je ne signerai pas ça !

La Mère - Tout de suite, vous vous énervez ! Nous parlons. Je ne vous comprends pas.
Qu’est-ce que cela fait ? Votre honneur et même votre travail ne sont pas en cause mais pour
les déclarations que nous devons faire à l’administration, ce n’est pas négligeable.

Monsieur Tschissik - Il s’agit d’une tricherie qui nuirait considérablement à mon image de
marque et à ma réputation.

La Mère - Vous ne seriez pas soumis à l’assurance obligatoire et en conséquence, ce que je me tue à vous expliquer, nous ne serions pas contraints de payer les sommes complémentaires importantes qui vont se noyer bêtement dans ce gouffre...Vous jouez chez nous de petits rôles...

Monsieur Tschissik - Et alors ? Vous pouvez m’en donner de plus grands, de plus longs, et
si vous ne voulez pas, vous devrez de toutes façons me déclarer comme un acteur à part entière...

La Mère - Mais votre femme est déjà suffisamment déclarée...

Monsieur Tschissik - Ma femme, c’est ma femme et moi, c’est moi ! Nous voulons tous les
deux l’assurance obligatoire et totale et ce n’est pas la peine de discuter !

La Mère - Nous avons des frais, vous n’imaginez pas...

Monsieur Tschissik - Ce n’est pas mon problème, je suis artiste, pas comptable aux écritures ! Vous pouvez renoncer à déclarer le père de votre mari, il est âgé...
La Mère - Mais il y a longtemps que nous ne le déclarons plus, je ne crois pas qu’il l’ait jamais
été... Il a déjà été déclaré ? De toutes manières, ce n’est pas la question, il est vieux et on ne
déclare pas les vieux !
Monsieur Tschissik - Et vos enfants, la petite, peut-être pourriez vous...
La Mère - Mais les enfants non plus ne sont pas déclarés, ils sont mes enfants, ils ne peut
rien leur arriver, que voulez-vous qu’il leur arrive, et s’il devait leur arriver quelque chose, s’ils
devaient renoncer ou sombrer dans la maladie, je m’occuperais d’eux, ils n’ont pas besoin
d’assurance, je suis là...
Monsieur Tschissik - Votre assurance couvre également vos enfants ?
La Mère - De quoi ? Je n’ai pas besoin quant à moi d’être assurée et couverte, je ne vais tout
de même pas me retourner contre moi-même s’il devait m’arriver quelque chose...
Monsieur Tschissik - Mais alors, personne n’est légalement assuré ?
La Mère - C’est une affaire de famille et je suis sincèrement déçue que cet aspect sentimental
ne puisse être pris en compte, et vous encourager à quelques arrangements...
Personne, sauf vous et votre épouse et Max, encore, mais nous voudrions également en
parler avec lui. Et Raban encore, mais lorsqu’il aura épousé Joséphine, un arrangement sera
certainement trouvé...
Monsieur Tschissik - Mais, c’est terrible, ce que vous me dites là, vous m’effrayez, terrible et
inquiétant, et dangereux, il n’y a pas d’autre mot, dangereux et rigoureusement malhonnête
aux yeux de l’État et de son administration. nous vivons dans une jungle. Jamais je ne vous
aurais crue capable de telles malversations...
La Mère - Mais de quoi est-ce que vous parlez ! Malversations ? De quoi est -ce que vous me
parlez ? Vous croyez que l’argent sort des malles à costumes et que nous pourrions en plus
de tous les frais, et de la nourriture, et des affiches, et des programmes, et de la location des
salles, remplir parfaitement les paperasses et cotiser avec sérieux ? Vous rigolez ? Ce n’est
pas le Kristall-Palast de Leipzig, ici, c’est une entreprise artisanale, un commerce de détail...
Monsieur Tschissik - Mais si vous ne payez pas notre assurance obligatoire...
La Mère - Qu’est-ce qui va vous arriver ? Vous allez vous casser une jambe, vous allez
sombrer dans la pneumonie compliquée et dormir à l’hospice ? Vous êtes en bonne santé...
Monsieur Tschissik - J’ai l’air bien portant mais...
La Mère - Nous ne vous abandonnerions pas...
Monsieur Tschissik - Vous nous abandonneriez !
La Mère - Nous ne vous abandonnerions pas ! Je vous soignerais moi-même !
Monsieur Tschissik - Lorsque nous partirons, car un jour nous partirons, nous quitterons
cette vie de désarroi et nous renoncerons à cette errance, lorsque nous vous quitterons, car nous, un jour, nous vous quitterons,lorsque nous retournerons vers des villes plus modernes et plus accueillantes, lorsque nous vous quitterons ou lorsque nous serons vieux, si nous sommes vieux un jour, si je ne meurs
pas avant, si la mort ne vient pas me prendre,lorsque nous serons vieux, nous irons chaque semaine au bureau des aides chercher l’aide administrative, nous attendrons des heures dans les courants d’air avec d’autres rescapés de l’existence qui nous parleront de leurs exploits, de leur gloire passée, des fous minables qui oseront comparer leur vie d’acteur à la nôtre - je ris - je serai fatigué, je serai malade,je serai juste là pour obtenir le minimum que la société me devra, car elle me le devra, je n’aurai plus aucun espoir, je serai seul, ma femme m’aura quitté, est-ce que je ne sais pas cela ?
Elle m’aura quitté ou elle sera morte de privations et de la tuberculose, je ne sais pas ce qui est le mieux,
je n’aurai plus aucune force pour résister à rien et combattre, car c’est d’un combat que je vous parle,
et à ce moment-là, juste à ce moment-là, j’entendrai alors, derrière le guichet, la grotesque réponse imbécile et narquoise du préposé me demandant les justificatifs de mes années obscures, les preuves de ce travail-ci, car c’est du travail et pas autre chose, les preuves de ce travail-ci avec vous, auprès de vous, dans votre boutique,et alors,alors, je me souviendrai de vous, je vous aurai oublié mais vous me reviendrez en mémoire,
subitement, je serai juste un pauvre débris du monde et les mains vides, je serai là, je me souviendrai de vous, je me rappellerai notre conversation d’aujourd’hui, celle où j’avais renoncé à mes droits, à ma déclaration obligatoire et totale à l’assurance générale, cela me reviendra avec ironie et sarcasme, ce jour imbécile, aujourd’hui, où je me serais laissé avoir, car avoir et pas d’autre histoire, et où j’avais renoncé à toutes traces de mon passage ici.
À ce moment-là, où est-ce que vous serez ? Hein ? La question : où est-ce que vous serez ?
La Mère - Et moi qui croyais que des liens affectifs...Je suis déçue. Cette absence de confiance.
Ce n’est pas beau, pas beau du tout. Et décevant oui, et triste même.

Nous les héros de jean-luc Lagarce

Ecrit en 1993 -
Lorsqu'ils sortent de scène, dans la coulisse, les acteurs de la troupe commencent leur vie, recommencent leur vie, leur vraie vie. Ils sont à nouveau eux-mêmes, c'est ce qu'ils veulent croire.
Comme chaque soir, toutes ces dernières années, cela ne s'est pas très bien passé. Ils sont fatigués, épuisés, déçus de la vie qu'ils mènent et peut-être devraient-ils renoncer ou partir vers de plus grandes villes pour tenter, à nouveau, sans les autres, une nouvelle aventure. Carrière solitaire.
Mais nous fêtons un événement important, cette soirée est une soirée particulière. La fille aînée des patrons de la troupe se fiancera, dans les coulisses, avec le jeune premier de la fin de l'acte un. Elle l'épousera, ils seront chefs du théâtre, ils joueront le répertoire de la compagnie, contre tous les aléas de l'existence, les hôtels mal chauffés, le petit personnel agressif des salles des fêtes de province et l'indifférence narquoise du public et des enfants imbéciles.
Demain, nous fuirons, mais ce soir encore, nous faisons semblant puisque nous ne savons rien faire d'autre.

Nombre de personnages

  • 6 homme(s)
  • 5 femme(s)
Cette pièce propose une description du monde du théâtre dans ses aspects forains, mais constitue aussi un hommage aux rêves et aux folies des gens de théâtre, à leur fragilité, à l’utopie qui les anime malgré eux et à leur bêtise peut-être aussi.
Mais ce n’est pas une énième pièce sur le théâtre car elle s’ouvre également à d’autres univers. Elle met en scène des comédiens, certes, mais aussi des êtres humains avec toutes leurs richesses et leurs mesquineries : des égarés, des exilés, des êtres épuisés, à bout de souffle et qui le savent, mais qui sont encore capables avec le peu de moyens dont ils disposent, de fabriquer du rêve et de la poésie, du désir, fût-il de pacotille.
Nous, les héros est aussi une pièce qui parle de mélancolie et d’humour. Jean-Luc Lagarce nous invite à poser un regard ironique et attendri sur ses personnages. Car de quels héros s’agit-il ? De grands inadaptés de la vie qui se battent, à l’instar de Don Quichotte, contre les moulins à vent de la vie et de l’art, et qui le font avec leurs armes, c’est-à-dire avec maladresse, beauté, emphase, douleur et inconscience. Une sorte de tableau épique et intimiste à la fois.

Sur le site consacré à Jean-Luc Lagarce

samedi 14 janvier 2017

Aux premières de spécialités


Je voudrais que vous preniez vos dispositions pour venir voir à la CDE à 14h le vendredi 20 janvier avec les Terminales spe la présentation Nous, les Héros de Jean Luc Lagarce par les élèves de 3ème cycle du Conservatoire.C'est gratuit.
Cette pièce et cet auteur sont très importants pour comprendre l'une des pièces qui sera au programme pour vous l'année prochaine Illusions Comiques d'Olivier Py qui est dédiée à Jean-Luc Lagarce, jeune auteur metteur en scène, mort du sida avant de connaître le succès et de la même génération qu'Olivier PY.
Faites passer le message à ceux que je ne peux joindre par mail.

stage Lumière sur Le Songe d'une nuit d'été à la CDE



La CDE propose un stage pour découvrir la lumière au théâtre Samedi 04.03 et dimanche 05.03 de 9h à 13h et je ne saurai que trop vous le recommander. j'y participerai moi-même tant je trouve la proposition intéressante.
J'avais juste oublié que le samedi 4 mars était le jour de la journée portes ouvertes au lycée!
 Atelier pour amateurs
La lumière au théâtre
plein feu sur l’envers du décor
Dirigé par Laurent Schneegans
à la Comédie De l’Est, Centre dramatique national d’Alsace à Colmar
L’éclairage est l’un des éléments les plus importants du théâtre. Non seulement il permet de dévoiler ce qu’il y a à voir sur scène, d’orienter le regard, mais aussi de créer un système de sens complexe qui, à lui seul, provoque des émotions diverses.
Un concepteur d’éclairage doit jongler avec toute une gamme de paramètres, que ce soit la couleur, la puissance lumineuse, l’orientation des faisceaux ou les ombres, véritables silences lumineux qui ponctuent le spectacle.
Laurent Schneegans, créateur des lumières du « Songe d’une nuit d’été », mis en scène par Guy Pierre Couleau, aide les amateurs à comprendre les enjeux de la lumière sur un plateau de théâtre.

Samedi 04.03 et dimanche 05.03 de 9h à 13h

Tarifs
50 participation au stage
60,5 stage et spectacle « Le Songe d’une nuit d’été » (représentations du 02 au 17.03)

Inscriptions avant le 27.02 auprès d’Alice Schaff
Tél. 03 89 24 68 34 

Mail : a.schaff@comedie-est.com
Comédie De l’Est Centre dramatique national d’Alsace 6 route d’Ingersheim 68027 Colmar 03 89 24 31 78 | comedie-est.com

jeudi 12 janvier 2017

Michel Fau et les rôles de femmes

L’acteur Michel Fau n’est jamais si bien en scène que lorsqu’il est femme et que la femme tapie en lui pousse la chansonnette. C’est ce qui fait le charme de « Nevrotik-Hôtel ». Après Tante Geneviève, voici Lady Margaret, héroïne d’une piècette trop prétexte.

Critique de JP Thibaudat sur Médiapart


Arthur Rimbaud disait : « Rien n’est beau que le faux, le faux seul est aimable. » Une certaine théâtralité factice me fascine, me fait rire et m’inquiète. Je veux continuer mon travail sur le travestissement et sur la voix transformée, par des chemins différents. C’est pourquoi, et en compagnie du charismatique Antoine Kahan, je vais tenter d’incarner la vérité de l’artifice…

À partir de chansons inédites de Michel Rivgauche et d’autres, sur des musiques mélancoliques et raffinées de Jean-Pierre Stora, j’ai demandé à Christian Siméon d’inventer un conte maléfique et pathétique : l’étrange histoire d’une vieille dame dévastée par la vie, seule dans une chambre d’hôtel en bord de mer, qui propose à un joli groom agaçant un contrat funèbre et délicat.

Cela ressemble à une vertigineuse mise en abyme des clichés humains, mais c’est aussi un hommage décalé et poignant à la grande chanson française. « Ma vie visible ne fut que feintes bien masquées » disait Jean Genet…

Michel Fau

 madame et son groom dans "Névrotik-hôtel" © Marcel Hartmann

Battlefield jeudi 19 janvier 19h CDE

Sur le site du théâtre des Bouffes du Nord

Sur Culture box


Sur le site officiel de peter Brook


Le film du Mahabharata

Le Parisien – 2 septembre 2015   – Bertrand Gay/AFP
Peter Brook crée « Battlefield »: « Le Mahabharata, c’est pour nous, maintenant »
Face aux « massacres, à la cruauté, au terrorisme », le maître anglais du théâtre Peter Brook, 90 ans, revient à l’épopée du Mahabharata pour créer « Battlefield », une pièce autour de quatre comédiens aux Bouffes du Nord à Paris  avant une tournée mondiale.
 Trente ans après sa version légendaire en neuf heures du poème sacré de l’Inde, il revient vers le texte « non pas pour faire un revival, une chose nostalgique, mais au contraire pour faire dans l’esprit d’aujourd’hui une pièce très distillée, très intense à partir de nos préoccupations ».
Concentré, Peter Brook garde une ferveur de jeune homme qui contraste avec le corps devenu fragile.
Lorsqu’il monte en 1985 l’épopée indienne au Festival d’Avignon, « personne ne connaissait même le nom de Mahabharata: on ne savait pas comment le prononcer », rappelle-t-il.
« J’ai pensé que subitement, on me donnait, pour des raisons inconnues, une responsabilité d’aider le Mahabharata à sortir de son carcan éternel de l’Inde et à s’ouvrir au monde entier ».
Mais après dix ans de travail d’adaptation avec Jean-Claude Carrière, de voyages en Inde, après la tournée internationale de la pièce en anglais et en français puis le film, Peter Brook est passé à autre chose, explorant cet autre territoire mythique et inconnu, le cerveau.
S’il revient aujourd’hui au Mahabharata avec Marie-Hélène Estienne qui a aussi traversé toute l’épopée il y a 30 ans, c’est que le besoin a surgi – « pouf! » dit-il- d’y trouver une matière « pour nous, maintenant ».
« Les Indiens disent, et ça a l’air un peu vaniteux, que tout ce qui existe est dans le Mahabharata et si ce n’est pas dans le Mahabharata, ce n’est nulle part », sourit-il.
« Cette grande épopée d’il y a plusieurs milliers d’années peu à peu s’est agrandie, a assimilé les plus grandes réflexions cosmiques et métaphysiques en même temps que les choses les plus quotidiennes de la vie ».
Le poème décrit la guerre qui déchire une famille (les « Bharata »), avec d’un côté cinq frères, les Pandavas, et de l’autre leurs cousins, les Kauravas, les cent fils du roi aveugle Dritarashtra. Les Pandavas finissent par gagner, mais « on y parle de dix millions de morts, un chiffre énorme à l’époque ».
– « Hiroshima, ou la Syrie aujourd’hui » –
« C’est une description terrifiante, ça pourrait être Hiroshima, ou la Syrie aujourd’hui », raconte Peter Brook. « Nous avons voulu raconter ce qui se passe après la bataille ».
Comment le vieux roi aveugle, qui a perdu tous ses fils et ses alliés, et son neveu victorieux vont-ils faire face et assumer leur responsabilité?
« Les grands responsables des deux côtés ont un moment profond de conscience: celui qui a gagné dit +La victoire est une défaite+ et ceux qui ont perdu reconnaissent qu’ils auraient pu empêcher cette guerre. Au moins, dans le Mahabharata, ils ont la force de poser ces questions », souligne Peter Brook.
« Notre vrai public, c’est Obama, Hollande, Poutine et tous les présidents. La question, c’est comment voient-ils leurs adversaires aujourd’hui? » lance-t-il.
Peter Brook récuse le terme de théâtre « politique », lui préférant celui de « responsabilité ».
« Quand j’ai fait ma pièce sur la guerre du Vietnam (« US », 1966), c’était pour qu’à la fin on sente de manière aigüe notre propre responsabilité, pas pour dire naïvement que ce sont les Vietnamiens qui sont les méchants, ou les Américains, mais qu’on réfléchisse en tant qu’adultes ».
« Pour moi, le théâtre, c’est la possibilité pendant une heure ou deux, dans un lieu de concentration, avec le public, de rentrer dans une expérience partagée, pour que chacun sorte nourri dans sa propre réflexion », explique-t-il.
Le théâtre de Peter Brook, qui s’agisse d’explorer Shakespeare, « Carmen » ou « La flûte enchantée », est une aventure qui dépasse le simple divertissement, une plongée dans « l’invisible », l’accès à une spiritualité.
« Quand on regarde les informations, on est en colère, plein de dégoût, furieux, mais au théâtre on peut traverser tout ça et sortir plus confiant, plus courageux, en se disant qu’on peut faire face à la vie ».

Emission sur France Culture

mardi 10 janvier 2017

Théâtre Forum de l'option seconde mercredi 11 janvier

N'oubliez pas d'aller soutenir les 2nde dans leur premier projet avec Nancy Guyon: Théâtre Forum mercredi 11 janvier à 13h55 et 19h à l'Auditorium du lycée.

félicitations aux premières de spécialité pour le Chantier Tempête

Bravo à tous pour votre très belle présentation de travaux  hier à la Comédie de l'Est. Votre travail a porté ses fruits et votre plaisir à jouer a donné du plaisir aux spectateurs. Je salue aussi votre attitude responsable pendant la journée d'immersion: écoute, patience, solidarité, ponctualité pour presque tous. Continuez ainsi vous formez un très beau groupe.

Les photos ne sont pas très réussies car il y a trop peu d'éclairage et beaucoup de mouvements. Si vous en avez de meilleures, il faut me les envoyer Juste quelques souvenirs pour le carnet de bord.. Le théâtre est un art éphémère qui célèbre l'ici et le maintenant.



 Nous ne vous raconterons pas les tribulations des ennemis de Prospéro ni sa métamorphose et son renoncement à la vengeance. Nous n’avons eu le temps que d’effleurer la matière de cette pièce immense : comment mettre en scène la tempête qui ouvre la pièce et le naufrage du bateau qui transporte la cour du Roi de Naples et du Duc de Milan, usurpateur et frère de Prospéro ? Comment faire entendre le récit de Prospéro à sa fille tendrement aimée et éduquée ? Comment interpréter Ariel, l’esprit qui attend fébrilement sa libération de la puissance de Prospéro et Caliban, le véritable autochtone de l’île, qui souffre sous le joug du nouveau maître ?
L’œuvre de Shakespeare se prête à une fête de théâtre. Plus que la scénographie, la dimension visuelle et spectaculaire du plateau –qui a pourtant donné lieu à des mises en scènes mémorables de la Tempête comme celle de Strehler par exemple- , c’est le jeu des acteurs qui magiquement fait surgir toutes les images et entraîne le spectateur dans un tourbillon de pensées et d’émotions.


dimanche 8 janvier 2017

Pièces jusqu'aux vacances de février pour les élèves de spécialité

 Jeudi 19 janvier 19h à la CDE Battlefield de Peter Brook: 1h10.
Mardi 24 janvier 20H salle Europe Fratries: 1H30
Attention semaine du Bac Blanc: prenez vos dispositions pour ne pas manquer les deux spectacles suivants:
Mardi 7 février 20h salle Europe Ubu Roi de la Compagnie Dramaticule
Vendredi 3 février 20h30 CDE  Animal(s)

Projet illusions Comiques séance du 6 janvier

Quatre absents sur 11, deux élèves, Mason correspondant de Hugo et Emilie, spectateurs en plus.

Mise au point sur le devoir de type2 sur le couple Suzanne-Figaro: si pas de devoir rendu mercredi 11 janvier, retenue pour le faire au lycée le mercredi suivant 18 janvier!

Informations diverses: Présentation de travaux des premières lundi 9 janvier 14h30 et 19h : pour les absents, signalez votre venue. jauge de la petite salle de la CDE limitée à 84 places.
Théâtre Forum de l'option seconde mercredi 11 janvier: dates à confirmer

Vendredi 20 janvier de 14 à 16h, les élèves du Conservatoire viendront nous présenter leur travail sur Nous les héros de Jean-Luc Lagarce, auteur metteur en scène à qui est dédié Illusions Comiques de Py. Les heures de pratiques seront déplacées un jeudi matin au lycée avec Patrice.

Echauffement: étirements, sons, marche,  dynamisation: jeu de un deux trois soleil
Personnages qui figurent dans Illusions Comiques: concierge, chien, maman, tante Geneviève, preneur de son etc inventer un corps, une démarche, une action. Changer rapidement de personnage, en passant par le neutre.Grossir le trait, limite du surjeu pour être bien clair, jouer pour le public à un moment de la recherche.

Improvisation en deux groupes: histoire d'une troupe de théâtre qui raconte sa vie, ses problèmes, ses projets. Une fois en grossissant le trait, une fois en jouant de façon plus réaliste: troupe d'ado qui doit travailler sur Illusions Comiques, les intervenants ne sont pas là etc

Travail sur la scène des saluts : ajuster le jeu en fonction des présents, ensemble, puis entrée individuelle pour s'installer dans le personnage, à nouveau ensemble.

Travail sur la scène de Mondiovision assis en cercle d'abord: diction du texte pour la mémoire, ensuite en sur articulant et posant les mots, prendre son temps, voir ce dont on parle, adresser le propos, se lever tourner autour du cercle de chaises et adresser le texte à ceux qui sont assis, le dire avec un accent, être de plus en plus convaincant dans l'adresse.

Conseils pour le sujet de type2: bien relire Figaro Divorce, aussi les passages où Figaro et Suzanne sont séparés, ce qu'ils vivent seuls influe sur leurs retrouvailles, montrer que l'on connaît la mise en scène de Lassalle qui fait partie du cours, analyser les costumes bien identifier les époques, ne pas confondre années 30 ( montée des totalitarismes) et années 40 ( 2nde guerre mondiale), penser à l'écart entre Mariage et Figaro Divorce: âge des comédiens, références à la première pièce dans la deuxième, changement des personnages, pour la deuxième partie, avoir une vision concrète du couple dans une mise en scène personnelle de la pièce.

Fin de la séance: relaxation: détente imaginaire dans le sable d'une plage avec soleil qui vient occuper tout l'intérieur du corps de sa douce chaleur.

Pour séance prochaine avec Patrice: continuer l'apprentissage du texte. Nous montrerons ce que nous avons fait pour les deux séquences travaillées.
Attention examen du carnet de bord qui n'a pas été fait avant les vacances.

mercredi 4 janvier 2017

Aide à l'orientation: cinq Moocs utiles

Cinq Moocs  d'aide à l'orientation sont déjà ouverts sur la plateforme Fun Mooc. Et d'autres pourraient suivre. Ce sont les filières dites « en tension » qui bénéficient de ce coup de projecteur avec trois MOOC pour découvrir la nature des études de droit, de psychologie et des STAPS. Les futurs étudiants pourront se confronter à la réalité de disciplines qui ne sont pas enseignées au lycée : quels sont les contenus de ces études ? Comment se déroulent les cursus ? Ces cours permettront de déconstruire certaines idées reçues et présenteront les débouchés professionnels possibles dans chacune de ces trois filières.

Un quatrième MOOC est destiné à découvrir l’étymologie du vocabulaire scientifique et médical, préparation indispensable pour envisager ses études de santé et de sciences. Grâce à ce cours, les futurs étudiants auront les clés de compréhension pour assimiler avec plus d’aisance, dès leur première année d’étude, des milliers de nouveaux termes techniques. Le dernier MOOC, quant à lui, offre de précieux conseils pour aider les lycéens les plus motivés à accéder aux IUT en les accompagnant dans l’information sur les DUT et sur la préparation des dossiers de candidature.

cinq moocs pour se projeter dans l'enseignement supérieur